Translate

vendredi 30 décembre 2016

Le plaisir retrouvé des deepstack hold'em

Il y a quinze jours de cela, je me suis violemment cogné le front dans un couloir sombre en fonçant tête baissée sur un angle de mur dudit couloir. La faute à une trajectoire mal calculée et à mon attention distraite l'espace de quelques instants. Sous l'impact de ce choc, il m'est arrivé quelque chose que je n'avais plus connu depuis l'enfance : j'ai vu les étoiles (et je ne dis pas ça parce que la pollution lumineuse gagne inexorablement du terrain en France comme partout ailleurs dans le monde au point de rendre les étoiles parfois trop rares) ! Pour être tout à fait précis, j'ai eu un flash lumineux, comme si tout d'un coup, l'espace d'un dixième de seconde, le couloir s'était illuminé. J'ai vacillé, flirtant à ce moment là avec la perte de conscience. A posteriori, après avoir aussitôt aspergé mon front d'eau froide pour arrêter le début de saignement et après avoir passé un peu de pommade dessus, j'en ai souri en repensant à pareille maladresse à laquelle je n'étais plus accoutumé (et qui m'a malgré tout couté quelques milliers de neurones). Bref, une histoire douloureuse sur le moment mais bien vite oubliée depuis. Aucune séquelle. Enfin, j'espère...

Le plaisir de la redécouverte !
Ces derniers jours, je me suis étonné. Alors que j'avais basculé depuis près d'un an dans le camp des inconditionnels du Omaha et que je ne jure que par les charmes des variantes, voilà que j'ai redécouvert avec délice en cette seconde quinzaine de décembre 2016 le plaisir oublié des tournois de Texas Hold'em deepstack, dont la profondeur en jetons et la structure lente favorisent le beau jeu et/ou l'endormissement, au gré des points de vue et des états de fatigue de chacun. Et ce, alors même que mon écran d'ordinateur est déjà bien garni en tables de poker ouvertes simultanément.

Du coup, je songe à m'offrir un nouvel écran d'ordinateur dans les prochaines semaines, histoire de remplacer ce vieil écran 15 pouces Samsung que je possède depuis une éternité et qui a toujours fonctionné de façon irréprochable. Mais grâce à un écran plus grand, il me sera plus facile de jongler entre les multiples tables de poker ouvertes simultanément le soir... voire d'en accueillir de nouvelles.

Hier soir, je me suis longuement interrogé sur les raisons de mon soudain regain d'intérêt pour le format deepstack Hold'em. Et je n'ai pas vraiment trouvé d'explication au pourquoi de la chose. Et puis ce matin, en m'effleurant le front, je constate que j'ai encore quelques infimes séquelles de mon violent coup de tête subi il y a quinze jours. Et je me suis interrogé au sujet de ce brutal regain d'intérêt pour le deepstack hold'em : coup de tête ou pas coup de tête ? Réponse en 2017.

J'aime le poker de tournoi. Sous toutes ses formes. Qu'on se le dise.

dimanche 25 décembre 2016

Lettre ouverte au Père Noël

Cher Père Noël,

Je t'écris cette lettre afin de protester énergiquement contre l'iniquité de traitement dont j'ai été victime cette année.Tu ne m'as pas apporté les cadeaux que j'espérais ! Ni par La Poste. Ni par le poker en ligne. Ni par le poker en live. Dont acte.

Certes, je savais que le fait d'effectuer une transition du hold'em vers le omaha nécessiterait un temps d'adaptation. J'y étais préparé. J'ai été sage et appliqué. J'ai cru en toi. Par deux fois j'ai entraperçu le gros lot. Mais les deux fois tu as choisi de déposer le volumineux cadeau au pied du sapin d'un voisin. Encore une année telle que 2016 et ce sera la fin des haricots pour moi. J'ai besoin de cadeaux un peu plus rutilants pour 2017, Père Noël. Dussé-je retourner trimer au hold'em pour parvenir à les attirer ! Car je me dois d'accueillir dans mes chaussettes autre chose que du moral.

En échange de ta bienveillance pour 2017, je te promets que je ne maudirai pas le livreur de La Poste qui est venu dans mon immeuble ce vendredi 23 décembre au matin me livrer mon colis contenant un important cadeau de Noël et qui a eu la flemme de monter un étage alors que j'étais pourtant à la maison. Pourtant, laisser un avis de passage indiquant que j'étais absent et que je pouvais aller retirer mon Colissimo au bureau de poste le plus proche à partir de lundi 27 à 17h constitue non seulement un mensonge éhonté de sa part, mais également un affront en soi. Car Noël après l'heure ce n'est plus Noël. Fort heureusement, je demeure maître de mes émotions : jouer au poker quotidiennement me permet de relativiser les bad beats avec facilité. C'est déjà ça de gagné. Mais c'est pas un cadeau.

Les années précédentes, le Dieu du Poker et toi vous débrouilliez (plutôt bien) pour qu'au gré de l'année divers fonds, lots et billets de 500 euros remontent jusqu'à moi. Cela n'a pas vraiment été le cas cette année. Peu de matches au Parc des Princes en comparaison avec les deux années précédentes. Peu de petits fours glanés dans les loges VIP d'un stade ou dans les pauses d'un tournoi de poker de gala. De maigres gains online. Pas de gains en live. Et pour couronne le tout, une situation désastreuse dans l'affaire EuroPoker (gérée du début à la fin de façon scandaleuse par l'ARJEL au détriment des joueurs, avec un liquidateur judiciaire à côté de la plaque). Je conçois tout à fait que tu aies inversé l'ordre de livraison des cadeaux en cette année 2016 et comprends que tu aies sonné à ma porte avec une hotte quasiment vide. Je te suggère par conséquent de commencer ta tournée à l'envers pour l'année prochaine afin que je puisse bénéficier de cadeaux davantage en rapport avec mon standing.

Nous avons fort opportunément négocié dans notre accord une clause de retour à meilleure fortune et je garde la foi en toi et en ta magie, Père Noël. Puisses-tu te souvenir de l'enfant sage que j'ai été (et que je suis encore) en m'apportant de beaux cadeaux pour l'année 2017, en dépit des impondérables liées au poids des ans et au réchauffement climatique qui grignote chaque année davantage ton royaume féérique. Car je demeure inlassable et insatiable tout à la fois. Et je crois toujours en toi.

En espérant que tu ne trouveras pas arrogante ou vaniteuse une telle démarche de ma part, je te remercie de l'attention que tu auras portée à cette lettre.

Ton fidèle zélateur-joueur,

fredyl.
J'y crois encore... (dixit Lara)


vendredi 23 décembre 2016

Joue-la comme Jamie Vardy... ou pas

On arrête les conneries et on passe au Porto !
Il y a quelques semaines, à l'occasion de la publication de sa biographie, le joueur de football international Jamie Vardy évoluant dans le club de Leicester - vainqueur surprise du championnat national anglais - a publiquement fait étal de son rapport à l'alcool. Ce joueur haut en couleur a révélé qu'il avait coutume de boire un verre de porto la veille de ses matches, et que ce breuvage miracle avait pour vertu de l'apaiser au moment de trouver le sommeil, améliorant ainsi indirectement son rendement sur le terrain le lendemain. Une révélation pour le moins surprenante, mais efficace pour quelqu'un qui a connu une vie quelque peu déséquilibrée et dissolue, et qui abusait notoirement de la vodka, en arrivant régulièrement à l'entraînement avec la gueule de bois. Mais est-ce une recette miracle pour autant ? Peut-elle être transposée au poker ?


En stratège-né que je suis, j'ai pour coutume d'envoyer un contingent d'éclaireurs sur les avant-postes ennemis afin d'avoir le meilleur aperçu possible des rapports de force et d'en tirer parti afin de mettre un maximum de chances de mon côté en vue de la bataille décisive à livrer. Quitte à ce que mes éclaireurs se fassent capturer. Aussi bizarre que cela puisse paraître, cette anecdote relative au footballeur Jamie Vardy m'a amené à m'interroger sur les vices et vertus de l'alcool au poker. Et je n'hésite pas à procéder à une petite expérience en la matière, histoire de voir s'il n'y a pas des vertus insoupçonnées à consommer de l'alcool lorsqu'on joue au poker. Toutefois, il y a de grandes disparités entre l'avant, le pendant, et l'après. Et puis tout est affaire de dosage, comme toujours !


AVANT. Il m'arrive à peu près un soir par semaine de débuter mes sessions de poker en ligne nocturne en compagnie d'un petit verre d'alcool. Il s'agit le plus souvent d'un verre de vin rouge ou d'un doigt de Porto. Mais je ne vais pas au-delà. J'expérimente ce "breuvage magique" afin de vérifier si le petit supplément de décontraction induit par l'alcool circulant dans mes veines avait éventuellement un effet positif sur mes performances du soir aux tables de poker. A ce jour, je n'ai constaté aucun effet notable sur mes résultats. Ni en bien, ni en mal. Mais il est vrai qu'au poker, il est délicat de tirer des conclusions sur le court terme. Pour m'être quelque peu exercé à la méthodologie des sciences sociales par le passé, je sais que la taille de l'échantillon est un facteur important à prendre en compte si l'on ne veut pas fausser les résultats de son analyse : c'est pourquoi j'ai décidé de maintenir mon expérience relative à la consommation d'alcool en attendant que le volume de mes soirées avec alcool soit suffisamment important pour tirer des conclusions un peu plus probantes. De toutes les manières, l'expérience est loin d'être désagréable...

Buvez, buvez, il en restera toujours quelque chose... ou pas
PENDANT. A un moment donné, dans la toute dernière ligne droite d'un tournoi important, il faut reconnaître que le courage supplante fréquemment les mathématiques en termes d'efficacité pure. Il y a deux ans, un joueur a fait parler de lui en remportant sous l'emprise de l'alcool le tournoi phare trimestriel de Winamax, le Main Event (qui se dispute sur trois jours) et en empochant 177 000 euros au nez à la barbe de joueurs plus aguerris que lui. En effet, après sa victoire une interview à chaud sur le site de la radio Winamax - Multiplex Poker - ne laissait guère de doute quant à la réalité de son taux d'alcoolémie puisque ce dernier confessa d'une voix fortement altérée que son jeu audacieux dans la dernière ligne droite avait été possible grâce aux bienfaits d'un shot à la vodka. Et manifestement, il n'avait pas lésiné sur le dosage au cours de la soirée. Chance pure ou désinhibition salvatrice devant la pression de la dernière ligne droite ? Difficile à dire. Toujours est-il que cette fois-là, le fait de jouer sous l'effet de l'alcool a permis à ce joueur de réaliser un authentique exploit. Mais j'ai beau aimer les expériences nouvelles avant de tirer des conclusions, je ne me hasarderai pas a reproduire pareille aventure.

APRES. Les observateurs avisés ne manqueront pas de constater à quel point certains joueurs de poker ont une vie déséquilibrée par le goût de la fête et des soirées. Je l'ai écrit ici il y a quelques jours, le poker constitue un passeport pour l'oubli, en ce sens que lorsqu'on s'adonne au jeu, on est plongé dans un univers parallèle qui rend floue la réalité qui nous entoure et nous permet d'exister ailleurs. Il faut bien avouer que la consommation excessive d'alcool génère les mêmes effets euphorisants et hypnotiques que le poker, à un degré bien supérieur. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant qu'un joueur de poker grisé par la victoire ou un gros gain obtenu en live dans un casino décide de prolonger son euphorie en célébrant sa performance et ses gains lors d'une soirée particulièrement arrosée en compagnie d'amis (dont le degré d'amitié véritable est inversement proportionnel au degré d'alcool des boissons consommées). A ce moment-là, l'alcool constitue la prolongation d'un visa pour l'oubli déjà tamponné sur le passeport un peu plus tôt à l'occasion de la partie de poker. Les lendemains qui suivent une telle célébration seront toutefois invariablement difficiles car de telles bacchanales laissent des traces dans l'organisme. Dans tous les cas de figure, l'alcool constitue tout comme l'hygiène de vie un des facteurs d'ajustement de la réussite et des échecs d'un joueur de poker, sur le moyen-long terme. A titre personnel, en cas de gros gain, ma lucidité et ma sobriété naturelles m'éviteront probablement de subir le châtiment vengeur de cette Némésis que de nombreux joueurs chérissent pourtant autant que Dame Chance. Les pauvres fous !


1 doigt de porto et 1 rondelle de citron ?
Alors, qu'en est-il du rapport du joueur de poker à l'alcool ? Joue-la comme Jamie Vardy... ou pas ? Nombreux sont ceux qui loueront les effets positifs de l'alcool. Ce sont des gens cool. A titre personnel, je préfère passer et attendre la main suivante. Oui, je sais, je suis un dégonflé. Mais un dégonflé lucide. Désolé, Jamie.

mardi 20 décembre 2016

Le poker : passeport pour l'oubli ?

Lorsqu'une civilisation parvient à un certain degré d'évolution et de raffinement au point d'approcher une forme de perfection, elle a tendance à se mettre à cultiver une insouciance et une frivolité qui finiront par la perdre, sur le long terme. Car la facture enfle, entretemps. Et à un moment, il faut bien la payer.

J'entretiens envers le poker - activité frivole s'il en est - une relation passionnelle et chronophage. Le lundi soir constitue bien souvent la soirée charnière de ma semaine de jeu. En termes d'habitudes de jeu, le lundi est indubitablement le jour de la semaine où je suis le plus assidu et rien ne m'enthousiasme plus que de commencer la semaine du bon pied avec un petit bénéfice sympathique qui donne le ton pour les jours qui suivent. Ce qui fait que le mardi matin, je suis fréquemment de bonne humeur.

Pourtant, ce mardi 20 décembre, je me suis levé du mauvais pied au lendemain de ma soirée poker du lundi 19 décembre 2016. Mes résultats du soir ont été particulièrement mauvais, avec des éliminations précoces plus ou moins méritées. Je n'étais pas en verve. Du coup, j'ai joué ma fin de session en roue libre, avec la chaîne info BFMTV en guise de fil rouge, mon smartphone nouvelle génération écran full HD posé sur le bureau déversant son flot ininterrompu de mauvaises nouvelles. Et j'ai eu mauvaise conscience, à ce moment-là. Non pas parce que d'ordinaire mes sessions poker ne sont pas parasitées par des sources extérieures nuisibles à ma concentration, mais bien parce qu'à un moment, j'ai eu une sorte de flash : le poker n'est autre qu'un passeport pour l'oubli... je m'y adonne avec passion et insouciance tandis que le monde va de plus en plus mal. Mais vivre dans un monde de flips est tellement plus sexy que de vivre dans un monde flippant !

Joue et tais-toi
Hier, beaucoup d'événements importants ont en effet fait la une de l'actualité. Tout d'abord, Christine Lagarde, ancienne ministre de l'économie a été reconnue coupable de négligence dans le cadre de l'affaire Tapie. Il ne s'agit-là que de la face émergée de l'iceberg, puisque je suis convaincu que des dizaines de millions d'euros de commissions impliquant quelques uns des plus hauts personnages de l'Etat dorment quelque part dans un compte bancaire numéroté aux Bahamas ou au Panama. Reconnue coupable, mais dispensée de peine. La belle affaire !! J'aurais tant à dire sur ce sujet que je ne connais que trop bien. Mais jouer au poker, c'est bien plus réjouissant. Puis, dans l'après-midi, l'ambassadeur russe en Turquie a été froidement assassiné dans un musée, abattu de plusieurs balles dans le dos par un illuminé invoquant des motifs politico-religieux liés à l'intervention russe dans la guerre en Syrie. Sur un "malentendu" pareil, une nouvelle guerre pourrait survenir, quand bien même on nous assure aussitôt du contraire au vu du contexte pour le moment apaisé entre turcs et russes. Pour le moment seulement. J'aurais tant à dire sur ce sujet, là encore. Mais écrire sur le poker, c'est tellement plus agréable. Enfin, dans la soirée, ce poids lourd fonçant sur les paisibles badauds allemands venus faire leur marché de Noël à Berlin a généré un carnage indescriptible rappelant l'épisode niçois du 14 juillet. Heureusement, Nice est leader du championnat de France de football et tout ceci est déjà oublié. Ou presque. Circulez, il n'y a rien à voir. J'aurais tant à dire sur ce sujet. Mais je m'abstiens : respirer poker, c'est nettement moins nauséabond, comme odeur. Du pain et des jeux ! Des OGM et du foot ! L'Empire occidental se porte bien. C'est écrit.

Les nuages noirs s'amoncellent petit à petit sur ce monde. Corruption des élites consanguines. Creusement du fossé des civilisations. Religion avilissante. Colère des peuples. Réchauffement climatique. Bientôt l'orage éclatera. Le monde tel que nous le connaissons est en train de se désagréger à vitesse grand V. J'assiste au délitement avec lucidité et quasi-indifférence, sans intervenir alors que j'entends le tonnerre gronder au loin, derrière les collines. Mais je me sens coupable de négligence, moi aussi. Car pendant ce temps-là, je joue au poker sous une ombrelle.


mardi 13 décembre 2016

Le "gâchis de chatte" : y croire ou pas ?

Un heureux néo-millionnaire anonyme habite ici
Il y a quelques jours, le 25 novembre 2016, un parieur français résidant à Montbard en Côte d'Or a joué deux fois la même combinaison à l'Euro Millions dans deux points de vente différents. Ses combinaisons de 5 chiffres et 2 étoiles ayant été les seules de validées à travers toute l'Europe, le joueur étourdi s'est donc partagé avec lui-même la super cagnotte de 61 millions d'euros. Pour éviter railleries et jalousies, il a tenu à conserver son anonymat ; on le comprend. Techniquement parlant, il a droit a deux chèques de 30,5 millions d'euros au lieu d'un seul de 61 millions. On trouve difficilement plus veinard que cet individu, sur le principe... sauf qu'au final son gain n'est pas multiplié par deux et qu'il a vendangé un miracle statistique avec ce doublon totalement inutile. Attention donc à ne pas mourir bêtement écrasé par une météorite dans les années à venir lorsque le mouvement de bascule chance/malchance s'opèrera !

Au poker, il y a une expression consacrée pour décrire un tel phénomène, puisque les couvreurs et autres journalistes poker n'hésitent pas à l'employer lorsqu'un joueur bénéficie d'un coup de chance totalement improductif : le "gâchis de chatte". Partant du principe (certes bancal) que chance et malchance s'équilibrent toujours sur le long terme, bénéficier d'un surplus de chance inutile ne serait pas forcément de bon augure, en prévision d'une hypothétique période de malchance carabinée qui devrait survenir à l'avenir. Hummm... allez dire ça aux victimes de balles perdues dans les cimetières, leurs fantômes vous riront au nez. A moins qu'ils ne vous maudissent. Une chance sur deux !

Lors de mon périple à Las Vegas en juin 2015 à l'occasion du célèbre tournoi Monster Stack des WSOP (épreuve majeure des championnats du monde de poker), il se trouve que je me suis justement fait sortir du tournoi par un joueur ayant bénéficié de ce "gâchis de chatte". Notre confrontation à tapis pré-flop est la suivante : AS-DIX chez moi contre PAIRE DE SIX chez lui. Mathématiquement parlant, c'est un coin flip (un 50/50 ou presque). Or, non seulement le joueur adverse remporte le coup, mais de surcroît le croupier retourne deux SIX supplémentaires sur la table, ce qui confère à mon bourreau un joli (mais totalement inutile) carré. A la table, une joueuse compatissante se fend même d'un laconique commentaire alors que je me lève pour quitter le tournoi : "over-kill !!". Moralité, je suis anéanti à la bombe atomique là où une simple balle aurait suffit à me faire succomber... du coup, mon corps a fusionné avec la poussière du désert du Nevada.

Heureusement que mon esprit se réincarne aussitôt ailleurs ! Seul effet secondaire constaté : je suis devenu un peu plus circonspect lorsque je reçois la main AS-DIX en tournoi, désormais. A posteriori, je suis bien content d'avoir été victime d'un gâchis de chatte adverse lors d'un tournoi si important, puisque lorsque le Dieu Du Poker rééquilibrera les bienfaits de Dame Chance en ma faveur dans les moments qui comptent, je bénéficierai alors d'un surplus de chance avec potentiellement un meilleur ratio en termes d'efficacité. Du moins, j'aime à le croire.

Mon gâchis de chatte : la mallette Winamax !
Hier soir, à l'occasion du tournoi communautaire "Tournoi Mallette" qui se disputait sur Winamax en partenariat avec le Club Poker, il se trouve que j'ai remporté ce tournoi qui me fuyait depuis si longtemps. J'avais d'ailleurs fini par croire qu'il s'agissait pour moi d'un tournoi maudit, puisque bien que le jouant régulièrement les lundi soir, mes éliminations étaient jusqu'ici souvent des plus improbables. Finie, la malédiction du Tournoi Mallette ;  oubliés les coups du sort du passé... Cette fois-ci, Dame Chance a rétabli un semblant d'équité en venant me câliner tout du long de ce tournoi. Toutefois, force est de constater que je suis malgré tout victime d'un gâchis de chatte moi aussi, puisque ce sera ma troisième mallette Winamax venant étoffer mon rayon quincaillerie (après celles remportées respectivement au Stade Vélodrome et lors du tournoi spécial Girondins l'été dernier). Du coup, ma victoire d'hier soir ne me procure bien évidemment pas la même joie que si je remportais une mallette pour la première fois. C'est donc l'occasion de réfléchir un instant au phénomène de chance improductive. Ne nous y trompons pas : tout ceci me fait sourire et me met de bonne humeur, et il serait particulièrement malvenu de me lamenter.

Devrais-je croire à ce syndrome de chance superfétatoire ? A priori non. Abondance de biens ne nuit pas, dit le proverbe. Toutefois, étant un individu qui aime bien donner un sens mystico-symbolique à sa trajectoire de joueur, je me finis par croire que trop de chance tue la chance, sur le long terme. J'y crois. Et je n'y crois pas. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Allez savoir ! Pour valider la pertinence d'une telle hypothèse, une vie entière de joueur ne me suffira peut-être pas. Il va falloir attendre longtemps. Très longtemps. Ca tombe bien, je suis plutôt du genre patient : je tirerai mes propres conclusions au crépuscule de ma carrière. Et on dirait bien que ce n'est pas demain la veille.

samedi 10 décembre 2016

Le Omaha 5, défaut provisoire de ma cuirasse ?

J'adore le Omaha. Sous toutes ses formes : il y a bien entendu le classique Pot Limit Omaha à 4 cartes auquel je m'adonne en ligne quasi-quotidiennement, mais aussi désormais les nouvelles variantes légales que sont le Omaha Five (Omaha à 5 cartes), ou le Omaha Hi-Lo. Winamax a été le premier à s'aventurer sur cet étroit marché et c'est une vraie bouffée d'oxygène que de s'adonner à de nouvelles disciplines de la sorte.

Les autres opérateurs traînent la patte, mais c'est compréhensible : à l'échelle des opérateurs français, seul Winamax n'est adossé à aucun autre opérateur européen de poker en ligne... or, le décloisonnement hexagonal est pour bientôt (2017 ou 2018 dans le pire des cas), et lorsque les joueurs français pourront croiser le fer avec leurs voisins européens, il s'agira d'avoir la plate-forme la plus opérationnelle et la plus complète possible. Winamax semble avoir pris le pari de vouloir fédérer des acteurs et des joueurs étrangers autour de sa propre plate-forme sans rogner sur son indépendance, et quelque chose me dit qu'il pourrait s'agir d'un pari gagnant à terme tellement leur professionnalisme, leur créativité, leur clairvoyance et leur lucidité sont omniprésents au quotidien sur le marché.

Je le répète à l'envi, la légalisation à l'échelle hexagonale des nouvelles variantes poker constitue pour moi une réelle bonne nouvelle et une intarissable source de plaisir : ce n'est pas tant la perspective de gros gains financiers qui m'émoustille de la sorte, mais plutôt la stimulation intellectuelle que cela représente de pouvoir affronter les habituels adversaires sur un terrain neuf. Avec la perspective de les battre à la régulière, au final.

Mon plaisir de jeu est infini en Omaha Hi-Lo : si le jeu se pratique avec les 4 mêmes cartes qu'en Pot Limit Omaha classique, la sélection des mains de départ et le processus de réflexion à chaque tour d'enchères sont considérablement plus complexes du fait que le pot soit au final partagé entre la main la plus forte et la plus basse (pour peu que la main basse ne dépasse pas hauteur 8). Même si cette variante n'est pratiquée sur les tables payantes que depuis peu, j'éprouve dès à présent un sentiment de maîtrise technique que je n'ai jamais ressenti de façon aussi intense au Texas Hold'em. Je ne sais pas combien de temps cela va durer, mais ce sentiment est des plus plaisants à ressentir.

Ceci étant, ce qui est valable pour le Omaha Hi-Lo ne l'est pas du tout pour le Omaha Five : avouons-le franchement, au Omaha Five, pour le moment, je tâtonne, et je suis loin d'avoir trouvé mes marques, d'autant qu'il s'agit d'une variante à laquelle je ne m'étais que très peu exercé jusqu'ici. Cela va au-delà du simple tâtonnement : je sens que je fais preuve de beaucoup d'hésitation au moment de choisir mes plans de jeu, pendant les tournois. La présence de cette fichue cinquième carte dans la main de départ de chacun des joueurs augmente les combinaisons possibles dans des proportions vertigineuses, et pour le moment, il m'est difficile de me rendre compte quelle est la stratégie la plus efficace à adopter au regard du chaos ambiant instauré par mes adversaires aux tables. Or, je suis quelqu'un qui fonctionne beaucoup en termes de plan de jeu. Il ne s'agit pas de jouer uniquement avec mes cartes en main, mais aussi et surtout de joueur efficacement par rapport aux styles de jeu adverses (le plus souvent par opposition). Et s'il est vrai que JE tâtonne pas mal au Omaha 5 pour le moment, c'est aussi et surtout parce que mes adversaires jouent également de façon très chaotique, personne n'ayant au final de plan de jeu bien dessiné pour le moment. Bienvenue au far west !

Omaha Five : un flop de rêve ou de cauchemar ?
Si je confesse volontiers qu'à ce jour, de toutes les nouvelles variantes de poker le Omaha Five constitue la discipline dans laquelle je tâtonne le plus, à moyen-long terme, tout devrait rentrer dans l'ordre : je ne me fais aucun souci pour ce qui est de ma capacité à trouver les bonnes stratégies pour être un joueur redouté de Omaha Five. Le volume permettra l'expérimentation. De l'expérimentation jaillira la lumière. Je saurai balayer l'adversité et museler la variance. Inexorablement. Parce que dans un contexte compétitif, j'ai toujours été un joueur redoutable, quelle que soit la discipline. Cela fait partie de mon ADN.

Ma frustration du moment relative à cette variante du Omaha que je maîtrise mal pour le moment est somme toute infime. Ma patience est infinie. Ma motivation est inoxydable. Un jour, je serai un maître reconnu du Omaha Five, quand bien même il s'agisse d'une micro-discipline dédaignée de la communauté. Mais peu importe. Je suis fier d'être un joueur de Poker là où les autres ne sont au final que de simples joueurs de Texas Hold'em. C'est toujours bon pour le moral de ressentir une certaine forme de fierté, pour peu qu'elle ne se mue ni en orgueil ni en vanité. Alors on avance, sourire aux lèvres. Et vive le Omaha !

vendredi 2 décembre 2016

Retour sur mon étape Lilloise du WiPT

Les Halls de la Filature, en banlieue lilloise : un cadre vraiment très spécial pour y disputer un tournoi de poker, en l'occurrence l'étape locale du WiPT organisée par Winamax. Dans la grisaille de novembre, les Halls de la Filature et les bâtiments environnants constituent un échantillon visuel parfaitement représentatif de la désindustrialisation du nord, puisque si la façade arrière par laquelle on pénètre dans le salon d'entrée ainsi que la salle de tournoi de l'intérieur ont vraiment bonne mine, les bâtiments alentours en brique rouge à moitié à l'abandon avec leurs cheminées cylindriques effilées si caractéristiques ont de quoi filer le bourdon. J'en frissonne encore, rien qu'en l'imaginant, dix jours après.

Gaelle Baumann et Michel Abecassis présents à Lille
Arrivé sur place en fin de matinée, l'inscription s'est faite en un clin d'oeil ; il faut dire que les équipes du Winamax Poker Tour sont rodées à cet exercice si particulier qui consiste à réunir un bataillon de joueurs aux compétences et expériences des plus hétéroclites : le roublard venu plein de fougue avec l'ambition de glaner un ticket pour la finale nationale du WiPT y croise le néophyte venu dilapider manier du jeton en live pour la première fois. Comme d'accoutumée, la gent féminine représente à peine 10% des qualifiés venus en découdre. Ca me chagrine toujours un peu, mais on finit par s'y faire. Le poker est souvent affaire de testostérone. Parmi l'équipe des joueurs professionnels Winamax, deux membres éminents : Gaelle Baumann et Michel Abecassis.

WiPT- shuffle up and... Lille !
A ma table, j'observe des nordistes visiblement peu aguerris, si l'on excepte peut-être un ou deux joueurs un peu plus à l'aise avec les cartes. Il n'y a pas à dire, ces gens ont vraiment la tête de locaux. Le teint blafard, des yeux rougis et/ou cernés de fatigue, minés par le manque de sommeil ou l'abus de substances nuisibles à l'organisme. Je sens que ça va être compliqué pour moi de faire le show entouré de ces gens-là. Et puis quelques instants après le début officiel du tournoi, Gaelle Baumann s'assoit à notre table. La touche féminine de l'équipe de joueurs professionnels de Winamax ! Toute en retenue et en discrétion en dépit de son statut de superstar. Nous nous échangeons quelques regards d'entrée de jeu, elle et moi. Il faut dire que je l'intrigue probablement avec mon macaron rouge Club Poker, mon improbable chapeau péruvien en cuir rivé sur la tête, et mes vaines tentatives de mettre un peu d'ambiance à la table. Très vite, les échanges de regards se muent en discrets sourires complices, au fur et à mesure que nous assistons aux moves improbables de certains de nos adversaires. Il faut le voir pour le croire tellement ça joue mal à table, le plus souvent. 

Malheureusement, les illuminés préfèrent livrer leurs jetons à d'autres que moi. Ne parvenant pas à faire fructifier mon pécule de départ, celui-ci a vite fait de s'éroder et je me retrouve  rapidement en position précaire. Tant et si bien que je suis obligé de me lancer dans le vide prématurément... et là c'est la chute. Je suis éliminé du tournoi principal sans avoir eu le temps de déployer mes ailes. Un oisillon inerte gît au pied du nid, la nuque brisée.

Du fait de mon élimination précoce, je m'inscris à un tournoi secondaire de repêchage au format shoot-out (Winamax a tout prévu pour les malchanceux). Cette fois-ci, je me retrouve à une table nettement plus conviviale malgré les niveaux de jeux très disparates, avec là encore la présence de complets débutants. Tout le monde est détendu, et puis il y a trois dames à la table. J'enchaîne les blagues, ça rigole. On est bien. Je suis bien ! Ca répond du tac au tac et ça rigole encore davantage. Il faut dire que j'adore faire le zouave quand l'occasion s'y prête. C'est cette ambiance là du poker que j'affectionne : zéro pression financière, on joue en toute détente et on abolit les barrières sociales en rêvant ensemble à une monde fraternel et baigné d'insouciance. Tout cela en dépit de la dégaine improbable, du phrasé approximatif ou bien encore de l'haleine saturée d'alcool et de tabac de certains. Ca n'a guère d'importance et c'est ça le plus beau ! Je ne parviens au final pas non plus à m'extirper de ce tournoi de repêchage, mais le moment passé à table vaut son pesant de cacahuètes.

Il est alors temps pour moi de rentrer sur Paris. Dehors il faut déjà nuit. Je réserve un covoiturage illico et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve à la maison. J'ai passé une bonne journée quoi qu'il en soit. Et je me dis que c'est avec plaisir que participerai à une prochaine étape du WiPT. L'année prochaine ou la suivante. Ce jeu n'en finit pas de me passionner : tant par sa dimension tactique que sociale. Sacrée alchimie.

mercredi 23 novembre 2016

Au diapason du Club Poker Radio

En direct du studio Club Poker Radio
Ce jeudi 17 novembre 2016, j'ai eu l'honneur d'être invité à l'émission référence Club Poker Radio, qui est le pilier audiovisuel de Club Poker, le site internet de référence du poker hexagonal. Cela faisait quelques mois maintenant que Laurent, le grand manitou du Club Poker - accessoirement l'une des personnes les plus influentes du milieu - m'avait sollicité en vue d'un passage sur les antennes du Club Poker Radio à l'occasion de la légalisation des variantes poker. Féru de compétition, j'avais en effet pas mal brillé sur les tables de tournois honorifiques de variantes proposées par le Club Poker aux passionnés tel que moi.

Nico La & Fredyl zebezt
Les fauteuils rouges du Club Poker Radio ont accueilli ces dernières années toutes les personnes qui comptent dans le milieu du poker. C'est donc avec honneur et non sans une pointe de fierté que je me suis rendu dans le studio de l'émission, diffusée en live jeudi à 21h et également accessible en podcast pour les retardataires. Le temps a filé bien vite et je n'ai pas abordé tous les passionnants aspects liés aux variantes poker, mais disons que pour une introduction en mode piano c'était déjà pas si mal. Les variantes poker souffrent d'un net déficit de notoriété par rapport au trust du hold'em, et ce n'est pas demain la veille que cela changera. Toutes proportions gardées, c'est un peu comme comparer en athlétisme le 100 mètres et le décathlon. Si tout le monde sait que Usain Bolt règne en maître sur le sprint, peu de monde connaît le champion incontesté du décathlon, Ashton Eaton. Il n'en demeure pas moins que les premières tables de cash game et les premiers tournois de variantes disponibles étaient l'occasion de mettre un coup de projecteur sur le fait que le Poker ne se résume pas qu'au Hold'em. D'ailleurs il est ironique de penser que beaucoup de joueurs professionnels de Poker ne sont en vérité que des professionnels de Texas Hold'em. Dès lors qu'il s'agisse de s'aventurer sur le terrain des autres disciplines, leur compétence est déjà sensiblement amoindrie (y compris en Omaha).

Le Club Poker est le fruit mûr et juteux d'une passion dévorante. J'ai grandi et progressé dans mon approche du jeu avec le Club Poker, au rythme des articles du brillantissime SuperCaddy et des interventions tous azimuts des membres de cette communauté si particulière et investie sur les espaces dédiés du forum. Je remercie donc chaleureusement le Club Poker et tout particulièrement Laurent Dumont pour l'invitation et la marque de confiance induite par mon passage sur les ondes de la radio. En espérant secrètement que ma modeste intervention ait pu motiver de nouveaux joueurs de tenter l'aventure des variantes.



vendredi 18 novembre 2016

Fredyl à la conquête de Twitter

Mon passage à Club Poker Radio ce jeudi m'a fait réaliser à quel point il faut être en mesure de véhiculer une bonne image lorsqu'on ambitionne de briller dans ce milieu. J'aurai l'occasion de revenir sur cette émission qui s'est déroulée dans les studios du Club Poker dans les jours à venir. Toujours est-il que cela faisait un petit bout de temps que j'avais envie de me jeter à l'eau en me créant un compte twitter, histoire de pouvoir faire montre de davantage de réactivité. C'est désormais chose faite depuis ce vendredi 18 novembre 2016. 

Cela me permettra de relayer de façon plus fluide mes futures pérégrinations et mes humeurs du moment, d'autant que se profile l'étape lilloise du Winamax Poker Tour (WiPT Lille) ce week-end. Dorénavant, pour savoir ce que le destin me réserve, plus besoin d'avoir à attendre quelques jours de délai comme c'est habituellement le cas avec les comptes rendus publiés sur ce blog.

Une corde de plus à mon arc, donc. On verra bien si je suis à l'aise avec ce nouveau joujou qu'est twitter. Le mieux étant l'ennemi du bien, je vais veiller à ce que ce nouveau canal d'information ne vienne pas cannibaliser mon blog, ce qui serait dommage. J'ai vraiment pris goût à publier ici mes évolutions, réflexions, expériences et états d'âme à raison d'un article par semaine environ. Et je n'ai nullement envie de rompre cet équilibre.

Qui m'aime me suive.

mercredi 16 novembre 2016

Rêve de stud

Depuis que Winamax a lancé ses nouvelles variantes de poker ce jeudi 10 novembre en format cash game, j'ai pu observer combien le niveau de jeu de ceux qui s'y essayent est disparate. A tel point que je me dis qu'il y a forcément un petit créneau qui m'attend en format tournoi, lorsque ces derniers seront également disponibles, ce qui n'est plus qu'une question de jours. Et mes attentes sont grandes.

Le Stud, ce jeu encore peu connu en France
Preuve en est, la nuit dernière, j'ai rêvé que je faisais un tournoi de Stud sur Winamax et que j'arrivais à m'imposer en table finale contre des joueurs pourtant aguerris. Aussi, il me tarde vraiment de me frayer mon chemin sur ces différents formats représentés par les nouvelles variantes, le Seven Cards Stud n'étant d'ailleurs pas a priori mon format de prédilection. Mes attentes sur grandes, y compris au niveau de mon inconscient, mais ai-je une réelle supériorité technique sur le pool des joueurs ou pas ? La réponse ne devrait pas tarder à poindre, avec l'arrivée des premiers tournois sur Winamax dans les jours qui viennent.

S'il y a bien une constante, avec mes rêves, c'est qu'ils ne deviennent jamais réalité. La réalité s'avère toujours différente. Cruelle, parfois. Mais, là, pour le coup, je sens qu'il va y avoir une exception. Dès que le premier tournoi de Stud disponible sur Winamax, je m'inscrirai. Pour le gagner, bien sûr.


vendredi 11 novembre 2016

En route pour l'étape Lilloise du WIPT


Je ne cesse de m'extasier devant le professionnalisme et la créativité des équipes de Winamax. L'un des piliers de l'édifice Winamax, c'est sans conteste le WiPT (Winamax Poker Tour), avec sa batterie de tournois live gratuits à travers toute la France dont participants les plus chanceux sont qualifiés pour la finale à Paris au printemps (droit d'entrée : 550 euros) et dont le vainqueur final repart avec la bagatelle de 100.000 Euros. Encore faut il être l'ultime survivant, mais le challenge est enthousiasmant, et l'histoire à écrire est belle. Alors on y croit toujours un peu, forcément. Au départ, tout commence par une pré-qualification gratuite online. Pas bien difficile à obtenir pour qui sait faire preuve d'un peu d'obstination. Puis, une fois assis à une vraie table de poker sur l'une de ces étapes live, tout devient possible pour celui qui joue un poker inspiré mâtiné d'une bonne dose de réussite. Le vainqueur de l'édition 2015-2016 s'était ainsi qualifié gratuitement lors de l'étape de Nancy, que j'avais également disputée sans toutefois connaître le même succès, loin s'en faut.

A bien des égards, le WiPT constitue un véritable championnat de France officieux de poker amateur live, et son apport pour l'écosystème du poker français me semble fondamental, puisqu'il transmet le virus du poker live à des milliers et des milliers de joueurs à travers la France. Pour vendre beaucoup de rêve, il faut savoir aussi donner un peu de concret. Je n'ose imaginer le coût gigantesque de l'organisation de ce Winamax Poker Tour à travers toute la France : 46 étapes entre novembre et mars. Sillonner ainsi le pays est certes éreintant, mais à la fin de la saison, vient le temps de la moisson. Non seulement les retombées du WiPT sont bénéfiques à long terme pour Winamax, mais je suis convaincu qu'il l'est carrément pour tout le poker français.

Le coup d'envoi annuel des qualifications a été comme chaque année donné à la Grande Halle de la Villette, à Paris, le 5 novembre, et cette année encore, je n'ai pas pu m'y rendre, puisque j'étais cloué par des obligations familiales autrement plus réjouissantes. Il n'y a pas que le poker dans la vie et c'est tant mieux. Toutefois, l'envie de tâter du jeton dans une ambiance bon enfant constitue un bien agréable rituel, aussi cette année j'ai jeté mon dévolu sur quelques étapes du WiPT pas trop éloignées de Paris... l'une d'elles étant celle de Lille.

Ces samedi 19 et dimanche 20 novembre, Lille accueillera donc le WiPT. J'ai décroché ma qualification online pour l'événement avec brio et désinvolture tout à la fois. Quand bien même je m'y rende dans l'optique première de passer un bon moment, je compte bien y briller afin de décrocher ma qualification pour la grande finale du printemps et d'amortir de la plus belle des manières les quelques euros de frais occasionnés par ce petit déplacement. Certes, la structure turbo rend l'opération délicate, puisque la part de chance s'en retrouve accrue par rapport à un véritable tournoi live, mais sait-on jamais. Je ne crache jamais sur une opportunité de culbute, aussi petite soit-elle. Et puis les petits ruisseaux font les grandes rivières. Et je n'oublie pas non plus que la dernière fois que j'avais été à Lille (BPT Lille), le Dieu du Poker avait été bienveillant avec moi...

jeudi 10 novembre 2016

Quoi de neuf, docteur ? Les variantes sont là sur Winamax !

Michel Abecassis - l'emblématique ambassadeur de Winamax - l'avait annoncé il y a trois semaines en avant-première à l'antenne de Club Poker Radio : le 10 novembre les variantes étaient susceptibles de débarquer sur Winamax. Nous sommes le 10 et les variantes poker sont jouables sur les tables de Winamax depuis cet-après-midi, le collège de l'ARJEL ayant donné son feu vert administratif dans la journée. Ca ne traîne pas chez le leader du marché français, qui effectue ainsi un démarrage en trombe sur ce petit segment du marché.

Ce jeudi 10 novembre constitue donc une journée à marquer d'une pierre blanche dans mon opération de conquête du poker français, quand bien même les variantes ne puissent pour le moment être jouées que de façon restreinte en cash game et pas encore en tournoi. Peu importe : mon plaisir est immense, et ma marge bénéficiaire pour les prochaines semaines l'est tout autant. Les autres plate-formes de poker francophones, si elles ne sont pas trop à la ramasse, devraient elles aussi proposer une offre jouable de variantes au cours des prochaines semaines.

A l'heure où je rédige ces quelques lignes, je suis déjà assis à deux tables de 8-games et PLO5, histoire de prendre la température de mes futurs patients. Ca nous promet quelques accès de fièvre dans les prochaines semaines. Et ce n'est que le début, foi de Fredyl !


Quoi de neuf, docteur Abecassis ?

mercredi 2 novembre 2016

Novembre 2016 : arrivée des variantes poker !

Terre en vue ! Après une attente interminable, les variantes poker les plus courantes ont enfin été autorisées sur les tables françaises de poker en ligne, via un décret publié courant octobre. A présent, il ne reste plus que des détails techniques à régler : le feu vert final par l'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne de cette nouvelle offre de poker sur les plateformes françaises n'est a priori qu'une simple formalité. Dans quelques jours, les joueurs français pourront jouer à ces variantes que d'aucuns qualifient volontiers d'exotiques :

- Omaha hi-lo limit
- Omaha hi-lo pot limit
- Omaha 5
- 7 cards stud
- 7 cards stud hi-lo
- Razz
- Deuce to seven triple draw

J'aurai bien entendu l'occasion de m'apesantir en détail sur ces diverses variantes lors des prochains mois, puisque j'envisage de m'y exercer quotidiennement sur les tables dès qu'elle seront disponibles. 

De source quasi-officielle, Winamax devrait être en mesure de proposer à ses joueurs une offre de variantes dès la seconde quinzaine de ce mois de novembre. Et nul doute que les autres plateformes voudront également proposer une offre de poker élargie, quand bien même l'activité de cette offre poker étoffée devrait au final représenter un marché relativement étroit, voire marginal tellement la domination du Texas Hold'em est viscéralement ancrée dans les habitudes et préférences des joueurs. Mais nul doute que l'effet de curiosité aidant, nombre de joueurs quelque peu lassés du Texas Hold'em et du Omaha Pot Limit voudront s'essayer à ces nouvelles variantes afin de varier les plaisirs.

Je fonde quelques espoirs sur ma capacité à y briller en écumant les tables, car les connaissances en la matière des joueurs français sont quasi-vierges et je pense par conséquent que cette légalisation pourrait changer la donne en boostant mes performances aux tables, tout en accroissant mon plaisir de joueur. Toutes proportions gardées, je me sens un peu comme un colon sur le Mayflower après que la vigie eut annoncé "terre, terre !" et que les côtes du Massachusetts se profilent à l'horizon. J'ai la nuque électrisée. Je frissonne. Et je me dis intérieurement que ma conquête du poker va enfin pouvoir prendre de l'ampleur. Car le voyage a beau avoir été long et éprouvant, une énergie nouvelle m'anime.

Je trépigne, je trépigne.

Le Mayflower et ses colons de légende

samedi 29 octobre 2016

Etre payé en une seule main jouée : j'en ai rêvé PMU l'a fait !

Je suis encore sous le choc (ou sous le charme) de ce tournoi tardif joué sur PMU Poker ce jeudi soir. J'ai vécu au cours de ce tournoi une expérience tout à fait unique... qui ne se reproduira certainement pas de sitôt. Je suis rentré dans l'argent au cours d'un tournoi en jouant une seule main. J'en avais rêvé, le PMU l'a fait pour moi !

Lorsque ma session nocturne s'éternise le soir (signe que ma soirée sera bénéficiaire puisque je suis encore en lice et qu'une place richement dotée me tend les bras), il m'arrive parfois de m'inscrire à des mini-tournois turbo. Cela évite que je fasse preuve d'impatience sur la seule table qu'il me reste, et ça me permet également de ne pas m'endormir en attendant mon tour, puisque j'ai de la sorte un peu plus d'animation. Paradoxalement, je trouve que le fait de ne pas devoir mono-tabler optimise ma concentration en fin de soirée.

Il était donc une heure du matin lors de mon inscription à ce tournoi PMU Poker et je bataillais alors en table finale d'un tournoi de Omaha sur Winamax : le bien-nommé Omaha Beach dont le droit d'entrée est de 10 euros. Il ne me restait plus qu'une seule table active, donc ; l'ennui commençait à me tarauder - le Omaha Beach étant un tournoi deepstack à structure lente - et nous étions encore assez richement pourvus en nombre de blindes en table finale, de telle sorte que les éliminations des derniers joueurs en course tardaient à se concrétiser. Aussi, pour patienter, je décidai de participer en parallèle à ce petit tournoi turbo proposé par PMU Poker dans sa grille quotidienne ; le tournoi débute officiellement à 23h45 mais il est possible de s'enregistrer tardivement jusqu'à 1 heure du matin : 1 euro l'inscription, une augmentation des blindes rapide, et donc la possibilité de s'inscrire tardivement avec une poignée de blindes certes, mais à l'orée des places payées !

C'est ainsi que lorsque je me suis inscrit à ce tournoi sur PMU Poker à quelques secondes de la fin des places payées, il ne restait plus que 12 participants (13 avec moi) pour 9 joueurs payés. 42 joueurs avaient déjà été éliminés à ce moment-là. Et c'est à partir de cet instant que j'ai assisté avec ébahissement au véritable sketch que le facétieux Dieu du Poker m'avait préparé.

Tout d'abord, le tournoi se jouant en 6 max (tables de six joueurs) j'ai dû patienter une ou deux minutes avant d'intégrer une table : j'ai été placé en attente, seul, sur une table vide. Ce qui est tout à fait normal, un rééquilibrage automatique des tables devant être fait par le logiciel à la fin des coups en cours affectant les douze autres adversaires déjà engagés dans la bataille.

Mais un joueur est éliminé à ce moment là, ce qui fait que je suis automatiquement amené à prendre sa place laissée vacante sans rééquilibrage des tables à 13 joueurs. Je suis affecté au bouton (position du dealer). Sauf qu'il y a une règle au poker qui stipule qu'un joueur qui débarque à une table active directement au bouton ne participe pas au prochain coup. J'ai donc assisté passivement - sans cartes - à un coup disputé par mes adversaires, en attendant de pouvoir participer véritablement lors de la prochaine main. 

Une participation qui jamais ne vint. Car à l'autre table un joueur touché par la grâce divine dont le pseudo était "LEKABYLE" avait décidé de faire le ménage à grande vitesse... et deux joueurs adverses ont alors été éliminés simultanément... tant et si bien que nous nous retrouvâmes à 10 joueurs et qu'un rééquilibrage automatique des tables par le logiciel me conduisit alors à être réaffecté à l'autre table (afin que par souci d'équité le main-par-main de la bulle soit disputé à deux tables de cinq joueurs et non pas avec une table de six et une table de quatre). Et là, rebelote !  Je débarque une seconde fois en étant affecté au bouton, de telle sorte que je ne peux pas participer au coup. L'un des joueurs pauvrement fourni en jetons part à tapis... et j'ai l'occasion unique de rentrer dans les places payées sans avoir disputé le moindre coup. Mais il parvient à doubler. Nous sommes toujours 10 joueurs en course, pour 9 places payées. Je vais alors jouer mon premier coup du tournoi.

La première main que je reçois est bonne : je ne dispose que de 5 blindes, un joueur paye en premier de parole et je décide de pousser le maximum de jetons. Je suis à tapis, et j'ai un payeur ! Je double et récupère même un peu de dead money abandonnée par le limpeur, tandis qu'à l'autre table il y a directement un sortant... tant est si bien que je me retrouve officiellement dans les places payées en ayant joué une seule main. C'est Byzance. Mais le sketch ne s'arrête pas là...

Il y a un ou deux excités qui ont la gâchette facile, même avec des mains marginales, tant et si bien que les portes de la table finale à 6 joueurs s'ouvrent à moi sans que j'aie eu besoin de disputer plus d'une poignée de mains. Et là, le one-man-show "LEKABYLE" se poursuit et je suis le seul à lui résister, puisque je double contre lui à deux reprises. Le reste du temps, je passe et j'attends que la tornade venue des montagnes de Kabylie emporte tout sur son passage : tous mes adversaires sont annihilés en une poignée de mains à peine !

I am le Fredyl nobody me fait peur....
Je me retrouve en tête-à-tête final en ayant l'impression de ne pas avoir joué. 15 euros à la gagne, 10 euros pour le second : je me dis que je peux créer l'exploit ultime de gagner un tournoi sans l'avoir joué on presque. J'y vois d'ailleurs un présage, puisque je repense au film "l'Union sacrée" avec Patrick Bruel dans le rôle principal, et me remémore cette phrase culte en début de film où un petit caïd parisien féru d'anglicismes répète à ses sbires, inquiets à l'idée d'être défaits par leurs ennemis : "i am le Kabyle, nobody me fait peur".

Au poker, lorsque je dispute un tournoi important,  j'ai parfois pour coutume de me dire lors des coups cruciaux : "I am le Fredyl, nobody me fait peur". Pourquoi, je ne sais pas.... une private joke de mon inconscient, sans doute. Alors je perçois dans ce duel contre "LEKABYLE" un clin d'oeil du destin, quand bien même je n'aie qu'une poignée de blindes face au colosse adverse. J'y crois. Forcément. D'autant que dans le film "L'Union sacrée", Le Kabyle sans peur se fait assassiner dès les premières minutes. Alors gros bonnet ou petite cagoule ? Suspense. Ou pas...

A la vérité, je suis exterminé en une seule main. Se faire des films dans sa tête n'est guère bénéfique, la plupart du temps. Mais ça permet de passer de sacrément bons moments à moindre frais. Et puis là n'est pas le plus important : j'ai atteint les places payées d'un tournoi en disputant une seule main. Un exploit. Un moment de grâce. Un souvenir pour mes vieux jours. Le reste n'est que décor de cinéma.




vendredi 28 octobre 2016

Le songe d'une variante insolite !

La bio-diversité en plein désert
La nuit dernière, j'ai rêvé que je me retrouvais à Las Vegas dans un casino en compagnie de quelques amis et qu'après avoir passé un peu de temps sur les machines à sous sans guère de succès, nous nous décidions à nous assoir à une table de cash game où se pratiquait une variante de poker qui nous était totalement inconnue. Il faut dire que dans le Nevada, les variantes surgissent régulièrement de nulle part, telles des fleurs du désert après la pluie, si bien que les variantes poker ne font pas toutes partie de la palette des connaisseurs et encore moins du grand public. Sous l'effet de mode, certaines variantes s'imposent dans la durée tandis que d'autres périclitent aussitôt.

Dans ce rêve, nous avions beaucoup de mal à nous en sortir : non seulement personne ne maîtrisait les règles de cette variante insolite,  mais le croupier était de surcroit  peu aguerri et commettait des impairs dans la distribution des cartes. Par ailleurs, les autres joueurs présents à cette table - des américains imbibés d'alcool venus à Las Vegas pour faire la fête à gogo - avaient bien du mal à comprendre les règles et à jouer correctement, décontenancés par l'alcool et les règles si particulières (quoique proches de celles du Seven Cards Stud, avec chez chaque joueur une carte visible et plusieurs cartes cachées). Très contrarié, je me souviens également avoir dû endurer à grand'peine le rire hystérique d'une californienne délurée et éméchée après que j'eus raté l'opportunité de remporter un pot contre elle en raison d'une erreur de distribution des cartes - missdeal - de la part du croupier. Le reste de mes souvenirs est bien plus confus et s'est perdu dans les limbes...

Quel message mon inconscient a-t-il tenté de me délivrer via ce songe ? Difficile à dire, comme souvent. Peut-être que l'imminence de l'arrivée des variantes sur le marché français titille mes neurones. Car d'ici la fin de l'année, plusieurs variantes débarqueront sur les plateformes hexagonales de poker en ligne. Alors forcément, il y aura quelques changements par rapport aux habitudes poker, avec pas mal de tâtonnements de la part des joueurs français totalement débutants qui voudront s'y essayer. Pour ma part, ayant eu le loisir de m'exercer régulièrement aux diverses variantes sur les tables en argent virtuel ces trois dernières années, je ne redoute pas les impairs liés à la méconnaissances des règles et du metagame propre à chacune. Mais ce n'est pas pour autant que je serai forcément compétitif contre les joueurs étrangers aguerris si tant est que certains d'entre eux se décident à venir jouer les trouble-fêtes lors de l'ouverture de ces variantes aux joueurs français (PokerStars et Winamax accueillant en effet un contingent de joueurs étrangers à leurs tables). On verra bien le moment venu. Et puis peut-être que je fais carrément fausse route dans mon interprétation : il est possible que mon inconscient me dise tout simplement via ce rêve qu'il s'attend à ce que je puisse retourner un jour prochain à Las Vegas pour y briller en m'adonnant à l'une des multiples variantes disponibles dans les salles de poker du Nevada plutôt qu'au classique Texas Hold'em. Qui sait ?

Le monde des rêves est toujours plein de messages codés. En attendant d'y voir plus clair, je garde toujours un oeil ouvert...

jeudi 27 octobre 2016

Soirée privée... privé de plaisir

Seconde soirée consacrée au poker live amical le week-end dernier, avec quelques unes des personnes déjà croisées il y a moins d'un mois. Non seulement ces parties de poker live en comité restreint ne me réussissent pas en termes de résultats - puisqu'une fois encore je suis éliminé précocement - mais de surcroit je ne me sens pas tout à fait à l'aise dans ce type de soirées. Le plaisir de jouer n'existe chez moi que si le jeu est optimisé. Or, l'atmosphère enfumée ultra-relax n'aide pas lorsqu'on est comme moi un authentique non-fumeur, qu'on ne sirote les cocktails qu'avec parcimonie et qu'on essaie de produire un jeu structuré et efficace avant que de s'évader en jouant.

Toujours est-il que pour la seconde fois en moins d'un mois, je me suis retrouvé à jouer le croupier de service lorsque le nombre de survivants se réduisit à trois unités. A vrai dire, sans être un véritable fan de la fonction, j'aime bien jouer le rôle du croupier, tout en sobriété dans une atmosphère quant à elle bien plus relax et détendue.

Bienvenue dans un monde plus glauque
Malgré cet exercice d'improvisation plutôt plaisant, ma soirée ne fut pas des plus mémorables au final, d'autant que le retour à la maison en Noctilien tout au bout de la nuit n'a pas été des plus agréable, la faune ambiante dans ce type de transports en commun n'étant pas toujours la plus bienveillante et la plus lucide qui soit. Enfin, passons. On oublie et on passe à autre chose : il y aura certainement des lendemains meilleurs.

samedi 8 octobre 2016

Hip'Poker Tour PMU de Vincennes : un petit tour et puis s'en va...

Ayant obtenu cette semaine sur le site PMU Poker ma qualification pour le Hip'Poker Tour de Vincennes, un tournoi de gala se déroulant dans l'enceinte de l'hippodrome de Paris-Vincennes, c'est sans pression aucune ni attente particulière que je me suis présenté ce vendredi  7 octobre sur la ligne de départ de ce tournoi se déroulant sur deux jours et réunissant près de deux cent joueurs. Tout juste ai-je oublié d'emporter mon chapeau avec moi... la dernière fois que cela m'était arrivé, au WPTN Paris, cela ne m'avait pas porté bonheur. Deux cent prétendants à la victoire finale, donc. Et une vingtaine de veinards qui ne repartiront pas les mains vides, puisque comme d'habitude lors de ce type de tournois de gala, un package WPTN et des buy-ins viennent récompenser les ultimes survivants.

Le troisième étage de l'hippodrome de Vincennes où ce disputait le tournoi dispose d'une vue à couper le souffle... non seulement sur les courses hippiques en contrebas, mais également sur le bois de Vincennes tout entier ainsi que sur les immeubles haussmanniens de la capitale, au loin. On comprend aisément que la cafétaria-resto de ce troisième étage - avec son immense cloison vitrée - constitue un cadre privilégié afin d'assister aux courses dans des conditions de confort proches de l'optimal. Ferveur et passion garanties pour ceux qui fréquentent régulièrement un tel lieu. Toujours est-il qu'à l'occasion de cette journée destinée à promouvoir la diversité de la gamme PMU à travers les courses hippiques et le poker, le PMU soignait également son image de marque en faisant participer à ce tournoi deux des joueurs professionnels de son écurie poker, à savoir la rutilante Sarah Herzali et le brillant Yohan Guilbert. Si le virus de la procrastination ne repousse pas vers les limbes une des idées que j'ai en tête, j'aurai d'ailleurs l'occasion de m'attarder sur ces poulains-là lors d'un futur article consacré aux joueurs sponsorisés.

Au début, on s'installe, on y croit...
Concernant ma participation à ce tournoi Hip'Poker, le moins que l'on puisse dire c'est que cela n'aura pas traîné, puisque je suis éjecté dès le début du second niveau, après à peine plus d'une demi-heure de jeu, sur une malheureuse rencontre extrêmement difficile à éviter. Dans un très gros pot, j'ai la deuxième meilleure main possible, mon adversaire a la meilleure main... et boom ! Par ici la sortie !!! Bien sûr, j'aurais pu trouver un fold et jeter ma main... mais c'est un freeroll avec deux cent joueurs, bon sang : il faut prendre des risques pour espérer aller jusqu'au bout. C'est donc en toute connaissance de cause que j'ai choisi de ne pas respecter le théorème de la river de zebezt (sur lequel j'aurai également l'occasion de revenir plus en détail prochainement).  Bien mal m'en a pris ! Au poker, on finit toujours par succomber face aux rafales de nos adversaires, mais ça m'a fait tout drôle de jouer le rôle du soldat fauché précocement en 1914 plutôt qu'en 1918.

Très désappointé par une élimination aussi précoce, je n'ai même pas voulu attendre que soit lancé le premier petit sit-and-go destiné à consoler les joueurs éliminés prématurément de ce tournoi (certains ayant quand même traversé la France pour rallier Vincennes le jour J). En quittant la salle, j'ai croisé Steven, alias Veunstyle, le couvreur officiel de bon nombre de tournois de poker, qui officie souvent avec bonhommie et malice pour le compte du Club Poker, mais également de Winamax, entre autres. Cette fois-ci, Steven est venu participer en tant que simple joueur à ce petit tournoi, et sachant qu'il venait d'arriver et s'apprêtait à s'assoir à sa table, je n'ai pas cru bon de le retenir plus longuement... notre dialogue s'est donc résumé à une rapide discussion de trois minutes, mais ça fait toujours plaisir d'échanger avec quelqu'un d'intelligent, d'autant qu'à ma table de poker, je n'ai pas décroché le moindre mot à destination de mes adversaires du jour, la dynamique de la table ayant été phagocytée d'entrée de jeu par deux ou trois joueurs à la langue bien pendue qui se connaissaient déjà et que le hasard du tirage au sort avait réunis à la même table.

Que dire, en conclusion de cette journée tronquée ? Pas grand chose, si ce n'est que pour ce qui est de la qualité des promotions poker de l'hexagone, je trouve que le PMU tient la dragée haute à Winamax. La concurrence, elle, est reléguée bien loin derrière, désormais.


jeudi 6 octobre 2016

Une soirée poker amicale jouée sur du velours

Au cours de ma vie trépidante d'étudiant à plusieurs casquettes, j'ai eu la chance de croiser quelques personnes brillantes, dont Jean-Guillaume, un ami qui a su bien involontairement me donner le goût pour l'expression "jouer sur du velours". Une expression qui sied au poker (puisque trouvant son origine sémantique dans les jeux de cartes), mais dont l'usage sied tout aussi bien dans le monde des affaires et de la politique lorsque dans une situation donnée le protagoniste agit sans avoir besoin de prendre de risque, tout lui étant rendu facile par les circonstances : jouer sur du velours. 

En dépit de ma présence sur les réseaux sociaux et autres forums de discussion spécialisés dans le sphère du poker, je ne suis pas pour autant un joueur des plus sociable, dans le sens où je ne recherche pas le contact d'autrui lorsqu'il s'agit de jouer en chair et en os à une vraie table, avec de vrais jetons. Non, moi, ma préférence va pour le jeu en solitaire pratiqué au calme à la maison, confortablement installé derrière mon écran d'ordinateur, la main agrippée à ma souris.. elle-même posée sur un tapis en plastique (et non en velours).

Pourtant - une fois n'est pas coutume - j'ai été invité vendredi à une petite soirée poker chez l'un des joueurs que je croise occasionnellement lors des tournois en ligne communautaires, en compagnie d'une poignée d'autres personnes au profil semblable. 

J'ai accepté cette invitation sans trop savoir pourquoi... peut-être bien parce que depuis quelques temps, je suis malmené par les coups du sort à mes habituelles tables de poker en ligne. L'occasion de sortir de ma routine et de profiter d'une bouffée d'oxygène, en quelque sorte (quand bien même l'oxygène en question fut de piètre qualité, les autres participant de la soirée étant tous fumeurs). Quoi qu'il en soit, cette soirée fût l'occasion pour moi de tâter du jeton avec entrain, sans pression aucune ni réel enjeu, uniquement mû par le plaisir simple de jouer au poker en toute détente, dans un cadre convivial et amical.

Nous étions donc sept joueurs réunis à l'occasion d'une soirée pour une partie de poker jouée sur un beau tapis de velours carmin, le tout entrecoupé de multiples pauses destinées à remplir la panse des convives (apéro, puis dîner, puis dessert...). La soirée fût longue, puisque nous avions choisi de jouer avec beaucoup de profondeur de jetons et une structure lente, de telle sorte que le dénouement de la partie intervint au bout de la nuit. 

Je suis éliminé pour ma part à une anecdotique cinquième place, mais j'ai réellement pris beaucoup de plaisir à jouer dans ces conditions. Et surtout, je me suis improvisé croupier alors qu'il n'y avait plus que trois joueurs restants, distribuant avec délectation - et célérité - les cartes aux derniers joueurs en lice. La main finale est digne des meilleurs films d'action, puisque j'ai réussi à distribuer en même temps une paire d'as, une paire de dames et une paire de dix, forçant tout le monde à prendre le risque de partir à tapis pré-flop et faisant basculer la victoire finale dans le camp de la gent féminine. La preuve en images :

fredyl génie du poker ou fredyl croupier inspiré ?




jeudi 29 septembre 2016

gavé !

Dernièrement, mon volume de jeu est devenu majoritairement axé sur le Omaha Pot Limit et non plus sur le Texas Hold'em. Il faut dire que la perspective d'une légalisation imminente de nouvelles variantes de jeu autour du Omaha (le Omaha hi-lo et le Omaha 5) me motive à m'exercer quotidiennement au Omaha Pot Limit, histoire d'être affûté lorsque les deux autres variantes autour du Omaha seront disponibles sur les tables de poker en ligne.

Or, les joueurs de Omaha Pot Limit n'étant pas légion en comparaison de ceux s'adonnant au Texas Hold'em et les références théoriques disponibles très limités pour le public, chacun y va de son style de jeu peu académique, et je ne cesse de leur mettre des petites pastilles colorées aux tables : les cataloguer de la sorte me permet de mieux reconnaitre par la suite tous ces joueurs qui ne brillent vraiment pas par leur talent. Sur le très court terme, le Omaha Pot Limit génère une variance bien supérieure à celle du Texas Hold'em.

Pourquoi ça ne rentre pas dans mon gosier ?
Or, il se trouve qu'en cette fin de mois de septembre, je sens que je suis gavé - c'est le mot - bien au-delà de ce que je peux habituellement encaisser sans broncher. Gavé de perdre des pots improbables contre des adversaires vraiment médiocres, voire carrément mauvais. Je crois bien que c'est la première fois que je ressens ainsi les choses négativement depuis mes débuts au poker il y a maintenant presque quatre ans. C'est dire à quel point je suis décontenancé par l'apparition de cette désagréable sensation d'en avoir assez de subir des revers de fortune immérités à des moments-clefs du tournoi. Ce n'est pas tant le fait de perdre des pots incroyables qui me fait fulminer, mais bien le fait qu'il s'agisse de moments charnière, de ceux qui changent l'impact financier d'une soirée. J'en suis même arrivé ces derniers jours à me départir de mon habituelle ironie bienveillante sur le chat de discussion, exaspéré d'y lire les remarques erronées de joueurs dont les calculs de cotes mathématiques post flop sont encore plus lamentables que leur niveau de langage écrit. Les puristes comprendront.

Bref, toute cette médiocrité ambiante me pèse, d'autant que je me sens injustement embourbé dedans, tellement mon niveau est supérieur à la masse des joueurs de Omaha. Bien sûr, sur le moyen-long terme, je les domine sans l'ombre d'un doute, tous ces joueurs d'opérette. Mais les voir se vautrer sur des montagnes de jetons qu'il m'ont injustement confisqués à des moments charnière d'un tournoi finit par me lasser quelque peu. Pourtant, je ne perds pas d'argent malgré tout : la "casse" est toute relative. Mais je sens que la variance est actuellement contre moi, et parvenir à tenir le cap sans broncher contre vents et marées défavorables n'est pas un exercice de tout repos.

Septembre s'achève et je suis gavé. Avec un peu plus de réussite aux tables, l'histoire aurait été toute autre. Espérons que ce début de lassitude ne soit que passager. Je n'ai pas envie de jouer au poker avec des pensées négatives : je vais donc tâcher dans les prochains jours de retrouver un peu de fraîcheur. Car ce jeu est malgré tout tellement plaisant et mon appétit de victoires tellement insatiable qu'il me faut vite digérer tout ça et repartir à la conquête du poker avec le sourire aux lèvres.

samedi 24 septembre 2016

Un rêve de Omaha très troublant...

Que ce soit dans ma vie de tous les jours ou dans mon approche du poker, je suis guidé par le rationnel. Il y a néanmoins au fond de moi une infime part de mystico-onirisme, et le plus incroyable c'est que je la cultive au lieu de la réfréner. 

Ce matin, je me suis réveillé en ne sachant trop que penser d'un nouveau rêve relatif au poker que je venais tout juste de faire ! Dans mon rêve, je me retrouvais au Cercle Clichy Montmartre en train de participer à un important tournoi de omaha, et je feignais à moitié de ne pas savoir y jouer, prétendant m'être inscrit par erreur... probablement dans le but machiavélique de déstabiliser mes adversaires. Bien sûr, dans mon rêve, le croupier se rendait vite compte de la plaisanterie, mais à la table les adversaires maudissaient ma prétendue chance au fur et à mesure de ma montée en puissance, avec un tas de jetons en constante croissance. Malheureusement, je n'ai plus aucun souvenir du dénouement -favorable ou non - de ce rêve.

Ce que je sais en revanche avec certitude, c'est qu'en dépit du fait que je n'aie jamais fait de omaha en live, je m'adonne en ligne quasi-quotidiennement à la pratique de cette variante, et je peux affirmer que j'en maîtrise toutes les subtilités tactiques et stratégiques sur le bout des doigts, quand bien même mon champs d'action reste circonscrit aux tables de petites limites pour le moment. Quoi qu'il en soit, il y a un de temps en temps un débutant qui pointe le bout de son nez aux tables de omaha en ligne sans même en avoir appris les règles de base ; soit qu'il se soit inscrit par mégarde en croyant qu'il s'agissait d'un tournoi de hold'em classique, soit qu'il désire satisfaire sa curiosité au plus vite sans même juger nécessaire d'en connaître les bases. Auquel cas, la situation peut vite devenir cocasse et les rares fois où cela survient, je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire amusé, voire d'inclure une petite remarque mi-bienveillante mi-ironique sur le chat de discussion, histoire d'amuser la galerie.

Je me demande le sens caché de ce rêve de omaha et ne vois pour le moment que deux explications plausibles : soit je complexe un peu à l'idée de me frotter aux meilleurs joueurs en ligne en montant de limite, soit je fantasme sur l'arrivée imminente d'une épreuve majeure de omaha au Cercle Clichy Montmartre. Car novembre y réservera aux amateurs d'adrénaline une nouvelle étape majeure du circuit international en partenariat avec les WSOP, dont deux beaux tournois de omaha à respectivement 300 et 500 euros l'entrée qui me font la nique et auxquels j'aimerais inconsciemment participer, en contradiction avec ma règle de base au poker qui consiste à ne jamais jouer avec mon propre argent. Alors c'est décidé : sachant que Winamax organisera quelques satellites qualificatifs en ligne pour certains de cette douzaine de tournois spéciaux qui auront lieu au Cercle Clichy Montmartre, si d'aventure il y a également des satellites pour les deux épreuves live de omaha, j'y participerai... et je me qualifierai. Porté par mon rêve. Ou pas.

Je suis vraiment un doux-rêveur. Mais j'assume. Et c'est ce qui est au final le plus important.

jeudi 15 septembre 2016

Adrénaline et insomnie

Au poker, il est de ces coups qui s'avèrent décisifs et marquants. Des coups que l'on n'oublie pas de sitôt eu égard à l'enjeu du moment : j'ai toujours en tête le coup final remporté il y a deux ans m'ayant permis de gagner mon voyage au Brésil. J'ai également toujours en tête une poignée de coups décisifs joués en ligne ou en live, qu'ils aient été gagnés ou perdus. Stockés dans ma mémoire de joueur passionné. Un vrai luxe de superficialité, lorsqu'on y pense. 

Cette nuit, à l'occasion d'un tournoi majeur des Winamax Series, j'ai joué l'un de ces coups particuliers qui me marqueront pour longtemps, car il se trouve que j'ai disputé un gigantesque pot alors que nous n'étions plus qu'une quinzaine de survivants et que la table finale me tendait d'ores et déjà les bras puisque j'exerçais une réelle emprise sur ma table et que j'étais par ailleurs chip leader du tournoi à égalité avec mon adversaire. La table finale avait une dotation ultra-alléchante, puisque des lots de 10.000 euros et plus étaient attribués aux joueurs parvenant à se hisser sur le podium de ce tournoi.

Il existe une règle tacite de bon sens, au poker, qui veut que les détenteurs de gros tapis s'évitent soigneusement dans la dernière ligne droite, afin de ne pas subir un inutile accident de nature à les priver des dotations les plus juteuses de la table finale. Force est de constater que je n'ai pas respecté cette règle, puisque j'ai voulu jouer la gagne un peu tôt, en partant au combat frontalement contre mon adversaire... et que je n'ai pas remporté le pot au final en dépit de chances quasi-équivalentes. Dans le jargon du poker, on appelle ça un set-up.

Mon gain final aurait pu être dix fois supérieur à ce qu'il a été du fait de cette improbable élimination. Avant d'aller me coucher, j'ai bien entendu revisionné ce coup crucial, réfléchi à ses conséquences, aux milliers d'euros que j'aurais probablement obtenus si j'avais eu un soupçon de réussite, j'ai de nouveau réfléchi à la façon dont j'avais joué ce coup, essayé de voir comment il aurait pu en être autrement si j'avais adopté une attitude plus prudente.

rivière en crue... limon en vue (photo : Philippe Feldmann)
Suite à mon élimination brutale, je n'ai pas réussi à trouver le sommeil du juste. Après un bref assoupissement, je me suis réveillé avec d'étranges sensations, en me repassant le coup en boucle dans ma tête et en maudissant mon manque de réussite dans ce moment crucial. Le temps a viré à l'orage et le tonnerre s'est mis à gronder, dehors. J'ai malgré tout esquissé un sourire en me disant que dans des moments tels que celui que je venais de vivre, l'adrénaline irriguait mes veines avec la même intensité qu'une rivière en crue. Au matin, il y aurait peut-être quelques dégâts à constater sur les berges... 

Par la suite, mon sommeil en a été de nouveau perturbé, à tel point que j'ai longuement bataillé avec les draps et que j'en ai même rêvé, de ce maudit coup. Je me suis réveillé de nouveau, en proie à un début d'insomnie en raison du trop-plein d'adrénaline accumulé lors de la soirée. Une sensation très inconfortable à vivre sur le moment, mais qui a terme s'avèrera sans nul doute bénéfique pour moi. Car le limon charrié par les eaux en crue a un intérêt majeur pour le renouvellement de la fertilité des sols. Qu'on se le dise.