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jeudi 24 septembre 2026

Mon rayon quincaillerie s'use

Cela fait bien longtemps que j'ai perdu le compte des différents objets tels que paquets de cartes, porte-clefs, mallettes, T-shirts, Sweats, mugs et autres babioles plus ou moins inutiles que j'ai pu obtenir grâce au poker, d'une manière ou d'une autre, depuis mes débuts il y a près de quatorze ans de cela. Et je ne compte pas les billets gagnés pour les matches de football, sachant que ce sont des gains immatériels. 

Quoi qu'il en soit, certaines des babioles qui constituent ce que j'appelle affectueusement mon "rayon quincaillerie" commencent à prendre de l'âge. Au fur et à mesure du temps qui passe, j'ai été amené à en jeter un bon paquet... Soit parce que les objets étaient inutiles, soit parce qu'ils étaient abîmés (comme ce fut le cas il y a sept ans de cela avec mes belles mallettes de poker qui ont subi un dégât des eaux dans ma cave bien trop vétuste et poussiéreuse).

Le temps est un adversaire implacable. Il finit toujours par imposer son rythme aux hommes, qui ne peuvent rien faire d'autre que de tenter de s'adapter à cette loi universelle qui s'applique également aux biens matériels. Tout s'use. 

A l'instant précis où je rédige ces lignes, en ce 24 septembre 2026, je porte mon plus vieux T-Shirt poker, une authentique relique Winamax qui m'a été offerte par Wam-Poker et que j'ai étrennée lors de mon premier Winamax Poker Tour de La Grande Halle de la Villette en 2013. Sa valeur sentimentale est donc réelle, tandis que sa valeur réelle est virtuellement nulle : non seulement les inscriptions "C'est à Wam que tu parles" sont devenues rêches au toucher (à tel point que je peux penser qu'elles sont sur le point de s'écailler), mais, plus grave encore, ce T-Shirt comporte un trou significatif au niveau de l'arrière du col ; sans parler du logo W rouge devenu quasi invisible à force de lavages. Pourtant, pas question de jeter ce T-shirt : j'y demeure attaché, et j'ai décidé de repousser au maximum le moment déchirant où je devrai m'en séparer.

Mes deux sweat-shirts Bwin noirs aux liserets jaunes que j'ai glanés à l'occasion du tournage des deux épisodes du XpokerTour ont quant à eux leurs manches élimées. Mais pas question de m'en séparer là encore. J'ai été amené à sauter en parachute avec le premier. Et je me suis jeté du toit d'un entrepôt avec le second ! Ce n'est pas rien, dans un cas comme dans l'autre. Et puis leur état d'usure est encore modéré... je n'ai pas encore l'air d'un va-nu-pieds lorsque je les porte. Je veux les conserver le plus longtemps possible.

La problématique est globalement la même avec mon Mug aux couleurs de Pierre Calamusa, que j'avais gagné au moment de son mémorable challenge "Make Your Bankroll Great Again". Les couleurs du mug sont désormais difficilement reconnaissables. Pourtant, je prends toujours un plaisir particulier à savourer mes cappuccinos dans ce mug-là plutôt qu'un autre lorsque je dispute mes sessions de poker en ligne derrière mon écran d'ordinateur. Alors tant qu'il ne sera pas ébréché, voire brisé, je le conserverai, là encore.

usure cruelle...
 

Je suis quelqu'un de pragmatique en règle générale. Pourquoi donc est-ce que j'adopte un comportement irrationnel s'agissant de ma quincaillerie poker, alors que le bon sens me commanderait de m'en séparer eu égard à leur degré d'usure avancé ?  Tout simplement parce que ces objets sont associés à des souvenirs précieux de mes pérégrinations dans le monde du poker au travers du temps. Je suis un sentimental !

Tout s'use avec le temps, et ma quincaillerie poker ne fait pas exception à la règle. Mais elle conserve de l'importance à mes yeux, preuve en est qu'en dépit des années qui s'écoulent, j'Aime toujours le poker avec un A majuscule. Qu'on se le dise.

 

mercredi 16 septembre 2026

Ecouter un talk show en jouant... Est-ce une fausse bonne idée ?

Depuis environ un an, je me suis mis à écouter avec assiduité un talk show radiophonique pendant que je fais mes sessions de poker en ligne. Parfois j'y ajoute même un podcast qui va avec. Moins de musique, plus de blabla et d'info, en somme. Tel est mon cocktail du moment. 

L'actualité internationale est chargée... et nous entamons une saison de campagne présidentielle qui promet d'être palpitante. La tentation est grande de continuer à privilégier les talk-shows en accompagnement de mes sessions de jeu. Cela me donne l'impression de joindre l'utile à l'agréable : me divertir en jouant au poker, d'une part, et m'informer en écoutant la radio, d'autre part. Encore faut-il que cela ne nuise pas à ma concentration.

Sachant que je pose de vrais sous sur la table lorsque je joue et que mes résultats poker récents sont décevants, j'en viens à me poser des questions. Ma courbe Xeester est en berne : aussi bien en termes de ROI qu'en termes financiers purs, je semble faire du surplace depuis un an. Cela m'interpelle. Est-ce là un simple hasard ? Mon attention et mes capacités d'analyse seraient-elles partiellement altérées par une écoute trop attentive de mon talk-show radiophonique fétiche ? Dois-je revenir à l'ancienne formule, à savoir celle dépourvue de blabla que j'ai privilégiée pendant des années, à base de musique (jazz, classique, pop ou même country, au gré de mes humeurs du moment) ? 

Beaucoup de questions. Peu de réponses. Voilà une situation particulièrement inconfortable, car incertaine.

Les préférences, habitudes et autres rituels poker constituent assurément une bonne chose, dès lors que ces mêmes petits détails permettent d'évoluer en terrain familier, dans un contexte poker maîtrisé. Mais là, il s'agit d'une nouvelle habitude qui s'est installée en dehors de mon cadre habituel de jeu ! Pas sûr que ce soit neutre. Est-ce que cela constitue un parasitage de mon environnement de jeu sans que je ne m'en rende compte ? 

Le doute m'assaille. Or je n'aime pas douter trop longtemps. Il est temps de réagir. Puisque l'adage dit "Dans le doute abstiens-toi", c'est décidé. Terminé le talk show radiophonique accompagnant mes sessions de poker en ligne, au moins jusqu'à la fin de l'année. Voire définitivement. Je repasse à la musique. Cela ne pourra pas me faire de mal. La musique adoucit les moeurs... et affûte les courbes.

mercredi 9 septembre 2026

Qualification pour l'édition 2026 du HIPT Vincennes

Comme chaque année, le PMU organise son étape parisienne du Hip Poker Tour à l'hippodrome de Vincennes, dans le but évident de consolider ses passerelles entre le monde des joueurs de cartes et celui des turfistes puisqu'après tout, un joueur de poker reste aussi un agent économique susceptible de dépenser ses sous autrement qu'avec des cartes en main.

Une nouvelle fois, j'ai tenté ma qualification pour ce sympathique tournoi de gala permettant aux joueurs qualifiés de venir tâter du jeton dans des conditions similaires à celles d'un véritable tournoi, avec croupiers, belles tables estampillées PMU, jetons en céramique, adversité garantie et une dotation non négligeable (5 000 €) pour un tournoi gratuit. Le seul bémol à prévoir se situe au niveau de la météo, puisque les allées de l'hippodrome de Vincennes ne sont pas chauffées : si la température baisse, ça risque d'être légèrement pénible. Ca reste quoi qu'il en soit l'occasion parfaite pour bien s'amuser aux tables. L'année dernière, à l'occasion de l'édition 2025 mon amusement avait été de courte durée, la faute à un giga coup de malchance. J'en avais même zappé les petits fours du dîner et les courses hippiques nocturnes en mode VIP, tellement mon élimination m'avait désappointé.

Ce lundi 7 septembre se déroulait sur le site internet du PMU le premier des six tournois qualificatifs en vue de l'édition 2026 qui aura lieu cette année les 3 et 4 octobre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que j'ai obtenu mon ticket d'entrée avec une facilité déconcertante, sans même avoir eu besoin de transpirer : je me suis constitué un confortable matelas de jetons dès la première heure de jeu, et ensuite je n'ai plus eu qu'à gérer mon stack sans avoir à m'exposer. M'être qualifié de la sorte en sécrétant zéro adrénaline sans avoir connu le moindre danger constitue une sensation quelque peu déconcertante... mais pas question de bouder mon plaisir pour autant ; je fais partie de la première cohorte à obtenir sa qualification pour l'événement, et c'est ça qui compte. Tout le reste est dérisoire.

Hip Poker Tour 2026 nous voilà !

Nous aurons donc droit à une nouvelle péripétie, que je viendrai narrer ici prochainement : l'édition 2026 du Hip Poker Tour de Vincennes. On va devoir cravacher pour faire partie des veinards qui repartiront non seulement avec la panse pleine mais également avec les poches alourdies par quelques deniers. J'espère en outre deux petites choses qui relèvent du détail : une météo clémente et un Dieu du Poker moins cruel que l'année dernière. Décidément, le PMU sait me divertir. Allez, hue, dada !

dimanche 6 septembre 2026

Reprise !

Cette fois-ci, c'est la bonne ! Après une longue pause estivale sans quasiment jouer, me voici en ce dimanche 6 septembre 2026 prêt à de nouveau butiner aux tables de poker pour une nouvelle saison que j'espère fleurie. D'ordinaire, j'ai tendance à redémarrer quelques semaines plus tôt, mais cette année j'ai quelque peu traînassé en restant à l'abri dans ma ruche. Non pas que ma motivation pour produire mon miel habituel soit moindre, mais le poker est un jeu où les opportunités se renouvellent sans cesse : nul besoin de sprinter alors que jouer est possible en continu, 24h sur 24 et 365 jours par an.

Il est fondamental de se sentir bien, tant mentalement que physiquement, si l'on ambitionne d'alimenter la ruche dans la durée sans jamais pour autant avoir le bourdon. 

Quelles sont mes ambitions pour la saison 2026-2027 qui démarre pour moi avec un peu de retard cette année ? Prendre du plaisir, toujours. Vibrer aux tables, souvent. Mais surtout sacrifier au Dieu du Poker une part non négligeable de mon temps libre en échange d'un peu de gelée royale : des qualifications pour du live et (qui sait ?) des gains inattendus semblant tombés du ciel.

J'ai suffisamment d'expérience désormais pour savoir qu'une saison de poker peut aussi bien ressembler à un val fleuri qu'à un pénible survol d'un plateau désertique surchauffé sans le moindre chardon à butiner. Mais quitte à choisir, je préfère considérer mes éventuels succès comme la conséquence heureuse d'une activité que j'apprécie plutôt que comme une condition indispensable à ma satisfaction. Après tout, la valeur d'une ruche ne se juge pas au poids d'un seul pot de miel : c'est la capacité à continuer de produire, saison après saison, qui finit par assurer la pérennité et le succès de la colonie. Alors au travail ! Bzzz, bzzz...


mardi 1 septembre 2026

Poker + Intelligence Artificielle + Bêtise Naturelle = Désastre !

Voir de nouvelles têtes et faire de nouvelles rencontres, c'est toujours chouette ; surtout au début. Cet été, le hasard a ainsi mis sur mon chemin un authentique passionné de poker prénommé Amaury. Nous avons ainsi pas mal échangé autour de ce milieu fascinant qu'est le poker. A la vérité, il a surtout beaucoup parlé de ses martingales en ligne, tandis que pour ma part j'ai beaucoup écouté. De ce que j'en comprends, il a tendance à gagner vite. Mais il finit toujours par tout dilapider au final. La faute à pas de chance. Alors il a récemment décidé de s'acheter des livres de poker. Cette fois-ci ça sera la bonne. En 2026 il prévoit de gagner vraiment. Je suis fasciné par cet authentique spécimen. Quoi qu'il en soit, mon nouveau camarade est un trentenaire assez sympathique avec pas mal d'humour, doté d'un flegme supérieur à la normale, et qui a pour particularité d'organiser régulièrement des parties privées à son domicile disputées sous la forme de mini-tournois de type sit and go, réunissant à chaque fois une poignée de joueurs. Il dispose à cet effet d'une grande mallette pour le moins rutilante, avec de très beaux jetons en céramique.

L'été étant une période de l'année propice aux vacances et autres escapades, il en résulte bien évidemment que les compagnons d'aventure habituels ne sont pas toujours aussi disponibles que d'ordinaire, et mon nouveau camarade Amaury s'est ainsi retrouvé avec un besoin ponctuel de joueurs. Lorsqu'il m'a convié à participer à l'une de ses soirées, je n'étais que peu intéressé, sachant que je profite habituellement de l'été pour me tenir éloigné du poker, afin de me ressourcer mentalement. Mais il a malgré tout su titiller mon orgueil, en se prétendant très doué et en voulant absolument se mesurer à moi. J'ai donc fini par accepter son invitation : après tout, d'un point de vue ethnologique comme ludique, je sais pertinemment qu'il est toujours intéressant de voir comment des Jean-Michel Random (c'est à dire des Monsieur tout le monde) évoluent lorsqu'on leur confie deux cartes et une pile de jetons. 

C'est donc ainsi que je me suis retrouvé presque malgré moi à disputer l'un de ces sit and go, sachant que nous n'étions en tout et pour tout que six joueurs.

Deux des autres adversaires m'ayant fait bonne impression au préalable, je me suis dit que je n'allais a priori pas m'ennuyer malgré le manque d'enjeu (10 euros la participation). Au poker en présentiel, avoir des adversaires sympathiques avec lesquels partager de bons moments de convivialité, c'est déjà très bien. Mais avoir des adversaires sachant jouer, c'est encore mieux. Mon camarade organisateur s'est proposé pour assurer le rôle du croupier tout du long... ce qui n'est pas plus mal sachant que lorsque ce rôle est tournant et qu'il échoit à des participants peu aguerris, il en résulte que le rythme du jeu se retrouve considérablement ralenti au fur et à mesure que les approximations et erreurs se multiplient.

Sachant tout cela, en dehors d'Amaury dont le niveau de jeu s'est révélé être au final plus que correct,  deux des adversaires présents autour de la table m'ont donné l'impression de savoir un peu manier les cartes mais sans être aguerris pour autant, tandis que les deux derniers joueurs complétant la tablée étaient deux débutants peu familiarisés avec les us et coutumes du poker, de telle sorte que très vite, dès la première soirée, je me suis décidé à faire preuve de bienveillance en les aidant à trouver leurs marques, afin qu'ils puissent appréhender les règles élémentaires de ce jeu : usage de la parole, gestion des jetons, calibrage des mises, initiation empirique au calcul des cotes mathématiques.

Par ailleurs, j'ai très vite repéré que mon camarade organisateur Amaury commettait des erreurs récurrentes en tant que croupier, en sus de se montrer piètre pédagogue envers les novices. Il voulait m'impressionner, mais il m'a rapidement déçu à mesure que son flegme débonnaire initial s'est mué en morgue et en ressentiment face au comportement erratique et à la chance insolente des deux joueurs débutants (Mathieu et Pierre-Antoine). Pour ma part, j'aurais dû gagner, mais n'ai pu faire mieux que deuxième au final, faute de chance.

J'ai de nouveau pas mal traîné des pieds lorsqu'il m'a été proposé peu après de refaire une nouvelle soirée impliquant les mêmes protagonistes. Mais n'ayant rien de mieux à faire ce soir-là, j'ai eu la faiblesse de redire oui à mon camarade organisateur avide de revanche. En raison de mon élimination précoce lors de cette seconde session, je me suis retrouvé investi de la fonction de croupier pour le reste de la soirée, tout en continuant en parallèle à faire preuve de pédagogie envers les quatre autres participants les moins aguerris.

A un moment, alors que le pot a déjà pas mal gonflé préflop, mes deux camarades Amaury et Pierre-Antoine (le plus kamikaze des joueurs débutants) se retrouvent successivement à faire ouverture / relance / surrelance / surrelance à tapis / tapis payé juste après le flop, alors même qu'ils sont pourtant encore très profonds en jetons et que le flop en question est pourtant modérément sexy :

 ;8d;7s;5h  un flop anodin

 ;Td;9d Amaury fait tapis

 ;Ah;Kh Pierre-Antoine paye

Voilà un coup qui a été joué de manière extra-agressive de part et d'autre, mais après tout, pourquoi pas. Quoi qu'il en soit, j'ai accumulé tellement d'expérience en ligne depuis toutes ces années à multi-tabler plusieurs soirs par semaine que je connais généralement les pourcentages et les cotes mathématiques avec une marge d'erreur minime (généralement 2 pts au maximum, parfois jusqu'à 5 mais jamais au delà). En l'espèce, je sais qu'il s'agit d'un 50/50 et cela explique pourquoi avant de révéler la turn et la river, j'ai le malheur de dire à Pierre-Antoine qui a l'air peu sûr de lui qu'il possède 50% de chances de remporter le coup et qu'il a bien fait de payer la sur-relance à tapis d'Amaury. Et là, c'est le drame. Amaury me soutient mordicus qu'il a au moins 65% de chances de remporter ce coup en l'état. Je lui rétorque que c'est selon moi un 50/50 et que je ne le vois pas être au dessus de 52% dans le meilleur des cas, même avec ma marge d'erreur que je m'accorde. J'ai beau tenter à de multiples reprises de lui expliquer le principe des pourcentages et des cotes mathématiques qu'il semble confondre avec le concept d'équité par rapport au montant du pot et des jetons déjà engagés, rien n'y fait. Près de dix minutes de palabres, il refuse toujours d'écouter. Nous décidons opportunément d'une pause de quelques minutes. Et là, Amaury fait appel à son gourou génial, j'ai nommé : l'intelligence artificielle Gemini ! Et cette superbe intelligence artificielle, malgré un exposé correct de l'énoncé vient renforcer à ma grande stupeur son sentiment premier et annonce 66% de chances pour Amaury de remporter le coup avec sa potentielle quinte par les deux bouts. Abasourdi, j'essaye alors d'expliquer à Gemini son erreur à l'aide de quelques lignes supplémentaires. Gemini persiste dans son erreur et continue à halluciner en produisant un calcul final fantaisiste.

Pourtant, les probabilités réelles sont bel et bien celles que j'ai annoncées (merci cardplayer.com), puisqu'il s'agit en réalité d'un 49,2 vs 50,8%. J'ai beau montrer à Amaury la calculatrice de cardplayer que j'utilise depuis des années en ligne lorsque j'en ai besoin. Par acquis de conscience, je rentre même l'équation du problème dans Chatgpt... qui en conclut lui aussi qu'il s'agit effectivement d'un 50/50. Rien n'y fait. Par un incroyable concours de circonstances, Gemini et Amaury se sont alignés sur un pourcentage erroné similaire, ce qui le rend dès lors imperméable à toute tentative d'explication, alors même que je lui propose de décomposer tranquillement le calcul à la main. Plus aucun moyen de le raisonner, dès lors. Je commence la moindre phrase, il m'interrompt et balaye d'un revers de main. Systématiquement. C'est d'autant plus pénible que je tente pourtant ici de mettre mes neurones, ma patience et mon temps à son service afin de l'aider à réaliser à quel point son erreur de calcul est grossière, et je me heurte à quelqu'un de désormais totalement buté, prêt à camper sur ses positions jusqu'à la mort, puisque Gemini est dans son camp. Je tente une énième fois de lui expliquer en douceur via une nouvelle approche, mais il m'interrompt d'un laconique "Je m'en bats les couilles". Après ce pur moment de poésie de sa part, je décide d'arrêter les frais avec lui. Définitivement. 

C'est un flip, bordel ! 

Par respect pour l'ensemble des autres joueurs à table, je poursuis la distribution des cartes avec professionnalisme et impartialité. Parce qu'il est facétieux, le Dieu du Poker décide de favoriser Amaury, qui remportera non seulement ce 50/50 crucial grâce à l'apparition d'un valet dès la turn (qui lui donne sa quinte), mais se met à remporter tous les autres coups importants de la soirée, tant et si bien qu'il finit par remporter le sit and go.

Une fois les cartes et les jetons rangés, nous avons procédé à la fermeture de sa très onéreuse mallette de poker et je ne lui ai dès lors plus du tout adressé la parole. Je ne fréquente pas les gens grossiers.

Lorsque l'inintelligence artificielle rencontre la bêtise naturelle, cela peut aboutir à un véritable désastre. N'oublions jamais que même une pendule cassée donne l'heure exacte deux fois par jour.