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dimanche 22 octobre 2017

Soleil et poisse à la Villette (1/2)


La Grande Halle de la Villette pleine à craquer, avec des tables de poker partout y compris jusque sur certaines des mezzanines, ça a vraiment de l'allure : toutes proportions gardées, cela ressemble un peu à une messe pascale célébrée par le Pape sur la place St Pierre de Rome. Sauf que cette fois-ci  le pape du poker, Patrick Bruel, était absent. Peu importe, au final, car la cohorte des milliers de fidèles venus des quatre coins de l'hexagone était bel et bien là, zélateurs venus tester leur foi en leur destin cartes en main le temps d'un week-end (samedi 14 et dimanche 15 octobre) sous l'oeil attentif et bienveillant des superviseurs, mais aussi des couvreurs et des équipes de Winamax spécialement mobilisées pour organiser au mieux un tel événement. "Lève-toi et marche sur la table". Run like jesus. Une expression qui a tout son sens dans la communauté poker internationale. Tous espéraient bénéficier d'un miracle, mais comme toujours beaucoup de pèlerins sont repartis frustrés du point de vue du résultat. Quelques uns seulement ont été touchés par la grâce. Mais peu au final sont repartis chez eux réellement malheureux, car la ferveur n'a pas besoin de miracles pour essaimer : elle se nourrit de moments intenses en émotions, partagés par le plus grand nombre. Et Dieu sait qu'au niveau des nombres, nous avons été servis, puisque les organisateurs ont battu le précédent record d'affluence pour un tournoi de poker en France.


Plus de 2.500 joueurs venus participer à la grande messe annuelle du poker amateur que constitue un tel événement et de nombreux candidats au bronzage, à la nicotinisation de leurs poumons, aux récits épiques de bad beats à chaque pause. Le plus souvent sourire aux lèvres. Il faut dire que les conditions estivales sur Paris le week-end dernier (soleil radieux, 28°) favorisaient la bonne humeur générale, quand bien même quelques effluves de sueur se soient faites sentir en indoor dès le milieu de l'après-midi au sein de la Grande Halle de La Villette. Pour ceux qui ont eu le plus de réussite, il a fallu revenir le dimanche, puisque leur qualification n'a été obtenue que le lendemain. Pour les plus malheureux, il était également possible de revenir le dimanche tenter de conjurer le mauvais sort en participant à des petites sessions de Sit and Go.


Les Pom Pom Girls de Winamax
Ce cocktail de ferveur, d'adrénaline, de convivialité et de bonne ambiance a contribué à faire en sorte que personne n'ait le temps de se lamenter sur les conséquences chaque année plus palpable du réchauffement climatique, tellement l'organisation de l'événement a été réglée comme du papier à musique : 

- mini spectacle musical avec pom pom girls en prélude au démarrage du tournoi. Les demoiselles se sont déhanchées telles des diablesses quelques minutes durant avant que le tournoi ne commence

Miss Owl, tu as un 06 stp ?
- une splendide demoiselle aux lèvres pulpeuses et au look improbable en guise de Disc Jockey - dont le pseudo est Miss Owl - installée sur l'une des mezzanines de la halle. J'ai pu longuement la contempler puisque ma table était située quasiment sous son perchoir. Je l'ai même approchée d'un peu plus près à l'occasion de l'une des pauses. Il émane d'elle un énorme magnétisme

- présentation en grande pompe des deux nouveaux cadors du circuit mondial intégrant l'équipe Winamax : Adrian Mateos l'espagnol et Mustapha Kamit l'italien. Les ambitions de l'opérateur à l'international sont bel et bien réelles, qu'on se le dise...

- le coin des parieurs avec écrans géants pour les accros au sport et aux paris, qui a tôt fait de se remplir en recueillant progressivement les éliminés du tournoi principal (en quête de divertissement avant un éventuel tournoi de rattrapage). Il a ainsi été possible  d'assister en parallèle au match poussif du PSG à Dijon.

- une boutique Winamax pour les fans de produits dérivés et pour ceux désireux de parfaire leur garde-robe customisée en sonnantes et trébuchantes. J'y ai furtivement mis les pieds, mais sans délier les cordons de ma bourse

- un espace vidéo pour les bons élèves assidus désireux de perfectionner leur technique poker en mode cours magistral. Cela fait trop longtemps que j'ai quitté l'école et j'ai donc séché ces séances sans le moindre remors

- en fin de journée, les tables de beer-pong ont été installées dans un coin de la salle pour un tournoi bon-enfant de cette discipline très prisée au sein de la communauté poker. Je me suis contenté d'être simple spectateur devant ces grands enfants espiègles avides d'en découdre en levant le coude.



Ceci n'était pas censé arriver...
Il y avait donc vraiment de quoi faire, à l'occasion de ce week-end et on en oublierait presque qu'une cinquantaine d'heureux élus au final ont obtenu leur ticket d'entrée d'une valeur de 550 euros pour la grande finale de mars. Je n'en fais pas partie, puisque j'ai été victime d'un énorme coup de malchance qui a freiné net mes ardeurs, alors que j'avais pourtant un tapis dans la moyenne et que plus d'un millier de concurrents étaient encore en piste. Un accident industriel tchernobylesque. Il s'agit du coup le plus poisseux qu'il me soit arrivé en live à ce jour. Je remercie malicieusement le Dieu du Poker de m'avoir infligé pareil retour de manivelle à l'occasion d'un tournoi gratuit. Mon quota de chance est ainsi préservé pour des tournois plus prestigieux. Tout du moins, je prie secrètement pour que ce soit effectivement le cas, car en la matière, rien n'est moins sur. Mais je garde la foi. Secrètement. Gloire à l'atome.


mercredi 18 octobre 2017

Au poker, les absents ont toujours tort... ou pas (1/3 : Le Tomahawk)


Ce soir, j'ai pu être l'observateur privilégié d'une situation assez cocasse sur l'une de mes tables de poker en ligne. Il s'agissait d'un tournoi Omaha Pot Limit à structure ultra-lente, le bien nommé "Tomahawk" sur Winamax, sur des tables de 6 joueurs maximum, dont le coût d'entrée est de 5 euros et qui a la particularité de se disputer en étant étalé sur deux jours. L'augmentation des blindes ne se fait en effet que par des paliers de 15 minutes : autant dire qu'on a largement le temps de déployer son jeu avant de se retrouver rattrapé par la structure. Dans de telles conditions, il est compréhensible que le tournoi soit disputé sur deux journées et non une seule comme d'accoutumée lors des tournois en ligne.

La politique de la chaise vide appliquée au poker...
Dès le démarrage du tournoi, un joueur dont le pseudo est davmat a mis le feu aux tables, amassant rapidement une quantité pharaonique de jetons et est devenu chip leader tyrannique, relançant bien plus souvent qu'à son tour, mettant sans cesse des jetons sur la tables aux divers tours d'enchères... et éliminant pléthore d'adversaires (pas forcément de la manière la plus rationnelle au regard des mathématiques, mais passons). Puis, après avoir monté l'équivalent d'une dizaine de stacks de départ, représentant plus de deux cent ou trois cent blindes, il a soudainement déserté la table, de telle sorte que la mention absent a été accolée à son avatar, bien visible aux yeux de tous.

Il est fréquent que l'absence d'un joueur à une table chamboule le metagame, certains joueurs tentant de profiter de cette situation un peu particulière avec une proie totalement vulnérable, tel un Prométhée enchaîné et exposé à l'appétit des prédateurs les plus voraces : les positions des uns et des autres à la table par rapport à l'absent revêtent alors une importance tactique nouvelle. Que ce soit en live comme en ligne, lorsqu'un joueur n'est pas en mesure de recevoir ses cartes à la table ou de cliquer sur son ordinateur ou sa tablette, ses deux cartes lui sont tout de même distribuées, mais sans qu'il puisse les jouer, sa main étant systématiquement brûlée jusqu'à son retour effectif. Dès lors, les blindes non défendues sont progressivement grignotées par les joueurs présents, au fur et à mesure que se disputent les pots.

Or, par une magie que je ne saurais expliquer, le joueur absent ce soir de la table pendant une bonne heure et demi a bénéficié d'une apathie digne de la belle au bois dormant : les autres joueurs présents ont inexplicablement joué bien plus lentement que la moyenne, avec de surcroît beaucoup de pots limpés et des mises le plus souvent minimalistes, de telle sorte que l'on s'est retrouvé à voir pléthore de flops inintéressants, pour des pots minuscules, inévitablement accompagnés de checks aussi répétés qu'inutiles, les minutes s'égrenant avec une lenteur encore plus désespérante que lors d'une messe dominicale célébrée en latin.

Il eut pourtant suffi d'accélérer le jeu pour que tout le monde y trouve son compte, en grignotant sans barguigner sa part du stack du joueur absent, d'autant que le plus souvent nous n'étions que 4 ou 5 joueurs à la table. Pour ma part, en tant que joueur pragmatique, telle est la stratégie logique et rationnelle que j'ai immédiatement adoptée : accélérer au maximum mes prises de décision et ne mettre des jetons sur la table que lorsque mon jeu en valait réellement la peine. Les autres joueurs ayant décidé de faire exactement le contraire, le joueur absent a réussi à préserver bien malgré lui près de la moitié de son stack pour la deuxième journée du tournoi Tomahawk qui se déroulera ce dimanche soir, au même temps que le match de ligue 1 opposant l'OM au PSG. Quant à moi, je défendrai crânement ma chance - et mes jetons - avec un tapis tout à fait honorable. Et je guetterai avec malice la performance du joueur davmat, qui reviendra contre toute attente dans la partie dimanche muni d'un tapis de départ plus que correct. Gageons qu'il y aura en outre des joueurs captivés par le match qui en oublieront qu'ils doivent disputer sur Winamax la seconde moitié de ce tournoi. 

Au poker comme dans bon nombre d'autres domaines, les absents ont toujours tort. Enfin, presque toujours...




jeudi 12 octobre 2017

Une promotion chasse l'autre...

Si la semaine écoulée a été pauvre sur le plan des résultats poker à proprement parler, j'ai tout de même pu profiter de quelques "bonbons" grâce à des tournois proposant une dotation spéciale ajoutée. Il faut dire que je demeure toujours à l'affût des opportunités et des promotions que les diverses plateformes de poker peuvent ponctuellement proposer aux joueurs.

Lundi, j'ai remporté une mallette de jetons personnalisée aux couleurs des canaris nantais sur Winamax. Ca fait toujours plaisir, car quand bien même je ne sois pas un aficionado du FC Nantes, il s'agit d'un très bel objet. Mon rayon quincaillerie poker ne cessera décidément jamais de s'étendre, car inlassablement, je finis toujours par glaner des lots. Certains improbables. D'autres utiles. Voire carrément indispensables. Mauvais toujours plaisants à remporter, quoi qu'il en soit...

Mardi, je me suis rendu au Stade de France assister à France vs Biélorussie grâce à mes places obtenues lors d'un tournoi spécial sur PMU Poker quelques jours auparavant. Et il faut reconnaitre que les invitations reçues étaient des places idéalement situées. En atteste ce cliché pris au moment des hymnes nationaux. C'est peu de choses en comparaison du merveilleux voyage au Brésil que PMU Poker m'avait offert il y a deux ans de cela pour assister au match de Coupe du Monde entre la France vs Equateur mais je veux y voir une forme de continuité dans mon parcours de supporter ad hoc des bleus.

Mercredi, toujours sur PMU Poker, j'ai remporté deux places pour la big soirée PSG qui aura lieu mardi 24 octobre. En authentique fan du Paris Saint-Germain, il faut dire je ne suis pas peu fier de ma performance ! Cette promotion-là, je l'avais secrètement cochée sur ma liste des opportunités à saisir obligatoirement. Et malgré les 171 adversaires préalablement qualifiés pour ce tournoi final, je suis parvenu presque sans trembler à me hisser en table finale, et ainsi décrocher deux places pour une soirée-dîner en compagnie des joueurs du PSG. Reste à savoir dans les détails les joueurs invités, en espérant que le gratin de l'effectif soit présent à la soirée. Mbappé ou Neymar présents à cette petite sauterie, ça donnerait pas mal de cachet à l'événement.

Il n'y a pas que les sous qui me motivent, au poker : il y a aussi cette part d'imprévu, en grande partie alimentée par les promotions que les opérateurs de poker en ligne se donnent parfois la peine de pondre, pour mon plus grand plaisir. Je commence ma soirée assis derrière mon écran d'ordinateur, je bataille d'arrache-pied, et parfois si la chance me sourit, tout au bout de la soirée, une lucarne vers un ailleurs doré s'ouvre sous mes yeux émerveillés de grand enfant. C'est quand même beau, tous ces endroits insolites où le poker peut parfois m'emmener grâce à d'anodines promotions ! Et c'est loin d'être fini...


lundi 9 octobre 2017

3 fois de suite la main même en tournoi : le syndrôme de Cassandre

Il y a deux ans, lorsque je me suis qualifié pour le Monster Stack des WSOP de Las Vegas, il y avait à ma table un joueur américain aux tempes grisonnantes et aux doigts boudinés, pas très bon techniquement, qui s'est plaint toute la journée de recevoir pléthore de mains similaires, à base d'as suités... Je crois déjà en avoir touché quelques mots sur ce blog précédemment. Une demi-douzaine d'heures durant, ce joueur qui avait le profil idoine de l'américain moyen, n'a pas cessé de rouspéter sur le fait que le croupier lui faisait des fausses joies en lui accordant un as jamais assez bien accompagné à ses yeux par une seconde carte de la même famille suffisamment élevée à ses yeux. Peu importe que le croupier fût changé plusieurs fois au cours de la journée. Je me souviens avoir intérieurement pesté contre ses moues dubitatives tandis que je connaissais moi-même une longue traversée du désert avec des mains toutes plus moisies les unes que les autres. De ce que j'en ai vu, il les a plutôt mal jouées, ses mains constituées d'un as un et d'un petit kicker assorti, à la manière d'un oligarque russe faisant le difficile devant des mets pourtant raffinés dont le seul défaut véritable est d'être inconnus de ses papilles gustatives et de son palais de rustre parvenu.

Je ne suis pas fétichiste des cartes. J'ai foi en l'implacable et impersonnelle logique des nombres ainsi qu'en la neutralité froide et absolue des probabilités. Mais il subsiste toujours en moi une infime part d'irrationnel, inaudible écho qui résonne parfois étrangement un bref instant dans les tréfonds de mon être. Car je crois aussi en la force des symboles, sachant que cela contribue indirectement à magnifier les histoires parfois un peu trop banales. Or, j'aime les belles histoires.

Hier soir, j'ai vécu en tant que cobaye incrédule une étrange situation lors de l'un de mes tournois de Texas Hold'em en format 6-max. Alors que nous étions déjà dans les places payées depuis un bon bout de temps et que se profilaient à l'horizon des gains plus substantiels, j'ai reçu trois fois la même même d'affilée. Il ne s'est pas écoulé plus de deux minutes entre ces trois Roi-Valet de suite, d'autant qu'il y a eu très peu d'action à la table dans les trois cas : tout juste un petit flop m'ayant permis de gagner le premier de ces trois pots. Sur le plan statistique, la probabilité de recevoir trois fois de suite la même main au Texas Hold'em est infinitésimale ; mais à force de jouer des milliers de mains tous les soirs, cela doit bien finir par arriver, inévitablement ou presque ; il n'y a rien de magique là-dedans. C'est la loi des grands nombres.

Recevoir trois fois de suite Roi-Valet, la belle affaire... Pas de quoi fouetter un chat. Surtout qu'il s'agit d'une main de départ plus sexy en apparence qu'elle ne l'est en réalité. Tout ceci aurait donc pu rester anecdotique, si ce n'est qu'à ce moment-là, je me souviens parfaitement m'être dit qu'il s'agissait probablement d'un signe du destin et que la prochaine fois que je recevrais cette main il me faudrait peut-être me méfier. Avertissement de dame chance ou simple hasard ? Du fait qu'il y ait de l'action à mes autres tables et que quelques minutes (15 ou 20 tout au plus) se soient écoulées entretemps, je n'ai plus du tout prêté attention à cette anomalie statistique ni à cette prémonition facétieuse que je venais de me fabriquer moi-même. Las ! J'aurais peut-être dû. Car à la faveur d'une nouvelle main Roi-Valet reçue quelques minutes plus tard dans ce même tournoi, je me suis fait éliminer assez injustement. Avec un impact financier non neutre sachant qu'on approchait alors des places plus grassement rétribuées. Mon adversaire me pousse à tapis overpot alors que j'ai fait une mise de continuation (continuation bet). N'étant pas mathématiquement engagé (commit) dans le pot, j'ai donc à ce moment-là la liberté de choisir mon action entre payer ou passer. C'est au regard du profil très offensif du joueur en face que je choisis de payer. Mal m'en a pris, puisqu'il possédait un tirage quinte par les deux bouts et qu'il touche à la river un roi qui vient me crucifier. Sur l'instant, j'avoue ne pas avoir fait le lien avec la pseudo-prémonition que je m'étais montée en épingle quelques minutes plus tôt. Et c'est tant mieux.

Au poker encore plus qu'ailleurs, j'estime qu'il ne faut pas surtout pas écouter les voix de Cassandre : à voir des traquenards partout, on a tôt fait de sombrer dans le tilt passif, cet état mental friable qui plonge certains joueurs dans un négativisme les empêchant de saisir les opportunités (c'est à dire les bons spots), rendant leur jeu atone, et donc improductif.

Après coup, ce petit pied de nez que m'a adressé le Dieu du Poker a aussitôt refait surface dans ma mémoire, et c'est alors que cette élimination quelque peu injuste sur le plan statistique (perdre un 64/36) a trouvé tout son sens sur le plan mystique !! Grâce à ce tour de passe passe du destin, j'ai perdu avec le sourire. Et ça m'a permis de finir ma session du soir empli d'ondes positives, sans détériorer le moins du monde mon niveau de jeu. Le poker est un jeu fait d'opportunités qui se renouvellent sans cesse : une de perdue, dix de retrouvées.




vendredi 6 octobre 2017

Je joue mon A-game en Omaha Hi-Lo !

Un étrange sentiment, mélange inédit de fierté et de bien-être, m'anime ces temps derniers lors de mes sessions nocturnes de poker en ligne. Je me sens parvenu au top en ce qui concerne ma maîtrise du Omaha Hi-Lo en tournoi (PLO8). Il faut dire que cette variante de poker qui se joue comme en Omaha classique (PLO), mais avec un partage final du pot entre la main la plus haute et la main la plus basse (dès lors que la main basse ne dépasse pas hauteur 8), a ma préférence depuis bien longtemps. Et le feu de la passion combiné à une pratique assidue démultiplie la qualité des performances. Cela fait un an maintenant que cette variante est légale sur les plateformes françaises, mais à la vérité, seul Winamax l'a démocratisée en l'incluant progressivement dans son logiciel, puis en l'incorporant dans sa grille de tournois. Le réseau PartyPoker semble enclin à l'introduire très prochainement sur sa plateforme, mais tant que ce n'est pas fait, cela reste malheureusement hypothétique. Car il faut reconnaître que le Omaha Hi-Lo est un jeu de niche et que le trafic n'est pas garanti. D'une manière générale, les variantes poker en France sont vraiment arrivées sur la pointe des pieds, et il est difficile pour le grand public de l'hexagone de succomber à cette passion "exotique" sachant qu'elle ne dispose d'aucun vecteur de développement : aucune médiatisation, aucune documentation en langue française disponible, aucun vécu en la matière au sein des communautés de joueurs français. Seuls quelques clubs s'y adonnent ponctuellement, mais le Texas Hold'em jouit d'un quasi monopole dans l'hexagone. On pourrait ainsi dire que sur la planète poker, le Omaha Hi-Lo constitue une rose du désert, sublime mais poussant dans un paysage vraiment aride.

(Source : gaminghill)
Outre les quelques petits tournois quotidiens proposés par Winamax dans sa grille de tournois, il est également possible de s'adonner à cette discipline en cash game, mais le rake est comparativement plus élevé que dans les autres variantes compte-tenu du fait que le pot soit assez souvent partagé. Raison de plus que pour que je limite mes incursions en cash game. Toutefois, lorsque j'ai un peu de temps à tuer, j'adore aller croiser le fer aux tables de sit and go à 2 joueurs dont les droits d'entrée sont minuscules (50 centimes ou 1 euro) : outre le divertissement que cela me procure, il s'agit d'un formidable terrain d'entraînement pour une pratique qualitative du Omaha Hi-Lo. Car maîtriser les subtilités du Omaha Hi-Lo en tête-à-tête s'avère extrêmement pratique en tournoi pour les fois où l'on va se retrouver encore en lice lors du duel final. Sachant que contrairement aux tournois de Texas Hold'em les tournois de Omaha Hi-Lo regroupent quelques dizaines de joueurs et que mon niveau de jeu me permet plus souvent qu'à mon tour de m'extirper de la masse, il m'arrive donc assez régulièrement de me retrouver en table finale de ce type de tournois, et il n'est pas rare que je fasse partie des deux derniers survivants qui vont se disputer la gagne. Lorsqu'on sait à quel point les joueurs de tournoi qui parviennent tout au sommet de l'échelle sont favorisés en termes de répartition des gains, l'intérêt d'être affûté dans cette spécialité à nulle autre pareille est dès lors plus qu'évident ! Enfin, évident pour moi car les joueurs lambda et les réguliers ne semblent pas se soucier de ce détail. Quoi qu'il en soit, rien ne vaut le plaisir du petit message qui s'affiche sur son écran lorsque l'on vient de remporter un tournoi. Quelle que soit la somme, c'est toujours une vraie satisfaction, une forme d'aboutissement.

Toujours est-il que personne ne me fait peur, à l'heure actuelle, lorsqu'il s'agit de joueur en Omaha Hi-Lo. Car j'ai l'impression de connaître ma partition sur le bout des doigts. Pas l'ombre d'une fausse note à l'horizon. Mon A-game est désormais en place dans cette variante que je maîtrise de façon totalement intuitive, avec une efficacité et une férocité digne des plus grands. De par la confidentialité de la discipline, ça ne rapporte pas grand chose en termes de gains financiers, mais ma satisfaction intérieure, elle, est bien réelle. A la vérité, il n'y a heureusement pas que les sous qui procurent du plaisir au poker. Et c'est tant mieux.

mardi 3 octobre 2017

Culture générale des broutilles appliquée au poker - chapitre 1 : l'environnement de jeu


Il parait que la curiosité est un vilain défaut. Je lui trouve pourtant pléthore de qualités. J'ai toujours eu une nature curieuse, bien plus développée que la moyenne, tous azimuts, féru que je suis de ce que j'appelle communément la culture générale des broutilles. A ce titre, toute source d'apprentissage et de connaissance, quelle qu'elle soit (école, presse, radio, presse écrite, télévision, discussions entre amis, etc.), constitue un moyen crédible d'enrichir sa culture générale des broutilles à moindre frais, pourvu que l'on cultive en parallèle sa mémoire, son sens critique et que l'on affûte au passage ses capacités analytiques. J'accorde ainsi beaucoup de crédit aux diverses études scientifiques, médicales, sociologiques, ethnologiques ou autres, a fortiori si ces études possèdent un champ d'application à même d'être élargi à la vie quotidienne. C'est ainsi que sans même m'en rendre compte, je transpose de façon presque inconsciente cette culture générale des broutilles à ma pratique du poker, quand bien même il soit délicat d'en mesurer concrètement les effets bénéfiques. Je n'en demeure pas moins persuadé que ces détails infinitésimaux peuvent contribuer à faire pencher la balance du bon côté, sachant qu'au poker la différence entre succès et échecs tient parfois à d'infimes détails.

En matière de poker, pour ce qui est de l'environnement de jeu, il va sans dire que la création d'une bulle de confort autour de son écran d'ordinateur le soir contribuera à se rapprocher de son A-game, permettant ainsi un degré de performance qui soit corrélé avec son potentiel. Or, le monde de la compétition regorge de champions potentiels trahis par leur manque de soin du détail, de nature à reléguer leurs performances réelles sur le terrain un cran en deçà de leurs capacités intrinsèques. Inversement, des travailleurs acharnés parviendront - à force d'efforts et en mâtant efficacement l'environnement dans lequel ils évoluent - à se hisser au-delà du rang que la nature leur avait promis. L'éternelle bataille entre l'inné et l'acquis conserve de beaux jours devant elle lorsqu'il s'agit de forger le destin d'un homme. Et c'est tant mieux car cela laisse à tout un chacun une marge de manoeuvre non négligeable.

Feu vert sur les tables de poker !
Ma culture générale des broutilles m'enseigne que les couleurs ont la capacité d'influer subtilement sur le moral et la concentration, puisque de nombreuses études convergentes semblent confirmer l'influence des couleurs sur l'humeur et le comportement, en stimulant nos sens, et en contribuant à exacerber légèrement nos joies et tristesses. C'est ainsi que la couleur verte aurait tendance à accroitre subtilement la sensation de bien-être d'un être humain, à l'inverse du rouge (anxiogène) ou du bleu (complexifiant), par exemple, tandis que le jaune aurait un côté subtilement stimulant sur l'intellect. En appliquant cette connaissance au poker en ligne, j'ai ainsi toujours privilégié pour mon ordinateur un fonds d'écran à dominante verte (nature et forêts). Lorsque je multi-table et que je referme un instant la fenêtre d'un tournoi, si tant est qu'un bout de mon fonds d'écran soit visible, mes yeux se poseront invariablement sur un élément de couleur verte, afin de maintenir le plus possible un état mental serein. Mieux encore, lorsque cela est techniquement possible je choisis une coloration verte à mes tables de poker. Par exemple, sur Winamax, parmi les dizaines de colorations de tables possibles, je choisis la table en forme de pelouse de football, les dessins de gazon offrant à mes yeux un vert apaisant. Toutefois, lorsque le tournoi joué est d'un format particulier nécessitant une attention différente par rapport à d'habitude, j'altère délibérément la coloration de ma table : ocre beige pour les tournois de Omaha hi-lo nécessitant en proportion davantage de calculs de cotes mathématiques, rouge lorsqu'il s'agit d'un tournoi satellite avec un ticket à la clef, et bleu lorsqu'il s'agit d'un tournoi en mode Knock Out avec prime versée lors de l'élimination d'un adversaire. Le vert domine toutefois sans partage. Histoire de maintenir une certaine forme d'harmonie intérieure, autant que faire se peut.

TSF Jazz for the win
Autre élément lié à l'environnement de jeu dicté par cette culture générale des broutilles dont les vertus demeurent délicates à quantifier mais auquel je me fie malgré tout : la musique. J'ai déjà écrit par le passé un article en lien direct avec la musique, aussi je vais faire bref. J'ai lu divers articles par le passé liés aux effets du travail en musique. Or, le poker étant une activité intellectuelle à part entière, on peut en déduire que les effets de la musique sur les performances au poker sont comparables à ceux sur la productivité au travail. Il semblerait ainsi que lorsqu'on est absorbé par une tâche répétitive ou monotone (ce qui est le cas lorsqu'on multi-table), la musique devient alors stimulante, avec des vertus relaxantes et apaisantes, et possèderait même la faculté d'augmenter la plasticité du cerveau et d'améliorer les connexions synaptiques. Il convient d'évoluer dans un environnement musical en adéquation avec ses propres goûts afin de favoriser la sécrétion de dopamine et de renforcer le sentiment de bien-être dans un climat propice à la concentration. Mais toutes les musiques ne se valent pas ! Les musiques neutres, de préférence instrumentales auraient ainsi davantage de vertus sur la concentration par rapport à des chansons à paroles ou à de la musique trop énergique. La culture générale des broutilles confère ainsi davantage de vertus au jazz, à la musique classique, et aux bandes originales de films et de jeux vidéos qu'aux autres sources musicales (pop, rock, hip-hop, rap, etc.). Dans ces conditions, le soir, je privilégie, selon mes humeurs, de la musique jazz ou classique. Parfois un peu de musique italienne. Parfois, également, je mets une chanson du moment en boucle pendant une heure, créant ainsi artificiellement une monotonie entrainante propice à ma concentration aux tables. Mais je dévie peu de ce triptyque musical de base en accompagnement de mes sessions.

Est-ce que tout ceci améliore vraiment mon environnement de jeu en boostant réellement ma concentration, mon sentiment de plénitude et ma productivité aux tables ? Je ne saurais le dire. Mais je veux y croire. Les études scientifiques et autres enquêtes liées aux activités humaines ne sont pas faites pour les chiens : je suis intimement persuadé que leur application aux tâches du quotidien - dès lors que le processus de transposition soit pertinent - comporte des vertus insoupçonnées. Et puis au pire, il y a un effet placebo. Dans ces conditions, pourquoi se priver ?






samedi 30 septembre 2017

Rêve de Strip poker !

Cette semaine, j'ai fait un rêve de strip poker qui m'a ravivé des souvenirs d'adolescence. Ne nous y méprenons pas, je ne vais pas ici raconter une anecdote sulfureuse, car au final la bienséance l'emporte haut la main. Il n'empêche...

J'ai souvenir qu'adolescent, au collège ainsi qu'au lycée, les heures de permanence ainsi que les ultimes journées de cours fin juin précédant les grandes vacances ressemblaient davantage à un atelier de loisirs qu'à des cours validés par le corps enseignant. Les camarades de classe dont j'étais le plus proche étaient immanquablement ceux qui avaient la fibre ludique, déjà. Et moi aussi, je l'avais déjà chevillée au corps, cette fibre. C'est ainsi que nous retrouvâmes maintes fois à nous adonner à divers jeux - de cartes, de société, d'échecs et même du jeu de rôle - non seulement pendant les heures de permanence mais également pendant les heures de classe. Parfois sans même éveiller les soupçons de l'enseignant pendant son cours. Si, si ! Toujours est-il qu'un jour, à la veille des vacances estivales, notre professeur d'anglais nous donna carte blanche pendant son ultime cours et que mes camarades taquins se mirent en tête de lancer une partie de strip poker dans un coin de la salle de classe. Convié à participer, je refusai alors pareille audace et ne fis qu'assister d'un oeil goguenard à cette partie de cartes à la thématique aussi improbable qu'incongrue en pleine salle de classe. Bien m'en prit d'ailleurs, car au bout du deuxième élève torse nu, notre enseignante mit le hola à cette partie de strip poker qui se cantonna alors tout au plus en une séance de déchaussage collectif. Chaussures et chaussettes quittèrent une à une les pieds des camarades les plus infortunés.

Rêver sa vie plutôt que de vivre ses rêves ?
Mais revenons-en à ce rêve pénétrant qui m'a envahi une nuit pendant la semaine (je ne saurais plus dire avec exactitude de quelle nuit il s'agissait). Dans ce rêve, je me retrouve assis autour d'une table de poker dans une ambiance conviviale et l'une des joueuses, constatant que le nombre de participants autour de la table est équitablement réparti entre les deux sexes, propose de convertir notre partie de Texas hold'em classique en un strip poker, afin d'égayer et/ou pimenter au mieux la soirée. En dépit de l'enthousiasme manifesté par l'ensemble des convives, je me souviens parfaitement lui avoir rétorqué que le strip poker était une discipline allant de pair avec le poker fermé à 5 cartes (le draw) et que le Texas hold'em actuel ne sied guère à pareille espièglerie. A la vérité, je me fourre probablement le doigt dans l'oeil (à défaut d'ailleurs). Mais dans mon rêve, j'ai souvenir de m'être cru malin d'avoir argumenté de la sorte, en mode CQFD, douchant au passage l'enthousiasme pourtant communicatif des participants à la soirée.

J'en viens parfois à douter de certains côtés de ma personnalité. N'aurais-je pas un petit côté rabat-joie, mal assumé du coup ? Car à la vérité, je n'ai jamais fait de strip poker. Ni en vrai, ni même dans mon rêve. Je ne mange pas épicé. Mais j'en viens à me demander avec malice si c'est réellement une bonne chose, au final...




vendredi 29 septembre 2017

Qualification pour la Grande Halle de la Villette édition 2017

L'an dernier, une obligation familiale m'avait à mon grand regret détourné de la qualification Wipt à la Grande Halle de la Villette. Cette fête annuelle du poker amateur organisée tous les ans en octobre par Winamax constitue un événement en soi pour tout amateur de poker, et cela fait trois ans de suite que je zappe ce week-end si particulier, où tous les réguliers de la plateforme de poker en ligne viennent en découdre, une fois n'est pas coutume, avec de vrais jetons et de vraies cartes en main. Hier soir mercredi, j'ai vraiment dû batailler d'arrache-pied pour décrocher ma qualification en ligne, l'une des derniers disponibles. En soi, c'est une petite satisfaction. Car je sais que l'événement sera chouette à vivre.

Plus de 2.000 personnes conviées à ce week-end à nul autre pareil, qui génère à chaque fois des échos médiatiques non négligeables : une telle opération contribue à entretenir la ferveur poker en France, et toute fausse note est interdite : ce n'est pas une sinécure que d'organiser pareil rassemblement qui mobilise des joueurs venus des quatre coins de la France. Mais les équipes de Winamax sont rodées et l'on peut d'ores et déjà faire confiance à leur sens inné de l'organisation pour que tout se passe bien sur le plan logistique. A chaque fois tout est parfaitement bien calibré et au final rares sont ceux qui en reviennent mécontents ; ce sont donc surtout avec de bons souvenirs et de bonnes anecdotes à raconter à leurs proches que les joueurs repartent à la maison. Et c'est bien-là l'essentiel. Entretenir le feu de la passion.

Cela fait près de six mois que je n'ai pas tâté du jeton "pour de vrai" en tournoi (le Winamax Club Trophy lors du dernier week-end d'avril) et l'exercice ne peut me faire que du bien, d'autant plus que l'absence de pression financière contribue à alimenter la bonne humeur et la convivialité aux tables, ce qui n'est pas pour me déplaire. Je vais donc tâcher de m'appliquer au mieux afin de faire partie des ultimes survivants qui se verront récompensés par une entrée d'une valeur de 550 euros pour la finale qui aura lieu en mars au Cercle Clichy Montmartre. Pas de quoi nourrir son homme en soi. Mais au moins de quoi le faire sourire l'espace d'un week-end. Et c'est déjà beaucoup.

samedi 23 septembre 2017

WPO Dublin 2017 : impair et passe

L'été, il ne se passe traditionnellement pas grand chose, en ce qui concerne mon activité poker. Toutefois, j'ai quand même joué et remporté grâce à mon équipe composée d'un quatuor de choc bâti sur-mesure pour ce type de compétition (Full ring, 6 max, Heads up et Pot limit Omaha), un package d'une valeur de 850 euros via le Club Poker afin d'aller disputer le Winamax Poker Open - ou WPO - de Dublin, qui se déroule justement ce week-end. Il faut dire que mon coéquipier en charge des tournois au format full ring avait moissonné à lui tout seul une bonne partie de nos points, ma petite victoire en Pot limit Omaha ayant au final eu assez peu d'impact. C'est bien tout ce qu'il a de notable à signaler pour cet été 2017, car pour le reste, c'est plutôt la disette que la fête.

Citywest Hotel de Dublin - WPO 2017 ( crédit : Winamax)
Le WPO se targue d'être le tournoi de poker le plus fun de l'année, et c'était une chouette opportunité pour moi que de fouler pour la première fois le sol irlandais. Malheureusement pour moi, mon emploi du temps compliqué ne m'a pas permis de me rendre à Dublin aux dates du tournoi. J'ai néanmoins eu la chance de pouvoir décaler la jouissance de mon lot sur la prochaine épreuve de même acabit organisée par Winamax, à savoir le Winamax Poker Tour à Paris, au printemps prochain.

Quant aux coéquipiers présents sur place à Dublin, ils n'ont pas eu la réussite escomptée et rentreront bredouilles du voyage en terre irlandaise. Partie remise, donc. Le poker constitue un jeu où les opportunités se renouvellent sans cesse. Et c'est tant mieux. La main passe. La passion demeure.

mardi 5 septembre 2017

Vicissitudes du poker chapitre 1 : les moments de solitude

Une élimination lors d'un tournoi important, au poker, c'est comme une petite mort. Une sensation de vide. Un moment de solitude. Inévitablement, on refait les coup-clefs dans sa tête, on ressasse un peu, et un semblant de frustration s'installe sans parvenir à être évacué en totalité. Il faut alors attendre une nuit de sommeil réparatrice ou bien alors le prochain gros gain pour effacer les traces de cette frustration. Car sur le moment, on éprouve bel et bien un fort sentiment de solitude et une humeur taciturne. Rien pour adoucir notre peine du moment. Personne à l'horizon pour nous consoler.

Idéalement, le joueur performant et solide mentalement doit pouvoir rester totalement insensible à ce genre de phénomène afin d'aussitôt rebondir sans altérer le moins du monde son jeu, mais en pratique c'est loin d'être toujours le cas. Y compris chez les meilleurs. Car nos émotions en tant qu'êtres humains sont bien plus délicates à dompter que le plus fougueux des étalons. On regimbe, on se cabre, et il est parfois difficile d'éviter la chute. Dans de tels moments, on se sent inévitablement seul et piteux.

15% seulement. C'est le nombre de fois où un solide joueur inscrit dans un tournoi parvient à atteindre les places payées. Autant dire que l'on est programmé pour échouer, au poker de tournoi. Echouer, encore et encore. Parfois injustement. Parfois cruellement. C'est la dure loi de ce jeu. Mais ce n'est pas tout : de par l'échelle exponentielle des gains promis aux lauréats, une fois que l'on atteint les places payées, il faut encore se hisser sensiblement tout en haut au classement final pour s'extraire de la zone des clopinettes et générer un gain qui soit réellement valorisant sur le plan lucratif et satisfaisant sur le plan mental. Je le répète à l'envi, seule la première place est réellement belle. Mais elle est chimérique par essence. Les gains conséquents et les joies pures sont donc rares. De ce fait, et face au phénomène induit par la variance, la fréquence à laquelle un joueur parvient à s'extirper de la masse contient une part substantielle d'aléa. On peut tout à fait enchainer les périodes fastes sans réellement les mériter, et vice versa. Ces phases sont on ne peut plus logiques à théoriser à et expliquer, mais relativement difficiles à vivre lorsque l'on essuie une énième élimination en tournoi et que le succès semble nous avoir abandonné sur une trop longue période. Car l'être humain est un monstre de subjectivité : on a tôt fait d'avoir l'impression que la chance est un dû et la déveine une injustice.

En cette année 2017, je ne compte plus les fin de soirée teintées de morosité lorsque - juste avant d'éteindre mon ordinateur - je contemple mes statistiques récoltées froidement par mon logiciel Xeester au cours de la session écoulée et qu'elles m'indiquent très clairement que je suis à marée basse. J'ai désormais pris l'habitude de rédiger un petit tweet résumant en une phrase mon bilan du soir, et force est de constater que les tweets à connotation joyeuse sont réduits à la portion congrue du fait d'une double tendance à laquelle je fais face depuis le début de l'année. Si j'en crois mes statistiques, je joue probablement un peu moins bien ces temps derniers puisque mon EV théorique s'est quelque peu tassé. Peut-être est-ce concomitant à l'augmentation significative de mon volume de jeu en Omaha au détriment du Hold'em ? Difficile pour moi d'y voir clair à ce niveau-là. Je souffre par ailleurs depuis quelques mois d'une déveine bien réelle, matérialisée par un écart sensiblement accru entre mon EV théorique et mon EV réel. Toujours est-il que les fins de soirée tristounettes sont plus présentes que d'accoutumée. Ayant la chance d'avoir un mental particulièrement solide comparé au joueur lambda, j'ai l'impression que tout ceci n'impacte pas la qualité de mon jeu. Aussi, demain je repartirai au combat toujours aussi vaillant, prêt à saisir ma chance qui se dérobe beaucoup trop à mon goût ces temps derniers. Mais pour la première fois depuis mes débuts au poker, mon mental est mis à rude épreuve par la variance, et mes moments de solitude le soir deviennent quelque peu pesants, même si je fais parfaitement le dos rond en attendant retour à meilleure fortune.

J'ai fini par comprendre que le poker est vecteur de solitude lorsque les vents sont contraires et que le cap devient impossible à tenir. Tel un capitaine Cook sur la Bounty devant faire face à la mutinerie de son équipage, il s'agit alors de limiter l'impact de ladite mutinerie afin de ne pas finir noyé - ou pire encore - dans les eaux infestées du requin du pacifique. Bien entendu, ceux qui sont à l'aise financièrement et qui jouent uniquement pour passer le temps ne sont par essence pas impactés par ce sentiment de désertion, mais qu'en est-il pour tous les autres ? Je pense essentiellement à ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un esprit suffisamment cartésien et optimiste, et dont le moral se retrouve une énième fois effrité en fin de soirée, lorsque la marche triomphale envisagée au départ s'est muée dans les faits en piteuse débâcle à la suite d'une tantième élimination. Ces gens doivent vraiment finir par être malheureux, le soir, avant d'aller se coucher. J'en viens à me pose la question suivante : le poker ne serait-il pas parfois aussi un jeu de masochistes ?


lundi 28 août 2017

L'exquise saveur des clopinettes

Il a plu sur le désert de l'Atacama, ces dernières semaines. J'avais d'ailleurs déjà évoqué le phénomène il y a quelques temps, prétexte à une savante analogie avec le poker. Sauf que cette fois-ci, c'est encore mieux : non seulement il y a plu alors que ce n'était pas du tout prévu, mais il y a même neigé !!

Théoriquement, le désert de l'Atacama constitue pourtant de l'endroit le plus sec de la planète : il faut dire qu'avec une moyenne annuelle de précipitations inférieure à 1 mm, cette région au nord du Chili semble de prime abord aussi inhospitalière que l'enfer. Ce n'est toutefois pas toujours le cas : il y pleut en moyenne une fois tous les cinq ans, à la faveur de conditions climatiques spéciales favorisant le phénomène que l'on appelle communément La Niña : un brusque réchauffement des courants marins froids du littoral chilien se répercute alors jusque dans les terres en provoquant d'éphémères précipitations. Ces précipitations n'étaient pas du tout prévues en cette année 2017, les dernières pluies dans le désert de l'Atacama remontant à il y deux ans "seulement".

La conséquence de ces pluies soudaines est spectaculaire : le désert le plus sec et aride de la planète est en ce moment-même devenu un véritable désert fleuri, du fait de l'éclosion de millions de bulbes et de spores habituellement en sommeil, ballottés au hasard des vents. C'est par ce moyen-là que les fleurs peuvent se reproduire de façon éphémère, avant de disparaître aussitôt dans l'attente d'un nouveau cycle qui se fera attendre plusieurs années. Ceux qui ont le privilège d'assister au phénomène sont unanimes : cette explosion chaotique de couleurs constitue un spectacle unique à couper le souffle, d'autant plus que la flore ambiante est en grande partie endémique. Malheureusement, si mes pérégrinations de baroudeur m'ont bien conduit à séjourner dans le désert de l'Atacama une semaine entière il y a quelques années de cela, il n'y avait alors pas une once de végétation alentours à contempler (excepté quelques maigres touffes près des rares cours d'eau). Deux timides ruisseaux coulent bien à San Pedro de Atacama (5.000 habitants), seule ville à des lieues à la ronde, mais ils trouvent leur source à plusieurs centaines de kilomètres de là, quelques part dans la Cordillère des Andes. Leur chiche débit ainsi que leur fort taux en arsenic rendent les tentatives d'agriculture presque vaines.

Tout ça pour dire que si l'eau est rarissime dans l'endroit le plus sec de la planète, elle n'en demeure pas moins présente malgré tout, et lorsque les circonstances s'y prêtent, le miracle de la vie peut dès lors opérer, contre toute attente ! La preuve :

explosion de couleurs à nulle autre pareille dans le désert de l'Atacama - août 2017

Je ne suis pas né de la dernière pluie. Quoique... Je l'ai déjà évoqué ici il y a quelques temps : la quinte flush royale constitue la main la plus rare du Texas Hol'dem, la plus mythique du poker, le nirvana ultime que tout joueur savoure à sa juste valeur tellement le phénomène est peu fréquent. La main qui ne laisse personne indifférent et fait parler aux tables. Cerise sur le gâteau, lorsque cette quinte flush royale s'obtient avec ses deux cartes privative dès le flop, et que par ailleurs le joueur adverse vient s'empaler dessus sans qu'il y ait besoin de faire autre chose que de payer la mise adverse, alors cette quinte flush royale floppée est encore plus jouissive, devenant un pur moment de grâce. Chaque seconde de ce moment est alors aussi exquise que précieuse.

Miam !
Si au printemps, ma quinte flush royale m'avait rapporté plus de cinq cent euros de prime, il n'en est rien de celle que je viens d'obtenir il y a quelques jours de cela en GoFast (la formule de speed poker de Winamax). Lorsque l'on joue au speed poker, le nombre de mains par heure se multiplie, rendant un tout petit peu moins improbable la survenance d'une quinte flush royale. Il n'en demeure pas moins que le phénomène demeure dans tous les cas rarissime. Cette fois-ci, ma quinte flush royale ne m'aura rapporté que des clopinettes, mais à l'image du désert fleuri dans l'Atacama, dieu que cet éphémère et inattendu spectacle spectacle fût beau lorsque mon adversaire choisit de s'empaler héroïquement dessus !

C'est dans des moments pareils que je mesure à quel point mon degré de plaisir cartes en main ne se mesure pas à l'aune de mes gains financiers, mais bien à celle de la beauté futile de ce jeu, sublimée par les émotions pures que procure parfois le poker. La preuve : une petite quinte flush royale aura suffi à embellir une soirée anodine de poker sans autre relief que celui-ci. Et peu importe que cela ne m'ait rapporté au final qu'un minuscule petit euro. Ce qui relève de l'anodin n'est pas dépourvu de valeur symbolique pour autant. 

Il a neigé dans le désert de l'Atacama et avoir le privilège de contempler un désert fleuri suffit actuellement à procurer du bonheur à des dizaines de milliers de touristes particulièrement chanceux. J'ai floppé ma quinte flush royale et ai eu le privilège d'assister éberlué à la livraison par mon adversaire de l'intégralité de son stack sur ce coup.  Récolter des clopinettes avec le sourire a donc malgré tout du bon. Un bonheur ludique à l'état brut ! Et je sais que cela impactera positivement mon moral pour les sessions à venir. Ce qui est loin d'être négligeable.








samedi 26 août 2017

Partie de cartes (par David Teniers le jeune).

La trêve estivale touche à sa fin, et voici venu le moment de reprendre en douceur les petites habitudes de jeu rituelles. J'ai délaissé le poker durant l'été. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les cartes m'ont laissé totalement tranquille : j'ai en effet découvert avec amusement qu'il y a accroché sur le mur du salon de notre maison de vacances un tableau représentant une scène opposant deux joueurs de cartes élégamment vêtus, assis autour d'une table de taverne du XVIIe siècle, sous le regard passionné de trois individus qui semblent scruter l'affrontement avec beaucoup d'attention, tandis qu'en second plan deux autres personnages devisent autour de l'âtre de la cheminée. Les trois spectateurs sont situés du même côté de la table et semblent avoir pris fait et cause pour le joueur de droite, qui n'a pas enlevé son couvre-chef à la table.

Cette scène explique pourquoi ce tableau m'a successivement intrigué, puis quelque peu subjugué, au point qu'un sourire émerveillé en vienne à illuminer mon visage : ayant pris l'habitude de jouer en live avec mon propre chapeau, je me suis aussitôt imaginé dans la peau de ce joueur. Et j'ai esquissé un sourire amusé. Etant de nature curieuse et quelque peu éberlué par l'apparition subite dans mon champs de vision de cette oeuvre d'art que jamais mon cerveau n'avait pris soin de contempler pleinement jusqu'alors, je décidai de la photographier dans un premier temps, en attendant d'en savoir un peu plus sur les origines de cette toile à mon retour de vacances.

Voici le cliché :
Une oeuvre non répertoriée de David Teniers Le Jeune
D'où peut donc provenir cette toile signée "D. TENIERS" dont le vernis commence à être quelque peu marqué par l'usure du temps en ses extrémités ? Quelle personne de la famille l'a acquis ? Depuis combien de temps ? Est-ce un original ou une reproduction ? Mystère... Après une rapide consultation de Google, il semble acquis qu'il s'agisse d'un tableau du peintre flamand David Teniers Le Jeune (1610-1690). Je n'ai guère de doutes pour ce qui est d'avoir reconnu son coup de pinceau caractéristique, d'autant que le bougre adorait peindre des scènes de tavernes. Mais je n'ai pas trouvé trace de ce tableau-ci dans les diverses galeries d'images que j'ai pu consulter sur internet à l'occasion de mon rapide survol de la toile (dans les deux sens du terme). Si d'aventure quelqu'un en lisant cet article est en mesure d'apporter quelque information complémentaire relative à cette toile, qu'il se sente libre de laisser ici un commentaire constructif.

Toujours est-il que cela fait plusieurs années qu'il est là, ce tableau ; anodine décoration d'une maisonnée hermétique aux subtilités du monde de l'art. Et jamais mes yeux de profane ne s'étaient attardés sur cette partie de cartes d'une autre époque jusqu'à cet été-ci. Cette négligence coupable est à présent à demi-réparée. Comme quoi, que l'on soit ou non féru de cartes et/ou d'art, il n'est jamais trop tard pour ouvrir les yeux.

lundi 14 août 2017

Déconnexion estivale ?

Ah, les vacances estivales ! Ses grasses matinées. Son soleil. Ses plages et ses piscines. Ses barbecues avec cette odeur tenace de viande grillée et de fumée qui accapare nos narines. Bien souvent, on a d'ailleurs l'impression que des millions de français ne vivent que pour ça : profiter de leurs vacances afin de s'émouvoir dès la rentrée venue sur les bronzages respectifs des uns et des autres. Superficialité quand tu nous tiens !

Mais pour les fanas des écrans, les vacances estivales c'est aussi le charme des parenthèses enchantées loin des boulets du monde numérique que l'on traîne péniblement avec soi au quotidien : mails, comptes-rendus, plannings, news et autres. Preuve que le sujet n'est pas à prendre à la légère, le législateur a même cru bon d'intervenir, en imposant depuis janvier 2017 un droit à la déconnexion afin que les salariés du tertiaire ne demeurent pas esclaves de leurs ordinateurs portables, tablettes et autres téléphones le temps de leurs congés chichement gagnés sur le champs de bataille de la mondialisation. Alléluia ! Vive la productivité à la française. Mais qu'en est-il du bonheur ?

Toutes proportions gardées, la problématique est globalement la même avec le poker en ligne : les vacances estivales sont l'occasion pour le joueur de faire une pause revigorante, brisant la routine du quotidien et restaurant naturellement les barrières mentales, mises à mal au cours de l'année écoulée par la variance et rongées par l'acidité de l'adrénaline du jeu. La donne a toutefois tendance à changer. Car, désormais, vacances ou pas, la tentation du numérique est présente à chaque instant. Même pour le joueur de poker nomade hors de ses frontières, la possibilité de demeurer connecté est bel et bien là. J'ai pu constater cet été à quel point il était désormais aisé de ne pas couper le cordon pour quelqu'un désireux de maintenir un accès continu à internet, quand bien même on choisisse de passer ses vacances en dehors de l'hexagone. Et la tendance n'est pas prête à s'inverser  : désormais, tant qu'il y a du jus, internet est à portée de clic. Ordinateurs portables, tablettes numériques, smartphones, batteries de secours, le poker nomade est plus que jamais facilité par la pléthore d'accès wi-fi disponibles parfois jusque dans des endroits reculés. Et quand il n'y a pas de wi-fi, il suffit de compléter avec son propre abonnement internet, sachant que les frais liés au roaming ont été supprimés au sein des pays de l'Union Européenne il y a quelques semaines à peine : les frais occasionnés par une connexion internet sont désormais proches de zéro.

Tout devient désormais possible pour le joueur de poker nomade aguerri comme pour le joueur récréatif désireux de combattre l'ennui cartes en main : les connexions sont omniprésentes et les diverses plateformes de poker en ligne déclinent bien évidemment toutes leur offre en format mobile depuis belle lurette. Quand bien même ça ne soit pas advenu pendant ses vacances, Guillaume Diaz - le joueur sponsorisé par Winamax - remportait ainsi en avril dernier un important tournoi en ligne (un peu plus de 73 000 euros) dans l'avion qui l'emmenait de Macao à Zurich. Grâce au wi-fi embarqué. Un authentique exploit rendu possible par le développement tentaculaire des réseaux et par les avancées technologiques considérables de ces dernières années.

Au delà de l'anecdote, est-ce pour autant un exemple à suivre ? La révolution numérique en cours est quelque chose de merveilleux pour l'humanité, à n'en pas douter. Mais il faut savoir rester vigilant afin que ce qui constitue de prime abord un vecteur de liberté ne se convertisse sournoisement en une invisible servitude. D'autant que dans le cas spécifique du poker, ce jeu est comme chacun sait susceptible de générer une pernicieuse addiction susceptible de se renforcer davantage en raison de l'accès facilité à l'internet mobile. Plus dur sera le sevrage...

Je surfe, tu surfes, il surfe, nous surfons, vous surfez, ils surfent...
Pour ma part, je n'ai (quasiment) pas joué au poker au cours du mois de juillet. La tentation était pourtant là, tapie dans l'ombre, sournoisement nourrie par mon obligation (morale) de participer à un championnat par équipes hebdomadaire de longue haleine le mardi soir. Mais j'ai résisté à la tentation d'en faire plus. Car j'estime que mon bien-être passe par cette phase salutaire de déconnexion estivale. A un moment donné, je me suis retrouvé assis sur une plage de sable fin, face à la mer. Et il y avait le wi-fi accessible gratuitement. J'ai brièvement consulté mes mails, les news habituelles, Twitter et Cie ; à deux reprises, j'ai même lancé un mini-jeu sur mon smartphone, histoire de passer le temps autrement qu'en rôtissant oisivement au soleil. Mais, globalement, j'ai résisté à la tentation en rangeant vite le smartphone, là encore. D'autant qu'entre les grains de sable traitreusement portés par le vent, l'air chargé d'iode et les rayons inquisiteurs du soleil, je me suis vite rendu compte que les plages ne sont pas faites pour surfer sur internet. Sauf nécessité impérieuse, la déconnexion estivale, ça devrait être quelque chose de sacré. Il en va de notre santé mentale et de notre équilibre.






lundi 17 juillet 2017

La cuisine du Club Poker Radio : the place to be !

Ce jeudi 29 juin avait lieu la dernière émission de la saison pour le Club Poker Radio. Ayant été invité en début de saison par Webmaster Laurent, le boss du Club Poker, j'avais bien évidemment autorisation de revenir assister à l'émission, mais cette fois en tant que simple spectateur. Sachant que je venais  quelques jours auparavant de remporter un tournoi spécial estampillé Club Poker sur le site en ligne de PokerStars, j'avais droit à un magnum de champagne en guise de dotation bonus, et je me suis donc aussitôt proposé de venir boire cet exquis breuvage en compagnie de l'équipe de choc du Club Poker, dans les locaux du Club Poker Radio. Quel merveilleux prétexte. Et puis les bonnes choses sont faites pour être partagées avec celles et ceux qui en valent la peine. Les gens intéressants, dans le milieu du poker, il n'y en a pas tant que ça. Las ! L'absence du brillantissime SuperCaddy, rédacteur de choc de l'équipe et véritable pilier en acier inoxydable du site internet ClubPoker de par la qualité et l'abondance de ses articles poker à la qualité inégalée, a reporté mes velléités de champagne partagé en bonne compagnie. Et une fois l'émission finie, je suis rentré à la maison avec ma bouteille sous le bras, me promettant de retenter ma chance en début de saison prochaine, lorsque le trio de choc Webmaster-Webdesigner-SuperCaddy sera de nouveau au complet.

minuit dans les studios du Club Poker Radio
Il n'en demeure pas moins que j'ai pu assister en direct à la dernière émission de la saison, avec deux invités intéressants, spécialisés dans les formats courts à deux ou trois joueurs : "Expressos", "Spin and go", "Heads Up turbo". Le poker, c'est comme l'athlétisme, en somme. Bien que regroupées sous une seule appellation, il existe pas mal de disciplines radicalement différentes ; un spécialiste de sprint n'a rien à voir au niveau de sa morphologie et de son endurance avec un lanceur de javelot ou un coureur de 3.000 mètres steeple. Il en va de même au poker avec un spécialiste de cash game, de tournoi (MTT), ou de mini sit and go. Or donc, il existe un segment dédié à ce troisième type de formats. Peu prisé des joueurs professionnels, mais manifestement rentable pour qui sait en appréhender les subtilités. Une émission très intéressante à écouter, au regard du coup de projecteur sur cette discipline à part du poker.

Autre particularité notable de cette dernière émission de l'année : la foule était nombreuse, malgré l'étroitesse des locaux, bon nombre de joueurs parmi les posteurs les appréciés des forums du Club Poker avaient décidé de répondre présent. Pendant l'enregistrement de l'émission, la majeure partie d'entre eux durent migrer vers la cuisine afin de poursuivre leurs discussions endiablées, un verre à la main, sans (trop) perturber le cours normal des interviews. Pour ma part, j'ai fait preuve de sagesse et de sobriété, mais certains n'ont pas hésité à éprouver leur endurance à l'alcool. Comment autant de monde a pu disserter autant de temps dans aussi peu d'espace ? Mystère. Dans le Landerneau du poker hexagonal, la cuisine du Club Poker Radio était vraiment the place to be, en ce jeudi 29 juin, encore plus que d'accoutumée. Pas sûr qu'elle ait été bien confortable pour tous au regard de son exigüité. Mais dieu qu'elle fut conviviale si l'on se réfère aux cris de joie et autres gloussements qui en sortirent tout le long de la soirée ! Quant à moi, peu familiarisé avec cette foule d'invités, je choisis donc de faire preuve d'une sobriété sans faille. Mais j'ai quand même passé un bon moment en privilégiant le studio par rapport à cette satanée cuisine. Et je comprends mieux sa réputation sulfureuse, désormais.

Note pour le lecteur féru de poker : si à 50 ans tu n'as pas mis au moins les pieds une fois dans la cuisine du Club Poker Radio, c'est que tu as loupé ta carrière de joueur.

jeudi 6 juillet 2017

Le soleil de juin

Le soleil a bel et bien brillé pour moi en juin !
Nous sommes en juillet et la trêve estivale pointe enfin le bout de son nez. Sur le plan poker, mon premier semestre 2017 s'achève sur un bilan plus que mitigé. Mais le mois de juin aura contribué à amoindrir ma frustration passagère liée à un manque chronique de réussite depuis janvier. En effet, je viens de boucler un mois de juin très encourageant, avec enfin un bénéfice à quatre chiffres ! Il était vraiment temps de m'extraire de la morosité, car la variance avait commencé à entamer quelque peu mon moral. Le soleil de juin m'a fait du bien, c'est un fait. Mais pas au point de me rendre pleinement heureux pour autant, car j'aurais pu faire bien mieux si je n'avais pas raté de peu ma cible lors de deux ou trois tournois particulièrement importants. Au poker plus qu'ailleurs, la frontière entre succès retentissant et médiocrité des résultats est extrêmement mince. On passe ainsi d'un cycle à l'autre sans y être préparé, sans même un quelconque signe avant-coureur.

Une chose est certaine, le Omaha constitue mon domaine de prédilection, celui où mon aisance technique par rapport à mes adversaires me procure un avantage substantiel, presque palpable, dans des proportions largement supérieures au Texas Hold'em. Quant aux autres variantes auxquelles je m'adonne occasionnellement, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. Du moins pour le moment (et il faut dire que le marché des variantes est particulièrement étroit pour le moment).

J'avais énoncé en début d'année ma volonté de prôner la "solution offensive" dans mon approche de mes tournois, une méthodologie axée sur une prise de risques supérieure par rapport aux années passées. Mais j'ai trébuché dès le départ et réduit quelque peu la voilure, et c'est comme ça qu'un semestre s'est écoulé sans la moindre performance retentissante de ma part. Inhabituel. Mais pas d'affolement. C'est aussi, ça, la variance : des périodes fastes à vivre le sourire aux lèvres, et des périodes de disette à endurer en silence, les dents serrés. Disons que juin m'aura permis de desserrer les dents.

L'année n'est pas finie et je saurai mettre les bouchées double prochainement, histoire de retrouver une dynamique positive et un vrai sourire de champion en herbe. D'autant que le marché du poker hexagonal en ligne est sur le point d'ouvrir un nouveau chapitre de son histoire, puisqu'un décloisonnement semble poindre pour octobre : français, espagnols, italiens et portugais devraient pouvoir batailler les uns contre les autres sous peu. Du changement en perspective, donc. Et aussi de nouveaux noms d'oiseau sur les chats de discussion, sans doute...
 



jeudi 29 juin 2017

Frais deal

Si je n'avais pas une morale aussi élevée, j'aurais certainement été un commercial de grand talent. Fredyl vendeur de cheminées. Ou de voitures de sport. Avec des commissions aussi juteuses que peu méritées, dans le fond. Ma profonde indifférence vis-à-vis de l'argent et mon sens inné de la justice m'ont toutefois vacciné contre ce type de virus fondé sur le matérialisme pur et dur.

Impossible néanmoins d'oublier ce séminaire dans le Morvan auquel j'eus la chance de participer lors de mon ultime année d'études. Notre directeur, homme pragmatique, avait cru bon de booster le capital négociation de ses étudiants, en faisant appel à deux intervenants de choc spécialisés dans des mises en situation et autres jeux de négociation et d'improvisation : trois ou quatre jours durant, mes camarades de promotion et moi partîmes ainsi nous isoler, afin que nous soient dévoilées les arcanes de la négociation. Grand amateur de jeux de rôle, fin stratège, plein d'empathie et calculant de façon intuitive à grande vitesse le champ des possibles, je me montrai particulièrement à mon avantage lors de ce séminaire. Au point de marquer les esprits de mes camarades de promotion et des intervenants. Ce fut pour moi un jeu d'enfant. Dans tous les sens du terme. Mais je me suis promis de ne pas abuser de ce talent de négociateur-né dans la vraie vie. Car il devient presque systématiquement vecteur d'injustice. Tirer la couverture à soi, c'est consentir cyniquement à la pneumonie d'autrui. Et j'ai du mal à le supporter, car j'aime mon prochain autant que moi-même.

Venons-en maintenant au poker. L'échelle des gains des tournois (hors satellites) est bâtie de façon exponentielle, afin d'appâter le chaland. De la sorte, le vainqueur final empoche à lui seul une part substantielle de la dotation (environ 15 à 20% de la cagnotte totale récoltée par les inscriptions). On se dit que l'être humain est bien facile à berner : quand bien même il n'y ait qu'un seul gagnant au final, le montant promis au gagnant est tape à l'oeil à l'extrême, et accentue l'envie de participer. Ceci explique d'ailleurs en partie pourquoi le poker de tournoi est un jeu de frustration permanente. Le dotation alléchante promise au vainqueur entretient à merveille ce jeu de dupes !

Quoi qu'il en soit, pour que la frustration d'une place d'honneur ressentie sur le plan ludique ne soit pas systématiquement couplée avec la frustration financière que génère l'écart de gains entre les premiers, et afin de lutter contre des paliers aux allures de paroi trop lisse pour les ultimes survivants, les casinos ainsi que les plateformes de poker en ligne permettent le plus souvent de négocier les montants répartis entre les derniers joueurs en lice, afin de faire en sorte d'atténuer quelque peu la variance, et notamment d'amoindrir la frustration d'un hypothétique bad beat. On négocie, donc. Dans le jargon du poker, on appelle ça un deal, tout comme dans le milieu des affaires.

Beaucoup de choses ayant été dites depuis des années sur les forums par des professionnels du monde du poker sur le deal des montants, je vais éviter d'entrer dans les détails mathématiques trop techniques et quelque peu rébarbatifs (edge supposé, répartition des gains selon la notion d'ICM ou bien au prorata des jetons, etc.) et me contenter de livrer ici quelques observations empiriques issues de mes expériences propres. Le poker est un jeu ; dès lors, négocier à son avantage n'est pas vraiment truander (quand bien même cela génère un impact sur le plan financier) : ça fait pleinement partie du jeu ! Puisque je sais que parfois les deals en live réservent des surprises de taille, je songe au jour où ceci pourrait m'arriver pour des montants substantiels. Après tout, remporter des tournois live d'envergure, ça figure au programme de ma conquête du poker. Alors autant être à l'aise dans toutes les disciplines du poker, y compris dans celle, relativement peu fréquente, de la négociation.

A bien y réfléchir, partant du postulat que je suis techniquement plus doué que mes adversaires, je devrais accepter de dealer bien moins souvent que la moyenne lorsque arrive l'occasion de négocier mes fins de tournoi avec un crayon et une calculette plutôt qu'avec les cartes en main. Mais depuis quelques mois, curieux de tester par moi même les vices et vertus des deals négociés en fin de tournoi, j'ai tendance à m'inscrire bien davantage que par le passé sur des tournois en ligne dont le nombre de participants est modeste, ce qui a pour conséquence que je peux ainsi maximiser mes chances de me retrouver en table finale, prêt à négocier la répartition des gains. Dès que l'occasion se présente, j'exprime donc de façon récurrente ma volonté de parvenir à un deal. Ces tests - s'agissant de petits deals le plus souvent simplistes - me permettent ainsi de peaufiner ma connaissance et ma maîtrise de cet aspect bien particulier du poker, afin de mieux définir ma marge de manoeuvre potentielle. Il y a pas mal de ressorts psychologiques à appréhender, en dehors des considérations purement mathématiques. De ce fait, mon apprentissage par l'expérimentation est loin d'être superflu.

Sachant qu'en ligne celui habilité à proposer les montants est celui qui est provisoirement leader du tournoi (sauf sur PokerStars où c'est un modérateur qui intervient), mes tests en matière de deal sont particulièrement intéressants lorsque je suis aux manettes et que je peux ainsi essayer de gratter quelques euros dans la négociation, l'air de rien, afin de déterminer le taux d'acceptation implicite des parties adverses dans des circonstances données (à 2, à 3 ou à 4 joueurs, le tout en fonction du profil et des motivations de chacun). Pour le moment, je maintiens ce rythme consistant à accepter de négocier fréquemment, même si  je prévois à terme de stopper ce petit exercice de style. Voilà donc un bon moyen de travailler à moindres frais mes gammes dans une discipline, la négociation, qui pourrait s'avérer importante un jour futur en live. A condition bien entendu que le Dieu du Poker soit d'accord avec mes projets !



samedi 24 juin 2017

Mes images simples du bonheur : hommage posthume à Véronique Robert


A mes yeux, le mot liberté n'est pas un vain mot, car il se trouve que je suis un être humain qui cultive sa propre liberté bien davantage que la moyenne. Ceci m'a causé pas mal d'ennuis, dans la vie. Mais cela m'a aussi procuré quelques moments de bonheur pur. Mon profond goût pour la liberté explique d'ailleurs en partie pourquoi je me suis autant senti subjugué par le poker dès l'instant où je me suis réellement intéressé à ce jeu. Car le poker constitue un formidable vecteur de liberté, puisque tout est virtuellement possible lorsqu'on démarre une session de jeu, que ce soit lors d'une partie en ligne ou en live. C'est ainsi que contre toute attente, si l'on devait me demander quelles images mon cerveau a choisi pour illustrer au mieux ma définition du bonheur authentique et sans artifices, outre les souvenirs intimes liés à la famille, je repense spontanément à ce chien errant qui m'a adopté le temps de mon de séjour à La Serena au Chili il y a quelques années, mais je me remémore aussi le sourire radieux de la journaliste suisse Véronique Robert lors de mon premier tournoi live payant de poker, au Cercle Clichy Montmartre de Paris il y a trois ans. Ces deux souvenirs-là, pourtant anodins, font partie des plus précieux que je possède. Pour rien au monde je ne souhaiterais les oublier.


A La Serena, petite ville tranquille du Chili fréquentée par bon nombre de baroudeurs et autres backpackers occidentaux, j'ai fait la connaissance à mon hôtel de Fiona, une charmante blondinette anglaise, avec laquelle j'ai arpenté la ville deux jours durant, du matin au soir, flanqué d'un chien errant qui avait décidé de nous adopter le temps de notre passage, sans que l'on sache bien pourquoi. Ce chien nous a suivis partout. Lorsque nous nous arrêtions pour nous restaurer, il s'arrêtait sagement devant l'établissement. Idem lorsque nous pénétrions dans une boutique. Nous l'avons nourri et abreuvé le plus naturellement du monde, dans une sorte de symbiose, sans que jamais il ne joue la carte de l'apitoiement. Plus incroyable encore : il a dormi deux nuits de suite devant le porche de notre hôtel, attendant à chaque fois patiemment notre sortie, sans se départir de sa fidélité, au point de nous escorter jusqu'au terminal de bus lorsque Fiona et moi repartîmes vers d'autres horizons. Je repense encore au dernier regard empli de nostalgie - voire de détresse - que nous avons échangé par la vitre de l'autocar au moment du départ, sachant que ce chien errant venait de me procurer la veille un souvenir magique et inoubliable, une image authentique de ce que j'appelle le bonheur.
Le phare de La Serena, Chili

La veille, alors que nous nous promenions en marchant sur le sable, les pieds déchaussés, le long de la plage aux abords du phare de La Serena, ce chien facétieux s'était littéralement rué contre les vagues afin de se rafraichir, alternant courses endiablées derrière les mouettes et promptes baignades dans les rouleaux. Sans oublier de malgré tout suivre notre cadence, à Fiona et à moi, épousant notre rythme au fur et à mesure de notre progression le long de la plage et se secouant dès que possible, projetant contre nous des gouttes d'eau salées dans un maelstrom humide empli de joie, de chaos et d'insouciance. Humant alors la brise iodée et contemplant ce chien pourchassant les mouettes à nos côtés par pur plaisir, j'ai parfaitement souvenir de m'être dit que le moment que je vivais là, avec Fiona à ma gauche et ce chien espiègle à ma droite, correspondait parfaitement à ma définition de ce qu'est le bonheur. Un moment simple, une tranche de vie dont la beauté se suffit à elle-même. Ce jour-là, j'ai ressenti la liberté pour ce qu'elle est vraiment : un pur moment de bonheur vagabond. Un fabuleux trésor pour mon âme. Un souvenir aussi futile qu'inoubliable.



Une image simple du bonheur
Véronique Robert, reporter de guerre, était probablement elle aussi une femme profondément éprise de liberté. Il n'y a qu'à observer le parcours qui fut le sien pour s'en convaincre. Pour exercer un métier tel que le sien, dans les endroits les plus dangereux du globe, sans se départir ni de sa bonne humeur, ni de sa féminité, ni de son professionnalisme reconnu de tous, il fallait bien qu'elle fût femme d'exception, carburant à l'adrénaline. Véronique Robert était une authentique fan de poker, bien connue des cercles de jeux parisiens. Pas forcément la plus douée. Mais assurément l'une des plus passionnées par ce jeu. Lorsque je me suis qualifié pour mon premier tournoi live payant, la finale du Winamax Poker Tour au Cercle Clichy Montmartre, j'ai eu la chance d'avoir Véronique Robert à ma table. Je ne la connaissais pas. Mais elle m'a profondément marqué, au point de laisser à jamais gravé dans mon esprit une authentique image du bonheur. Non pas parce qu'elle était la seule femme de la table. Non pas pour son collier scintillant, ses bagues aux reflets chatoyants, son look soigné lui conférant un style impeccable et une blancheur de colombe. J'ai perdu un énorme pot contre elle qui m'a lourdement handicapé pour la suite du tournoi... j'ai pesté contre elle, certes, mais je ne lui en ai pas voulu le moins du monde. Si cette personne m'a profondément marqué, c'est tout simplement parce qu'il émanait d'elle une immense bonté : elle était heureuse d'être là, assise à une table de poker entourée d'inconnus, véritable colombe immaculée parmi les rapaces, faucons et vrais cons, présents à la table. Et tandis que la nuit était déjà bien avancée, nos regards se sont longuement croisés à un moment : elle a alors choisi cet instant anodin pour m'offrir le plus chaleureux sourire qu'une femme m'ait jamais fait de toute ma vie. Et quand j'emploie le mot offrir, je mesure pleinement le sens de ce mot. A ce moment précis, j'ai compris qu'elle m'offrait un échantillon gratuit de bonheur. Et je lui en suis éternellement reconnaissant. Car le bonheur via le poker, c'est aussi ça : le partage d'instants de vie anodins, sans prétention ni barrière sociale, avec comme seule véritable monnaie d'échange la complicité et la bienveillance de regards échangés dans le cadre d'un simple jeu.

Le simple fait d'évoquer ce souvenir merveilleux laissé par Véronique Robert, qui constitue pour moi la parfaite image du bonheur futile et magique tout à la fois là encore, suffit à embrumer mes yeux pour la dixième fois aujourd'hui, sinon plus. Et à l'instant où je rédige ces lignes, des larmes coulent silencieusement le long de mes joues. Car Véronique Robert a succombé à ses blessures ce samedi 24 juin 2017, après avoir été grièvement blessée par l'explosion d'une mine à Mossoul en début de semaine, alors qu'elle tournait un reportage pour Envoyé Spécial le magazine d'information de France 2. Je veux que tous ceux qui aiment le poker et qui lisent ces lignes sachent que cette femme restera à jamais au panthéon de mes plus beaux souvenirs. Car elle a su m'irradier de bonheur, d'un simple sourire un soir, autour d'une table de poker.


Les plus belles image du bonheur sont souvent parmi les plus improbables ou les plus anodines. Puisse l'âme de Véronique Robert reposer en paix. Elle fut un phare contre l'obscurantisme en tant que journaliste. Mais elle fut aussi lumineuse en tant que joueuse passionnée de poker. Sa lumière subsistera en moi au travers de cet incroyable sourire.