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samedi 24 juin 2017

Mes images simples du bonheur : hommage posthume à Véronique Robert


A mes yeux, le mot liberté n'est pas un vain mot, car il se trouve que je suis un être humain qui cultive sa propre liberté bien davantage que la moyenne. Ceci m'a causé pas mal d'ennuis, dans la vie. Mais cela m'a aussi procuré quelques moments de bonheur pur. Mon profond goût pour la liberté explique d'ailleurs en partie pourquoi je me suis autant senti subjugué par le poker dès l'instant où je me suis réellement intéressé à ce jeu. Car le poker constitue un formidable vecteur de liberté, puisque tout est virtuellement possible lorsqu'on démarre une session de jeu, que ce soit lors d'une partie en ligne ou en live. C'est ainsi que contre toute attente, si l'on devait me demander quelles images mon cerveau a choisi pour illustrer au mieux ma définition du bonheur authentique et sans artifices, outre les souvenirs intimes liés à la famille, je repense spontanément à ce chien errant qui m'a adopté le temps de mon de séjour à La Serena au Chili il y a quelques années, mais je me remémore aussi le sourire radieux de la journaliste suisse Véronique Robert lors de mon premier tournoi live payant de poker, au Cercle Clichy Montmartre de Paris il y a trois ans. Ces deux souvenirs-là, pourtant anodins, font partie des plus précieux que je possède. Pour rien au monde je ne souhaiterais les oublier.


A La Serena, petite ville tranquille du Chili fréquentée par bon nombre de baroudeurs et autres backpackers occidentaux, j'ai fait la connaissance à mon hôtel de Fiona, une charmante blondinette anglaise, avec laquelle j'ai arpenté la ville deux jours durant, du matin au soir, flanqué d'un chien errant qui avait décidé de nous adopter le temps de notre passage, sans que l'on sache bien pourquoi. Ce chien nous a suivis partout. Lorsque nous nous arrêtions pour nous restaurer, il s'arrêtait sagement devant l'établissement. Idem lorsque nous pénétrions dans une boutique. Nous l'avons nourri et abreuvé le plus naturellement du monde, dans une sorte de symbiose, sans que jamais il ne joue la carte de l'apitoiement. Plus incroyable encore : il a dormi deux nuits de suite devant le porche de notre hôtel, attendant à chaque fois patiemment notre sortie, sans se départir de sa fidélité, au point de nous escorter jusqu'au terminal de bus lorsque Fiona et moi repartîmes vers d'autres horizons. Je repense encore au dernier regard empli de nostalgie - voire de détresse - que nous avons échangé par la vitre de l'autocar au moment du départ, sachant que ce chien errant venait de me procurer la veille un souvenir magique et inoubliable, une image authentique de ce que j'appelle le bonheur.
Le phare de La Serena, Chili

La veille, alors que nous nous promenions en marchant sur le sable, les pieds déchaussés, le long de la plage aux abords du phare de La Serena, ce chien facétieux s'était littéralement rué contre les vagues afin de se rafraichir, alternant courses endiablées derrière les mouettes et promptes baignades dans les rouleaux. Sans oublier de malgré tout suivre notre cadence, à Fiona et à moi, épousant notre rythme au fur et à mesure de notre progression le long de la plage et se secouant dès que possible, projetant contre nous des gouttes d'eau salées dans un maelstrom humide empli de joie, de chaos et d'insouciance. Humant alors la brise iodée et contemplant ce chien pourchassant les mouettes à nos côtés par pur plaisir, j'ai parfaitement souvenir de m'être dit que le moment que je vivais là, avec Fiona à ma gauche et ce chien espiègle à ma droite, correspondait parfaitement à ma définition de ce qu'est le bonheur. Un moment simple, une tranche de vie dont la beauté se suffit à elle-même. Ce jour-là, j'ai ressenti la liberté pour ce qu'elle est vraiment : un pur moment de bonheur vagabond. Un fabuleux trésor pour mon âme. Un souvenir aussi futile qu'inoubliable.



Une image simple du bonheur
Véronique Robert, reporter de guerre, était probablement elle aussi une femme profondément éprise de liberté. Il n'y a qu'à observer le parcours qui fut le sien pour s'en convaincre. Pour exercer un métier tel que le sien, dans les endroits les plus dangereux du globe, sans se départir ni de sa bonne humeur, ni de sa féminité, ni de son professionnalisme reconnu de tous, il fallait bien qu'elle fût femme d'exception, carburant à l'adrénaline. Véronique Robert était une authentique fan de poker, bien connue des cercles de jeux parisiens. Pas forcément la plus douée. Mais assurément l'une des plus passionnées par ce jeu. Lorsque je me suis qualifié pour mon premier tournoi live payant, la finale du Winamax Poker Tour au Cercle Clichy Montmartre, j'ai eu la chance d'avoir Véronique Robert à ma table. Je ne la connaissais pas. Mais elle m'a profondément marqué, au point de laisser à jamais gravé dans mon esprit une authentique image du bonheur. Non pas parce qu'elle était la seule femme de la table. Non pas pour son collier scintillant, ses bagues aux reflets chatoyants, son look soigné lui conférant un style impeccable et une blancheur de colombe. J'ai perdu un énorme pot contre elle qui m'a lourdement handicapé pour la suite du tournoi... j'ai pesté contre elle, certes, mais je ne lui en ai pas voulu le moins du monde. Si cette personne m'a profondément marqué, c'est tout simplement parce qu'il émanait d'elle une immense bonté : elle était heureuse d'être là, assise à une table de poker entourée d'inconnus, véritable colombe immaculée parmi les rapaces, faucons et vrais cons, présents à la table. Et tandis que la nuit était déjà bien avancée, nos regards se sont longuement croisés à un moment : elle a alors choisi cet instant anodin pour m'offrir le plus chaleureux sourire qu'une femme m'ait jamais fait de toute ma vie. Et quand j'emploie le mot offrir, je mesure pleinement le sens de ce mot. A ce moment précis, j'ai compris qu'elle m'offrait un échantillon gratuit de bonheur. Et je lui en suis éternellement reconnaissant. Car le bonheur via le poker, c'est aussi ça : le partage d'instants de vie anodins, sans prétention ni barrière sociale, avec comme seule véritable monnaie d'échange la complicité et la bienveillance de regards échangés dans le cadre d'un simple jeu.

Le simple fait d'évoquer ce souvenir merveilleux laissé par Véronique Robert, qui constitue pour moi la parfaite image du bonheur futile et magique tout à la fois là encore, suffit à embrumer mes yeux pour la dixième fois aujourd'hui, sinon plus. Et à l'instant où je rédige ces lignes, des larmes coulent silencieusement le long de mes joues. Car Véronique Robert a succombé à ses blessures ce samedi 24 juin 2017, après avoir été grièvement blessée par l'explosion d'une mine à Mossoul en début de semaine, alors qu'elle tournait un reportage pour Envoyé Spécial le magazine d'information de France 2. Je veux que tous ceux qui aiment le poker et qui lisent ces lignes sachent que cette femme restera à jamais au panthéon de mes plus beaux souvenirs. Car elle a su m'irradier de bonheur, d'un simple sourire un soir, autour d'une table de poker.


Les plus belles image du bonheur sont souvent parmi les plus improbables ou les plus anodines. Puisse l'âme de Véronique Robert reposer en paix. Elle fut un phare contre l'obscurantisme en tant que journaliste. Mais elle fut aussi lumineuse en tant que joueuse passionnée de poker. Sa lumière subsistera en moi au travers de cet incroyable sourire.




mercredi 21 juin 2017

5 minutes douche comprise : joue-la comme Chirac ! (online)

En ces temps de canicule, on a envie de se rafraîchir dès que possible, aussi je voudrais sortir des sentiers battus et évoquer aujourd'hui avec malice une petite histoire de douche mêlant à la fois poker, hygiène, politique et pouvoir.

Les blogs consacrés au poker ont plutôt tendance à se ressembler : l'originalité y est rarement de mise. Ca y parle essentiellement de technique - parfois jusqu'à l'écoeurement - le tout enrobé dans des écrits rarement dépourvus de lacunes orthographiques ou syntaxiques, ce qui rend l'ensemble assez rebutant pour ceux qui n'en maitrisent pas les arcanes. Bref, dès mes débuts en 2013, j'eus tôt fait de délaisser les blogs poker écrits par les autres pour me consacrer au mien. Je l'ai créé il y a un peu plus de quatre ans désormais, dans le but d'accompagner de façon ludique et originale ma découverte, ma progression et ma conquête planifiée de cet étrange univers fait de cartes et de jetons qu'est le poker. L'idée principale était qu'un profane doit pouvoir lire mon blog poker sans être aussitôt rebuté par le jargon ultra anglicisé et les tartines techniques réservées à l'élite de la discipline. Parfois j'en viens à me demander si je respecte toujours cette ligne directrice initiale. J'essaye en tous les cas de ne pas trop m'en écarter. C'est pourquoi j'ai ici envie de faire montre de davantage d'originalité que d'accoutumée dans mon approche de ce jeu. Quelques uns des joueurs passionnés se reconnaîtront peut-être d'ailleurs en lisant ces lignes...

2017 aura été l'occasion pour les français de renouveler leur Président de la République. Mais il n'y a pas si longtemps, de 1995 à 2007, la France eut pour président Jacques Chirac. Un président haut en couleurs avec ses vices et ses vertus. A posteriori, une fois sa carrière politique derrière lui l'entourage de Jacques Chirac - incluant son épouse et son ancien chauffeur - n'ont pas hésité à lui dresser une réputation de véritable Casanova de la politique, qui au summum de sa forme, enchaînait les conquêtes avec fougue et célérité. C'est ainsi que l'homme devint légende. De son vivant.
Chirac, l'homonyme de shark ?

3 minutes pour con-vaincre
On doit ainsi à Bernadette Chirac dans un entretien-confidence avec le journaliste Patrick de Carolis la citation célèbre selon laquelle avec son volage de mari, "les filles, ça galopait ; je les connais toutes". Peu avare en confidences lui aussi, son ex-chauffeur Jean-Claude Laumond dévoile dans le livre "25 ans avec lui" quelques perles dont l'une des plus fameuses restera : "Chirac a eu, jusqu'à l'écoeurement, les militantes du parti, les secrétaires de l'organisation, toutes celles avec lesquelles il passait cinq minutes affairées au sixième étage du 123 rue de Lille, redescendant l'oeil vif et les chaussettes tirebouchonnées.(...) Une plaisanterie courait parmi le personnel féminin de la rue de Lille : "Chirac ? Trois minutes, douche comprise !" Rien d'étonnant, après tout. Lorsqu'on est un homme de pouvoir charismatique débordant de responsabilités avec un emploi du temps surchargé, on a tôt fait de subjuguer la gent féminine. Mais le temps est précieux. Surtout celui réservé au coït extra-conjugal.

Revenons à présent à la sphère du poker, car cette anecdote racontée sous forme de boutade ne saurait être 100% futile. Bien au contraire. Pour en avoir ressenti à moult reprises les bienfaits, je suis à présent persuadé que la prise d'une douche expresse lors des pauses des tournois peut avoir des vertus salutaires sur le plan mental. Un excellent moyen à la fois de stopper d'éventuelles velléités de tilt tout en rationalisant son temps de vie disponible. Tout joueur de poker passionné et investi dans son approche de ce jeu sait que tout comme en politique, le temps libre constitue une denrée rare et précieuse. Quelle que soit la plateforme de poker en ligne sur laquelle on joue, les cinq dernières minutes de chaque heure pleine de session de poker de tournoi sont consacrées à la pause. Cinq minutes de pause par heure, donc. Et pas une de plus. Histoire de soulager les yeux, l'esprit ou bien encore la vessie. Cinq minutes pour faire bouillir un thé, grignoter un morceau, répondre à un e-mail, passer un rapide coup de fil, que sais-je encore ? Cinq minutes de battement toutes les heures, ça permet de faire pas mal de choses.

Mais lorsqu'on ambitionne de prendre une douche pendant ladite pause des tournois de poker (surtout à la pause critique de 20h55 alors que l'on est encore inscrit sur pléthore de tables différentes), eh bien chaque seconde compte ! Car 5 minutes, ce ne sont que 300 secondes et lorsque je veux me doucher lors de telles pauses il me faut alors être capable de quitter promptement mon siège, me rendre dans la salle de bain, me dévêtir à vitesse grand V tel un irradié radioactif, pénétrer dans la douche, faire couler l'eau du pommeau, attendre qu'elle soit à la bonne température pour que le jet entre en contact avec la peau, savonner harmonieusement l'ensemble du corps, le rincer, choper une serviette, m'essuyer prestement, remettre la main sur un vêtement propre et m'assoir en sentant bon de partout. Le tout en limitant d'éventuelles gouttes d'eau qui dégoulinent sous les pieds. C'est donc une opération délicate dès lors qu'on entende la mener à bien dans le laps de temps imparti.

300 secondes chrono
Prendre une douche à la pause des tournois constitue une gageure, puisqu'il faut savoir faire preuve de timing, histoire de revenir aux tables avant l'obtention du statut "absent" et de se faire voler ses blindes. Mais le jeu en vaut probablement la chandelle. Car je trouve à cette pratique davantage de bienfaits que d'inconvénients. A commencer par le fait de pouvoir retrouver de l'aplomb et de la lucidité avant les batailles décisives et les coups charnière de fin de soirée. Je ne saurais dire combien de joueurs ont l'audace (ou la folie) de consacrer une partie de leurs pauses horaires à la douche expresse en 5 minutes telle que je la pratique. Mais plus j'y songe et plus je me dis que ces pauses bienfaitrices au poker méritent bel et bien selon moi le label "facteur de réussite au poker". Il ne se passe quasiment pas une semaine sans que j'y aie recours. Testé et approuvé par Fredyl.


Si tu veux réussir au poker, joue-la comme Chirac. Cinq minutes, douche comprise.

mardi 20 juin 2017

Coup de Chance (2e partie) : quinte flush royale !

Je faisais référence dans mon précédent article à ma quinte flush royale sur Winamax qui m'avait valu un bonus spécial, voici le résultat en images, sachant que la quinte flush royale associant les cinq cartes les plus hautes de la même couleur est une main rarissime en Texas Hold'em. La plus improbable, à vrai dire. En obtenir une constitue un fait déjà remarquablement chanceux en soi. Cela ne m'est pas arrivé souvent par le passé. C'est nettement plus fréquent d'en obtenir une en Omaha, mais en Texas Hold'em ça reste une curiosité qui apporte quelques exquis frissons à la table.

Mais là où le coup de chance devient absolu, c'est de l'obtenir sur l'un des deux seuls tournois de la grille de Winamax proposant un tel bonus en prime, alors même que l'opérateur propose une offre diversifiée de plusieurs milliers de tournois par semaine et que ces derniers ne proposent pas un tel bonus ! Ce coup de chance obtenu sur le tournoi communautaire Lucky Tuesday me rapporte donc la bagatelle de 560 euros de bonus. C'est totalement immérité. Mais c'est beau à voir... et encore plus à vivre. Une chose est certaine : ça m'a mis de bonne humeur pour quelques temps. On prend cette offrande pour ce qu'elle est : une offrande du Dieu du Poker. Merci et vivement la prochaine !!

Et voilà le travail !

jeudi 15 juin 2017

Coup de chance (1ère partie) : quinte flush royale !

Quinte flush royale comme dans les films
Au poker, la réussite fonctionne de façon chaotique. Preuve en est, ce mardi 13 juin 2017, j'ai connu une très belle soirée comme cela ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps : présent sur tous les fronts, j'ai notamment remporté deux tournois et obtenu une seconde place. Mais ce n'est pas tout, puisqu'au passage j'ai notamment décroché un petit jackpot surprise du fait d'une quinte flush royale à pique. Résultat des courses, une soirée bénéficiaire à près de 1.000 euros, ce qui ne m'était pas arrivé depuis belle lurette. Il y a de quoi être satisfait par pareil coup de chance.

Il faut dire que depuis le début de l'année 2017, mon logiciel de suivi de performances Xeester m'indiquait l'avènement d'un écart significatif en ma défaveur au niveau de l'équité de mes mains entre leur effectivité (EV réel) et ce qu'il aurait du m'advenir selon les probabilités des mains jouées (EV théorique). En d'autres termes : la malchance est bel et bien là, statistiquement palpable. Et dans un cas pareil, il s'agit de faire le dos rond en espérant que cela n'atteigne pas le moral. Car après la pluie, le beau temps.

Comme sur le long terme chance et malchance ont tendance à s'équilibrer, je considère que ce petit coup de chance soudain n'est qu'un "ajustement" faisant partie de l'ordre des choses, à l'image d'une clause de retour à meilleure fortune, concept juridique applicable en droit des sociétés lorsque les bilans récents ont été moroses. Et suite à pareille embellie, me voici de nouveau à espérer des bénéfices substantiels futurs, afin que les affaires reprennent, en somme... Les nuages enfin dissipés, j'entrevois un ciel bleu qui s'annonce, au propre comme au figuré. Car il va bientôt être temps pour moi de songer à d'autres loisirs qu'au poker : la période estivale n'est pas propice au jeu et j'ai déjà pas mal réduit mon volume ces dernières semaines. Quoi qu'il en soit, suite à ce petit coup de chance, je me dis que ma période de disette touche à sa fin, quand bien même on ne soit jamais à l'abri d'un orage estival.

Le moral remonte. Dame Chance ne m'oublie pas. Tôt ou tard, elle finit pas me faire coucou. Je suis son enfant chéri. Du moins, j'aime à le croire...


jeudi 8 juin 2017

Le frisson printanier de mai

A la faveur d'un petit sursaut d'activité aux tables de poker en fin de mois et d'un brin de réussite, je conclus enfin un mois avec un bénéfice satisfaisant. Le premier de l'année. Il était temps que la période de disette prenne fin. Ce n'est toujours pas le Pérou, mais vu qu'on navigue à marée basse, on se contentera de ces quelques piécettes récoltées de ci de là. En attendant mieux dans la seconde partie de l'année. 

Reprendre du poil de la bête !
Mon logiciel Xeester m'envoie des signaux positifs malgré ce début d'année 2017 plus que poussif en termes de résultats financiers purs : la variance demeure donc la principale raison de ma méforme du moment en termes de résultats. Je retrouve un semblant de moral. D'autant que j'ai l'impression d'avoir fait des micro-progrès ces dernières semaines en Omaha (alors même que je croyais avoir atteint mon zénith dans la maîtrise de cette variante). Je suis parcouru de frissons printaniers en rédigeant ces quelques lignes et je sens que je reprends du poil de la bête. Ce n'est pas pour rien que le renard polaire est mon animal-totem : endurer le blizzard hivernal sans broncher pour mieux rebondir dès le retour des premières lueurs est sa spécialité. A présent, il va falloir songer à se remplir la panse. A l'attaque !


lundi 29 mai 2017

Multiplex poker & Co.

Mon invitation à participer au Multiplex Poker de Winamax constitue mon seul fait d'armes de ces dernières semaines. Et pourtant, je ne me suis pas empressé d'en dresser un petit compte-rendu. Autant dire que le poker est loin d'être prioritaire ces temps derniers. Toujours est-il qu'il serait malvenu de ma part de bouder mon plaisir au moment d'évoquer les heures joyeuses vécues à cette occasion.

Tom et l'épée légendaire du WIPT
Avoir été officiellement invité au Multiplex Poker en ce printemps 2017 dans les prestigieux locaux de Winamax situés rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de Paris, constitue à la fois un privilège accordé à très peu de personnes et un honneur (au même titre que le Club Poker Radio à l'automne dernier). J'ai conscience que ce petit coup de projecteur médiatique est bon pour la confiance, puisque de nature à légitimer ma présence dans l'arène poker. C'est une forme de reconnaissance symbolique du chemin parcouru, quand bien même ce ne soit pas encore une autoroute asphaltée. En ce qui concerne la nature et le pedigree des invités présents à l'émission, il y a grosso modo un tiers de joueurs professionnels issus de l'écurie Winamax, un tiers de joueurs professionnels autres ayant récemment connu un gros succès sur le circuit, tandis que le dernier tiers est réservé à des joueurs amateurs passionnés ou à des personnalités. Je fais partie de cette troisième catégorie de joueurs passionnés, et je n'en suis pas peu fier. Beaucoup d'invités terminent l'émission avec une grosse bosse sur le front en raison d'une poutre traitresse (le studio étant situé sur une mezzanine dans les combles de l'immeuble), mais Tom et moi avons su déjouer sans aucun problème cet obstacle. En revanche, impossible de déloger l'épée du WIPT prisonnière sa gangue rocheuse dans le hall : pas moyen d'être couronné roi du poker tout de suite !

Je le répète inlassablement et en toute objectivité : Les équipes de Winamax sont de loin les meilleures sur le marché du poker en ligne français. Ce leadership en termes de créativité ne se dément pas lorsqu'il s'agit d'évoquer le segment de la communication : il suffit ainsi d'avoir le logiciel Winamax activé pour que la radio s'allume toute seule chaque dimanche, de telle sorte que bon nombre de joueurs passifs l'écoutent quand même, alors que sinon ils ne feraient pas l'effort de se connecter. Ce n'est pas rien, comme tour de force, que de parvenir à se faire entendre par des oreilles profanes ! L'émission peut également être écoutée en Podcast.

Benny et Yu débarquent sur Betclic Poker le dimanche.
Face au leader français, les autres plate-formes ne proposent de leur côté qu'un maigre contenu audiovisuel. PokerStars a opéré des coupes sombres dans son budget communication de telle sorte que les lives de PokerStars Live ont cessé d'occuper efficacement le terrain médiatique. PMU Poker a certes eu la bonne idée de reprendre sous sa bannière les sessions Twitch et Facebook Live de Johan Guilbert (joueur de talent plus connu sous le pseudo de Yoh Viral), mais le créneau du dimanche soir est extrêmement concurrentiel, du fait de l'implantation solide du Multiplex Poker dans le paysage audiovisuel poker hexagonal ou bien encore de l'affiche de Ligue 1 de football, sur Canal+. On signalera toutefois le lancement récent d'une nouvelle émission Twitch le dimanche en fin d'après-midi (18h) en partenariat avec Betclic, baptisée l'Aquarium, avec le tandem de génie Benny et Yu aux manettes, et qui déborde du cadre strict du poker pour aller lorgner également du côté du gaming.

Tout joueur régulier de poker sait que le Multiplex Poker constitue la grand messe dominicale pour les passionnés, puisque cinq heures durant - de 20h à 01h, cette émission conviviale du dimanche soir égaye les sessions des joueurs, avec des quiz mais aussi des news liées à l'actualité poker et des débats de fond. Sur le moment, j'ai passé une excellente soirée. Un parfait exercice d'équilibriste qui demeurera longtemps dans mes souvenirs. L'ambiance était chouette, les anecdotes et jeux de mots distillés par mon binôme Tom et moi plutôt de nature croustillante, et nous avons su tirer notre épingle du jeu en compagnie des talentueux animateurs habituels que sont Benjo, Harper et JayPee avec pas mal de spontanéité. Il faut dire que le concept est bien rodé et les animateurs au taquet, l'émission existant depuis 5 cinq ans maintenant.

Une hégémonie de Winamax sur le plan de la communication encore renforcée par un partenariat d'envergure avec la radio RMC et la mise en place de passerelles et de synergies entre l'équipe du Multiplex Poker et le RMC Poker Show (présenté par Daniel Riolo le dimanche à minuit). A l'heure des grandes manoeuvres en coulisses, puisque le marché français est sur le point de se décloisonner dans les mois à venir, nul doute que les équipes de Winamax sauront saisir une opportunité nouvelle en élargissant leur horizon de façon efficace aux marchés italiens, espagnols ou encore portugais. L'ambiance de start-up qui se dégage lorsqu'on se promène dans leurs locaux devrait constituer une nouvelle fois un atout au moment de devenir polyglottes. Qui vivra verra.




mardi 9 mai 2017

Winamax Club Trophy : un tournoi de gala haut de gamme !

Celui qui a lu "Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi" de Jean-Christophe Ruffin comprendra à quel point laisser maturer un certain temps les souvenirs et les sensations peut s'avérer efficace lorsqu'il s'agit de retranscrire avec passion un vécu ressenti comme intense sur le moment, à l'image de la couche de vernis que l'on applique avec délicatesse sur un tableau : par un subtil jeu de lumières, le présent se teinte alors de la nostalgie du passé et le vernis brillant sublime la toile tout en se muant en rempart efficace contre l'oubli et les ravages du temps.


Le Winamax Club Trophy édition 2017 s'est tenu les 29 et 30 avril à Paris, dans l'enceinte de l'hôtel Pullman Bercy, à quelques mètres de la Seine qui a coulé d'un débit régulier et serein tout le long de l'événement. Il faut dire que la météo fût clémente, ce qui eut pour effet de magnifier la soirée du samedi, passée sur une péniche taille XXL capable d'accueillir plusieurs centaines de convives sans qu'il y ait besoin de jouer des coudes. Les qualifications gratuites en ligne sur Winamax ayant eu lieu en janvier et février, cela faisait quelques semaines que mon binôme Thomas (alias Tom_Larson) et moi trépignions d'impatience à l'idée de vivre cet événement et de défendre au mieux nos couleurs. Nous avions pris la première place du classement général dès la première manche qualificative et avons su la conserver jusqu'à la fin. Mais le plus dur restait à faire : 110 clubs présents sous forme de binômes, avec bon nombre de joueurs redoutables parmi eux. Tout sauf des touristes, donc.


C'est sous un soleil matinal plaisant que Tom et moi avons pris un petit-déjeuner à Bercy Village, accompagnés de notre bienveillant "consultant" pour l'occasion : Nicolas alias Perko, qui réside en effet à deux pas de l'hôtel Pullman Bercy et avait participé au Winamax Club Trophy l'an passé. Toute expérience étant bonne à prendre, nous avions ainsi convenu qu'il nous rejoindrait Tom et moi afin non seulement qu'il nous remette les derniers stickers 3DMAX mais aussi qu'il nous souffle un ou deux conseils relatifs à la gestion de cet événement un peu particulier où les performances individuelles et collectives du binôme s'enchevêtrent le temps d'un week-end.


Un polo personnalisé !
Le tournoi principal Main Event ne commençait qu'en tout début d'après-midi vers 13h15, mais nous avons donc pu procéder à la validation de notre inscription dès 10h30, recevoir les goodies de bienvenue (Polos personnalisés avec l'emblème du Winamax Club Trophy) et prendre possession du pass magnétique de notre chambre. La chambre s'avère spacieuse et luxueuse. En prime, vu que nous sommes plutôt en avance, nous avons même pu reprendre une ou deux viennoiseries et jus de fruits en attendant l'arrivée de l'ensemble des participants.


En tant que fidèle auditeur du Multiplex Poker du dimanche, je reconnais la voix caractéristique de Benjo derrière moi et nous échangeons quelques mots. Il est couvreur officiel Winamax pour l'événement et c'est l'occasion d'échanger quelques mots bienveillants en sa compagnie. Il choisira d'ailleurs d'immortaliser notre entrée en lice dans la compétition avec une petite photo qui illustrera son reportage officiel sur les pages internet de Winamax ainsi que sur le forum wam-poker. Nous arborons fièrement nos patches 3DMAX et bombons le torse. La vie est belle et nous sommes résolus à ce qu'elle le demeure le plus longtemps possible.


Miam miam !
Le plantureux repas du midi constitue un exquis préambule au regard du week-end de compétition qui nous attendait. La preuve en images avec mon entrée XXL. Je me pourlèche les babines à tel point que prendre une photo avant de goûter ressemble déjà à un effort surhumain, tellement on appétit est exacerbé par la compétition à venir. Le choix du plat de résistance  - faux-filet ou saumon - est cornélien, mais j'opte finalement pour la viande. Tendre et juteuse comme j'aime. La panse est pleine. Je me sens bien. Mes adversaires vont pouvoir voir de quel bois je me chauffe, moi le nouveau Pantagruel du poker.


Goodies bonus : paquet de cartes, sac de toile, foulard.
Une fois le Main Event commencé, ce fut malheureusement pour moi un parcours du combattant. Option gadoue et éraflures. Il faut dire que le niveau de jeu moyen est plutôt solide, et s'extraire de la masse s'avère être une opération plus délicate que prévu. Je patine bien plus que je ne le souhaiterais face à cette centaine d'adversaires affûtés, tant et si bien que je possède un stack légèrement inférieur à la moyenne à la pause. La faute à deux gros coups difficilement évitables m'ayant mis en situation inconfortable :
- Avec deux paires max floppées, on se croit beau... mais lorsque l'adversaire a brelan dans le même temps, ça fait mal aux dents.
- Placer avec succès deux barrels suivis par l'adversaire optimiste qui défend sa petite paire alors qu'on est largement devant, c'est bien ; mais lorsque la river lui offre un full miraculeux, c'est autrement plus problématique.


Marée basse
Passé la pause, je ne peux que constater les dégâts : Tom est déjà éliminé, tandis que je demeure en position fragile. Pour rebondir, il me faut serrer les fesses (ainsi que mon jeu) et invoquer dame chance lors des confrontations à tapis. Bien qu'en fâcheuse posture, j'y crois toujours, rien n'est joué. Malheureusement, la première rencontre à tapis pré-flop m'est immédiatement fatale. Le poker est souvent affaire de coin flips : paire de 10 chez moi vs As-Dame chez mon adversaire, en l'espèce. Une dame au flop et l'élimination aux alentours de la 75e place (pour 110 inscrits) met un terme à mes ambitions individuelles. Tout du moins dans l'immédiat.


Embarquement immédiat
Nous savons qu'il nous faut à tout prix briller sur le tournoi turbo de rattrapage du lendemain Tom et moi pour espérer sauver la situation, à l'image de ces judokas éliminés prématurément aux JO mais qui peuvent encore rêver de médaille de bronze lors des phases de repêchage. En attendant, une belle soirée de gala dans les entrailles d'une péniche nous attend et je décide de me faire beau en prenant un langoureux bain chaud. D'humeur guillerette malgré les quelques éliminés déçus de leur prestation, la troupe de plus de deux cent vingt qualifiés longe la Seine quelques minutes et pose pied vers 19h30 sur une vaste péniche baptisée à raison "Le Paquebot" afin d'y prendre un apéro, avant embarquement pour une promenade fluviale inoubliable.


Paris sur la Seine dans le crépuscule
Sur la péniche, ça discute à tout va : on refait le match avec ses binômes, avec ses adversaires, avec ses connaissances, aussi, puisque certains pseudos et visages familiers sont présents. La promenade sur la péniche est ainsi des plus plaisantes : la météo est bonne, le soleil décline paresseusement comme lors des douces journées de printemps et les mignardises et autres coupes de champagne contribuent à rendre l'instant inoubliable. C'est une Dolce Vita made in Winamax mâtinée de La croisière s'amuse, un groupe musical égayant la promenade fluviale de la plus belle des manières tandis que deux prestidigitateurs font fureur avec leurs tours de magie.


Club Poker Radio aux premières loges
Julien Cazarre, mon idole, est également présent sur la péniche en tant que guest star, flanqué de son acolyte Thomas Séraphine. Autres convives de qualité : l'équipe de Club Poker Radio, qui a tôt fait d'entamer un live radio dans les entrailles de la péniche. Je suis d'ailleurs invité par Webmaster Laurent à assister au show, marqué du sceau de l'humour et de la détente, Julien Cazarre faisant office de trublion parmi les invités joueurs de club qui s'expriment à l'antenne en toute décontraction. Une fois Le Paquebot revenu à quai, chacun est libre de rentrer à l'heure de son choix. Je me sens léger comme une plume et profite un dernier instant des réjouissances. En rentrant dans la chambre, je vois que Tom est déjà en train de batailler sur son ordinateur portable sur les tables de Winamax. Pour ma part, je préfère miser sur la récupération et m'endors du sommeil du juste... Je l'entends ronfler à un moment donné, mais parviens à passer outre : le jour commence déjà à poindre, une belle journée de poker m'attend.


Side Event Turbo
Mon tournoi turbo de rattrapage du dimanche matin ressemble beaucoup au Main Event, à ceci près que la structure est bien plus rapide et que certaines mines sont un peu plus renfermées et fatiguées par rapport à la veille, certains joueurs n'ayant pas hésité à jouer les prolongations festives jusque très tard dans la nuit. Je suis éjecté de la compétition en milieu de peloton là encore sur un coin flip perdu (77 vs AK) tandis que Tom fait quant à lui durer le plaisir pour un temps. Manque de bol, les inscriptions pour le tournoi de Head's Up sur ipad sont closes au moment où je suis éliminé du tournoi turbo. J'accuse un peu le coup, triste de ne pas faire partie des 32 participants à ce mini-tournoi de la dernière chance, mais l'heure du déjeuner approche et je retrouve alors un semblant d'appétit. Cette fois-ci, j'opte pour le plat de poisson et déjeune ainsi en mode ogre gourmet : menu XXL mais équilibré ! Ma meilleure performance du week-end à n'en pas douter.


Henri IV : "Ralliez vous à mon panache blanc".
Le soleil fait face à la concurrence des nuages au fur et à mesure que l'après-midi avance. C'est pour moi l'occasion de me livrer à quelques discussions finales autour d'un ou deux cafés avant les adieux aux quelques têtes connues amicales croisées lors de l'événement. D'humeur nostalgique, je choisis de longer les quais de Seine au fur et à mesure que les nuages s'amoncellent. La pluie s'invite alors et me glace peu à peu l'échine au fur et à mesure de ma promenade sur les quais pour rejoindre les locaux de Winamax afin de participer au Multiplex Poker. La dolce vita de la veille n'est plus qu'un doux souvenir. 3DMAX termine dans les profondeurs du classement général, tandis que le Club Gambetta Poker brille au firmament. Mais le combat ne s'arrête pas là. Car nous ferons mieux l'an prochain... c'est une certitude.









samedi 6 mai 2017

Avril : ronces communes et mûres sucrées

Avril aura été un mois poker vécu en pointillés, puisque j'ai relativement peu joué par rapport à mon rythme habituel. Il faut dire qu'entre le football, la campagne présidentielle, les programmes TV tels que Koh-Lanta et The Island, mon loisir poker a été confronté à une rude concurrence le soir. On sera plus assidu les mois prochains. J'ai toutefois secrètement espéré que le Winamax Club Trophy en toute fin de mois m'apporterait non seulement mon quota d'adrénaline mais aussi quelques lots autres que des goodies de consolation. Las ! Il n'en fut rien. Je reviendrai sur cette petite escapade live dans un article ultérieur.

Pas si bredouille...
La conquête du poker n'est pas toujours une promenade de santé, loin s'en faut. Mon mois d'avril aura donc plutôt ressemblé à la traversée d'un amas de ronces bien dense, dans lequel j'ai malgré tout essayé de me frayer un chemin tant bien que mal. Je n'en sors pas indemne, car des épines traitresses m'auront éraflé de partout au fur et à mesure de ma progression d'avril. Mais au milieu de ces buissons hostile de ronces communes en travers de mon chemin, j'ai pu goûter quelques succulentes mûres, plus juteuses et sucrées que toutes les autres, matérialisées par une invitation dans les locaux de Winamax afin de participer au Multiplex Poker Radio. Et ça, ça restera à jamais un excellent souvenir de nature à adoucir mes éraflures aux tables de poker.

Je retrouverai le chemin du succès un autre jour. En attendant retour à meilleure fortune, je panse mes plaies, avec un exquis goût sucré dans la bouche qui me fait oublier mes frustrations du moment, ainsi que mes douleurs et mes peines... C'est déjà ça !


jeudi 27 avril 2017

En route vers le Winamax Club Trophy

En ce moment, il ne m'arrive rien de bien palpitant. Au contraire : les mois bénéficiaires sont provisoirement aux abonnés absents, les qualifications en ligne pour des tournois live se sont taries et  mon volume de jeu s'est quelque peu rétréci, ce qui n'arrange rien. Autant dire que l'ornière dans laquelle je suis fourré depuis quelques mois est plus que jamais profonde... ça patine un peu trop à mon goût.

Un bel événement se profile toutefois à l'horizon, puisque je me suis qualifié pour la finale du Winamax Club Trophy (qui constitue officieusement une sorte de Coupe de France des clubs de poker, qui se dispute à Paris-Bercy par binômes). Mon coéquipier Tom_Larson et moi-même aurons l'honneur de représenter la communauté 3dmaxpoker et serons ainsi opposés à une centaine d'autres clubs et communautés poker de la France entière ayant noué un partenariat avec Winamax

Les qualifications étalées sur janvier et février n'ont pas été dépourvues de péripéties car il y a toujours une brebis galeuse dans un troupeau (une équipe concurrence ayant triché afin d'essayer d'évincer notre binôme de la première place qualificative qui nous tendait les bras) mais nous y voici : ce week-end du 29 et 30 avril promet d'être intense sur le plan du jeu, puisque la structure du Winamax Club Trophy permet de déployer du beau jeu sans être aussitôt étouffé par une structure trop rapide comme c'est parfois le cas lors de tournois de gala tels que celui-ci.

Il y a des dotations généreuses promises aux meilleurs binômes et par ricochet aux clubs lauréats (packages, buy-ins, tickets de tournoi, matériel de poker...), ce qui en soi est déjà motivant. Mais cet événement constitue également l'occasion de croiser d'autres passionnés de poker ayant choisi de s'investir au sein de clubs locaux. On y retrouvera donc un véritable noyau dur de passionnés. J'ai déjà dit par le passé tout le bien que je pense de ces tournois de gala vecteurs de lien social où l'argent ne constitue pas une finalité, ce qui a pour effet vertueux de faire la part belle au jeu et à la convivialité sans avoir à subir les effets secondaires indésirables de la pression financière. Et le fait est que pour une fois, les résultats individuels ne suffiront pas à faire la différence puisque mes performances en vue du classement général final seront couplées à celles de mon binôme. C'est l'esprit d'équipe qui va primer, ce qui a tendance à me réjouit puisque je m'entends à merveille avec mon binôme, qui est vraiment une personne remarquable en sus d'être un bon joueur solide et compétent. Voilà donc un événement qui promet d'être chouette, d'autant que Winamax offre gîte, couvert, et soirée touristique en bateaux-mouche aux joueurs venus de la France entière arborer fièrement les couleurs de leur club. La communauté 3dmaxpoker est bienveillante et conviviale : nous tâcherons de lui faire honneur en déployant notre meilleur poker. Ensuite, advienne que pourra.

Invité au Multiplex Poker Radio de ce dimanche !
En prime, une fois le Winamax Club Trophy terminé, je suis également invité à participer à l'émission Multiplex Poker Radio en direct sur Winamax ce dimanche 30 avril à partir de 20h00. Je suis en effet un auditeur fidèle et zélé. 

La légende du run good radio prétend que les joueurs invités au Multiplex Poker Radio surperforment dans leurs tournois de poker dans les semaines qui suivent leur passage à la radio. Ce sera pour moi l'occasion de vérifier prochainement si cette légende contient un fond de vérité. Mais je ne serais pas étonné qu'il y ait un fond de vérité là-dedans : la lumière génère une dynamique. A moi se surfer dessus ensuite. 

Bref, voici donc un week-end poker qui s'annonce passionnant pour moi à bien des égards ! J'ai vraiment hâte, pour une fois... 

Je n'ai pas encore conquis la planète poker, loin s'en faut. Mais je continue à m'extraire doucement de l'anonymat. C'est là le fruit d'une passion authentique, et ça fait chaud au coeur de pouvoir partager cette passion avec chaleur et générosité.







mercredi 26 avril 2017

Le théorème de la river de zebezt

LA MINUTE TECHNIQUE DE MONSIEUR FREDYL - chapitre 2


J'ai beau éviter de parler de technique sur ce blog afin de ne pas rebuter le lecteur profane, j'ai tout de même envie de vulgariser quelques détails techniques et anecdotes s'y rapportant issus de mon expérience personnelle. Il y a quelques temps, j'avais été amené à me prononcer sur une action effectuée par un joueur à la river en disséquant une main sur le site rankinghero.com dans le cadre d'un petit jeu-concours : NOTRE ADVERSAIRE NOUS SURRELANCE A LA RIVER APRES QUE NOUS AYONS MISE TOUT DU LONG (FLOP TURN ET RIVER).

Mon analyse - certes empirique mais corroborée tout au long de ma vie de joueur de poker - me conduit à affirmer que lorsque l'on est sur-relancé à la river après avoir pourtant misé 3 barrels, notre main est perdante dans plus de 90% des cas, indépendamment de sa force et du montant de la sur-relance adverse. C'est ce que j'ai appelé Le théorème de la River de zebezt (par opposition au théorème de Zeebo en vertu duquel personne ne jette un full). Beaucoup de joueurs font l'erreur de call dans ce type de situation, fiers qu'ils sont de leur belle main (quinte, couleur, full...) Pourtant, il s'agit malgré tout d'un call extrêmement périlleux à faire. Quant à la sur-sur-relance elle est carrément à proscrire dans un tel cas de figure (sauf à posséder soi-même la main gagnante).

J'ai listé les 4 types d'exceptions à ce théorème de la river de zebezt qui justifieront toutefois un call en lieu et place du douloureux fold :
- Exception n° 1 : La Kamikazite aigüe. Lorsque l'on a profilé en amont un joueur particulièrement agressif et vicieux à tendance kamikaze (ou bien un joueur carrément mauvais à tendance suicidaire). Une rencontre de ce type aura tendance à se produire plutôt en début ou en milieu de tournoi.
- Exception n° 2 : Le tilté. Lorsque l'on à affaire à un joueur en tilt qui vient tout récemment de perdre un gros pot d'une façon qu'il considère comme injuste.
- Exception n° 3 : L'Ego Trip. Lorsque l'adversaire nous a nous même cerné (à tort ou à raison) comme un bluffeur patenté sur plusieurs coups en amont. Désireux de nous rendre la monnaie de notre pièce, notre adversaire peut avoir choisi cette main dans son plan de jeu en nous bluffant précisément sur ce type de coup.
- Exception n° 4 : Le Cliffhanger. Lorsqu'il s'agit d'un moment particulier du tournoi, ce type de move atypique avec une main non légitime peut alors émerger dans le cerveau d'un adversaire retors. Le momentum propice au vol : la bulle d'un tournoi, la bulle d'un palier de gains, ou bien encore lorsqu'il s'agit du dernier coup avant une pause.

Lorsque l'on possède soi-même la main gagnante en étant sur-relancé river après avoir placé trois barrels, on peut continuer à faire grossir le pot les yeux fermés. Mais dans tous les autres cas de figure, lorsqu'on est sur-relancé river par un adversaire alors qu'on a misé successivement trois barrels, le call est à proscrire dès lors que l'on ait pas clairement identifié l'une des quatre exceptions au théorème de la river (telles que recensées ci-dessus). J'ajouterai que ce théorème de la river de zebezt s'applique également au Omaha. On doit jeter sa main. Même si elle est très puissante. Même si la sur-relance adverse est modeste. Même si le pot est conséquent. L'adversaire sera en value dans presque tous les cas de figure.

Se résoudre à abandonner une magnifique main constitue une décision certes douloureuse à prendre, mais savoir souffrir en silence lors d'une mauvaise rencontre est l'apanage des vrais bons joueurs. Du moins, c'est ce que je crois.

lundi 10 avril 2017

Et Marketluck s'en est allé...

En juin 2004, le mythique Patrick Le Lay, alors président de TF1, suscitant l'émoi - voire l'effroi - avec une déclaration cynique assumée. " A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...). Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible". Il n'avait pas tort, sur le fond. Sur la forme, en revanche, cette stupéfiante franchise lui a valu une levée de bouclier dans les milieux de la culture et de la création artistique.

Dans le poker aussi, et avec une petite décennie de décalage, certains ont repris ce même concept consistant à détendre le consommateur-joueur afin de le rendre réceptif à un message publicitaire imminent. Plutôt que de miser sur une offre de poker payante au sens classique du terme, BankOfPoker et Marketluck ont ainsi investi le créneau du poker en ligne gratuit avec des spots de publicité obligatoires à se farcir entre deux coups de poker. Avec à la gagne des bons d'achat ou des chèques de faible montant.

Mais je ne pense pas que ce segment ait été optimisé au mieux. Je n'ai pas été séduit ni même convaincu par BankOfPoker, vite délaissé. En revanche, j'ai pas mal joué sur Marketluck, et accumulé de la sorte bon nombre de bons d'achats. Mais cela ne m'a pas empêché de demeurer critique sur les (non) choix stratégiques dans le développement de cette offre poker alternative. Car si sur le papier le concept était viable, en pratique trop de flou dans le plan de développement de cette offre d'un type particulier a contribué à la rendre difficilement tenable sur le long terme. Trop de passivité dans la gestion au jour le jour de la plate-forme, des erreurs tactiques et des approximations : difficile dans de telles conditions d'instaurer un business model pérenne et profitable à tous (entreprise, partenaires et clients). On passera sur le côté sulfureux de ce dossier, en l'absence d'éléments objectifs pour se prononcer.

Ce lundi 10 avril 2017 marque donc la fin d'un chapitre pour le poker ludique et récréatif, puisque c'est en ce jour que Marketluck et son alter ego BankOfPoker cessent leur offre de poker gratuit. Finis, les bons d'achat gagnés gratuitement au poker par les joueurs récréatifs en échange d'un peu de leurs temps de cerveau disponible. Même si cela faisait quelques temps que je n'y trainais plus mes guêtres, cette nouvelle ne  me laisse pas totalement indifférent. Cet arrêt programmé de Marketluck et de BankOfPoker suscitera l'indifférence voire le dédain au sein de la communauté poker hexagonale. Mais mon cerveau a pour habitude de raisonner par comparaison et je considère que le poker est une passion ayant besoin d'un maximum de combustible pour entretenir la flamme auprès du plus grand nombre sur le long terme. Le combustible en question, c'est une offre de poker qui soit à la fois diversifiée, médiatisée et structurée. Or, un segment marginal de cette offre diversifiée s'éteint. Dans ces conditions, la cessation de cette offre de poker gratuit en ligne constitue une mauvaise nouvelle pour le poker, quand bien-même elle n'émeuve pas grand monde aujourd'hui. La flamme du poker continue de briller. Mais elle a besoin d'un apport régulier en combustible. Sinon un jour, elle vacillera.







mardi 4 avril 2017

Le bourbier de mars

Un tigre dans mon moteur. Et pourquoi pas un poisson rouge ?
En ce moment, je me sens comme embourbé dans la gadoue. Que je joue bien ou que je joue mal, pas moyen de m'extraire de la masse à mes tables de poker en ligne. A tel point que je me suis aventuré sur le terrain du cash game, histoire de travailler mes automatismes de jeu avec un stack conséquent, en attendant de retrouver de meilleures sensations. A terme, ça peut tout à fait être profitable en tournoi de potasser sa technique de la sorte en cash game en jouant avec un maximum de profondeur. 

Pour ce qui est des variantes, j'ai mis la pédale douce car j'ai l'impression de m'être un peu trop dispersé ces temps derniers et je ne veux pas que mon niveau en hold'em en pâtisse. Pour autant, difficile de résister au plaisir d'un petit PLO8 (Omaha hi-lo), ma discipline de prédilection : en fin de session, le soir lorsque mes tournois n'ont pas été bien loin, j'aime me programmer un ou deux duels en Omaha hi-lo histoire d'aller me coucher avec la satisfaction d'une victoire, quand bien même elle soit chiche.

Pour le reste, je n'ai absolument rien à signaler. La réussite n'est pas au rendez-vous. J'ai essuyé des pertes (non significatives) au cours du mois de mars et quelques pépins de santé (mineurs) me confèrent provisoirement un petit côté ronchon qui n'est pas le plus à même de me rapprocher de mon A-game. En espérant qu'avril me soit plus favorable. Parce que là, c'est vraiment l'enlisement. J'ai beau avoir un tigre dans mon moteur, l'heure n'est tout simplement pas au rugissement. Même surnager s'avère difficile. Mais bon, enlisée ou non, la roue va finir par tourner. Ce n'est pas comme si j'avais un QI limité à 90 et un abonnement à vie à la poisse. Le bourbier va finir par s'assécher. Alors à un moment ou à un autre, le moteur vrombira et je parviendrai à tracer mon chemin à toute berzingue. D'ailleurs, quand bien même tous les chemins mènent à Rome, cette dernière ne s'est pas faite en un jour. Il en va de même au poker. Patience et solidité mentale sont deux piliers sur lesquels bâtir solidement sur le long terme. Alors on éponge les pertes et on repart de l'avant. Bientôt. Calmement.


mercredi 29 mars 2017

Jouer contrarié

Ce blog constitue pour moi un bon moyen de canaliser mes émotions et mon adrénaline en lien avec le poker. Les envies de rédiger me viennent d'ailleurs le plus souvent après avoir vécu des émotions fortes (bonnes ou mauvaises) et après m'être repassé certains moments-clef dans la tête. C'est dans de tels moments que j'ai la plume qui me chatouille. Mais pour ce qui est de canaliser mes émotions et petites contrariétés liées à la vie de tous les jours, c'est une toute autre paire de manches.

La contrariété et le stress génèrent une telle perte de lucidité que cela aboutit parfois à des pulsions proches de la frénésie destructrice. Les Etats-Unis d'Amérique, contrariés et meurtris par l'attaque surprise de septembre 2001 se sont lancés dans une lutte impitoyable contre le terrorisme international. Mais pas seulement. Car cette soif de revanche leur a fait commettre au passage bon nombre de bourdes ayant pour effet d'éloigner pour longtemps ce pays du chemin de la vertu et de l'exemplarité à travers le monde. L'Irak a ainsi été mis à feu et à sang, alors que les prétendues armes de destruction massive prétexte à pareille intervention n'existaient pas. Dommages collatéraux.

Vais-je prendre la bonne décision ?
Heureusement pour moi, mes soucis personnels sont bien plus anodins pour le destin de la planète. Mais ils ont tout de même un impact sur mes sessions poker. Il y a deux jours de cela, j'ai entamé une séance de jeu en étant très contrarié. Pour diverses raisons n'ayant rien à voir avec le poker, mais qui ont eu pour effet d'influer de façon substantielle sur ma qualité de jeu du fait de leur trop grande accumulation en un court laps de temps. Pour un peu, ça en serait presque amusant à observer tellement je pouvais palper les effets de la dégradation de mon jeu. Presque, seulement, car sur le plan des résultats, c'est dévastateur ; et je ne suis pas masochiste.

Au poker, le A-Game, cet état second permettant aux bons joueurs de prendre intuitivement un maximum de bonnes décisions au regard de la situation rencontrée (cartes, positions, adversaires, momentum) s'obtient par un mix de dynamisme et de discipline. Il s'agit d'un cocktail d'agressivité mâtiné de patience. Tout est dans le dosage. Mais les déséquilibres émotionnels ne sont jamais loin et feront immanquablement rater la recette. Un joueur démoralisé jouera trop passivement les coups et laissera passer sans s'en rendre compte les multiples opportunités de briller, tandis qu'un joueur contrarié exprimera sa frustration du moment via un excès d'agressivité qui risquera de le conduire dans le fossé à tout moment, accentuant encore sa frustration lors des mains suivantes et alimentant une spirale négative.

A titre personnel, j'ai la chance d'être assez peu perméable à ces fluctuations mentales néfastes. Mais je suis humain. Et j'ai donc pu expérimenter d'assez près le phénomène lors de mes toutes dernières sessions de jeu : jouer en étant contrarié a ainsi multiplié les d'erreur dans le calibrage de mes mises puisque je projetais bien malgré moi une partie de ma frustration sur les joueurs adverses venant se mettre en travers de mon chemin. Quand bien même ces derniers n'aient rien à voir avec la source originelle de la frustration. Un manque de discipline palpable mais difficile à endiguer sur le moment.

Face à une telle situation négative, il faut pouvoir évacuer l'amertume le plus vite possible par des moyens plus appropriés. Il existe de multiples façons saines et constructives afin de se défouler efficacement lorsqu'on est contrarié par l'impuissance du moment à résoudre les difficultés rencontrées. Faire du jogging, pratiquer un sport à en transpirer de partout, prendre des vacances au soleil, aller crier seul dans la forêt ou au bord de la mer devant le ressac des vagues, prendre une longue douche, etc. Voilà des méthodes efficaces afin de se défouler et repartir du bon pied. Il y en a bien d'autres. Mais s'assoir à une table de poker en prenant ses adversaires pour des punching balls virtuels ne constitue définitivement pas un exutoire efficace lorsqu'on ressent les effets de la contrariété (au même titre que se gaver de nourriture, boissons alcoolisées ou toute autre activité générant une addiction). Ou alors c'est un exutoire qui risque de coûter cher.

Au poker, on se bat aussi et surtout contre soi-même. A fortiori lorsqu'on a un tant soit peu de talent. Le mental et le moral sont déterminants dans l'obtention des résultats tout autant que la technique et la chance. Je souhaite continuer à vivre ce jeu comme un art, source intarissable de plaisir intellectuel et d'orfèvrerie ludique. Alors demain, c'est décidé, je ferai 10 fois le tour du parc. Ca m'évitera d'aller envahir l'Irak pour rien.


Note pour plus tard : jouer au poker en étant contrarié est contre-productif pour les finances.


samedi 25 mars 2017

Jeter la main gagnante en toute connaissance de cause

LA MINUTE TECHNIQUE DE MONSIEUR FREDYL - chapitre 1


Ce blog de poker n'a pas réellement vocation à parler de technique, mais de temps en temps, il faut bien en parler un peu, d'autant qu'en l'espèce l'anecdote est croustillante. Il m'est en effet arrivé aujourd'hui quelque chose de rare : JETER VOLONTAIREMENT LA MAIN GAGNANTE à la river lors d'un gros pot ! Et ce, sans qu'il soit aucunement question de favoritisme ou de collusion. Comment ai-je bien pu en arriver là ?



Fredyl en cash game vs un écervelé :

PREFLOP : Je suis à une table de cash game micro-limites et je suis muni d'une belle main de départ : AS-DAME. J'ai 250 blindes en stock, en bataille de blindes contre un adversaire ultra-profond qui dispose de 300 blindes. Il limp le coup, et je décide d'effectuer une petite relance. Le pot au flop fait donc 6 blindes. 

FLOP : Suite à un flop ultra favorable proposant un premier AS, puis un second AS et ensuite une carte quelconque (un SEPT), j'effectue une petite mise de continuation, que mon adversaire paie sans broncher. Le pot fait à ce moment-là 10 blindes. 

TURN : A la turn, une DAME apparait, m'offrant un merveilleux full. J'effectue une petite mise de 4 nouvelles blindes, payées par mon adversaire. Le pot fait 18 blindes. 

RIVER : la cinquième et dernière carte est... une nouvelle DAME. A ce moment-là, mon adversaire fait tapis pour 300 blindes (soit plus de quinze fois le montant du pot !!!). Avec cette DAME à la river, n'importe quel AS en main lui donne de ce fait un full de valeur équivalente au mien. Si je paye la mise adverse et accepte de mettre mes 250 blindes sur la table, il y a plus de 99 % de chances que le pot soit ainsi divisé en deux parts égales... mais mon calcul doit tenir compte du rake (la commission prélevée par l'opérateur sur le pot étant de 6.5%). 

DECISION : Sachant que ledit rake pour un pot de 500 blindes serait de 32 blindes, effectuer le call ici m'appauvrirait au final de 16 blindes tandis qu'en renonçant volontairement au pot je n'en perdrais que 9 ! C'est la raison pour laquelle je me suis résolu à jeter cette main, pourtant gagnante, sans l'ombre d'un remord. J'aurais perdu davantage en partageant le pot plutôt qu'en abandonnant le coup. C'est paradoxal mais c'est comme ça ! Mon adversaire était un joueur peu au fait de la notion de rake, sinon il se serait bien évidemment abstenu de commettre pareille fantaisie erreur mathématique en faisant tapis de la sorte.

MORALITE : Faire tapis à la river pour un montant indécent déconnecté de la taille réelle du pot alors que les chances pour que ledit pot soit au final partagé constitue une hérésie mathématique à une table de cash game. A bannir absolument. Le but en cash game n'est pas de générer du rake gratuit mais bien du profit exclusif. Dans un tel cas de figure, une relance calibrée raisonnablement est la seule alternative mathématique acceptable.



Autre cas de figure théoriquement possible : en tournoi (ou en sit and go) :

A bien y réfléchir, en tournoi, je ne vois qu'un seul autre cas de figure où il peut s'avérer profitable de jeter en toute connaissance de cause la main gagnante à la river sur un pot conséquent. Et encore, je ne suis pas persuadé que ce second cas de figure soit moralement acceptable. 

Il s'agirait de jeter la main gagnante à l'entame d'un palier de paiements, alors qu'on a une emprise sur la table et que l'on assèche de façon homogène l'ensemble des tapis de ses adversaires en raison d'une situation bancale selon laquelle aucun de ses adversaires ne souhaite prendre de risque afin de ne pas être le prochain sortant. Lorsque de tels cas de figure surviennent, il est très intéressant pour le cheap leader de la table de continuer à ponctionner ses adversaires. L'élimination du prochain joueur à la table risquant de rompre cette situation de fait où le racket de l'ensemble des joueurs de la table est tacitement autorisé, un cheap leader extrêmement rusé et aguerri pourra ainsi volontairement jeter une main gagnante afin de ne pas éliminer prématurément l'un de ses adversaires, de telle sorte que l'équilibre précaire à la table puisse continuer à lui profiter dans la durée : mieux vaut parfois ponctionner régulièrement des sources de profit dociles que d'en confisquer une autoritairement.



Jeter en toute connaissance de cause la main gagnante à la river ne constitue donc pas toujours une bourde imputable à un mauvais clic. Ni même un cas de collusion. Mais c'est néanmoins un cas de figure rarissime assez amusant à raconter... Quant à le vivre, c'est autre chose ! Le fait que les opérateurs de poker prélèvent du rake sur un pot splitté en cash game me parait une pratique inéquitable à bien des égards... mais l'Etat français ne se gênant pas pour imposer sa dîme exorbitante de 2% sur chaque centime misé, on comprendra que les opérateurs de poker en ligne rechignent à faire le moindre effort en la matière. Car in fine, les joueurs sont toujours les dindons de la farce.


lundi 13 mars 2017

Un peu de cash game pour changer

Je ne suis pas du tout un fervent adepte du cash game poker. J'en fais un peu de-ci de-là, lorsque j'ai envie de laisser au repos pendant quelques temps mon instinct de compétiteur de tournois ou lorsqu'une promotion organisée par une plate-forme de poker en ligne nécessite un passage par les tables de cash game afin d'être validée.

Car il ne faut pas croire : jouer les compétiteurs d'opérette à coup de tournois de poker en ligne génère une certaine usure mentale dès lors que les résultats du moment ne soient pas à la hauteur des espérances. Alors aller jouer un peu de cash game (ou de poker gratuit) sans pression peut constituer un bon compromis afin d'entretenir le plaisir de jeu sans pour autant sombrer dans la mauvaise addiction du joueur avide de se refaire après une mauvaise passe. 

Par ailleurs, sachant qu'il est d'usage chez bon nombre de plate-formes de mettre en place ponctuellement des promotions intéressantes - avec bonus et autres dotations additionnelles alléchantes - nécessitant de sortir du pré carré habituel poker, chasser les promotions poker de la sorte constitue aussi l'occasion de s'essayer à des disciplines (cash game classique, speed poker, sit and go...) auxquelles je ne m'adonne que de façon occasionnelle. 

C'est ainsi que parfois, pour peu qu'on y mette un peu de bonne volonté, ces "exercices de style" consistant à jouer dans des formats poker habituellement relégués au second plan - voire carrément négligés - peuvent générer quelques bonnes surprises, permettant un plaisir de jeu renouvelé (auquel on ne s'attendait pas forcément) avec en prime la faculté de peaufiner sa technique de jeu sous un nouvel angle.

Je pense qu'une pratique assidue du cash game et du speed poker constitue l'équivalent du solfège pour le musicien qui fait ses gammes. La technique d'un joueur de poker pourra ainsi y être affinée pour ce qui est des calculs d'équités et de cotes mathématiques et même s'il est vrai que certains musiciens particulièrement doués n'ont pas besoin de connaitre leur solfège pour composer des mélodies parmi les plus harmonieuses, d'un point de vue poker cela ajoute quand même une précieuse corde supplémentaire à son arc lorsqu'on est un joueur plus ambitieux que la moyenne. Quand bien même je sois un joueur plus intuitif que méthodique, il n'est pas à exclure que ma pratique accrue de cash game et de speed poker de ces derniers temps influe à terme sur ma façon de jouer mes tournois, en y réincorporant un zeste de théorie en plus ; encore faut-il que cette influence soit in fine positive : le fait d'ôter quelques cailloux à son jardin ne doit pas avoir pour effet d'en faire une jachère. Je vais donc scruter dans les prochaines semaines et les prochains mois mes performances en tournois et voir si les petites graines du bourbier ambiant y poussent plus efficacement. Sait-on jamais...

Le cash game à grande vitesse, ça décoiffe




jeudi 2 mars 2017

Février tronqué : dépendance au sentier et hibernation

Tout le monde le sait, le mois de février est le plus court de l'année. Un jour lointain, lorsque l'humanité aura un peu de temps à perdre - si j'ose dire - il faudra qu'elle pense à raboter deux mois de 31 jours du calendrier annuel actuel afin de pouvoir rajouter deux jours à février et d'équilibrer un peu les choses. 

Car février est le laissé pour compte des almanachs. On appelle cela la dépendance au sentier : un ensemble de décisions passées influant fortement sur les décisions futures. C'est le poids des habitudes ; des particularités historiques ont cessé depuis belle lurette d'être optimales ou rationnelles mais perdurent vaille que vaille car les changer impliquerait un coût ou un effort d'adaptation trop importants, alors même que ces changements seraient bénéfiques à terme.

Février et ses 28 jours 1/4 !! Personne ne s'en offusque, mais moi qui ai un sens profond de la logique, cela m'égratigne depuis l'enfance. Il n'y a que les salariés payés mensuellement qui se réjouissent. Ils sont légion en France. Las ! Que n'ai-je pas choisi d'écrire un blog intitulé "Fredyl à la conquête du bon sens" ? L'injustice faite à février y serait longuement développée. Mais je m'égare. Je suis censé parler de poker sur ce blog-ci.

Toujours est-il que les chances d'obtenir une performance poker significative pendant un mois de 28 jours sont plus faibles que les autres jours de l'année ; de même que les chances d'écrire davantage d'articles de blogs que les autres mois sont également plus faibles. Logique imparable. Si j'ajoute à cela le fait que j'aie joué au cours de février avec une bien inhabituelle intermittence, on comprendra aisément que je ressemble actuellement bien plus à un ours sortant péniblement de sa phase d'hibernation qu'à un joueur talentueux en pleine réussite. Le nombre de mes tournois joués est famélique et mes performances notables inexistantes. Je me sens tout maigrichon, titubant, les yeux éblouis par l'excès de luminosité au moment de sortir de ma tanière hivernale. Il va falloir reconstituer mes stocks de graisse au plus tôt.

Il ne s'est donc rien passé de significatif en février (à une petite exception près) et je demeure toujours dans le rouge depuis le début de l'année, les pertes excédant les gains de manière significative. Ce n'est pas à cette cadence-là que j'arriverai à quoi que ce soit de significatif en 2017 : si tous les chemins mènent à Rome, ceux qui mènent à Vegas ne s'empruntent pas à reculons ! Qu'on se le dise. Aussi, je vais tâcher de me retrousser un peu les manches, afin de sortir les as qui y sont blottis et d'abattre de bien meilleures cartes sur la table. Le tout sans tricher. Comprenne qui pourra.






mardi 28 février 2017

Confusion de jetons : un mauvais rêve

La nuit passée, j'ai fait un rêve relatif au poker. Un rêve plutôt désagréable probablement imputable à un challenge au long cours sur lequel je m'échine depuis quelques jours et qui implique que je sois amené à fréquenter les tables de cash game en ligne : ne faisant pas partie des joueurs les plus aguerris en cash game et me heurtant au mur de la variance, je suis en plein doute vis-à-vis de mon jeu dans cette discipline particulière, au point d'en conclure de façon empirique que le calibrage de mes relances n'est probablement pas le plus adapté à la discipline. Or donc, dans ce rêve, je me retrouvais à une table en live, croisant le fer contre des adversaires goguenards en raison d'une trop grande timidité du montant de mes mises et relances, justement. 

Rêve très peu plaisant, donc, car j'étais en quelque sorte devenu la tête de turc de la table, cible de multiples railleries et blagues adverses du fait de mon excessive prudence à table. Recevant une main potentiellement intéressante en position de big blind, je me retrouve à hésiter une énième fois sur le comportement à adopter face à une relance de 1.000 (2 fois la blinde) de la part d'un adversaire qui me charrie sur ma passivité tandis que deux autres s'esclaffent : malgré une main tout juste décente je décide alors de sur-relancer en prenant quatre jetons de 500 et en les posant énergiquement sur la table, pour une sur-relance correspondant au double de la relance initiale de l'adversaire qui se gaussait de moi. Mais le brouhaha à la table cesse aussitôt sans que je comprenne immédiatement pourquoi car en fait, ce ne sont pas quatre jetons de 500 (soit 2.000 jetons au total) que j'avance sur la table, mais 4 jetons de 5 000 (ce qui fait 20.000 jetons !), par mégarde. Cruelle confusion de ma part car ma main n'est nullement exceptionnelle et c'est dès lors une bonne partie de mon stack qui se retrouve engagée dans ce coup. 

Dans ce rêve, je confonds donc des jetons de façon grossière : à partir de cet instant, mon regard se noircit car ayant malencontreusement posé sur la table un montant dix fois supérieur à ce que j'avais envisagé, je suis obligé de simuler une main premium. Je conserve un buste droit et immobile, tel une statue. Même un Dominik Panka des grands soirs n'aurait pas fait plus statique que moi à cet instant. Le chambreur couche sa main au bout d'une longue hésitation, non sans montrer une belle paire de valets au passage. Mes adversaires me regardent alors d'un autre oeil : ces derniers cessent de me chambrer, et l'ambiance à la table passe d'un extrême à l'autre : un climat de tension s'invite alors pour la suite de la partie. Les regards deviennent sombres de part et d'autre. Cette erreur de manipulation aura bien malgré elle rebattu les cartes.

Comme toujours, une interprétation d'un tel rêve n'est pas des plus aisées. Quoi qu'il en soit, l'image que l'on donne à table est aussi importante que les cartes que l'on joue et le calibrage de ses relances constitue un vecteur important dans la perception qu'à autrui de son niveau de jeu. Que ce soit en plein connaissance de cause ou à notre insu.

A contrario, ce rêve de confusion de jetons me donne un idée de feinte vicieuse à mettre en place. Un jour, en live, je tenterai de faire le même move que dans ce rêve, mais en toute connaissance de cause : avec une paire d'as en main, contre un adversaire orgueilleux ; je ferai alors en sorte de prendre une mine affligée, comme s'il s'agissait d'une erreur grossière de jetons de ma part. En espérant un call. Parfois en live, les joueurs fatigués se trompent de la sorte (les coverages poker en attestent), aussi je me dis que ceci pourrait faire office de ruse efficace un jour prochain. A méditer. Je suis un stratège. Même quand je dors.