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dimanche 27 septembre 2015

Dancing Queen 2 : le retour !

Je l'ai déjà écrit ici il y a quelques mois, PMU Poker organise chaque samedi soir un tournoi gratuit spécial, accessible via un mot de passe divulgué sur Facebook. A la clef pour le vainqueur, une entrée directe pour le prestigieux tournoi hebdomadaire qui se déroule le dimanche : La Queen (valeur : 100 Euros - dotation garantie du tournoi : 30.000 Euros). C'est ainsi que près de 500 joueurs tentent  leur chance chaque samedi sur le freeroll, sachant toutefois qu'il n'y a qu'une seule entrée à 100 Euros d'offerte (les 14 dauphins devant se contenter d'un ticket d'une valeur de 10 Euros... ce qui n'est déjà pas si mal). Mais sur un freeroll - et sur un malentendu - tout est possible.

J'avais déjà remporté ce freeroll le 28 mars dernier.  Ce n'est pas parce que je gagne parfois des petites sommes rondelettes que j'en oublie mes premières amours : les tournois gratuits. En moyenne, je tente ma chance sur ce tournoi deux à trois samedi par mois. Et voici que je viens de reproduire ma performance de mars dernier, puisque ce samedi 26 septembre j'ai de nouveau obtenu gratuitement mon ticket à 100 Euros en terminant premier cette fois encore, et ceci alors que nous étions pourtant une horde de 478 joueurs présents sur la ligne de départ et que parvenir à s'extirper de pareille masse relève du petit miracle. Quel que soit son talent intrinsèque, on ne peut aller au bout d'un tel tournoi sans un maximum de chance. Merci au passage à Dame Chance pour sa discrète intervention en ma faveur.

Pouvoir disputer un tournoi majeur gratuitement, c'est toujours très appréciable et correspond à merveille à ma conception personnelle du poker qui consiste à jouer le moins possible avec mon propre argent. 

Toutefois, je vais devoir décaler ma participation de quelques semaines et conserver au chaud mon précieux ticket à 100 Euros, le temps de terminer un petit challenge communautaire dans lequel je me suis par ailleurs engagé sur PMU Poker (et dont j'aurai peut-être ici prochainement de reparler si d'aventure il venait à prendre de l'ampleur). Draguer la Queen peut attendre, le temps d'une petite valse à deux temps. La conquête du poker est aussi parfois affaire de patience.

et à la fin, c'est fredyl qui gagne...


samedi 19 septembre 2015

Qualification online pour le WiPT à la Grande Halle de La Villette

Retour à la normale, après mon week-end mémorable à Lille. Cette semaine, j'ai fait quelques tournois en ligne tout à fait anodins, sans forcer sur le volume : d'une part parce que j'ai décidé de réduire quelque peu ma fréquence de jeu cette saison, et d'autre part parce que je commence à me connaître et que je sais qu'après chaque événement d'envergure je subis une phase de décompression de quelques jours peu propice à un jeu optimal. Inutile de forcer, d'autant que le plaisir est rarement au rendez-vous dans de tels cas. Plaisir et sérénité sont devenus mes nouveaux maîtres mots à l'entame de cette saison 2015-2016. Advienne que pourra.

Qualifié !
Malgré un volume amoindri, j'ai tout de même pu me qualifier ce vendredi pour l'étape live parisienne des qualifications pour le WiPT de Winamax que se déroulera cette année encore à la Grande Halle de La Villette le week-end du 7 novembre 2015 et qui réunira pas moins de 2.000 joueurs passionnés. Une qualification précoce puisque pour le moment seul un quart du contingent qui débarquera à la Villette a pu obtenir sa qualification en ligne. Bien entendu, il faudra aller batailler fermement pour faire partie des 35 heureux qualifiés qui décrocheront à cette occasion leur sésame d'une valeur de 550 euros pour la finale qui aura lieu au Cercle Clichy Montmartre dans six mois. Mais l'important est ailleurs ! Car je garde un souvenir nostalgique de ma précédente expérience à la Grande Halle il y a deux ans en dépit de mon élimination sur un bad beat en table télévisée par le légendaire Davidi Kitai. C'est d'ailleurs à cette occasion que j'avais entraperçu pour la première fois la sublissime Patty Beaumier : c'est dire à quel point l'événement avait été marquant !

L'an dernier, j'avais injustement boudé les qualifications pour ce tournoi satellite gratuit, en ne m'y essayant que très tardivement. A posteriori, j'avais quelque peu regretté ma désinvolture. Certes, il s'agit-là de poker "gratuit". Certes, les chances de qualification pour la finale sont maigres (2%). Mais la convivialité entre les participants est vraiment au rendez-vous, puisque dépourvue de toute pression financière. Et après ma performance notable au BPT Lille, force est de constater que j'ai envie d'endosser à nouveau mon bel habit de cérémonie afin d'épater la galerie, si j'ose dire. Ce sera l'occasion de vérifier que mon niveau de jeu face à des adversaires en chair et en os est à la hauteur et que je ne m'ennuie plus en live. Si parmi mes quelques lecteurs certains disposent d'un compte Winamax, qu'ils n'hésitent pas à tenter gratuitement leur qualification pour cet événement : il y a des tournois satellites quotidiens jusqu'au 28 octobre. De quoi remplir la Grande Halle à ras bord pour un week-end de poker placé sous le signe de la détente.



mercredi 16 septembre 2015

Hold Up au BPT Lille

Il y a quelques jours - le 8 septembre - j'écrivais ici-même en conclusion de mon article au sujet de la confiance qui m'avait été accordée sur RankingHero : "A présent, je vais tâcher de faire en sorte que cette confiance se convertisse en une performance spectaculaire car il va falloir que mon compte rendu final soit digne de l'engouement suscité par ce concours. J'en suis capable. Je le sais." Il se trouve que la performance a bel et bien été au rendez-vous. Car j'ai réussi à atteindre la table finale du tournoi.


Une table finale

RankingHero ayant donc eu la riche idée de me choisir pour représenter ses couleurs suite au concours ludique qui était organisé sur le site en partenariat avec les Casinos Barrière, j'avais donc rendez-vous ce samedi 12 septembre avec le BPT Lille afin d'y disputer la 8ème et dernière étape du Barrière Poker Tour 2015. Ma mission était simple : débarquer au casino les poches vides (puisque n'ayant même pas à débourser les 570 Euros d'entrée) et en ressortir avec un magot conséquent. Il s'agissait pour moi d'une sorte de rédemption puisque l'an dernier j'avais gagné sur internet mon package pour ce même BPT Lille mais l'opérateur EuroPoker alors au bord du dépôt de bilan n'avait pas honoré son engagement et je m'étais retrouvé injustement privé de mon lot.

Ayant glané un sticker RankingHero il y a quelques mois de cela, j'avais pris le soin de le ramener avec moi. Bien m'en a pris : arrivé en fin de matinée au casino après un trajet en covoiturage sans encombre, je me heurte à un petit contretemps puisque le responsable des inscriptions m'annonce qu'il n'a pas de patch RankingHero à ma disposition, contrairement à ce qui était prévu. Peu importe, je suis venu avec mon sticker de secours et je le colle au moment même où je pénètre dans la salle où se dispute le tournoi le temps d'un week-end.

DAY 1 :

Je pénètre alors dans un autre monde. La vaste salle, assez obscure aux lumières tamisées bleues est déjà bien remplie. Le tournoi a débuté depuis quelques minutes à peine, et un rapide coup d'oeil à l'écran géant recensant les inscriptions me confirme mon impression : cette édition 2015 du BPT Lille est une réussite en termes de fréquentation puisque le nombre d'inscriptions approche doucement des 400.

L'enceinte dans laquelle se déroule le tournoi est plutôt belle, pour peu que l'on apprécie la semi-pénombre et les spots de lumière bleutée. Aucune fenêtre à l'horizon, on en oublie vite les notions de base telles que l'heure qu'il est ou bien le temps qu'il peut faire dehors. L'espace temps n'est pas le même qu'ailleurs. D'ailleurs, une croupière en prenant sa relève arrive en annonçant un « bonsoir » alors qu'il est 13h00. Difficile de lui en tenir rigueur sachant que nous sommes dans une salle obscure et que le travail de croupier est une activité à horaires complètement décalés. Toutefois, cette salle s'avère bel et bien agréable : température ambiante idéale, ventilation parfaite, et surtout : boissons, café, grignotages (chips, biscuits salés...) et sucreries à volonté. Il suffit de se lever pour aller piocher dans les réfrigérateurs des eaux gazeuses, des succulents smoothies et autres canettes de Red Bull pour ceux qui ont besoin d'un petit coup de boost. En un mot, le cadre est atemporel et agréable. En prime, le wi-fi est gratuit.

A la table, tout va très vite pour moi. A peine arrivé, je me mets à soulager les joueurs les plus fortunés de leurs jetons en trop. Tant et si bien que je me retrouve en excellente posture sans avoir besoin de rien faire de particulier. Et comme la table est conviviale, je m'y sens bien : un jeune nordiste plein de gouaille venu disputer ce tournoi avec quelques uns de ses amis me surnomme même Bill Gates, et entre bises aux copains et bluffs à son voisin de table il essaye en vain de cerner mon profil, ma provenance, ma profession. Je le laisse se perdre en conjectures... non sans lui soutirer quelques rondelles au passage. Je déploie un jeu solide mâtiné d'un zeste d'audace, en évitant soigneusement les deux joueurs qui me semblent les plus compétents, en y allant en douceur avec les serrures et en contrant les bluffeurs. Une tactique simple et efficace puisqu'à la fin de ce day 1 B, la moitié des joueurs ont été éliminés tandis que j'ai déjà plus que triplé mon tapis de départ. Et je n'ai même pas encore mis mon t-shirt fétiche ni même mon chapeau magique qui m'accompagne lors de mes sorties live : j'ai l'air de Monsieur Tout le Monde. Seul mon petit sphinx trônant sur ma grosse pile de jetons trahit mon côté atypique. Il est 19h30 le day 1B s'achève. La vie est belle.
 
J'entraperçois quelques figures du circuit au passage – joueurs professionnels et sponsorisés – (Brian Benhamou, Céline Bastian, Abou Sy, Laurent Polito, Jean Montury, Nicolas LeFloch pour ne citer que ceux-là) mais je n'ai aucun complexe. Deux millions de mains disputées en un peu plus de deux ans de pratique online : je sais que je suis aussi bon sinon meilleur qu'eux. Tout du moins sur le plan technique.

DAY 2 :

Le day 2 reprend dans la foulée à 21h en regroupant les survivants de la veille (ceux du day 1 A qui ont joué vendredi soir et ceux du day 1B tels que moi). Un passage express par l'hôtel pour une douche histoire d'évacuer la pression et de rester frais et me revoici prêt à aborder ce day 2 dans de bonnes conditions. Il reste à peine 157 joueurs sur un total de 401 inscrits.

Le chevalier blanc
Dès l'entame de ce day 2, j'ai à ma table un grand type dégingandé revêtu de son armure et de son heaume de tournoi : le sweat blanc et la capuche. A l'abri derrière son imposante forteresse de jetons, il se sent intouchable. Une sorte de chevalier blanc des temps ludiques. Un ersatz de mâle alpha du poker qui prend ses adversaires pour des canassons qu'il se doit de chevaucher en éperonnant à tout va. Je sens qu'il va relancer toutes les mains. Et c'est exactement ce qu'il fait : en quelques coups à peine son tapis prend encore plus de volume. Je décide alors de le prendre pour cible. Contrairement à beaucoup d'autres joueurs qui répugnent à affronter de face les mastodontes, je n'hésite jamais à mordre aux basques des cheap leaders. Et violemment. C'est risqué mais aussi potentiellement rentable de vouloir trancher dans le lard. Comme je ne suis pas venu pour faire de la figuration dans ce tournoi, je fonce en espérant trouver un bout de gras. En l'occurrence je tombe sur un os, puisque mon premier assaut d'envergure contre lui survient justement alors qu'il dispose d'une main légitime. Aïe. Mauvais timing, j'y laisse quelques dents. Le chevalier blanc finira cheap leader du day 2 quelques heures plus tard mais ça, je ne le saurai que bien plus tard, car en attendant la table casse et nos routes se séparent. Tout du moins provisoirement.

accident industriel
Nouvelle table, nouveaux adversaires, nouveaux enjeux. Et nouveaux soucis. Mon tapis est amoindri, mais toujours au dessus de la moyenne. Nous sommes encore plus d'une centaine de joueurs en course pour 54 placées payées. Sauf qu'à cette table-ci, je vais me prendre une petite catastrophe industrielle en bataille de blindes contre un joueur revêtu d'un pull d'hiver gris (au demeurant fort sympathique et compétent) qui fait brelan à la river avec un 2 fatigué auquel il s'est pourtant agrippé tout le long du coup tandis que je me voyais déjà beau avec mes deux barrels payés en ayant en main deux paires max à la turn sans possibilité aucune ni de quinte ni de river. Perdre un pot de trente blindes à ce moment là me met dans une situation problématique. Je glisse ainsi vers les profondeurs du classement tandis que nous ne sommes plus que 80 joueurs environ. Ca va être pour moi le début d'un long, très long chemin de croix.

Brian au tapis
La zone rouge approche avec l'inexorable augmentation des blindes. Je vais surmonter cette situation délicate à une autre table en compagnie de Brian Benhamou – le joueur PMU - qui est encore plus mal en point que moi alors que nous avons les places payées en ligne de mire. Je me dois de dire un mot sur Brian. Il représente tout ce que j'aime chez un joueur de poker : en sus de savoir tenir les cartes, il respire la sympathie. Brian est également courtois, souriant et agréable à une table. Même poussé dans ses derniers retranchements, il ne se départit pas de sa bonne humeur communicative. C'est une qualité rare chez les professionnels. Le hasard des tables qui cassent fait que je suis contraint de changer de table pour la 5e fois de la soirée et je n'assisterai que de loin à l'élimination de Brian aux portes des places payées, en 57e position.

LA BULLE :

Kenny à ma gauche
La bulle arrive alors aussitôt. Il reste 6 tables. Nous sommes 55 et je suis au plus mal avec ma douzaine de blindes. Il n'y a pourtant que 54 places payées. Pas une de plus. A ma table, deux personnes attirent immédiatement mon attention : à ma gauche Kenny, un beau gosse d'une vingtaine d'années au sourire ravageur vêtu d'un classieux costume qui jouit d'un tapis extrêmement confortable et qui manipule ses jetons avec la maestria d'un pianiste sur son clavier. Et à ma droite Luc, un quadragénaire belge disposant d'un peu moins de 10 blindes, avec de faux airs d'un Jean-Pierre Bacri le sérieux en plus. Je sens confusément que la bulle risque d'éclater ici-même. Reste à savoir si je serai acteur ou simple spectateur.

Unlucky Luc à ma droite
Luc le short stack envoie son tapis une première fois, mais personne ne le paye. Il montre les as et ramasse des clopinettes. Le main par main reprend. Un tapis est payé à la table voisine, mais le joueur sur la sellette remporte le coup et le manège reprend. Trois mains plus tard, le beau Kenny effectue une relance standard en début de parole. Luc le short stack envoie de nouveau son maigre tapis. Kenny hésite, d'un air amusé, sachant qu'il est derrière et tentant de calculer sa cote mathématique face à ce qui ne peut être qu'une premium en face. Il annonce : « bon, bah... euh... je vais jouer mes deux cartes ». Il call avec dame dix de cœur. En face, encore les as. Et là, c'est le drame à la river, avec une quinte improbable qui permet aux 54 survivants dont je fais partie d'avoir l'assurance d'empocher un gain minimum de 1 150 Euros. 3h00 du matin. Nous disputons encore 3 mains et puis c'est officiellement la fin du day 2.

DAY 3 :

Céline, toi et moi c'est quand tu veux !
Une fois parvenu à l'hôtel, je m'endors rapidement. Je rêve que je me fais éliminer dès les premières mains du day 3, ce qui aurait du sens au regard de mon tapis devenu minuscule. Néanmoins, sachant que mes rêves ne se réalisent jamais, je suis étonnamment serein à l'entame de cette dernière journée.. Un regard au tableau lumineux me permet de constater l'ampleur des dégâts : je suis classé 50e sur 53 survivants. Mais je suis serein, car mes rêves ne sont jamais corroborés dans la réalité. Une certaine forme d'insouciance s'empare de moi dès la reprise des hostilités à 13h. Je gagne deux coups importants qui me permettent de sortir de la zone rouge et me revoilà revenu dans le cœur du peloton, à l'abri du vent. Mon sphinx dispose à nouveau d'une tour digne de ce nom sur laquelle il peut trôner en gardien attentif et féroce. La vie est de nouveau belle pour moi. Les éliminations, c'est pour les autres. J'enfile mon sombrero de cuir et je déploie mon jeu habituel. Les deux dernières filles encore en lice, la magnétique Céline Bastian et la vénérable Marjolaine sont éliminées coup sur coup si bien qu'il n'y a plus de filles parmi la trentaine de survivants.

Le Dragon gris
Alors que nous ne sommes plus qu'une quinzaine de prétendants encore en lice pour la victoire finale et que je ne suis pas loin de la moyenne, j'assiste à la livraison la plus incroyable qu'il m'ait été donné de voir : un corbeau mal luné et un dragon gris se lancent dans une escalade sans fin à base de relances, sur-relances, et sur-sur-relances : ils commencent le coup avec 50 blindes chacun. Et le corbeau termine le coup avec 1 ante tandis que le dragon gris passe à 100 blindes. Deux millions de jetons. Le total du tapis de départ de 40 joueurs... l'équivalent de 20.000 euros en valeur absolue. Donnés. Offerts. Sacrifiés en offrande au dragon gris sur l'autel de l'inconscience, sous nos yeux de sectateurs ébahis. On avait pas vu sacrifice plus stupide depuis Stannis Baratheon sacrifiant sa fille unique sur le bûcher du Dieu du Feu en échange de la promesse d'une hypothétique victoire sur le champs de bataille.

Le dragon gris me semble alors rassasié et repu. Presque assoupi. Il termine d'ériger son gigantesque mur de jetons et se met alors à envoyer du texto à tout bout de champs à ses copains. C'est le moment d'aller lui prélever en douceur quelques échantillons de jetons pendant que sa concentration et son appétit sont au plus bas. Malheureusement, je me prends un souffle de dragon en pleine face. Et pas que son souffle, d'ailleurs. Mon nez souffre autant que mon stack dans cette opération, aussi je décide de battre provisoirement en retraite : la diminution du nombre de survivants à la table me permet ainsi de m'éloigner de ses effluves. Seul le pauvre croupier en pâtit, mais il reste stoïque, en véritable professionnel qu'il est.

La pré-table finale va se jouer à 10 et le tirage au sort m'éloigne alors du dragon gris. Mais pas des ennuis. A ce moment là, j'y crois encore, d'autant que tous les habituels cadors ont été éliminés depuis belle lurette (ils sont partis se consoler en allant disputer le tournoi Masters) et que nous ne sommes plus qu'entre joueurs lambda. A part Dmitrijs le letton – qui est un joueur aguerri de cash game - j'ai l'impression que personne ne parle aussi bien que moi la langue du poker à la table. Il me manque juste un peu de matière première pour pouvoir composer une chanson de geste à même de traverses les âges : des jetons. J'en manque cruellement puisque je suis 8e sur 10.

Je vois d'ailleurs réapparaître à ma droite le chevalier blanc de la veille, mais il est désormais bien inoffensif. Il a enlevé son heaume. La capuche ne le recouvre plus entièrement. Je le sens fatigué. Il ferait une parfaite cible pour moi. Oui mais voilà, je ne reçois aucune main me permettant d'attaquer qui que ce soit. Et la seule fois où je tente un move, je me fais confisquer une part substantielle de mon tapis par l'étonnant letton. Je me retrouve affaibli au plus mauvais moment. C'est toutefois non sans une pointe de satisfaction que j'assiste à la mise à mort de Fathi le chevalier blanc lors d'un duel à la vie à la mort avec l'autre short stack de la table, un poil de carotte du nom de Steve.

TABLE FINALE :

La vraie table finale à neuf va pouvoir commencer, juste après une petite pause d'une heure environ. La table finale démarre donc à 20h30. J'ai du mal à m'accommoder à mon siège à roulettes et à cette table aux accoudoirs surélevés. Et puis je n'aime pas les feux des projecteurs. Ni au sens propre ni au sens figuré. J'ai d'ailleurs dû refuser poliment mais fermement à trois reprises la demande d'interview de Louloute62 l'animateur de la RPDS – plein de bonne volonté il est vrai - qui a essayé de me faire croire que son interview était pour RankingHero. Un beau bluff de sa part, mais qui n'est malheureusement pas passé.

Lors du concours que j'ai remporté il y a une quinzaine de jours sur RankingHero, j'y racontais que je me retrouvais en table finale de ce BPT Lille et que je parvenais à passer un bluff de légende. Je dois avouer que lorsque je me suis assis en table finale, l'idée m'a traversé l'esprit de tenter un tel bluff si je recevais ces mêmes cartes (en l'occurrence un 10 et un 2).

Ma situation à l'entame de la table finale est toutefois bien trop critique pour bluffer. Avec moins de quinze blindes, je n'ai droit à rien : ni à l'erreur ni à la malchance... et encore moins à un bluff fantaisiste, sauf à être inconscient. Impossible de déployer mon jeu comme je le voudrais car les grosses plaques de 100.000 jetons, elles sont chez mes adversaires. Moi je me contente des maigres rondelles. Et c'est extraordinairement frustrant. Mon destin ne m'appartient plus.

Damoiseau
Au bout d'une demi-heure de table finale et alors que je n'ai pas encore pu bouger une oreille, le damoiseau - le plus jeune des neufs finalistes - tente de bluffer dragon gris, mais ce dernier le réduit en cendres avec un hero call des familles (il paye son tapis overpot turn avec 4e paire alors que damoiseau n'a rien touché du tout). Entre gros bluffeurs, forcément, ils se comprennent. Enfin pas tant que ça, car damoiseau rouspète de s'être fait payer dans de telles conditions. Moi, ça m'arrange ! Un palier de franchi sans rien avoir à faire. C'est beau. Mais c'est insuffisant, je sais qu'il va falloir forcer mon destin. L'occasion se présente quelques minutes après, mais le coin flip ne passe pas et je suis éjecté de cette table finale par le placide Alain, futur vainqueur de l'épreuve...


Je termine donc 8e sur 401 participants. Même si je mesure la quantité de chance qu'il m'a fallu avoir pour en arriver là, je suis davantage frustré que ravi. Je quitte la table et vais chercher mon gain. 4 600 Euros payés en cash, avec un panachage de billets (500-200-100-50-20 et même 10). Je bois un dernier smoothie en ruminant ma peine, et je trouve en quelques minutes un covoiturage sur internet grâce au wi-fi. Le sympathique conducteur se propose même de venir me chercher juste devant l'entrée du casino. Tandis que je l'attends, j'assiste à une scène assez incroyable juste devant l'entrée de l'établissement. Un jeune flamand à peine sorti du casino avec ses quelques comparses se met à smurfer ventre à terre sur le sol afin d'épater la galerie. Je sors de ma bulle en quittant l'enceinte du casino. Il est minuit pile. Un week-end d'un autre monde s'achève. Je ne suis pas tout à fait riche. Mais plus tout à fait pauvre.

Merci RankingHero. Merci Dame Chance. Et merci à mes lecteurs qui ont cru en moi.

Bravo Alain !

mardi 8 septembre 2015

BPT Lille 2015 : une admission sur concours !

Excellente nouvelle que voilà : après avoir été lamentablement recalé à l'édition 2014, voici que je suis admis sur concours au BPT Lille 2015 ! Ainsi que j'ai déjà pu le relater ici à une ou deux reprises, j'avais l'an passé obtenu ma qualification en ligne pour ce même BPT Lille sur le site EuroPoker, mais l'opérateur alors au bord du dépôt de bilan avait unilatéralement annulé ma participation et je m'étais retrouvé le bec dans l'eau. Depuis, je ressassais ma peine relative à cet événement raté.

Mais voici que RankingHero vient de réparer cette terrible injustice, car ce véritable réseau social du poker vient de m'accorder l'immense privilège d'aller disputer l'étape lilloise du Barrière Poker Tour qui se déroulera dans quelques jours sous ses couleurs, puisque je viens de remporter le concours de poker littéraire qui y était organisé il y a quelques jours ! Le jury de rankinghero a jugé ma prose digne d'intérêt et je l'en remercie chaleureusement...

Difficile d'oublier que tout ceci n'aurait pas été possible si je n'avais pas été au préalable admissible grâce aux "j'aime" que j'ai pu récolter sur le site de rankinghero (seuls les 10 textes les plus populaires donnaient lieu à une éligibilité par le jury). Je sais que certains votes ont pu être obtenus grâce à ce blog. Merci.

Jusqu'à présent, les quelques tournois live que j'avais pu disputer avaient bien entendu nécessité une qualification online à la force du poignet, à coup de clics. Je vais donc pour la première fois de ma vie disputer un tournoi de poker payant sur invitation, un peu à l'image des joueurs professionnel sponsorisés. Le poker est un jeu extraordinairement individualiste. Mais pour la première fois, je vais avoir l'impression non plus de jouer seulement pour moi, mais aussi pour ceux qui ont cru en moi. Car en l'espèce, des personnes ont décidé de m'accorder leur confiance, et je me sens réellement redevable. A présent, je vais tâcher de faire en sorte que cette confiance se convertisse en une performance spectaculaire car il va falloir que mon compte rendu final soit digne de l'engouement suscité par ce concours.

J'en suis capable. Je le sais.


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Ci-après le message officiel publié sur le site de RankingHero ainsi que la copie de mon texte. Pour rappel, le sujet imposé consistait à imaginer un bluff qui entrerait dans la légende du BPT Lille. Pour ce faire, je me suis tout bonnement inspiré d'un énorme bluff que j'avais effectué au BPT Toulouse de 2014 et je l'ai romancé à ma sauce : après relecture je me dis que quelques menus détails auraient pu être améliorés dans la narration, mais j'étais réellement pressé par le temps.


Mon récit imaginaire :


Je dispute la table finale du BPT Lille en compagnie de deux joueurs extrêmement agressifs. Je dois leur tenir tête. La victoire est à ce prix. Mes mains sont moites et rendues malhabiles, ce qui n'est pas idéal pour dégainer du jeton. Et la sueur imbibe mon chapeau, mon dernier rempart contre leurs assauts. Il ne manque guère que le soleil de plomb pour que notre affrontement final ressemble à un dénouement digne d'un Western.


Nous sommes donc trois. Un bon au visage angélique, une jeune brute et un truand aguerri. Le bon (votre serviteur) joue de façon fluide et appropriée, tentant de passer entre les gouttes. La brute effectue régulièrement des relances monstrueuses. Le truand s'engage quant à lui dans tous les pots et dégaine systématiquement au flop en tentant d'arracher tous les coups à la manière d'un détrousseur de diligences.

Le dénouement est proche. La brute est énervée, car elle vient de perdre un gros coup contre le truand (aux tempes grisonnantes) dont le comportement s'avère particulièrement méprisant et qui n'arrête d'ailleurs pas de le chambrer pour le pousser à la faute. Le tapis de la brute énervée se retrouve bien entamé. Je le sens terriblement contrarié, à la limite du tilt. C'est le moment d'en profiter, d'autant que je suis au bouton : je prie pour que le croupier m'accorde une main puissante. Mais la magie n'opère pas, comme presque toujours : 10♣ et 2♦. Peu importe, je tente le coup car la position est en ma faveur.


Mal m'en a pris. Les deux loulous m'ont suivi, prêts à en découdre alors que je suis désarmé. Ca sent terriblement la poudre et j'ai l'impression de jouer les mèches trop courtes. Le flop est constitué de J♦ J♠ et 9♥. J'ai la désagréable impression de me retrouver à l'ouest, mais sans la conquête qui va avec... D'autant que le truand qui était de petite blinde décide de miser directement ! Dépité par mon mauvais timing, je me prépare à jeter ma main. Mais c'est alors que la brute effectue une sur-relance dantesque, en toisant le truand avec une étrange mimique en coin. La tension grimpe encore d'un cran et l'air devient irrespirable. On sentirait presque l'odeur du cuir humide de sa sacoche, d'autant qu'une grosse goutte de sueur perle longuement de sa tempe avant de tomber sur le bord de la table et de rouler au sol.


Je les regarde tous les deux en me préparant à me retirer du coup et à endosser le rôle du croque-mort puisqu'ils ont manifestement tous deux choisi cette main pour régler leurs comptes. Il y a de l'orage dans l'air. Pourtant, au loin, je crois entrapercevoir un coin de ciel bleu. Car mes mains refusent de répondre aux ordres de mon cerveau... Je prends ma plus grosse pile de jetons, et je l'avance les mains en coupe tandis qu'un « tapis » sort de ma gorge pourtant aussi nouée que le cou d'un pendu au petit matin.


Le truand déglutit. Il s'éponge le front, manifestement mal à l'aise d'avoir été pris au dépourvu. Ses mains tremblent. Il lève les mains en l'air et rend les armes. En voilà un premier qui a renoncé. Reste à présent la brute. Elle demeure impassible un long moment et me toise avec son air mauvais. Je ne peux plus soutenir ce regard et décide de fermer les yeux et de retenir ma respiration. Une minute passe. Mes joues s'empourprent. Les secondes continuent à s'égrener et ma gorge me pique de plus en plus. Je n'en peux plus. Je veux que ça cesse.


La brute retourne alors ses cartes. Une dame et un valet. Solide, le brelan ! J'ai l'air d'un cow boy du dimanche avec mon 10 et 2. Je ne dis rien, terrorisé par l'idée d'être parti au combat avec en main un pétard mouillé. La brute décrispe alors ses muscles et me sourit en me disant : " bien joué ! Tu avais as-valet, pas vrai ?" . Je respire avec avidité une goulée d'oxygène et déglutis sans plus bouger. Car profitant de la tension ambiante, je viens de me faufiler entre les gouttes et de remporter ce coup.


Le croupier me réclame mes cartes demeurées prisonnières de mes mains. Je retourne mes cartes. "10 et 2. La main de Doyle Brunson !" hurle le truand hilare. Un brouhaha s'empare de la salle. La brute jaillit de son siège et éructe non sans m'arroser au passage de quelques postillons : "comment t'as pu faire ça ? T'es un putain de génie, c'est ça ? C'est le bluff le plus moisi que j'aie jamais vu." Je demeure silencieux. Penaud face à mon comportement impassible, la brute toise le truand toujours hilare, se rassoit et murmure : "A l'ouest rien de nouveau... "
Je réponds enfin, en le défiant du regard : "Ici, c'est le Nord" ! La salle laisse alors retentir un tonnerre d'applaudissements tandis que je reçois une pluie de compliments de la part des observateurs. Quelques minutes après ce coup, le tournoi s'achève : le magot tant convoité est entre les mains d'un cow boy solitaire qui s'en retourne chez lui dans le crépuscule...

mardi 1 septembre 2015

Qui m'aime me suive !

Amis lecteurs - fidèles, infidèles, connus et inconnus - j'ai de nouveau besoin de votre mobilisation ! www.rankinghero.com, le réseau social de poker organise un nouveau concours afin de gagner un buy-in pour le Barrière Poker Tour de Lille qui se déroulera dans quelques jours. Et j'ai le secret espoir de remporter ce concours afin de prendre ma revanche sur le destin.

Pour rappel, l'année dernière, j'avais gagné le package sur EuroPoker pour m'y rendre, mais ces fieffés coquins en proie à des difficultés financières, m'avaient au final posé un lapin en ne versant pas au casino le montant de mon inscription et je n'y m'étais en définitive pas rendu. Conclusion : il est temps de rétablir un semblant de justice !

J'ai comme d'accoutumé publié un contenu de qualité sur le site, mais malheureusement mon déficit de notoriété sur rankinghero rend mon éligibilité hasardeuse. J'ai donc besoin de quelques votes ICI . Il suffit de se rendre sur la page et de cliquer sur j'aime en bas de mon article #BPTbluff pour peu que mon histoire vous plaise.

Pour que mon histoire soit belle, j'ai besoin de soutien ! Un buy-in de 570 Euros à gagner et la possibilité de briller en live, ce serait dommage de passer à côté faute de popularité, non ? Alors votez zebezt ! Qui m'aime me suive... et me vote. VITE ! Il ne reste que 24h pour ce faire.

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BPTBluff : Gagnez un buy-in pour le BPT Lille !

Le BPT Lille approche !
Qui dit BPT, dit buy-in à gagner sur RankingHero.
 Cette fois-ci, nous faisons appel à un mélange entre stratégie et créativité :Racontez-nous un bluff qui restera dans les annales !
Vous avez jusqu’au mercredi 2 septembre.

Vous avez trouvé une situation idéale (ou très mauvaise ) pour bluffer.

Pourquoi vous engagez-vous dans ce bluff ? Avez-vous travaillé votre image pour vous permettre de faire cela ?
Quelle mise vous semble être la meilleure pour faire croire à votre adversaire que vous avez un gros jeu ?
Utilisez-vous de faux tells pour faire croire que vous avez un bon jeu ?
Quelle attitude adoptez-vous ? Essayez-vous d’avoir l’air aussi décontracté que possible ? Souriant et blagueur comme Negreanu ? Impassible et le regard vide comme Tom Dwan ?

Soyez stratégiques.
Soyez créatifs.
Soyez fun.
Ou même tout cela en même temps.
Vous avez jusqu’au 2 septembre pour nous raconter ce bluff dans un post avec le hashtag #BPTBluff.  Les gagnant se désigné par l’équipe RKH parmi les 10 posts les plus likés !

lundi 31 août 2015

Tentative d'évasion !

Je l'ai déjà évoqué ici à divers reprises, mais ce que je trouve vraiment excitant, avec la pratique du poker en ligne, chez moi le soir, c'est le fait de pouvoir virtuellement me retrouver n'importe où dans les jours qui suivent certains tournois en ligne disputés avec succès. 

Le problème avec ce type de joies, c'est que lorsque l'on commence à s'y habituer un tant soi peu et que l'on élève ses standards, on a vite fait d'être blasé si l'on n'y prend garde. Et pire encore : quand survient une période de disette, on a tôt fait de croire que la victoire est un dû. Il n'en est rien... Il faut toujours remettre le métier à l'ouvrage.

A l'amorce de cette nouvelle saison 2015-2016 et à la faveur d'importantes parts de marché conquises dans le domaine des paris sportifs, Winamax a décidé de muscler son jeu en ce qui concerne ses investissements marketing dans le football français : c'est ainsi que la marque au W se retrouve désormais sponsor principal de l'Olympique de Marseille, mais également (dans une moindre mesure) partenaire des girondins de Bordeaux, des aiglons Niçois ainsi que des canaris Nantais. Exit le partenariat avec l'AS Saint-Etienne des saisons précédentes. Un de perdu, quatre de retrouvés ! Et bien entendu, Winamax organise des tournois de poker avec des places à gagner pour les matches de ces différentes équipes. Seuls les trois premiers du tournoi avaient le privilège de gagner des places en loges, les autres joueurs présents en table finale du tournoi devant se contenter d'un lot de deux places en tribune sans autre prestation. Sachant que j'ai à ma disposition la carte IDTGV illimité me permettant de rallier gratuitement bordeaux en train, j'avais décidé il y a une petite semaine de cela de participer au tournoi en ligne offrant des places pour le match Bordeaux-Nantes avec en point de mire les places en loge. Et c'est ainsi qu'à la faveur d'une stratégie ultra-offensive pendant le tournoi en ligne, j'ai réussi à gagner lesdites places en loge et avoir  le privilège de pouvoir tester les petits fours du nouveau stade de Bordeaux !

A l'ouest du nouveau...

Le nouveau stade de Bordeaux - inauguré il y a quelques semaines à peine et qui n'a toujours pas de nom - est une très belle enceinte sportive. Pour la petite histoire, le spectacle proposé par les girondins de Bordeaux contre les canaris nantais était réellement de qualité. Le score final contre Nantes (2 buts à 0) illustre parfaitement le degré de maîtrise des locaux.

En loges, toutefois, malgré le côté flambant neuf des infrastructures et le fait que la loge soit assez spacieuse, je dois avouer que je suis un peu resté sur ma faim en ce qui concerne la qualité des petits fours ainsi que celle de la collation qui nous étaient proposés. Il n'y a guère que la charcuterie qui m'ait réellement emballé. Ah, les bonnes tranches de jambon fumé suintantes à souhait : un régal ! Certes, il s'agissait d'un match disputé à 17h00 et à ce titre, la nourriture proposée aux VIP n'était pas celle d'un cocktail dinatoire, mais je m'attendais vraiment à mieux.

En quittant le stade, non sans avoir englouti rapidement une ou deux bouchées de charcuterie pour la route, j'ai rencontré dans le tram bondé qui ramenait les supporters girondins vers le centre-ville trois demoiselles blondes qui rentraient ensemble : à la faveur de la promiscuité, j'ai pu sympathiser avec elles et discuter en toute convivialité tout le long du trajet ! Le plus incroyable, c'est qu'elles étaient belles toutes les trois. Si je n'habitais pas un tantinet loin de l'agglomération bordelaise, j'aurais allègrement poursuivi cette intéressante expérience humaine avec des demoiselles du cru.
J'aime les voyages low coast. Au final, j'aurai dépensé la modeste somme de 35 euros pour une escapade de 24 heures à l'autre bout de la France : 29 euros en hôtel Formule1 et 5 Euros en transports (le tram de Bordeaux est relativement agréable). Ce fut donc une tentative d'évasion à moindre coût. Gageons qu'il y en aura d'autres et que ma conquête des travées VIP des stades de Ligue 1 n'en est qu'à ses débuts.

vendredi 28 août 2015

De l'eau et du pain sec...

Nonobstant sa bravoure et sa maestria dans la science des armes, le chevalier Fredyl fraîchement adoubé par le baron PMU a été déconfit lors de la bataille de Las Vegas. Ce fut la débandade parmi les troupes avides de gloire du baron, pourtant présentes en nombre sur le champs de bataille, mais fauchées par dizaines par les perfides néo-saxons particulièrement à l'aise sur un terrain qui leur était familier. Meurtri dans sa chair, Fredyl est ainsi fait prisonnier par un seigneur local aussi cruel que cupide. Car ne pouvant s'acquitter de l'exorbitante rançon de la gloire, il est jeté sans ménagement aux oubliettes et commence à ruminer sa peine en croupissant au fond de sa cellule tandis que certains anciens compagnons d'armes à la constitution plus fragile périssent rapidement dans les cellules voisines. Le temps semble s'être arrêté. Eau et pain sec pour seul menu. Ad nauseam. Les heures deviennent des jours et les jours se transforment aussitôt en semaines...
Faire de vieux os, c'est possible SVP ?

Un chapitre important dans mon parcours de joueur vient de s'achever à la suite de mes mésaventures au tournoi du Monster Stack des World Series of Poker. A l'amorce du chapitre suivant de mon récit, je me sens comme confronté au syndrome de la page blanche propre aux écrivains un peu trop perfectionnistes. Car pour que mon histoire soit belle et que je puisse continuer à la raconter vaille que vaille, il me faut mon quota d'aventures et de victoires. Et pour cela, il va bien falloir trouver une échappatoire crédible !

Les lendemains de défaite sont toujours pénibles à vivre. De longues semaines sans jouer se sont écoulées depuis mes déboires au Monster Stack qui se disputaient à Las Vegas en juin. J'avais réellement besoin d'un long break afin de prendre un peu de recul et d'analyser les choses au mieux afin de redéfinir mes objectifs à l'amorce d'une nouvelle saison : ça tombe bien, l'été est propice aux activités de plein air ! Prisonnier dans mes rêves de poker mais libre dans ma vie d'homme. C'est déjà ça. Mais l'été touche désormais à sa fin, et je me sens tel une cigale ayant épuisé son répertoire de chansons.

L'heure est peut-être venue de redevenir fourmi. Mais le puis-je seulement ? J'ai modestement recommencé à jouer au poker en ligne dans le courant de ce mois d'août, surtout dans le but de retrouver mes sensations premières, faites de plaisir pur avant que d'être mâtinées d'un peu de talent et d'ambition. Mais pour la première fois depuis ma découverte de ce jeu, ma motivation est quelque peu amoindrie. Or, le poker étant une discipline où le mental est particulièrement important, le fait d'avoir une ambition vacillante est tout bonnement catastrophique.

Mon objectif initial consistant à aller disputer les championnats du monde de poker en partant de rien a été atteint et je sens que j'ai besoin de me réassigner un nouvel objectif. Que puis-je être en droit d'espérer à présent ? Vouloir y retourner prochainement dans l'optique de faire mieux ? Cette idée de retourner à Las Vegas - et de devoir ainsi y supporter sa faune si particulière, endurer la canicule ambiante et subir en silence les affres de la climatisation - ne m'enchante absolument pas pour le moment. Je me dois donc de me trouver une source de motivation autre que la Nouvelle-Saxe et ses championnats du monde. Car cette source-là s'est tarie du fait de la trop grande sécheresse du désert du Nevada.

Ce n'est pas parce que ma motivation est orpheline que j'envisage d'abandonner le poker pour autant : ce jeu me procure toujours une certaine forme de plaisir, avec son lot de joies, d'insouciance et d'espoirs, en m'offrant ainsi une douce décharge d'adrénaline sans risque ni effet secondaire aucun : eu égard à l'extrême modestie des sommes que je mets en jeu, mon seul risque, c'est de gagner... et ce risque-là, je veux bien continuer à accepter de le prendre ! Car je ne resterai pas éternellement à moisir enfermé dans un donjon avec comme seule ressource de l'eau croupie et du pain sec. J'ai beau avoir épuisé mon répertoire estival, il y aura des lendemains qui chantent, j'en reste certain. Depuis mon sombre cachot, je crois entendre une douce mélopée, que l'on fredonne au loin. En levant mes yeux alanguis et privés de lumière depuis trop longtemps, j'entraperçois dans la pénombre la silhouette familière de Dame Chance qui me guide vers la sortie...

dimanche 16 août 2015

Vegas 2015 : traversée du désert et ensablement

15.000 jetons au départ pour 1.500 USD
Il y avait environ 7 500 participants au Monster Stack des WSOP 2015 qui se disputait au Convention Center du Rio. J'étais l'un des 28 français arborant le logo vert du PMU. En guise de bonus, j'avais choisi de démarrer cette première journée avec un T-Shirt aux couleurs du PSG couplé avec mon habituel chapeau péruvien, quand bien même les deux n'aillent pas naturellement de pair. Afin de veiller sur mon pécule, j'avais emmené avec moi ma petite figurine de sphinx qui complète désormais ma panoplie lors de mes tournois live. Nous avons démarré le tournoi ce samedi 13 juin à 10h du matin précises avec un tapis de départ de 15.000 jetons. 

Une entame de tournoi pourtant prometteuse...
Après avoir sorti deux adversaires en adoptant en ce début de tournoi un jeu solide dépourvu de toute fantaisie inutile, mon tapis atteint son acmé de la journée vers les 16 heures : je trône alors sur un matelas de 45.000 jetons alors que la moyenne n'est même pas encore à 25.000 jetons. Ma petite figurine en forme de sphinx irrité trône littéralement sur mes gros jetons tel un gardien de tombeau royal. Cette figurine fait d'ailleurs merveille en ne manquant pas de susciter curiosité, intérêt... et crainte de la part de mes adversaires américains. D'ailleurs, l'un des joueurs assis à la table hésite un moment à vouloir me l'acheter, persuadé que la figurine me porte chance, avant de devoir y renoncer à la suite de son élimination prématurée. Bye.

Mais cet excellent démarrage de ma part va vite se muer en gros passage à vide en fin d'après-midi : je perds consécutivement plusieurs petits coups sans rien pouvoir faire en raison de textures de flops particulièrement défavorables et de surcroit peu propices au bluff. Une croupière - fort sympathique au demeurant - est demeurée à ma table trois longues heures d'affilée sans que je ne parvienne à remporter une seule main si l'on excepte une mise sur laquelle tous mes adversaires se sont couchés et qui ne m'a donc rien rapporté. C'est dire à quel point ce fut pénible. Du coup, mon sphinx commence à s'enliser quelque peu, ma pile de jetons diminuant lentement mais régulièrement, heure après heure, sans que je ne parvienne à stopper le processus d'ensablement. Je demeure malgré tout patient, toujours à l'affût, prêt à profiter de la moindre faiblesse ou fatigue adverse.

Sur les coups de 22 heures, notre table casse et me voilà contraint de changer de salle tout comme une centaine d'autres joueurs encore en lice dans cette salle White Pavillion pour aller retrouver le gros des troupes dans la désormais mythique salle de l'Amazon Room où se trouve la table télévisée. Tant mieux, me dis-je alors, car je commençais à sentir le goût du sable et de la poussière dans ma bouche déshydratée. Il me reste alors deux heures devant moi pour éviter la momification et retrouver une zone de confort, la journée marathon devant s'achever peu après minuit pour aller se reposer à l'hôtel. Je dois donc prendre des risques et prier pour qu'ils s'avèrent payants.

Mon élimination du tournoi survient malheureusement sur les coups de minuit, à très exactement dix minutes de la fin de la première journée sur un 50/50 préflop perdu contre un joueur qui rentrait dans beaucoup de coups (as-dix contre paire de six) après avoir enduré une disette de plusieurs heures d'affilée sans toucher de jeu. Je finis donc aux alentours de la 2.300e place. Ma fin de tournoi aura juste été atroce, puisque vécue sous la forme d'une lente agonie. C'est relativement frustrant d'avoir passé près de trois heures privé de jeu et dépourvu de marge de manoeuvre coincé sous la zone des 20 blindes. On se déshydrate toujours bien plus rapidement qu'escompté lorsque l'on entame une traversée du désert... même avec une réserve d'eau que l'on estime suffisante. Je commence en outre à penser qu'as-dix constitue décidément la main avec laquelle je perds certains de mes tournois les plus marquants. Je ne suis pas fétichiste mais je commence à croire que cette main me joue systématiquement de vilains tours.

C'est à demi-hébété que je quitte le Rio et décide de rentrer à pied au Palazzo afin d'évacuer au mieux mon amertume. Rentrer à pied constitue une gageure lorsque l'on sait à quel point Las Vegas est l'ennemie des piétons, certains rues et artères étant impossibles à arpenter à pied, la part belle étant faite aux véhicules et certains trottoirs se terminant de façon parfois aussi brutale qu'une élimination de tournoi de poker. Après une demi-heure de marche chaotique à repasser le film de mon tournoi sans trouver grand chose à redire sur mon jeu, je parviens enfin à déjouer le piège sournois tendu par les trottoirs disparus par intermittence et à rejoindre le Las Vegas Boulevard, l'une des seules avenues propices aux déambulations des piétons. La fête y bat son plein, les californiens délurés ayant rejoint les touristes à la faveur du week-end. 

Tandis que je célèbre les funérailles de mon tournoi en marchant d'un air grave sur le boulevard, les gens que j'y croise me paraissent donc tout particulièrement joyeux et festif, grisés par l'alcool, littéralement ensorcelés par la liesse urbaine, excités par la sur-oxygénation des casinos et dopés par l'adrénaline que leur procure la ville du jeu. Il fait encore 30 ou 32° malgré l'heure tardive. Certains ont manifestement bu plus que de raison dans la chaleur de la nuit. Il faut dire qu'à Las Vegas, pour peu que l'on soit affairé à jouer dans un casino, des serveurs zélés se pressent tous les quarts d'heure pour offrir gratuitement la boisson de son choix au joueur : il suffit juste de leur glisser un dollar de pourboire à chaque passage pour que jamais le flot ne se tarisse et que l'on puisse boire jusqu'à plus soif.

Je croise ainsi à plusieurs reprises des duos ou trios de jolies américaines fortement alcoolisées en train de zoner sur place, et me dis alors que si j'avais eu l'âme d'un prédateur, j'aurais pu sans peine aucune batifoler avec ces proies californiennes aussi belles que fragiles dans ma luxueuse suite au Palazzo et siphonner de la meilleure des manières quelques unes des bouteilles d'alcool dont regorge le mini-bar.

A mon arrivée à l'hôtel, seul, vaincu, je me fais couler un bain et décide d'accrocher sur la porte de ma chambre le panneau "ne pas déranger". Puis, je m'enfonce dans les draps trop larges de mon lit King Size et glisse alors dans un sommeil de plomb. Je ne verrai pas du tout la journée de dimanche, puisque je vais ainsi végéter dans ma chambre jusqu'au lundi matin.

Alexandrie, Alexandra... a plus d'appétit qu'un barracuda (source : PMU)
Au poker, la variance est telle qu'il convient de ne pas se focaliser sur un seul tournoi car la vérité d'une épreuve n'est qu'illusion et mirage au regard de la réalité et du niveau intrinsèque des uns et des autres. Des 28 joueurs PMU inscrits, seule Alexandra Petitjean est parvenue à rallier les places payées. C'est dire à quel point ce tournoi fût compliqué pour l'ensemble du contingent français. Cela ne veut pas dire que nous étions mauvais, loin s'en faut : c'est juste que la variance n'avait pas décidé de se montrer favorable au PMU lors de ce tournoi. Mais j'ai beau le savoir pertinemment et l'avoir intégré à mon processus de réflexion depuis belle lurette, ma sortie de tournoi m'a éprouvé mentalement. Car ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de disputer les championnats du monde de poker.

Après avoir enduré une longue et éprouvante traversée du désert, après s'être retrouvée enfouie sous les sables du Nevada, après avoir mordu la poussière, voici qu'une momie nommée Fredyl repointe le bout de son nez. J'ai retrouvé un peu d'entrain pour le poker, après plus de deux mois complets d'abstinence. Hier, à l'occasion d'un petit ménage dans mon bureau, j'ai jeté à la poubelle mon badge WSOP 2015 ainsi que le petit carton de mon tournoi qui contenait pourtant quelques infos anecdotiques telles que mon numéro de table. Et bizarrement ce matin, j'ai enfin retrouvé un semblant d'inspiration pour rédiger ce petit article. Preuve en est que j'avais encore besoin d'évacuer un reliquat de frustration avant de repartir du bon pied.


Une photo du vainqueur Perry Shiao,qui remporte ainsi 1 286 942 USD (source :Club Poker)




dimanche 26 juillet 2015

Vegas 2015 (Welcome)

Ma suite au Palazzo
Las Vegas. Tout a été dit ou presque sur cette ville pour que je n'aie pas à m'étaler en longueur sur les joies et les peines que l'on peut trouver à Las Vegas. Je vais donc faire court en la matière et me contenter de livrer mon ressenti sur la petite semaine que j'ai pu passer dans cette ville si particulière. Tout d'abord, le PMU avait bien fait les choses en réservant des suites de 70m2 dans l'un des plus beaux et plus récents hôtels de la ville : le Palazzo.

La pancarte mythique
Outre un cocktail de bienvenue, une journée de découverte de la ville était incluse dans le package proposé par le PMU. Avec au passage la "visite" de la pancarte mythique aux abords de la ville. Kitsch à souhait. Le tout sous un cagnard digne des déserts les plus secs et les plus arides. Une chaleur à m'en exploser les narines : je ne compte pas le nombre de fois où j'ai pu saigner du nez au cours de cette semaine écoulée. Cela faisait des années et des années que je n'avais pas eu aussi chaud et j'ai véritablement souffert... même à l'abri de mon fabuleux sombrero péruvien. A bien y réfléchir, cette semaine à Vegas aura été pour moi une véritable traversée du désert. Les cartes reçues en seconde partie de journée ont asséché mon tapis aussi sûrement que la mer Morte privée des eaux du Jourdain.

Avoir la chance de pouvoir disputer les WSOP - World Series of Poker - en partant de zéro constituant l'un de moteurs de mon challenge personnel et de mon investissement dans le poker lorsque j'ai décidé de me consacrer à ce jeu. Objectif initial atteint, donc. Certes, il s'agissait d'une épreuve secondaire à 1.500 USD l'entrée, et non du légendaire main event à 10.000 USD, mais il y avait un bracelet à la gagne et l'épreuve que j'ai pu disputer, le monster stack (event #28) était l'un des plus prisés et des plus disputés, avec environ huit mille inscrits.

jeudi 18 juin 2015

Vegas 2015 (préambule) : Lost in la pampa !

Au poker, il y a une expression récurrente que l'on emploie au sujet d'une personne qui est entrée dans un coup et qui y a investi un maximum de jetons en situation extrêmement inconfortable, à la limite du mauvais bluff, sans rien de solide en main et sans réel espoir d'améliorer son jeu afin de remporter le pot : "être dans la Pampa". Cette expression existe aussi dans d'autres jargons (notamment cycliste) avec une signification proche. Une sorte de cambrousse, en somme, mais à la sauce américaine...

Avant de me rendre à Las Vegas pour y disputer le tournoi Monster Stack des WSOP, j'ai décidé de faire un crochet d' une petite semaine par l'Argentine afin d'y visiter de la famille éloignée d'autant que pour ce qui est du prix des billets d'avion, le surcoût occasionné par cette triangulation improvisée entre Paris, Buenos Aires et Las Vegas était plutôt raisonnable.

L'occasion était belle de pouvoir me ressourcer quelques jours en Argentine avant de me plonger dans le grand bain des WSOP à Las Vegas. Mais ce détour a failli me coûter très, très cher. Ma famille éloignée réside à Bellville, une modeste ville de 40.000 habitants en plein centre de l'Argentine, à 450 kilomètres à l'ouest de Buenos Aires. Pour y arriver, je n'ai connu aucune difficulté et j'ai pris l'autocar en toute tranquillité. En revanche, pour retourner à la capitale et prendre mon avion à destination de Las Vegas (avec escale à Miami), ce fut autrement plus compliqué en raison d'une grève nationale des transports argentins ayant paralysé l'ensemble du pays...

La pampa actuellement bien trop humide pour les champs
Car l'Argentine va très mal en cette année 2015, avec une inflation annuelle de 40% et des difficultés non seulement économiques, mais aussi politiques et sociales : une production agricole en berne (notamment en raison de conditions météorologiques défavorables), des revendications sociales tous azimuts et une classe politique en pleine crise encore accrue par une période pré-électorale particulièrement indécise, rendant ainsi le pays encore plus instable que d'accoutumée. C'est pour dire !

L'avant-veille de mon départ théorique pour Las Vegas, j'étais perdu en pleine Pampa argentine - dans tous les sens du terme - sans aucune certitude quant à la possibilité de rejoindre Buenos Aires à temps pour prendre mon avion. Alors que nous survolions en avion privé la Pampa et ses terres gorgées d'eau rendant illusoire tout espoir de rendement agricole correct pour la saison, je me faisais un peu de mauvais sang devant l'incertitude grandissante, tandis que mon voisin à bord de l'avion prenait quelques photos de la campagne environnante, notamment celle en illustration. On voit bien à quel point les terres sont gorgées d'eau bien au delà du raisonnable... cela fait des mois que cela dure et les récoltes ont été particulièrement mauvaises dans une grande partie de la campagne argentine. Par un effet de vases communicants, les exportations chutent et le pays s'appauvrit en devises, ce qui touche toutes les classes sociales... y compris celle des transports.

Il suffit parfois d'un grain de sable dans la mécanique ou d'une goutte de pluie en trop, et c'est tout un fragile équilibre social qui est remis en cause. Le génie humain ne s'exprime que grâce à la complémentarité des efforts et à la répartition harmonieuse des tâches entre toutes les classes sociales. une grève bien coordonnée peut suffire à paralyser un pays tout entier. Et j'ai failli en être victime collatérale : cela faisant de très nombreuses années que je n'avais pas ressenti un sentiment d'impuissance avec une force pareille. J'ai tremblé pendant près de 48 heures. Heureusement pour moi, la grève générale s'est achevée quelques heures avant le moment fatidique, et j'ai pu rallier non sans mal (trajet improvisé en voiture + changement de bus) la capitale, juste à temps pour pouvoir m'envoler pour Vegas et ses paysages nettement moins humides.


jeudi 4 juin 2015

EuroPoker : opération Okavongo ?

En décembre 2014, j'avais été contraint - comme beaucoup de joueurs victimes de la faillite d'Euro Poker - de déclarer ma créance auprès de Maitre Danguy, mandataire judiciaire à la liquidation d'Epmedia France, la société commerciale qui gérait la marque Euro Poker. Il m'a fallu un temps considérable pour pondre une déclaration aussi précise et exhaustive que possible, à hauteur de 4 437 Euros. Avec en prime la bagatelle de 15 annexes, histoire de blinder mon propos et de rendre mon dossier aussi complet que possible. J'ai donc reçu il y a quelques jours à peine sa réponse à ma déclaration de créance.

le fleuve Okavongo se perd dans le désert
Il est particulièrement irritant de penser que des tas d'individus isolés se retrouvent englués malgré eux dans de telles paperasseries. Des gens qui à la base voulaient juste passer du bon temps en jouant un peu au poker en ligne et dont les sous risquent au final de s'évaporer aussi sûrement que les eaux du fleuve Okavongo qui se perd dans le désert brûlant du Kalahari sans jamais parvenir à atteindre la mer.

Je pense à tous ces joueurs lésés qui n'ont pas la chance de comprendre ne serait-ce que les bases des rouages du droit, notamment en matière de procédures collectives. Comme si le boulanger du village, le garagiste d'à côté ou bien encore l'ouvrier de l'usine avaient un code de commerce en guise de livre de chevet ou bien un service juridique à leur disposition. "Oui bien sûr, Maître, je sers la baguette de pain à Mme Michu et je suis à vous. J'adore discuter de l'article L 622-27 en application à la procédure de redressement judiciaire selon les dispositions de l'article L 623-14 du code de commerce. Mon beau-frère ouvrier à l'usine, ce paresseux, il va faire appel à son cabinet d'avocats habituel avec lequel il a déjà gagné des dizaines et des dizaines d'affaires."

Je trouve la tournure prise par cette affaire complètement insupportable, d'autant que pendant ce temps-là, l'ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne) - qui aurait  pourtant dû prendre le problème à bras-le-corps avec son service juridique - continue à faire ce qu'elle sait faire le mieux, à savoir : rien ! Il faut dire que l'ARJEL qui a lourdement failli dans son devoir de contrôle et de surveillance des opérateurs agréés constitue a mon sens le principal responsable de ce fiasco. Plutôt que d'opter pour un comportement schizophrénique qui consisterait à vouloir défendre aujourd'hui ceux qu'ils ont lésé hier, les gens de l'ARJEL préfèrent rester cohérents dans leur ligne de conduite en laissant patauger dans la fange aujourd'hui ceux qu'ils ont souillé hier avec la même insouciance qu'un bambin avec son premier pantalon à bretelles. C'est leur point de vue. Je ne suis pas certain que ce soit le bon. Heureusement qu'un avocat en herbe s'est spontanément manifesté sur le site Club Poker pour aider une partie des joueurs lésés et les accompagner dans leur démarche...

Le courrier laconique d'une vingtaine de lignes que vient de m'envoyer Maitre Marie Danguy en réponse à ma déclaration de créance est tout simplement consternant. En voici les éléments-clefs tels que rédigés par Maitre Danguy :

"Monsieur,
En ma qualité Mandataire Judiciaire, j'ai procédé contradictoirement à la vérification des créances déclarées au passif de l'affaire en référence. (...)

Votre créance est contestée par le débiteur à hauteur de 3 102 Euros au motif suivant :

Les tickets tournois ne sont pas payables en argent réel au joueur.
De plus les tickets expirés sont perdus. "

Eh bien ! Suffit-il d'un coup de baguette magique pour se débarrasser d'une créance pourtant censée être super-privilégiée et contre-garantie par un organisme de fiducie ? Deux lignes et abracadabra trouduc ouvre-toi ? Il faut croire que oui...

J'ai effectivement déclaré 3 102 Euros en tickets de tournoi. Car au poker, les tickets de tournoi, ce n'est pas de la monnaie de singe : ça a la même valeur que de l'argent réel, à ceci près que ce n'est pas fractionnable. J'ai transpiré des neurones pour les gagner, ces satanés tickets. Et de surcroît ces tickets n'étaient assortis d'aucune date de péremption, ça a moult fois été répété sur la plateforme par le staff d'EuroPoker. Je dispose d'un délai légal de 30 jours pour répondre à son courrier avec des mots choisis, un argumentaire en béton armé et un vocabulaire juridique de rigueur afin de lui expliquer que ce qu'elle vient de m'écrire-là est complètement dénué de sens. Faute de quoi mes 3 102 euros s'évaporeront dans les sables brûlants d'un désert impitoyable.

Le juge-commissaire aura a se pencher sur mon cas vu que je vais évidemment réagir vigoureusement et qu'il va falloir regarder tout ceci à la loupe. Mais dans tous les cas, que d'énergie perdue au passage ! Heureusement que j'ai la foi et l'envie de me battre, et que je dispose par ailleurs d'assez d'eau à mon moulin pour espérer une issue favorable. Sinon je serais réellement malheureux. A vrai dire, je suis malheureux. Surtout pour tous les autres joueurs incapables de faire entendre leur voix.

Je ne résiste pas au plaisir de fournir une petite pièce jointe extraite de la page Facebook officielle d'EuroPoker avec laquelle ces gens faisaient leur communication. "Pas de durée définie" pour les tickets. De plus, lors de la liquidation amiable des opérateurs en ligne Barrière Poker et Partouche Poker les tickets des joueurs ont été convertis en cash et reversés sur les comptes des joueurs. Dans ces conditions, quelles sont donc les chances pour que les arguments avancés par le débiteur soient réellement fondés ?