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mardi 12 août 2014

Bilan juillet 2014

L'an passé, à l'arrivée de la saison estivale, je pensais naïvement que les tables de poker seraient assaillies par des hordes de vacanciers torses nus et gauches dans leur approche du poker en ligne. Las ! Je ne peux que constater avec tristesse cette année encore que la fréquentation des sites de poker en ligne est globalement en baisse pendant la période estivale par rapport aux autres périodes de l'année. Pour le petit monde du poker, cela constitue un indice inquiétant de raréfaction des ressources halieutiques... Autrement dit, le vivier de joueurs occasionnels récréatifs est plutôt faible.

Sachant cela, juillet 2014 aura été me concernant un mois essentiellement consacré au repos et à la détente. Je me suis contenté de disputer une quantité famélique de tournois, absolument non significatifs. Ce qui fait que mon bilan mensuel affichant un bénéfice de 3 euros est tout à fait anecdotique.

Dans de telles conditions, une longue coupure avec les cartes, cela ne peut pas me faire de mal. Bien au contraire, il y a un temps pour chaque chose. M'octroyer une petite cure de soleil derrière une crème écran total aujourd'hui contribuera à éviter d'avoir à cramer mentalement et à subir les affres d'un tilt derrière mon écran d'ordinateur demain. 

Alors bronzé ou cramé ? Réponse à la fin de la nouvelle saison... En attendant, le vrai bilan du mois de juillet 2014, c'est que mes batteries sont rechargés !


jeudi 31 juillet 2014

Mon père, ce rival...

Les racines font partie intégrante de l'arbre. Cela fait des semaines que je traîne pour publier cet article se rapportant à ma relation paternelle. Sans doute parce que mettre des mots précis sur des sensations diffuses, mélange de fierté et d'amertume, enfouies en moi depuis toujours mais jamais exprimées de façon concrète, ce n'est pas chose facile. Que je le veuille ou non, mon père a eu une influence prépondérante sur mon approche du jeu en général, surtout sur le plan compétitif.

du béret au chapeau...
En rédigeant ces lignes, je constate d'ailleurs à quel point ma famille a une fibre ludique particulièrement développée. Il faut dire que mon grand-père pêcheur passait son temps à jouer aux cartes dès qu'il en avait l'occasion. Et lorsque l'occasion n'était pas là, il se débrouillait pour la créer ! Il jouait principalement à une variante de la belote très prisée du village à 40 cartes, se jouant par équipes de deux. J'ai souvenir de le voir jouer avec son béret noir si caractéristique. Et à défaut de leur transmettre l'usage du béret, il a su transmettre la fibre ludique à ses enfants. Et notamment à mon père. Qui me l'a ensuite également léguée. Les chiens ne font pas des chats. Et j'ajouterai que les hommes ne font pas des singes.

Mon père. Au sein de notre famille, voire au sein du village tout entier, il a la flatteuse réputation d'avoir été un garçon particulièrement doué : à l'enterrement de mon grand-père, il y a de cela une vingtaine d'années, son institutrice qui assistait aux funérailles a affirmé devant tous ceux présents qu'il avait été l'élève le plus brillant qu'elle ait connu en 40 ans d'enseignement. Difficile de remettre en cause pareil témoignage.

Enfant, j'aimais à le regarder jouer aux cartes lors de nos vacances estivales, dans le sous-sol enfumé du café du village. Doté d'une intelligence intuitive mise au service du jeu, il faut dire qu'il forçait le respect de ses adversaires. D'ailleurs, il a toujours été un adversaire redoutable, quel que soit le jeu pratiqué (jeux de cartes, jeux de société, jeux de l'esprit), remportant la mise face à autrui bien plus souvent qu'à son tour. 

Mais le fait qu'il soit redoutable ne veut pas dire qu'il était supérieur à moi, bien au contraire. Car je ne suis pas "autrui". Depuis mon plus jeune âge, je me suis frotté à mon père dans pas mal de jeux, et j'ai invariablement pris l'ascendant. Et invariablement, il y avait toujours un moment où il me criait dessus. Car là où lui se contentait de surfer sur sa maîtrise intuitive du jeu, moi je l'étudiais inlassablement et parvenais ainsi au final à un degré de maîtrise supérieur. Tout ceci m'a d'ailleurs appris deux choses :
- l'énervement constitue un aveu d'impuissance et c'est à n'en pas douter le premier pas sur le chemin de la défaite. Il m'a fallu de nombreuses années pour le comprendre, mais désormais je sais stopper tout début d'énervement car je sais qu'il nuit immanquablement à l'efficacité. La maîtrise des nerfs et la régularité constituent un socle sur lequel bâtir des performances solides et durables.
- l'intelligence intuitive, le talent brut, c'est probablement suffisant pour être le champion de son village. En revanche, pour pouvoir devenir le champion du monde, c'est une toute autre affaire : le talent doit être couplé avec la pratique inlassable. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles mon modèle sportif a toujours été Michael Jordan : extraordinairement doué intrinsèquement, mais aussi le plus assidu à l'entraînement, inlassablement obnubilé par la victoire. Le gagneur absolu.

à la fin c'est Fredyl qui gagne...
A cinq ans, je battais mon père aux dames. Inexorablement. Et pourtant, il y mettait toute sa puissance de réflexion. Alors lorsque mes victoires ont viré à l'hégémonie, on a arrêté de jouer aux dames. A huit ans, je le battais au jeu mythique du Puissance4. Et pourtant, il réfléchissait longuement avant de glisser ses pions dans la fente. Alors on a arrêté de jouer au Puissance4. Et ainsi de suite dans pas mal de disciplines ludiques. Mais s'il est bien un domaine ludique où il n'a jamais consenti à lâcher un pouce de terrain sur le terrain de l'orgueil, c'est bien aux jeux de cartes... car la part de hasard masque en grande partie les écarts de compétence entre joueurs, qu'ils soient réels ou supposés. Il en va ainsi au poker, la variance aux cartes étant telle qu'un bon joueur peut se retrouver durablement en situation d'échec et vice-versa.

Dans de telles conditions, il m'est devenu assez pénible d'entendre mon père à longueur d'année s'auto-congratuler sur ses capacités cognitives prétendument supérieures aux miennes dans le domaine du jeu, alors même que nos parties acharnées et disputées à la loyale s'achèvent plus souvent en ma faveur qu'en la sienne. Il a toujours eu l'élégance de mettre ses victoires obtenues contre moi sur le compte de son talent inné et d'imputer ses échecs sur le compte de la variance.

Et lorsque nous jouons en équipe et que je l'ai en tant que partenaire, c'est encore plus crispant : il a toujours le chic pour me hurler dessus à un moment ou à un autre, me reprochant des pseudo erreurs tactiques pas toujours fondées (nos raisonnements stratégiques étant différents), me rabaissant inlassablement quant à mon niveau de jeu soi-disant pitoyable, alors que lui-même commet des erreurs parfois majeures, le plus souvent passées sous silence ou bien alors imputables selon lui au fait que je l'aie préalablement énervé les fois où je me permets de les lui signaler. Notre rivalité vis-à-vis du jeu relève en permanence de l'affrontement brutal. Il me hurle dessus. Refusant de céder du terrain, surtout de façon aussi injuste, je me défends bec et ongles. C'est nerveusement pénible pour nous deux et relativement désagréable pour les autres joueurs présents. Il existe entre nous lorsque nous jouons une rivalité palpable, parfois électrique.

Pourtant, cela n'a pas toujours été aussi tendu entre lui et moi. En puisant dans mes souvenirs d'enfance, j'ai parfaitement en mémoire le fait qu'il me caressait fréquemment la tête en me demandant non sans ironie : « Qui est-ce qui t'a fait cette petite tête ? » Preuve évidente qu'il était fier d'avoir un fils aussi vif et futé à un moment donné, même si bien entendu à l'époque cette subtilité m'échappait complètement.

étranges racines...
Mais la frontière entre fierté et orgueil est parfois très ténue, car la lumière mal filtrée devient vite aveuglante. Et pour une raison qui m'échappe, la frontière a été franchie allègrement dans ma relation paternelle. Trop orgueilleux pour accepter le fait que son fils soit plus malin que lui, mon père a vu en moi un rival encombrant plutôt qu'un digne successeur. Par crainte que je lui fasse trop d'ombre, il continuera vraisemblablement à me répéter que je suis nul aux cartes jusqu'à ce que mort s'en suive, quand bien même je deviendrais un jour champion du monde de poker cela n'y changerait absolument rien. Ce déficit patent de reconnaissance a probablement fait en sorte que je développe un « instinct malsain de compétition » (dixit ma sœur cadette). Handicap dans certains cas, énergie motrice dans d'autres, je puise dans ce goût exacerbé pour la compétition pour m'affirmer dans ma vie de joueur. Paradoxalement, je pense qu'il peut s'agir pour moi d'une corde supplémentaire à mon arc au poker. Car le poker est aussi un jeu de courage et d'ambition.

racines invisibles mais tête bien faite...
Avec un père trop orgueilleux pour me reconnaître un quelconque talent et une mère castratrice digne de celle de Poil de Carotte, s'épanouir pleinement dans ma vie d'homme représentait une gageure. Pourtant, j'ai la nette impression de continuer à progresser et d'être sur le bon chemin. Celui de l'épanouissement. Celui de la richesse de l'âme. Quant à celui de la richesse pécuniaire, bien malin celui qui pourra prédire si le Dieu du Poker m'ouvrira de telles portes un jour. Quoi qu'il en soit, je ne suis guère pressé, à la vérité. Et d'ailleurs au bout du compte, je crois bien que cela n'a aucune espèce d'importance, le succès au poker étant décorrélé du bien-être. Je suis conscient de mes lacunes comme de mes qualités. Et je sais que je suis meilleur que mon père. En tant que joueur, mais aussi en tant qu'homme. Quoi qu'il en dise.


En toute objectivité, il est dans l'ordre des choses que les nouvelles générations soient supérieures aux anciennes, profitant logiquement de l'expérience accumulée par les générations précédentes pour apprendre plus rapidement et ainsi pouvoir explorer de nouveaux cycles de réflexion. Si tel n'était pas le cas, nous serions probablement demeuré des primates. Conscient de cela, je ne commettrai pas la même erreur que mes parents ont pu commettre avec moi en me considérant à tort (ou à raison) comme un être inférieur. J'ai pour ambition que mon fils soit plus futé que moi, qu'on se le dise ! Aussi, je compte en faire un élève, peut-être bien un disciple, voire un successeur dont je serai totalement fier un jour. Mais jamais un rival.

mercredi 9 juillet 2014

Bilan juin 2014

Autant commencer par la petite mauvaise nouvelle du mois : mon bilan online de juin n'est pas bon du tout. Il se traduit par une perte de 160 Euros. Plutôt que de blâmer une quelconque malchance, je préfère mettre cette déconvenue sur le compte de la fatigue physique et morale induite par un grand nombre de déplacements effectués au cours du mois écoulé (et notamment ce voyage aller-retour à destination du casino Barrière de Toulouse). Une perte qui n'est pas bien méchante, au final : j'avais des tickets de 10-20-50 Euros à écouler (la date de péremption approchant en cette période estivale) et leur tentative de conversion en cash s'est avérée plutôt infructueuse. Autre excuse : mon logiciel Xeester donne des signes inquiétants de dysfonctionnement et en raison de son instabilité chronique depuis quelques semaines, la lecture des statistiques de mes adversaires est devenue un peu plus aléatoire. Par ailleurs, comme après chaque moment fort en adrénaline vécu dans ma modeste carrière de joueur de poker jusqu'ici, je constate que j'ai eu moins faim de victoire au retour de mon escapade toulousaine, et mon jeu online derrière mon écran d'ordinateur m'a paru moins solide que d'ordinaire pendant quelques jours. Ceci n'est toutefois qu'une observation empirique qui demande à être confirmée dans la durée.

Il faut dire que mon week-end du 6 au 8 juin vécu au casino Barrière de Toulouse a été riche en adrénaline et qu'après cela, le retour aux tournois à 0, à 1 ou à 2 Euros en ligne a un goût assez fade, presque amer... Mais il demeure hors de question de vouloir brûler les étapes en risquant mon capital accumulé avec patience et méthode. Quoi qu'il en soit, mon bénéfice du mois de juin en live se monte à 2.835 Euros. Cela compense mes deux injustes déconvenues au Cercle Clichy Montmartre de Paris et au Casino Barrière de Bordeaux du mois de mars.

Au final, mon bilan mensuel est donc largement positif (2.670 Euros), la perte online devenant toute relative en comparaison avec le gain en live.

Mon billet pour le match
Mais juin 2014 est également à marquer d'une pierre blanche, dans la mesure où je suis donc parti 5 jours au Brésil voir le match de l'équipe de France de football à Rio de Janeiro, afin de pouvoir assister au match France-Equateur dans des conditions pour le moins luxueuses. Et que je suis même passé en mondovision puisqu'on me voit dans les tribunes à la 94ème minute du match. Le récit du voyage en lui-même mériterait d'ailleurs un article à part entière, avec quelques photos à l'appui.

La période estivale s'ouvre à présent : l'été est arrivé depuis quelques jours déjà, et il est temps pour moi de songer de recharger mes batteries solaires à base de vitamine D. La saison écoulée aura été suffisamment riche en événements pour que je fasse une petite coupure avec le poker avec la satisfaction du devoir accompli.

lundi 23 juin 2014

Départ pour le Brésil

Airbus Air-Tahiti-Nui
Eh bien nous y sommes. Ce lundi 23 juin 2014, j'ai un avion matinal de la compagnie Air-Tahiti-Nui à destination de Rio de Janeiro. Et dès ce mercredi 25 juin, je serai convié à assister au match de Coupe du Monde de football France vs Equateur. Il y aura d'autres gagnants PMU, ceux qui ont conquis leur sésame pour le Brésil via les paris sportifs ou hippiques. Je suis le seul à avoir gagné ce voyage via la filière poker. Un cameraman nous accompagnera et suivra nos péripéties pendant ce court séjour de 5 jours : un petit web-documentaire sera mis en ligne sur le site internet et les pages Facebook du PMU.

La météo prévoyant un soleil ininterrompu (agrémenté de quelques rares nuages épars) pour les 5 jours à venir, j'ai décidé de voyager léger : un simple sac à dos bien rempli fera l'affaire. Et bien sûr j'emporte avec moi mon chapeau péruvien spécial poker sans lequel Fredyl ne serait pas Fredyl.

Mon mini-guide Cartoville
Quand bien même le PMU fasse pas mal de baby-sitting en prenant par la main ses heureux gagnants une bonne partie du séjour, j'ai tout de même acheté pour l'occasion un mini-guide de Rio de Janeiro, édité par Gallimard. Je ne connaissais pas bien cette collection Cartoville, conçue à base de petites cartes dépliables quartier par quartier, mais elle est redoutablement bien conçue. On va directement à l'essentiel : le mini-guide est petit et léger... rien n'y est superflu. Et impossible de se perdre grâce aux cartes. Exactement ce qu'il me fallait. Le tout pour 8.90 Euros seulement. Une excellente affaire.

Me voici fin prêt pour le départ. Allez la France ! Cette équipe de France de football a démarré sa coupe du monde en fanfare avec deux premiers matches réussis : pourvu que ça dure. A présent, place au voyage...



dimanche 15 juin 2014

Les billets de 500 Euros

La France est l'un des pays de la zone Euro où les billets de 500 Euros ont quelques difficultés à circuler. Celui qui se sert d'un billet de 500 Euros pour payer ses achats prend le risque d'attirer des regards suspicieux (dans le meilleurs des cas) ou bien alors carrément de se voir refuser ledit billet, au motif que celui-ci peut être faux ou lié à une quelconque activité illégale. En d'autres termes, le billet de 500 Euros sent le souffre.

Source de joie et de problèmes aussi !
Pourtant, au sein de certaines communautés étrangères, notamment asiatiques, ces billets sont très prisés car faciles à transporter lorsque l'on essaye de rentrer au pays en toute discrétion avec des devises dans les poches. Ils passent bien les frontières, ces beaux billets violets, surtout si la liasse est neuve. Rien de tel pour faire voyager des capitaux sans laisser la moindre trace. J'ai lu dans un très long article et très très bien documenté  consacré au blanchiment d'argent que des billets de 500 Euros pouvaient être échangés contre 510 à 520 Euros en petites coupures auprès de certains commerçants chinois. Mais dans les casinos, ces billets de 500 Euros circulent en toute décontraction et manifestement cela ne perturbe ni les joueurs aisés qui s'en délestent avec enthousiasme ni les petits veinards qui parviennent à les alpaguer.

C'est ainsi que suite à mon petit périple au Casino Barrière de Toulouse le week-end dernier, je me retrouve avec quelques uns de ces précieux billets violets. Trop peu pour que je songe à entamer une carrière d'agent de change privé en faveur des triades chinoises du coin. Mais je n'ai pas envie non plus d'aller faire un dépôt à la banque. Il y a sûrement des tas d'emplois plus simples et plus sains pour ces beaux papillons mauves...

Bosch Maxx'x Pro Silence
C'est pourquoi je me suis décidé hier à me rendre au centre commercial Leclerc le plus proche faire mon premier achat balla* avec mes gains au poker. Depuis le temps que j'amasse brindille par brindille, il était quand même temps que je fasse une pause dans mon accumulation primitive de capital et que j'achète enfin quelque chose. Dans les émissions de radio (ou télé) spécialisées dans le poker, lorsqu'il y a un invité prestigieux qui passe sur le grill des interviews, une question revient avec récurrence : "quel a été votre premier achat balla ?". Eh bien, si un jour j'ai la chance d'être invité à une émission de radio poker, je saurai désormais quoi répondre : un aspirateur Bosch Maxx'x Pro Silence 2100 Watts. Made in Germany s'il vous plaît. Suite à cet achat, l'automate du centre commercial Leclerc ne s'est pas fait prier pour avaler mon billet de 500 Euros et me régurgiter en retour tout plein de billets de 20 Euros en guise de monnaie. Et d'un !

*Balla : terme communément employé dans le milieu du poker pour désigner une attitude ostensiblement dépensière et désinvolte.


lundi 9 juin 2014

Soleil radieux au Barrière Poker Tour de Toulouse

Casino Barrière de Toulouse - 6 au 8 juin 2014
Météo estivale à Toulouse pour ce week-end de pentecôte. Je ne suis pas fanatique du live, mais ma qualification en poche à la suite des satellites disputés online sur Euro Poker, et la douceur de vivre de la ville rose en cette fin de printemps m'ont vite convaincu de privilégier le Barrière Poker Tour ensoleillé de Toulouse plutôt que le pluvieux de Deauville. D'autant que j'avais la possibilité de recroiser à Toulouse la charmante Marie, une amie rencontrée il y a quelques années en Argentine que je n'avais pas revue depuis lors. Si on ajoute encore à cela des conditions d'hébergement très bon marché, Toulouse s'avérait vraiment un choix judicieux. La barre des 400 inscriptions franchie de justesse, 53 places payées étaient promises aux joueurs les plus talentueux et/ou chanceux capables de survivre à une compétition acharnée étalée sur 3 jours. Le niveau général étant assez disparate, le tout était de tomber sur les bonnes tables et les bonnes cartes autant que possible.

pourquoi je ne double pas alors que j'ai mieux que toi ??
Après une première journée de vendredi sans histoire que je termine dans le coeur du peloton, la journée de samedi me permet de m'extirper de la masse à la faveur d'une table relativement facile. Terminer cette seconde journée en 7ème du classement provisoire me permet d'envisager la journée de dimanche avec sérénité en me disant que je vais pouvoir mettre la pression aux autres joueurs de ma table à l'approche des places payées. Malheureusement, en ce début de dimanche après midi, ma table n'est pas du tout favorable car il y a 4 joueurs qui disposent d'un stack de jetons presque aussi gros que le mien et il m'est impossible de jouer proprement l'effet bulle dans de telles conditions, d'autant que ladite bulle éclate rapidement sans même qu'il y ait besoin de réellement jouer le main par main. Et les joueurs rassurés d'être dans les gains prennent alors des risques élevés... les moins chanceux sortent du tournoi rapidement, comme d'accoutumée, et vont chercher leurs sous à la caisse. Pour ma part, ne voulant pas dilapider mon capital sur un coup de dés, ma montée en jetons est plus laborieuse. Et lorsque les quelques occasions de doubler mon tapis se présentent enfin, le Dieu du poker ne se résoud pas à faire pencher la balance de mon côté. 

vas-y mon gars, chipe moi mes jetons...
A l'approche de la table finale, je me heurte au fatidique plafond de verre des 10 blindes qui ne me permet plus dès lors que de prendre des décisions binaires : tapis ou passe. Toute autre forme de move m'est désormais mathématiquement exclue. C'est la structure du tournoi qui veut ça : faire tomber 400 têtes en 3 jours, ça implique forcément certains procès-éclair qui condamnent des innocents déblindés, et cela indépendamment du fait que leurs papiers soient en règle ou pas. Ma condamnation est donc sans appel.

Un tout petit peu plus de profondeur de jetons m'aurait probablement permis de défendre crânement ma chance dans la dernière ligne droite et c'est dommage de ne pas avoir pu rallier la ligne d'arrivée faute de quelques gouttes de carburant dans le dernier tour de piste. La pré-table finale de 10 a alors déjà commencé et les joueurs concentrés sur leurs cartes ne me jettent même pas un regard lorsque je quitte la salle quelques minutes plus tard, et les quelques billets violets vite glissés dans mon chapeau magique ne suffisent pas à effacer mon amertume d'être passé tout près d'une performance.  D'autant que de ce que j'ai pu en voir, le niveau des derniers survivants ne me semblait pas exceptionnel, loin de là. Plutôt que de sortir dans de telles conditions, une sortie de piste sur une erreur de pilotage ou à la suite d'un accrochage m'eut paru moins cruelle. A propos de piste, une fois éliminé du tournoi, je suis d'ailleurs rentré chez moi en m'essayant pour la première fois au covoiturage : une chouette expérience pour un prix très modéré au final.

Le passage du poker online au poker en live est quelque peu déconcertant, bien qu'ébouriffant. Un peu comme un joueur de jeux vidéo très à l'aise avec sa console de salon qui passe dans un vrai baquet, sur une vraie piste. Il a beau connaître les trajectoires du circuit par coeur, il n'est pas certain que l'adaptation se fasse rapidement.

11ème, c'est une très honorable performance. 3 415 Euros dans l'escarcelle, ce n'est pas rien. Mais comme le dirait si bien Davidi Kitai, le génie belge, il faut toujours viser la win et rien que la win. Son bracelet WSOP conquis brillamment ce week-end à Las Vegas est là pour nous le rappeler : seule la victoire est belle.

Je prévoyais déjà un mois de juin très maussade en termes de résultats poker, et voici qu'il en est tout autrement suite à cette petite performance obtenue à Toulouse. Même s'il est vrai que je suis déçu d'avoir aperçu le drapeau à damiers de ce Barrière Poker Tour de Toulouse et d'avoir laissé la possibilité de disputer la victoire me fuir suite à une simple panne d'essence, je suis néanmoins heureux de me rendre compte que mon moteur tourne plutôt rondement et que je parviens à manier le volant avec dextérité, en dépit d'un style de conduite assez peu conventionnel. Il y aura sans nul doute pour moi d'autres occasions de briller, quand bien même je ne sois pas certain d'être fait pour le live. Après tout, les tickets que je gagne pour de tels événements, je ne vais tout de même pas les saborder...

Quoi qu'il en soit, le fait de m'être rendu à Toulouse sans aucune pression particulière m'a manifestement bien réussi. Lors de mes deux précédentes expériences en live en mars à Paris et Bordeaux, j'étais resté assez réservé et austère, refroidi par un climat assez ennuyeux, voire parfois malsain. Et cela m'avait finalement quelque peu démoralisé de devoir me réfugier derrière mes cartes et mon chapeau. J'ai aussi pu pour la première fois en poker de compétition jouer les trublions et brouiller mon image dans tous les sens afin de déstabiliser mes adversaires avec mes jeux de mots et mes attitudes très particulières et je dois dire que cela m'a plutôt bien réussi. Cela m'a également évité de m'ennuyer. Certaines personnes apprécient : ça les distrait. Et moi, ça m'amuse. Mais je me suis aussi fait confirmer que cela avait parfois pour effet collatéral de saouler certaines personnes. Peu importe : je pense à l'avenir conserver ce style unique qui fait de moi un OVNI du poker. Distraire les bons vivants et saouler les cons, c'est tout bénéfice pour moi. Dans les deux cas, je prends un avantage sur eux dès lors que derrière mon apparente bonhommie, moi, je sache garder toute ma concentration et ma lucidité. Ca n'a l'air de rien, mais c'est quelque chose d'énorme.

dimanche 1 juin 2014

Bilan mai 2014

Mai 2014 : un mois insipide à oublier très vite. Voici donc un mois de 31 jours qui s'achève sans que rien de notable dans mon parcours de joueur de poker ne me soit arrivé. Mon logiciel Xeester affiche une courbe plate inédite. Tout ceci se traduit implacablement au niveau comptable, puisque je boucle le mois sur une perte de 124 Euros. Cette inhabituelle érosion de mon capital s'explique de façon simple : au cours du mois écoulé, j'ai non seulement joué beaucoup moins de micro-tournois que par le passé, mais j'ai surtout loupé la conversion effective de l'ensemble des tickets (250 Euros et 100 Euros) que j'ai tenté de transformer en packages. Que ce soit pour Las Vegas, pour Marrakech ou bien encore une prochaine étape Lilloise du Barrière Poker Tour, tout s'est conclu par des éliminations prématurées en milieu de tournoi.

Est-ce pour autant que je joue moins bien ? Difficile à dire. C'est toutefois possible, car avec la prise de confiance induite par mes succès obtenus ça et là en début d'année, mon style de jeu a quelque peu évolué ces dernières semaines, puisque je joue beaucoup plus de mains de départ qu'auparavant. En effet, je maîtrise sur le bout des doigts l'impact des positions de chacun et tiens à présent pleinement compte des dynamiques de la table, ce qui me permet de m'appuyer un peu moins sur la force intrinsèque des mains que je joue et d'être ainsi actif sur davantage de phases de jeu. Rien d'alarmant en soi, puisque tous les grands joueurs procèdent de la sorte. J'étais "serré agressif". Je deviens "caméléon agressif" : cela occasionne plus de sorties de route prématurée en cours de tournoi, mais cela me confère également plus de chances d'aller au bout dans certains cas de figure. Du moins, en théorie. Car il va de soi que ce léger changement de style accroit de façon importante le phénomène de variance et que les résultats obtenus sont plus erratiques (mais potentiellement plus spectaculaires). L'heure des bilans viendra dans quelques mois, pas avant. Les cartes peuvent attendre (même si on est jamais à l'abri d'une bonne surprise d'ici la trêve estivale). Car l'été et la Coupe du Monde de football arrivent à grands pas.


vendredi 30 mai 2014

Winamax Sismix 2014 : illustration du creusement des inégalités en tournois live

Davidi Kitai vient de remporter la première édition du tournoi Winamax Sismix de Marrakech ce dimanche 25 mai 2014. Pour rappel, ce charismatique leader de l'équipe Winamax avait eu la chance de m'éliminer lors du tournoi live Qualificatif de la Grande Halle de La Villette en octobre dernier dans des conditions rocambolesques, à l'approche des places payées et de la bulle.
Le vainqueur (Source : Club Poker)
En dépit du fait que le Sismix de Marrakech constitue un tournoi d'importance secondaire, cette victoire permet au joueur belge Davidi Kitai d'intégrer le Top 10 mondial au classement GPI (Global Poker Index) actuel. On pourrait se dire de prime abord qu'il est somme toute logique qu'une star mondiale du poker remporte un tournoi de modeste envergure réunissant 473 joueurs (670 inscriptions en comptant les ré-entrées) et n'accordant au vainqueur final que 56 000 Euros. Le tournoi était de niveau intermédiaire, et le meilleur a gagné.

Toutefois, là où le bât blesse, c'est que pour y parvenir, le joueur belge a effectué pas moins de 4 ré-entrées dans le tournoi. Autrement dit, là où le joueur de poker lambda n'a disposé que d'une seule cartouche, Davidi Kitai ainsi que tous les autres joueurs professionnels de l'équipe Winamax ont eu droit, comme souvent, à multiplier les tentatives lors de ce tournoi de telle sorte que leur chance d'aller au bout de l'épreuve s'en retrouve accrue de façon exponentielle : en effet, ces joueurs peuvent se permettre des prises de risques inconsidérées dès le départ, de telle sorte que cela fausse les stratégies de jeu et l'égalité des chances. Le but n'est pas tant en effet de rester en vie que de se constituer un tas conséquent de jetons. Car une fois que le tournoi avance et que le nombre de joueurs encore en lice se réduit, le fait de disposer de davantage de jetons que ses adversaires permet de leur mettre une pression supplémentaire et constitue un avantage non négligeable. Indépendamment de l'aspect purement financier, avec cette victoire de l'un de leur poulain, le gain en image pour la plateforme Winamax est substantiel. Mais est-ce également profitable pour le poker en général ? Pas sûr...
Davidi Kitai et l'équipe Winamax ont le sourire - (Source : Club Poker)
Les tournois permettant des ré-entrées en cas d'élimination se multiplient sur le circuit depuis quelques années. De nombreux gros événements se sont laissés séduire par ce format permettant au joueur de revenir dans le tournoi une ou plusieurs fois pendant un certain laps de temps après avoir subi une élimination précoce en cours de tournoi. Mais lorsque les ré-entrées sont illimitées, on assiste parfois à des phénomènes aberrants tel que celui-ci, ou tel un Daniel Negreanu (joueur canadien numéro 1 mondial en 2013) qui fait tapis en tout début de tournoi sans voir ses cartes des dizaines et des dizaines de fois de suite dans le but assumé de se constituer une montagne de jetons afin d'accroître ses chances de gagner le tournoi grâce à un départ en trombe, quitte à devoir s'acquitter de quelques dizaines de ré-entrées.

Lorsque je m'étais rendu au Barrière Poker Tour de Bordeaux en mars dernier, en participant au day 1B, j'avais eu la désagréable surprise de constater qu'il y avait à ma table quelques requins éliminés au day 1A qui retentaient leur chance lors du day 1B. Seuls les joueurs aguerris pratiquent les ré-entrées. En conséquence, on est en droit d'en déduire que le niveau général est plus élevé en day 1B qu'en day 1A. Voilà l'une des multiples raisons pour lesquelles je ne suis pas tombé sur le charme du poker live de compétition : j'avais la désagréable impression d'avoir des inégalités quasi-flagrantes sous les yeux. Pourtant, à la base, le poker Texas Hold'em se joue avec deux cartes pour tout le monde...

Je n'ai rien aucune rancoeur envers Davidi Kitai. Au contraire, je le trouve sympathique. Pourtant, je considère sa victoire dans le Sismix 2014 comme peu morale car obtenue dans des conditions très inégalitaires : cinq cartouches tirées au lieu d'une seule, cela augmente considérablement les chances de toucher la cible en plein coeur. En conclusion, je pense que ce système de ré-entrées nuit non seulement aux participants modestes en accroissant drastiquement les inégalités au profit des joueurs faisant partie du gratin, mais il nuit également au poker au général, puisqu'à terme cela contribue à décourager ces mêmes joueurs modestes de persévérer dans l'effort sur le long terme. Le poker est une activité économique pyramidale : ceux qui brillent au sommet vivent grâce à tous les anonymes qui végètent dans les échelons inférieurs. Ils végètent, mais ils espèrent malgré tout... et consolident ainsi la structure en acceptant de supporter le poids de ceux placés au dessus d'eux. Or, les tournois permettant les ré-entrées démoralisent petit à petit les joueurs lambda capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez. Effriter le moral de ceux qui sont en bas de la pyramide en réduisant drastiquement leur chance de parvenir au sommet un jour, c'est prendre le risque de les voir déguerpir un jour de la structure et de faire s'écrouler la pyramide, faute de bases solides et stables. Le poker n'en sortira certainement pas grandi à terme.


jeudi 22 mai 2014

mer d'huile

Mon esquif vogue sur une mer d'huile, en ce moment. A vrai dire, il flotte bien davantage qu'il ne vogue. Rien de croustillant à me mettre sous la dent depuis le début du mois de mai. Aucune performance digne de ce nom. Aucune désillusion non plus. C'est le calme plat. A croire que depuis ma mémorable victoire du voyage pour le Brésil sur le site poker du PMU, mon quota de vents favorables est épuisé. Traverser ainsi l'Atlantique en coup de vent, ça vous fatigue un homme, mine de rien.

Dans ces conditions, nul besoin de s'acharner en ramant comme un bagnard pour une poignée d'euros. Bien que n'étant pas fataliste, j'ai décidé de provisoirement réduire la voilure en termes de tournois joués, depuis un mois environ, en ayant moins de tables ouvertes en simultané le soir, le temps de retrouver des vents plus favorables. Le temps de retrouver mes sensations et ma faim de victoires à leur zénith, également.

une mer d'huile... vaut mieux qu'une mer d'houille
Moins d'écume, c'est aussi moins de plume(s). Mais tôt ou tard, le vent se remettra à souffler. Vers des récifs Tranchant(s) comme des casinos ou vers le large et des horizons inexplorés de la pêche à la (en) ligne. Vers des falaises et des fadaises. Ou vers des plages de sable fin. En attendant ce changement de cap prochain, je perçois toujours le chant lointain des sirènes, fredonnant avec lascivité leur mélopée.

Et vogue la galère. 

Journal de bord du capitaine Fredyl, 22 mai de l'an de grâce 2014.

mercredi 14 mai 2014

Des astres peu propices...

Ce mardi 13 mai 2014 à 21h00 avait lieu sur Euro Poker la maxi-finale pour avoir le droit de se rendre à Las Vegas y disputer une épreuve (secondaire) des WSOP, les fameux World Series of Poker. Au total, 5 places à pourvoir. Comme à mon habitude, j'avais déjà en poche le précieux sésame pour y participer - un ticket à 250 Euros - et il ne me restait plus qu'à le convertir en terminant l'épreuve dans le top 5 de cette finale. Facile à dire. Mais difficile à faire.

C'est la seconde fois que j'avais une réelle opportunité de me qualifier pour une mythique épreuve des WSOP. La première fois, au Parc des Princes, le 25 mars dernier, il s'en était fallu d'un cheveu que je ne remporte le package proposé par le PMU lors du PSG Poker Live. Voir les portes du succès se refermer sur son nez à la dernière minute est toujours frustrant, mais j'ai la chance d'avoir une qualité rare par rapport au joueur lambda : je parviens à évacuer les frustrations (petites comme grandes) au fil de l'eau, en ne ressassant jamais un échec quel qu'il soit, dussé-je le subir à un moment critique ou à la suite d'une injustice flagrante.

Aussi, c'est en toute sérénité que j'abordais l'événement ce soir, en dépit du fait que Las Vegas symbolise une sorte de fil conducteur de ma motivation. 77 partants sur la ligne de départ, pour 5 lauréats. Le format de 6 joueurs maximum par table (au lieu de 9 ou 10 comme c'est souvent la norme) convient particulièrement bien à mon style de jeu. Mon quota de sommeil était atteint, puisque j'avais pris la peine de dormir suffisamment la veille et l'avant-veille afin d'afficher une forme optimale, ayant par ailleurs ponctué le tout par un jogging bienfaisant dans la matinée. J'avais tout ce qu'il faut à portée de main en termes de boisson et de petits gâteaux, afin de m'apporter la caféine et les sucres nécessaires au maintien de mon cerveau en ébullition pendant toute la durée de l'épreuve... jusqu'au bout de la nuit si nécessaire. Une douce musique jazz en fond sonore rythmait l'ambiance. Rompant par ailleurs avec mes habitudes, j'avais décidé de ne jouer sur aucune autre table de poker en parallèle, afin de maintenir un niveau de concentration optimal tout du long. Enfin, pour passer le temps, une petite toupie en plastique était posée sur le bureau, prête à l'emploi. J'avais même revêtu le T-shirt avec lequel j'avais remporté le tournoi PMU pour le Brésil il y a une quinzaine de jours. En un mot : tous les clignotants étaient au vert au moment du démarrage de l'épreuve sur les coups de 21h00. Tant sur le plan moral que physique.

J'ai joué sublimement, figurant dans le peloton de tête pendant les deux premières heures de l'épreuve. Je me sentais fort, ayant pris un ascendant psychologique sur ceux qui étaient à ma table et dont le style étant pourtant ultra-agressif. Oui mais voilà, sans un peu de chance, impossible d'aller jusqu'au bout de l'épreuve : une rencontre standard de perdue avec paire de dames vs as-roi et me voici relégué dans les dernières positions. Et quinze petites minutes après, une nouvelle rencontre standard de même acabit perdue, avec une paire de 4 qui ne tient pas face à un joueur optimiste qui décide de payer mon tapis avec pourtant deux cartes marginales (valet-dix). Pouf. Me voilà éjecté à la 40ème place du tournoi. Pourtant, dans les deux cas de figure, j'avais 50% de chances de remporter le coup. Si l'on excepte un bluff abandonné en cours de route, je n'ai joué que deux coups-clefs ayant été jusqu'à l'abattage final. Je les ai tous deux perdus. Il faut croire que le Dieu du poker avait décidé de m'ignorer ce soir. Ci-après ma courbe de progression en jetons au fur et à mesure de la soirée, telle que retracée par Xeester.

Ce tournoi a attiré quelques uns des joueurs parmi les plus expérimentés du poker en ligne, et il est évident que sans un peu de chance, il m'était quasi-impossible d'aller jusqu'au bout de la compétition. Pourtant, j'ai sorti mon meilleur poker, ce mardi. Et je me suis découvert un nouvel instrument favorable à ma concentration : la toupie. Cela n'aura pas suffi. Aucun regret à avoir. Pour un peu, j'en tirerais même une certaine satisfaction d'avoir joué un poker aussi affûté. Des astres peu propices ont eu raison de mes ambitions du soir. Le Nevada, ce sera donc peut-être pour l'année prochaine. Conformément au tableau de marche qui indique 2015.

vendredi 9 mai 2014

Saison 2013-2014 : bilan du mariage Poker & Football

Le profil du joueur de poker lambda est manifestement calqué sur celui de l'amateur de sport, au vu des promotions proposées par les diverses plateformes de poker, qui font souvent la part belle aux événements sportifs, en sus du sponsoring classique visant à mettre le logo de la plateforme sur le maillot des équipes et dans les tribunes des stades. Tout ceci coûte cher aux opérateurs, mais recruter et fidéliser des joueurs représente un enjeu majeur et les opérateurs considèrent (à tort ou à raison) que les amateurs de football constituent un important vivier de joueurs de poker. Pour ma part, en bon casanova du poker que je suis, j'avais décidé en début de saison de participer indistinctement à ces diverses promotions, et de butiner à tout va. D'abord fidèle à la couleur de l'argent, puis ensuite à la couleur du maillot.

butiner c'est gagner
Voici donc une saison de football 2013-2014 qui s'achève sans surprise avec la victoire finale du Paris-Saint-Germain, et je peux dès à présent faire le bilan de mes dotations poker de la saison relatives au football. Bien que n'ayant pas remporté la PSG Poker Ligue organisée par le PMU, ni même l'OM Poker League organisée par Bwin, je termine dans le haut du classement de ces deux compétitions, et ma récolte personnelle en termes de dotations aura été au final bien supérieure à mes espérances initiales (je n'ai d'ailleurs pas pu profiter de l'ensemble des lots remportés en raison de contraintes logistiques parfois trop pesantes). Plus que du simple miel : il s'agit-là d'une authentique gelée royale. Véritable trésor de vie de la ruche, la gelée royale est la nourriture exclusive de la reine des abeilles, qui lui garantit sa longévité exceptionnelle par rapport aux abeilles ouvrières.

La ruche a produit beaucoup de nectar et voici donc la liste exhaustive des gains ayant trait au football dont j'ai pu profiter pleinement au cours de la saison écoulée :
   - Un abonnement d'un an au mensuel So Foot
   - Deux places VIP pour OM vs Monaco au Stade Vélodrome (soirée cocktail et petits fours en prime)
   - Un ballon de football Bwin, avec déjeuner et cocktail dinatoire au Stade Vélodrome
   - Un maillot de l'équipe de Marseille
   - Un maillot de l'équipe de St-Etienne
   - Un poster géant de l'équipe de St-Etienne
   - Un maillot de l'équipe du PSG floqué du numéro 2 de Thiago Silva et dédicacé par le joueur (avec cocktail dinatoire au Parc des Princes)
   - Deux places pour PSG vs Rennes au Parc des Princes
   - Un voyage pour deux personnes au Brésil, tous frais payés, afin d'aller assister au match de Coupe du Monde France-Equateur à Rio de Janeiro, au stade du Maracana

Quant aux gains dont je n'ai pu profiter (une journée d'immersion et d'entraînement à la Commanderie avec les joueurs de l'OM, deux places VIP pour OM vs Lyon au Stade Vélodrome, deux places pour Toulouse vs OM au Stadium de Toulouse, deux places VIP pour OM vs Guingamp au Stade Vélodrome, trois places VIP avec loge privative pour St-Etienne vs PSG à Geoffroy Guichard), ils ont vite été oubliés sans que j'aie à sécher la moindre larme de regret !

Je tiens à adresser mes remerciements les plus chaleureux à mes généreux contributeurs qui ont alimenté gratuitement ma passion pour le football tout au long de la saison, et sans lesquels il ne m'aurait pas été possible d'ouvrir un stand "sportswear" et un stand "billeterie & agence de voyages", diversifiant ainsi de la plus belle des manières mon rayon "quincaillerie-poker". Merci donc au PMU, à Winamax, à Bwin et à Pokerstars pour tous ces lots. Et rendez-vous à la rentrée pour la reprise du championnat. Car la reine des abeilles a une espérance de vie de plusieurs années... et elle n'est pas rassasiée. Il lui faut davantage de gelée royale !!

jeudi 1 mai 2014

Bilan Avril 2014

Voici un mois d'avril qui s'achève en fanfare. Et pourtant, ce n'était pas gagné, au vu des quinze premiers jours du mois, tout bonnement calamiteux ! Oui mais voilà, j'ai connu un retour en grâce en tous points prodigieux, puisque coup sur coup, j'ai décroché une qualification sur Euro Poker pour une prochaine étape du Barrière Poker Tour (celle de Toulouse du 8 au 10 juin), ainsi que ce fabuleux voyage pour deux personnes mis en jeu par le PMU pour aller au Brésil assister à la Coupe du Monde de football. Indépendamment de ce voyage, mon gain mensuel pour le mois d'avril 2014 s'élève à 489 Euros.

Ce qui porte donc le montant cumulé des mes bénéfices à 6 860 Euros. Il va prochainement falloir que je me penche sur un problème de fond : que faire de cet argent que je laisse pour le moment végéter sur mes différents comptes de jeu ? Pour le moment, ces sommes ne sont pas productives d'intérêts... Il va me falloir remédier à ce petit problème et placer sur un compte rémunéré une part substantielle de ces sous. Ce sera une de mes missions pour le second semestre.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Preuve en est, mon voyage au Brésil, gagné en investissant au départ la modique somme de zéro euro. Au rayon quincaillerie, outre mon voyage au Brésil, j'ai également réussi à glaner le prolongement gratuit de ma licence Xeester pour un an supplémentaire, un mug à l'effigie de Winamax, et à obtenir deux places pour le match de football entre PSG et Rennes (qui se déroulera mercredi 7 mai). Il n'y a pas à dire, mais le poker gagnant sans délier le cordon de la bourse, c'est tout de même assez jouissif !

Par ailleurs, en ayant amassé un maximum de points au cours du mois écoulé, je possède désormais une avance substantielle sur la concurrence au classement général 2014 Club Poker. J'en tire une relative fierté, car cela tend à accréditer l'hypothèse que je suis un passionné plutôt doué. Jusqu'à quel point ? Seul le Dieu du Poker le sait... mais j'aime à croire qu'il me réserve encore de belles surprises et que le meilleur reste à venir.


mardi 29 avril 2014

Les échos de ma victoire de prestige

Remporter un lot d'importance, lors d'un tournoi de poker, outre la satisfaction que cela procure, apporte toujours quelques bribes de notoriété. Le tournoi spécial baptisé "SI TU VAS A RIO" réunissait deux types de joueurs : quelques uns des meilleurs joueurs de la plateforme PMU Poker, et des joueurs plus récréatifs passionnés de foot et alléchés par cette promotion. Au milieu de tout ça, il y avait moi, avec mon ticket d'entrée à 100 euros glané lors de mon tournoi live au Parc des Princes le mois dernier...

Le PMU s'est aussitôt empressé de communiquer un peu autour de ma performance de dimanche. Un package d'une telle valeur, ce n'est pas rien. Surtout que l'histoire est belle : tout est parti d'un tournoi gratuit, remporté en décembre, qualificatif pour le tournoi PSG Poker Live en mars.
http://poker.blog.pmu.fr/tournois_ligne/69-tous-les-resultats-online-du-weekend-pmu-poker/


Mais il n'est pas le seul, puisque le site internet Club Poker, véritable bible en ligne de la communauté française des joueurs et amateurs de poker, a même publié un petit entrefilet dans ses colonnes. Et le rédacteur de cette petite brève prend même le soin de préciser que je suis actuellement premier du classement général annuel des tournois communautaires du Club poker. La grande classe ! Le Brésil, c'est toujours pas le Pérou, mais ça s'en rapproche sérieusement.





lundi 28 avril 2014

Golo do Fredyl : vamos ao Brazil !

Il est 4h10 du matin à l'instant où je rédige ces lignes. Dimanche 27 avril s'achève. A vrai dire, il a déjà cédé la place à lundi matin, mais peu importe... Je viens à l'instant d'accomplir ma plus belle performance de joueur, en remportant le package spécial mis en place par PMU Poker à l'occasion de la Coupe du Monde de football. Seule la première place donnait lieu à une récompense : tous les 50 autres participants à ce tournoi sont repartis les mains vides. Car désormais, c'est moi que l'Equipe de France du football attend pour le match France vs Equateur qui sera disputé au mythique stade du Maracana, à Rio de Janeiro, le 25 juin prochain.

But de Fredyl !
Le poker, c'est magique, parfois ! Car c'est avec le ticket de 100 Euros remporté au Parc des Princes lors du tournoi PSG Poker Live le 26 mars dernier que j'ai décroché cette superbe victoire aujourd'hui. Voilà une performance qui restera gravée à n'en pas doute dans les annales de ma carrière de joueur ! Heureux qui comme Fredyl va faire un beau voyage...

mercredi 23 avril 2014

Le Parc des Princes en mode spectateur (PSG-RENNES)

Ayant annoncé en début de saison ma participation à un certain nombre de tournois de poker ayant le football pour thématique, il eut été inconvenant que la saison se termine sans que je ne gagne au moins deux places pour aller assister à un match de football du PSG au Parc des Princes.

C'est chose faite, puisqu'en terminant second d'un tournoi, me voici à la tête de deux billets pour aller voir le match PSG vs Rennes, le mercredi 7 mai. Les deux places sont situées en tribune Paris : pas de petits fours, puisque ce ne sont pas des places VIP. Juste le plaisir d'aller voir un match de football de l'élite. En simple spectateur. Gageons qu'il y aura quelques réjouissances et festivités supplémentaires, le club devant fêter (selon toute vraisemblance) son titre de champion à cette occasion. Le poker, c'est vraiment chouette : outre l'adrénaline que le jeu procure, ça m'apporte tout un tas de petites choses imprévues dans ma vie. Y compris des billets pour de passionnants matches de football. Pourvu que ça dure encore et encore...

Paris Saint-Germain vs Rennes - match du 7 mai 2014

vendredi 18 avril 2014

Barrière Poker Tour : En route pour la revanche...

Il y a un printemps après chaque hiver. Après un mois de mars exécrable et un début avril en berne, voici enfin un rayon de soleil : il était vraiment temps. Car ce n'est pas en végétant comme en mars que je parviendrai à mener à bien ma conquête du poker !

Ce jeudi 17 avril à 21h00 avaient lieu les qualifications pour le Barrière Poker Tour de Deauville sur Euro Poker. Deux tournois distincts, offrant chacun 5 places pour l'étape de Deauville, à ceci près que le premier tournoi proposait un package de 1 000 Euros (inscription au tournoi live + 430 euros d'argent de poche pour les frais en prime), tandis que le second ne proposait que le droit d'entrée du tournoi live, d'un montant de 570 Euros.
En investissant un ticket à 50 Euros et en parvenant à me hisser à la troisième place du classement du second tournoi, j'ai donc décroché un ticket pour la prochaine étape live du Barrière Poker Tour, qui se tiendra à Deauville du 9 au 11 mai. Et cela confirme si besoin était à quel point Euro Poker constitue mon jardin, s'agissant de la plateforme sur laquelle j'obtiens des résultats avec la plus grande régularité. Je suis loin de sauter au plafond pour autant, car Deauville constitue une étape relativement chère au niveau des frais d'hébergement, surtout pendant les ponts de mai, époque à laquelle les parisiens fortunés se ruent sur Deauville pour se changer les idées, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente.

Sachant que les tickets BPT proposés par Euro Poker sont échangeables, je me demande s'il ne serait pas plus opportun de faire volontairement l'impasse sur Deauville en mai pour aller à Toulouse en juin, puisque l'étape suivant du Barrière Poker Tour aura lieu dans la ville rose. Après tout, je ne suis pas obsédé par le live, bien au contraire. Dilemme de riche, n'est-ce pas ? Oui, certes, mais pas seulement... car Toulouse est une ville qui me nargue depuis un an déjà. Il suffit de dépoussiérer mes deux articles publiés sur ce blog le 15 juin 2013 et le 12 septembre 2013 pour se le rappeler. Et sachant que je suis quelqu'un qui apprécie tout particulièrement les clins d'oeil du destin, je me dis que tout ceci n'est peut-être pas anodin et que mon choix devrait pencher vers Toulouse plutôt que vers Deauville. Voilà donc une affaire qui mérite bien quelques jours de réflexion, afin d'être correctement soupesée...



                     TOULOUSE                                    DEAUVILLE   

mardi 15 avril 2014

Passion et rigueur

Les péripéties vécues par un joueur de poker, ce sont avant tout des histoires de flux et reflux. En ce moment, je vis un épisode de marée basse. Rien de bien palpitant à signaler. Juste le quotidien ordinaire d'un joueur passionné qui répète ses gammes. Et cela ne va pas sans heurts et fausses notes, parfois. Preuve en est, ma courbe Xeester est déclinante depuis début mars, date de mon expérience amère vécue lors des tournois live de compétition. Et j'en viens à me demander si le feu sacré qui m'animait jusqu'alors ne s'est pas brusquement éteint, à la faveur du blast mental subi en raison de l'ambiance incommodante rencontrée tant au Cercle Clichy Montmartre de Paris qu'au Casino Barrière de Bordeaux.

Ma modeste expérience en tant que joueur de poker tend à prouver qu'après chaque épisode intense sur le plan psychique, j'ai besoin d'un peu de temps pour retrouver mon point d'équilibre et me rapprocher de mon "A game", mélange harmonieux de qualités délicates à concilier : audace et prudence, mathématiques et empathie, passion et rigueur. Je vais donc diminuer quelque peu mon volume de jeu dans les semaines à venir et augmenter en parallèle mon activité physique : rien de tel qu'un footing régulier pour évacuer de façon la plus naturelle possible les frustrations et blocages infimes qui, je le sais, nuisent à la performance.
1 KE de perdu, ça use les sous liés

L'essentiel est toujours là, intact : la passion et la rigueur. L'envie d'aller de l'avant avec enthousiasme et méticulosité. Et c'est bien l'essentiel. Car c'est ce qui me permettra non pas de renverser des montagnes, mais bien de les gravir d'un pas sûr et obstiné. Il y aura des lendemains meilleurs très prochainement : je n'ai pas fait tout ce chemin pour caler dès le premier éboulement venu. Le tout, c'est de se sentir bien dans ses baskets, agile dans son corps et dans son esprit...

dimanche 6 avril 2014

La maison du bluff - édition 2014

L'année dernière, je m'étais littéralement passionné pour l'émission de télé-réalité qu'est " La Maison du Bluff ". Le principe est simple : on mélange à part égales des cancres recalés ou recyclés de la télé-réalité (choisis sur casting), quelques jolies filles aspirant à une carrière de mannequin, et des candidats qualifiés par internet (ceux qui survivent à des boucheries sur Pokerstars avec des milliers et des milliers de participants). On les enferme dans une villa au soleil (Espagne en 2012, Portugal en 2013, Maroc en 2014) et en leur fait manger du poker à toutes les sauces, matin, midi et soir.

Cette année encore, j'ai beaucoup regardé La Maison du Bluff. Non pas sur NRJ12, le diffuseur qui assure la retransmission de ce programme, mais sur le streaming live qui est disponible gratuitement sur Internet du midi jusque tard le soir. Autant je m'étais passionné par le cru 2013, autant le cru 2014 de La Maison du Bluff m'a paru un poil fade en comparaison. Difficile de dire si c'était en raison du plaisir de la découverte ou du charisme des candidats. Pour autant, je suis loin de faire la fine bouche. Car ce fût sympathique à regarder malgré tout dans l'ensemble. J'ai d'ailleurs fait la part belle à la partie du programme se rapportant au poker à proprement parler en délaissant complètement le côté télé-réalité. Les chamailleries entre candidats caractériels et les amourettes devant les caméras, ce n'est pas mon truc.

Benny & Yu
Bien plus qu'une simple télé-réalité, ce programme constitue essentiellement un vecteur de communication pour la plateforme PokerStars qui parraine ce programme, dans l'espoir de capter un vivier de nouveaux joueurs, sachant que le poker ne doit pas fonctionner en vase clos, et que des petits nouveaux doivent continuellement débarquer sur le marché pour qu'il ne s'atrophie pas au fur et à mesure. Rien de tel qu'une bonne émission de télévision pour y parvenir. Pour le diffuseur NRJ12, il s'agit d'un mix de programmes de flux et de stock à très bas coûts, rediffusables pendant des semaines et des semaines par la suite. Car en dépit de candidats peut-être un tantinet moins intéressants que l'an passé, cette émission conserve de par son concept beaucoup de fraicheur, de spontanéité, avec des commentateurs de talent qui bonifient l'émission par leur humour décapant et leur réelle capacité à improviser pendant des heures en direct (Benjamin Bruneteaux et Julien Brécard, plus communément appelés "Benny et Yu").

Toutefois, indépendamment des aspects liés à la nature et de la qualité de ce programme, il est intéressant de constater qu'il existe un décalage (assumé) d'environ une semaine, voire une dizaine de jours, entre le live disponible en temps réel sur internet via le streaming et la quotidienne (diffusée en fin d'après-midi) ainsi que les tables éliminatoires (diffusées le soir tard) sur les antennes de NRJ12. Pour quelqu'un qui picore quelques moments de live sur le streaming de temps à autre et qui veut compléter le tout par un plat de résistance plus consistant en suivant le fil de l'aventure via les émissions sur NRJ12, c'est tout bonnement impossible à digérer car non regardable en l'état pour des raisons de logique et de conducteur, sauf à être quelque peu schizophrène ou bien alors grand amateur de flashbacks comme dans certains films de cinéma. Mais à l'ère du tout numérique, avec la capacité à faire des montages à vitesse grand V, l'existence de ce décalage de plusieurs jours m'apparait tout à fait inapproprié en sus d'être préjudiciable au programme en lui-même. Tout comme il ne viendrait pas à l'esprit d'un gourmet de s'acheter un bifteck frais chez le boucher le lundi pour le laisser dans son réfrigérateur jusqu'au samedi avant de se décider à le manger (dans de telles conditions, autant acheter du surgelé plutôt que le produit frais devenu faisandé), il n'est pas acceptable selon moi de s'infliger en toute connaissance de cause un pareil décalage entre le live et la diffusion des quotidiennes et des tables éliminatoires.

Ce samedi 5 avril avait lieu la table finale avec les six derniers rescapés de l'aventure. Mais contrairement aux années précédentes, afin de ne pas cannibaliser l'audience de l'émission La Maison du Bluff, et surtout afin d'éviter les spoilers quant au nom du vainqueur, la direction de NRJ12 a imposé (manifestement dans la précipitation) à PokerStars de cesser la diffusion du programme live sur le streaming internet en plein milieu de la table finale, au moment où le quatrième candidat (Goulven) se fait éliminer, afin de ménager pendant quelques jours le suspense avec les trois derniers finalistes. Quelle décision stupide et quelle frustration pour les suiveurs passionnés de La Maison du Bluff ! Il ne leur est manifestement pas venu à l'esprit, à ces gens pétris de certitudes que LA solution, c'était de diffuser la table finale en direct et que pour ce faire, il convenait de gommer ce décalage de plusieurs jours entre le live et les diffusions sur NRJ12... D'ailleurs, quand je pense à toutes ces synergies potentielles de perdues entre le streaming live et la diffusion sur la chaîne de télévision, je suis effaré.

Comme au poker lorsque l'on dispose d'un tapis confortable, à force de ne pas prendre de risques pour ne pas se faire éjecter de la table, on finit par se faire grignoter peu à peu son tapis au fur et à mesure que les blindes augmentent et on a vite fait de se retrouver avec une marge de manoeuvre de plus en plus étroite avant d'avoir eu le temps de se réveiller. Un peu à l'image d'un dragon assoupi dans sa tanière sur son tas de pièces d'or. Les diffuseurs classiques de télévision, dont l'audience s'érode petit à petit face à la concurrence d'Internet, du Replay et de la Video à la Demande devraient se remettre en question bien plus sérieusement qu'ils ne le font. Car dans un paysage audiovisuel français dont la chronologie des médias est complètement bousculée depuis quelques années, il y a ceux qui ronronnent comme si rien n'avait changé. Ils risquent de déchanter plus vite qu'ils ne le pensent. Et il y a ceux qui s'adaptent. Parfois maladroitement, mais au moins ils fournissent les efforts nécessaires afin ne pas être dépassés. En ce sens, je suis consterné de constater qu'un diffuseur tel que NRJ12, pourtant tardivement arrivé sur le marché de la télévision hertzienne avec l'arrivée du numérique (et qui devrait avoir une mentalité de challenger, en misant sur l'audace et la prise de risques), se comporte déjà comme un dragon fatigué (ou un dinosaure de la télévision) en ne cherchant même pas à mettre en tête de gondole ses produits frais. Certes, avec La Maison du Bluff, on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'un produit de type "primeur", mais il n'en demeure pas moins que traiter un produit frais comme une vulgaire boîte de conserves constitue presque une faute professionnelle... dans tous les cas, il s'agit au moins d'une faute de goût !

BeInSport est implanté dans le paysage audiovisuel français depuis moins de deux ans, en segmentant son offre de programmes sportifs de façon cohérente et professionnelle, et en mordant directement aux mollets d'un Canal+ engoncé et assoupi dans son confortable fauteuil en cuir de leader sur le marché des droits sportifs, ne sursautant qu'épisodiquement lorsque la douleur de la morsure commence à se faire sentir, se persuadant malgré tout qu'il ne s'agit que d'un mauvais rêve.

Netflix est une entreprise américaine proposant des films et séries en flux continu sur internet, déjà implantée dans certains pays d'Europe et débarquant en France dans les tous prochains mois. Et pourtant, à ses débuts fin des années 1990 les services proposés n'avaient rien à voir avec ceux actuels, qui consistent à mettre à disposition pléthore de films et séries en flux continu moyennant un abonnement mensuel. Mais Netflix s'est manifestement adapté tellement vite aux attentes des consommateurs et téléspectateurs, qu'il a conquis des dizaines et des dizaines de millions d'abonnés avec leur offre, au point de devenir aujourd'hui un nouveau géant mondial des médias.

Kevin Spacey - série House of Cards
Prenons le cas d'une série à succès tel que House of Cards (avec le brillant Kevin Spacey, la série est financée par Netflix). Eh bien sur Netflix, une saison (13 épisodes) est désormais disponible dans son intégralité le jour de son lancement sur la plate-forme. L'abonné peut se gaver à la vitesse de son choix. Sur Canal+, cette même série House of Cards, comme toutes les autres séries proposées sur la chaîne, ne peut être regardée que par tranche de deux épisodes, à une semaine d'intervalle. Le manque d'audace, de compétence et de bon sens est encore plus criant sur la plateforme de Replay, Canal+ à la demande car en sus d'avoir parfois à attendre une semaine pour avoir à disposition la tranche suivante d'épisodes, l'abonné ayant fini de visionner un épisode de la série se voit proposer plusieurs programmes une fois cet épisode terminé, mais PAS le programme correspondant à l'épisode suivant de la série, alors qu'il est pourtant disponible sur la plateforme. Il doit revenir dans le menu principal pour visionner l'épisode suivant, en dépit du bon sens. Et ce détail frustrant est actuellement valable pour TOUTES les séries disponibles sur le Replay de Canal+ à la demande. En ce sens, il est presque rassurant de constater que l'incompétence est uniformément présente dans toutes les chaînes composant le paysage audiovisuel français, y compris chez les plus prestigieuses et pas seulement au sein de NRJ12.

J'ai peur qu'il existe un décalage de plus en plus patent entre ceux qui sont aux manettes des chaînes de télévision et les nouveaux modes de consommation des téléspectateurs, de moins en moins passifs d'année en année. Dans de telles conditions, il n'est guère étonnant que de nouveaux entrants étrangers tels que BeInSport ou Netflix soient en mesure de se faire une place au soleil assez rapidement.

En décidant d'imposer un black out brutal de la diffusion sur le streaming live de La Maison du Bluff, le diffuseur NRJ12 vient de démontrer une nouvelle fois si besoin était à quel point nos chaînes de télévision françaises sont sur le déclin, victimes d'un management frileux, en panne de créativité et de réactivité, pas assez visionnaire pour anticiper et accompagner des changements substantiels dans les comportements des téléspectateurs du 21ème siècle. Et finalement, le plus drôle dans cette histoire, c'est qu'il y a des gens au sein du staff de NRJ12 qui en cet instant précis se félicitent d'avoir pris la bonne décision... Oui, je regarderai sur NRJ12 la seconde partie de la table éliminatoire, dans une dizaine de jours, afin de savoir qui de Julien le gendre idéal, de Christophe le lourdaud sympa ou de Vaness' et son poker de banlieue plutôt bien maîtrisé, triomphera et remportera le contrat des 100 000 Euros promis au vainqueur final. Oui, je vais me farcir à cette occasion quelques spots de publicité que j'aurais pu esquiver si le streaming live avait été disponible jusqu'au bout. Mais l'image que j'ai de cette chaîne sera encore un peu plus écornée. Aujourd'hui, c'est le comportement de NRJ12 qui m'a contrarié. Mais au final, je constate que c'est tout le paysage audiovisuel français dans son ensemble qui me contrarie et me déçoit. Je regarde de moins en moins la télévision.




mardi 1 avril 2014

Bilan Mars 2014

Mars ayant touché à sa fin, voici venue l'heure du bilan. Et force est de constater qu'il n'est pas bon du tout, mars 2014 étant mon premier mois de perte depuis avril 2013. Non pas que j'aie plus mal joué que les mois précédents, mais les deux événements majeurs en live que furent le Winamax Poker Tour au Cercle Clichy-Montmartre et la finale BPT Bordeaux Deepstack se sont soldés par deux malheureux échecs qui à eux seuls plombent inévitablement mon bilan.

Mon bilan cumulé sur le mois écoulé est donc négatif à hauteur de 677 Euros ! Certes le bilan mensuel en ligne est légèrement positif, à hauteur de 283 Euros, mais le bilan live est sans appel, avec une perte sèche de l'ordre de 960 Euros. Et ce n'est pas le maillot dédicacé par Thiago Silva, glané lors du tournoi PSG Poker Live au Parc des Princes qui pourra me permettre d'éponger mon chagrin (quand bien même il s'agisse d'un maillot XXL), sachant que j'ai lamentablement laisser échapper la gagne lors de cet événement et le package pour Las Vegas d'une valeur de 3.000 euros qui allait avec. La frontière entre succès retentissant et perte abyssale est parfois bien, bien mince.

Mon bénéfice cumulé recule donc dramatiquement, pour atteindre désormais 6.371 Euros. Comble de la disgrâce, je perds également la première place du classement général 2014 honorifique du Club Poker.

Alex du PSG et Fredyl le loser de mars
Au rayon quincaillerie, on ajoutera au maillot dédicacé de Thiago Silva deux paquets de cartes PMU, une clef USB en forme de jeton de poker PMU, et quelques photos souvenir avec des joueurs du Paris Saint Germain. Sans oublier 100 nouveaux Euros de tickets glanés grâce à un quizz radiophonique lors l'émission Multiplexe Poker de Winamax du dimanche soir (non pris en compte dans le bilan mensuel car obtenus autrement qu'en jouant au poker). C'est pas avec ça qu'on aura l'Amérique. C'est même plutôt l'amer hic, pour le coup !

Voilà donc un mois de mars 2014 à jamais marqué par le sceau du chiffre 2 :

2 comme le nombre de mes tournois live d'envergure disputés et perdus !
2 comme mon classement lors de la finale du tournoi PSG Poker Live
2 comme le numéro du maillot de Thiago Silva avec lequel je suis reparti lors de ce même tournoi
2 comme mon nouveau rang au classement général Club Poker 2014
2 comme le chiffre final de la preuve par neuf pour ma perte mensuelle : 677 = 6+7+7=20 = 2+0 = 2

Pourvu que ça soit vrai...
Pour autant, hors de question de se laisser abattre. Même si l'expérience du live compétitif m'a laissé un goût extrêmement amer dans la bouche : 677 Euros de perte nette en sus de l'aspect "humain" totalement rebutant (Rien à voir avec l'ambiance bon enfant des tournois de gala au Stade Vélodrome de Marseille ou au Parc des Princes). Mais bon, l'amertume ne dure qu'un temps, et il y a moyen de revenir assez vite aux délices sucrés, d'une manière ou d'une autre. Car comme le disait si justement la célèbre publicité, lorsqu'on a un coup de barre, "un mars et ça repart" !