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jeudi 28 août 2014

Mise sur orbite du satellite Barrière Poker Tour de Lille

Jusqu'ici, je considérais la chose comme trop improbable pour être considérée sérieusement. Remporter 100% des mains importantes jouées lors de l'abattage lors d'un tournoi d'envergure. Et pourtant c'est bel et bien ce qui m'est bien arrivé ce mardi 26 août lors de la finale satellite qualificative pour le Barrière Poker Tour de Lille qui avait lieu sur Euro Poker.

La fusée Soyouz au décollage
C'est en allant disséquer le compte-rendu du tournoi tel que retracé par Xeester, mon logiciel de suivi de performance, que j'ai pu constater à quel point le phénomène avait été flagrant. Une courbe ascendante à la forme exponentielle d'un bleu azur, signe de réussite absolue lors de ce tournoi, sans la moindre zébrure rouge qui signifierait une quelconque dose de malchance. Avec une courbe aussi belle, ma mise sur orbite ne pouvait être que réussie, contrairement aux deux satellites Galileo que la fusée russe Soyouz a malencontreusement mal positionnés ce 22 août dernier et qui sont désormais irrécupérables. S'il y a un point commun entre la conquête du poker et la conquête de l'espace, c'est que la frontière entre succès et échec est parfois tellement mince...

Outre le fait que j'aie remporté tous les coups d'importance à l'abattage (symbolisé par les traits verticaux bleus sur ma courbe Xeester), il est également frappant de constater que jusqu'à quasiment la mi-tournoi, mon tapis grimpe doucement sans que j'aie disputé le moindre coup d'envergure lors de l'abattage des cartes. Une progression tout en finesse qui me fait doubler en jetons sans aucune prise de risque. Puis ensuite, à partir de là, j'appuie sur le bouton "pilotage automatique" et c'est Dame Chance qui a joué à ma place jusqu'à la fin du tournoi. Je me suis contenté de raccompagner un à un les autres participants à cette incroyable soirée en direction de la porte de sortie. Et c'est ainsi que j'ai fini la soirée la tête dans les étoiles...

un satellite parfaitement mis sur orbite !

mercredi 27 août 2014

Merci Dame Chance !!!

Il y a des fois où je me dis que ce blog ressemble presque à un roman, tellement les événements que j'y relate y trouvent parfois une vérité, une cohérence et un magnétisme déconcertants de précision. Ce sentiment, je l'ai surtout lorsque je relis a posteriori mes articles écrits précédemment. La semaine dernière, ma déveine fut totale... pourtant, loin de me lamenter, j'avais écrit noir sur blanc espérer que l'équivalent contraire se produise avec la même intensité lors d'un tournoi important ! C'est chose faite. Car voilà que ce soir, à sept jours d'intervalle très exactement, La guigne déchaînée contre moi a laissé la place à une Dame Chance absolument irrésistible, puisque cette dernière est venue non pas me tendre la main comme elle le fait parfois, mais carrément me happer, m'enlacer et m'emporter dans un tourbillon de réussite tout le long de la soirée, et ce précisément lors du plus gros tournoi que je dispute depuis la fin de ma trêve estivale !

Ce mardi 26 août à 21h15 se déroulait en effet sur Euro Poker la finale qualificative en ligne pour l'étape lilloise du Barrière Poker Tour qui se tiendra le second week-end de septembre. Pour participer à cette qualification, nous étions 25 participants à avoir déboursé les 100 Euros requis (ou utilisé un ticket obtenu lors d'une pré-qualification). Comme toujours lors des finales se déroulant sur Euro Poker, j'avais trouvé le moyen de me qualifier à moindre frais, en glanant mon ticket pour 10 Euros à peine. Deux packages d'une valeur de 1.000 Euros étaient à pourvoir (570 Euros en droits d'entrée pour le tournoi lillois et 430 Euros en cash pour les frais de déplacement), le troisième du tournoi devant se contenter de 385 Euros en cash et tous les autres repartant bredouilles. En terminant premier de ce tournoi, je décroche ma qualification haut la main. Dans des proportions indécentes tellement j'avais de jetons comparé aux autres !

Le plus incroyable dans tout ça, c'est que je ne voulais pas participer à ce tournoi ! J'avais prévu de regarder le football à la télévision (match qualificatif retour de Champions League entre FC Porto vs Lille) et m'étais donc résigné à ne pas participer à ce tournoi. Je m'étais désinscrit de ce tournoi en fin d'après-midi, ne voulant pas y participer sans avoir toute ma concentration. Et puis j'étais censé être en phase de déveine... j'avais donc choisi de reporter l'utilisation de mon ticket de 100 Euros. Je me revois parfaitement en train d'appuyer sur le bouton "me désinscrire" et vérifier quel la manipulation avait été correctement effectuée. J'étais donc désinscrit. Cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Tout du moins, je croyais m'être désinscrit ! Quelle ne fût pas ma stupéfaction lorsqu'à 21h15 précises la fenêtre du tournoi Euro Poker s'ouvrit sur mon écran d'ordinateur, me forçant à éteindre derechef le match de football... Dame Chance avait tout manigancé à l'avance. Parvenir à me faire remporter un tournoi d'importance auquel je n'étais pas censé participer, c'est du jamais vu !

Je suis un surfeur irrésistible, un tsunami pour mes adversaires...
Tout m'a souri durant ce tournoi. Lors des deux dernières heures, les coups victorieux se sont enchaînés à une cadence frénétique : c'est bien simple, j'étais irrésistible à la table, remportant tous les coups-clef disputés ! Et je n'oublierai pas de sitôt à quel point tout ceci n'aurait pas été possible sans l'intervention autoritaire de Dame Chance, qui m'a tiré d'une sortie de piste qui aurait dû m'être fatale en milieu de tournoi (lors d'une rencontre As-Valet contre As-Roi), et qui par la suite, m'a littéralement laisser surfer sur la vague formée par le rouleau compresseur d'un tapis sensiblement supérieur à celui des autres participants encore en course.

Le tournoi est maintenant fini depuis une bonne heure au moment où je rédige ces lignes, et pourtant je sens encore sur mes lèvres le goût exquis et le parfum de l'hydromel divin prouvant que Dame Chance m'a embrassé langoureusement ce mardi ! Je suis d'ailleurs légèrement enivré de joie... ce n'est pas tous les jours que je goûte au nectar sacré du Dieu du Poker. Mais pas question de me laisser griser pour autant suite à cette expérience divine. Car cette étape lilloise du Barrière Poker Tour qui se profile à l'horizon, il me va falloir la convertir en sonnantes et trébuchantes ! Je vais avoir fort à faire, c'est certain. Mais d'ici là, je peux vaquer à mes occupations normales. Retrouver un quotidien sans excès.

Ce n'est pas tous les jours que Dame Chance fait de moi son parangon ! Sur le long terme, chance et malchance finissent toujours pas s'équilibrer dans des proportions équivalentes. Et elles ne déversent leur passion ou leur colère la plus intense qu'en peu d'occasions. Hier encore, La Guigne me lacérait la chair et me soufflait ses effluves pestilentielles dans les narines pour tester ma résistance et ma foi. Aujourd'hui, voilà que Dame Chance me prodigue généreusement ses bienfaits, en me passant délicatement ses onguents sur la peau, en me fredonnant dans le creux de l'oreille sa plus envoûtante mélopée et en m'embrassant langoureusement avec une infinie tendresse. Ce soir, je m'endormirai heureux, le sourire béat, avec la même sensation que si je venais de faire l'amour à la plus belle femme du monde...





mardi 19 août 2014

21h37

En ce mardi 19 août 2014, je viens de battre un record de vitesse inédit. A 21h37 très précises, j'ai réussi à me faire éliminer du dernier tournoi auquel je m'étais inscrit (sachant que mes tournois du soir ont débuté quasiment tous à 21h00). C'est pour dire à quel point les six tournois auxquels je m'étais inscrit on été vite expédiés... et pourtant l'un de ces tournois était particulièrement important puisque pouvant me qualifier pour un tournoi live à l'étranger si j'arrivais à me hisser jusqu'en table finale.

Ai-je donc particulièrement mal joué pour me faire sortir aussi prématurément de mes tournois du soir ? La réponse est non : j'ai joué exactement comme d'accoutumée. Sauf que les tirages de cartes se sont déchaînés contre moi avec une malchance inouïe. Je n'avais jamais connu pareille déveine en un laps de temps aussi bref. Mais s'il est une chose dont je suis certain, c'est que sur le long terme, chance et malchance s'équilibrent toujours. Du coup, ma déveine de ce mardi en deviendrait presque une bonne nouvelle à mes yeux, ma perte du jour se limitant à une poignée d'euros. Et je me mets à espérer secrètement que le jour où j'aurai un coup de chance d'une intensité comparable à ma malchance de ce mardi, ce soit lors de tournois à enjeux autrement plus élevés.
C) Wizards of the Coast

C'est aussi ça, le poker. Des périodes de chance et de malchance. Si ce n'était qu'une affaire de talent, 99% des joueurs se seraient déjà lassés de perdre et plus personne ne jouerait au poker. La Guigne ne me fait pas peur : elle fait partie de l'écosystème, et est d'ailleurs parfaitement intégrée dans mon panthéon fredylien. Vouloir la fuir ou la repousser est voué à l'échec dans tous les cas de figure. Pire encore : pester contre elle constitue le meilleur moyen d'attirer son attention de façon prolongée. Il vaut donc mieux accepter sans broncher la fatalité lorsque cette harpie se pose sur mon épaule. Même si ses serres griffues me lacèrent la peau, j'ai pris le parti de rester stoïque le temps nécessaire à ce que qu'elle reparte d'elle-même et que les effluves pestilentielles de la malchance se dissipent, cette dernière finissant par se lasser de me voir placide et souriant là où la plupart vitupèrent et hurlent leur dépit, leur écoeurement et leur douleur. Bientôt, le passage de La Guigne, cette vieille harpie, ne sera plus que le lointain souvenir d'une tourmente passée.




Mon animal-totem

Pierre Bordage est un auteur français que j'affectionne tout particulièrement. Spécialisé dans les romans de science-fiction et d'anticipation, ce dernier est notamment l'auteur des deux ouvrages suivants : "Porteurs d'âmes" (2007) et "Les fables de l'Humpur" (1999). 

"Porteurs d'âmes" est celui des deux qui m'a le plus marqué. D'un point de vue purement littéraire, c'est loin d'être l'un des meilleurs livres de Pierre Bordage. Mais ce roman d'anticipation est narré sous un angle original, décrivant notamment le parcours chaotique d'une adolescente africaine déracinée et projetée de force dans la civilisation occidentale, qui avec ses yeux innocents assimile les gens qu'elle croise à l'animal qui correspond le mieux à leur caractère (et à leur apparence également). Cette métaphore animale se rapproche bien évidemment de la thématique de l'animal-totem. Très présente dans les cultures amérindiennes mais aussi africaines, la notion d'animal-totem se retrouve également à un degré moindre dans certaines cultures européennes. Toutefois, elle est à présent complètement désertée dans notre société occidentale du XXIe siècle. Or, dans une société du rationnel telle que la nôtre, la thématique de l'animal-totem est relativement intéressante car totalement décalée par rapport à ce dont nous sommes habitués dans notre approche d'autrui, et permet de facto une perception différente (et complémentaire) de la réalité observée. Depuis que j'ai lu ce roman "Porteur d'âmes" il y a quelques années, j'essaye parfois par amusement de déterminer quel pourrait être l'animal caractérisant le mieux les personnes de mon entourage, voire les gens que je ne fais que croiser. C'est ainsi que parfois j'entraperçois l'emprunte psychique d'un hérisson, d'un chien, d'une tigresse, d'une louve, d'un serpent, d'un hamster, d'un sanglier, d'un paon ou bien encore d'un ours... Ces archétypes constituent une classification empirique et donc un raccourci intellectuel potentiellement dangereux (à l'image des préjugés). Ce sont des archétypes certes simplistes, mais ils ont leur utilité, puisque cette classification sommaire est propice à une prise de décision rapide dans des situations imprévues où il faille se prononcer rapidement sans avoir tous les éléments en sa possession.

Pierre Bordage a également écrit un autre ouvrage ayant la thématique animale en pierre angulaire : "Les Fables de l'Humpur". Ce véritable petit bijou de la littérature fantasy constitue une sorte de fables de la Fontaine modernes, mais en version romancée. Un vrai coup de coeur littéraire, à tel point que c'est un livre que je n'ai pas hésité à offrir à quelques personnes qui m'étaient chères par le passé. Dans ce roman d'un type un peu particulier, les protagonistes de l'histoire sont des animaux d'un style un peu particulier, véritables humanoïdes dotés de la parole, et tandis que certains d'entre eux essayent de cultiver une certaine forme d'humanité en eux, d'autres se replongent avec plaisir dans leurs instincts les plus primaires et dans leur animalité pure, afin de retrouver un certain ordre naturel des choses. Les personnages de ce roman d'un style vraiment à part, sont donc tiraillés entre leur intellect et leur instinct. A l'image d'un joueur de poker à une table, qui doit effectuer ses choix en fonction de ses déductions, mais aussi de son intuition. Mais quel est le plus sûr chemin vers la victoire finale ?

Coucou, c'est nous !
Il m'a fallu un peu de temps avant de parvenir à établir quel pouvait être mon animal-totem à moi, celui qui me correspondait le mieux. Toutefois, le jour où je l'ai trouvé, j'ai su qu'il me correspondait pleinement : le Renard Polaire, également connu sous le nom d'Isatis. Pour tout un tas de raisons que je ne développerai pas ici mais qu'il est néanmoins possible de résumer en quelques adjectifs présents chez le Renard Polaire : malice, curiosité, endurance et frugalité. Il se fond en outre parfaitement dans le décor, son pelage blanc hivernal s'obscurcit quelque peu au printemps avec la fonte des neiges.

Au poker, si les archétypes des joueurs existent bel et bien et constituent un jargon propre à cette activité, il ne s'agit absolument pas d'archétypes animaliers mais exclusivement halieutiques, et la classification qui en découle est relativement binaires : il existe d'un côté le "fish", de l'autre le "shark". Le poisson sans mémoire destiné à être dévoré, d'une part, et le requin sanguinaire au sommet de la chaîne alimentaire, d'autre part. S'il est vrai qu'en ligne, il est difficile de brosser le portrait détaillé d'un joueur, il en est tout autrement en live, où le profilage d'un individu peut se faire de façon bien plus nuancée... Lors de mes quelques tournois live, j'ai parfois eu recours inconsciemment à ce type de profilage animalier, ce qui me permet ainsi d'adopter un début de stratégie pour contrer tel ou tel profil. A bien y réfléchir, cela fait partie des rares satisfactions que j'ai pu tirer de mes maigres expériences en tournoi à ce jour. Deviner à qui j'ai affaire. Voilà qui est vraiment amusant. Et je crois que c'est ce genre de petit jeu qui va me permettre au final de trouver un intérêt dans le jeu de poker en live : dans l'animalité larvée des joueurs ! Parce que sur le plan purement humain, ça ressemble parfois à un désert aride ou une banquise glacée.

Le livre de Poche - (2007)

J'ai lu - (1999)
"Porteurs d'Ames" et "Les fables de l'humpur". Deux livres de Pierre Bordage qui ont boosté mon imaginaire ces dernières années. A tel point que je m'identifie parfois à un Renard Polaire foulant un manteau neigeux immaculé, et je m'imagine pouvoir apercevoir une aurore boréale rien qu'en levant la tête vers le ciel. Voilà qui fait rêver. Tiens, d'ailleurs, chiche : si je remporte un jour un gros tournoi de poker, j'irai voir les renards arctiques et les aurores boréales ! Cette quête de sens d'un genre un peu particulier ne s'accomplira sans doute pas de sitôt. Mais qui sait ? Peut-être qu'un jour...



lundi 18 août 2014

Déménagement en vue...

Pendant la période estivale, surtout en août, les entreprises françaises tournent généralement au ralenti. Je croyais que c'était également le cas pour les plateformes de poker en ligne. Eh bien tel n'est pas le cas avec Euro Poker cette année. En effet, l'annonce vient d'être faite qu'Euro Poker allait changer de réseau. Jusqu'à présent, Euro Poker partageait avec Bwin le réseau Ongame. Dans les semaines qui viennent, Euro Poker va migrer sur le réseau Ipoker (déjà utilisé par Betclic, Everest Poker, Unibet, Turbo Poker et MyJoaPok). 

Voici une nouvelle qui était pourtant en partie prévisible, mais qui est de nature à soulever pas mal de craintes et d'interrogations. Car les incertitudes qui en découlent sont nombreuses, surtout dans mon cas particulier.

Cette histoire me rappelle une petite anecdote. Il y a deux ans de cela, un ami proche s'est mis en couple avec une ravissante demoiselle, fille de bonne famille, relativement à l'aise dans la vie. Lors de de déménagement, il y avait somme toute beaucoup d'affaires à empaqueter dans les quartons. Ils ont fait appel à une société de déménagement ayant solide réputation. Pourtant qu'elle ne fût pas la surprise - puis la tristesse - de la ravissante demoiselle lorsqu'elle se rendit compte que son coffret à bijoux avait mystérieusement disparu au cours de l'opération.

Euro Poker a toujours été ma plateforme préférée : il se trouve que je dois avoir actuellement en stock environ pour 2.500 à 3.000 Euros en tickets de tournois (250 euros - 100 euros - 50 euros). D'ailleurs, dans le calcul de mes bilans mensuels, j'ai par le passé volontairement sous-pondéré les bénéfices induits par l'obtention des tickets à 250 Euros (car ne pouvant être écoulés qu'une fois par mois maximum alors qu'il est des mois où j'en obtenais deux ou trois). En principe, mes tickets devraient soit être convertis en cash ou bien alors re-crédités en tickets équivalents sur le nouveau réseau Ipoker lors de la migration, mais rien n'est certain. Au moment où je rédige ces lignes, je crains qu'ils ne se perdent ou s'évaporent en cours de migration. Je vais donc serrer les fesses en espérant que cela ne m'arrive pas à l'occasion du déménagement d'Euro Poker. Perdre les bijoux de famille, c'est toujours très douloureux.

Au delà de ma simple préoccupation pécuniaire, la nouvelle de la migration d'Euro Poker m'attriste également, parce que j'aime bien Ongame et que la nouvelle de la disparition de ce réseau sur le marché français n'est pas pour me faire plaisir. Le logiciel a beau être un peu vieillot, il a un charme surranné et son utilisation est plutôt simple et agréable, avec une interface somme toute sympathique. Les enregistrements tardifs n'y existent pas et ce n'est pas plus mal : lorsque l'on s'engage dans un tournoi, on sait exactement à quoi s'en tenir et la compétition est plus juste et plus saine. Quoi qu'on en dise. Par ailleurs, s'il y a bien quelque chose qui distingue (distinguait ?) Euro Poker des autres plateformes de poker françaises, c'est bien dans la convivialité de son chat général. Ca n'a l'air de rien, mais cela contribue à insuffler un esprit de village plutôt agréable. Après tout, lorsque l'on joue au poker, c'est aussi dans certains cas pour s'amuser et passer du bon temps en créant du lien social, et pas seulement pour glaner des euros. C'est comme les villages de Belleville ou des Batignoles qui se sont fait absorber par Paris au cours des siècles... ils avaient leur charme, mais dans le mouvement de concentration urbaine, ils ont été purement et simplement avalés, en y perdant 99 % de leur identité d'autant. Le poker en ligne français est actuellement dans une phase de contraction de son activité mais aussi de concentration de ses opérateurs. C'est dommage mais c'est comme ça.

Malgré tout cela, le bilan n'est pas totalement sombre. Tout d'abord, cette migration signifie qu'Euro Poker ne jette pas l'éponge et que la société a encore ambition de proposer une offre de poker sur le marché français. Vu l'état morose du marché et la concurrence féroce à laquelle se livrent les différents opérateurs, beaucoup redoutaient la fermeture pure et simple de la plateforme plutôt que sa migration sur Ipoker. Autant être honnête, je ne trouve pas que le réseau Ipoker ait énormément de qualités intrinsèques au regard de ce qui est proposé par la concurrence. Ongame est un meilleur réseau. Barrière était un meilleur réseau. Poker Stars est un meilleur réseau. Winamax est un meilleur réseau... pour ne pas dire LE meilleur réseau. Toutefois, Ipoker aura le mérite d'agglutiner les liquidités de divers opérateurs, ce qui pourra leur permettre de résoudre les problèmes de trafic inhérents aux petits opérateurs, d'offrir des dotations alléchantes et - qui sait ? - de stimuler le réseau afin qu'il se modernise. En la matière, il y a fort à faire. Foi de Fredyl !

Souchon au raz des pâquerettes...
Comment des sociétés professionnelles brassant des millions peuvent elles proposer aux joueurs une offre aussi indigente que celle d'Ipoker sur le plan technologique en 2014 ? Mystère. Si j'étais dirigeant du réseau Ipoker, ça fait belle lurette que j'aurais viré tous mes informaticiens. J'ai du mal à comprendre comment ils sont parvenus à attirer autant de clients malgré tout. Un jour où je serai énervé, je rédigerai probablement un article sur les erreurs récurrentes que j'observe au sein des opérateurs de poker. Mais vu que je m'énerve rarement, cet article ne verra peut-être jamais le jour. Comme disait le brillant Alain Souchon dans son tube légendaire : 
" - Elle me dit partons à la mer, dans ton bolide fendant l'air.
- Elle passe pas le 80 ma traction. Consternation."

La réputation d'Euro Poker est actuellement vacillante. Lorsqu'une société évolue dans un marché concurrentiel et qu'elle n'a pas atteint la taille critique pour automatiser certaines étapes dans le processus de traitement de données, les salariés doivent continuer à effectuer tout un tas de tâches manuellement. Et c'est pénible. Sans compter les clients ou fournisseurs mécontents qui rouspètent au téléphone et qui obligent à parer au plus pressé au mépris de la logique et du bon sens. Et c'est encore plus pénible nerveusement. Je crains qu'Euro Poker se soit retrouvé pris dans cet étau-là, un nombre croissant de joueurs se plaignant des délais de paiement de leurs gains : il aurait certainement fallu investir dans un outil permettant de tout automatiser en trois clics. Mais faute de moyens ou faute de lucidité des dirigeants, cet investissement n'a pas été fait. Et au regard des rumeurs de fermeture, il y a vraisemblablement eu trop de demandes ces derniers temps pour que les tâches manuelles soient traitées au fil de l'eau. Quoi qu'il en soit, cette migration constituera peut-être pour les équipes d'Euro Poker la bouée d'oxygène leur permettant de régler leurs soucis d'organisation en interne. Rien n'est moins sûr... mais devant l'incertitude, mieux vaut espérer que déprimer.

mercredi 13 août 2014

La reprise

Après une Coupe du Monde de football au Brésil de toute beauté, voici venu le temps de la reprise du championnat de France de Ligue 1. La seule nouveauté de taille, c'est le fait que Winamax se soit lancé sur le marché des paris sportifs, et devient par la même occasion un opérateur diversifié, à l'image de Bwin, par exemple. Pour le reste, les plateformes de poker en ligne auront connu une intersaison très calme en matière de football, puisque le PMU renouvelle son partenariat avec le PSG, Bwin poursuit le sien avec l'Olympique de Marseille, Winamax reste fidèle à Saint-Etienne et PokerStars continuera vraisemblablement de graviter autour de l'Olympique Lyonnais. Globalement, les mêmes promotions proposées par ces diverses plateformes de poker seront reconduites cette année. 

Toutefois, contrairement à l'année passée, je vais me focaliser sur la seule compétition qui me sied : la Paris Poker Ligue. Un championnat de poker sur le site du PMU composé d'une vingtaine de tournois tout au long de la saison (se disputant le lundi), avec à la clef quelques places pour les matches à domicile du PSG au stade du Parc des Princes mais aussi et surtout un package pour Las Vegas qui sera cette année encore attribué au vainqueur final de ce championnat.

A l'issue de la saison 2013-2014, j'ai terminé à une honorable 11ème place de ce classement. Mais à vouloir courir derrière trop de lièvres à la fois le lundi soir, j'ai probablement perdu un tantinet en efficacité, et je vais donc tâcher de ne pas reproduire le même schéma cette saison. Car finir à un classement honorable n'est pas de nature à me satisfaire, au regard de mes aspirations en matière de poker. Je ne cesse de me le répéter, au poker seule la victoire est vraiment belle... d'autant plus que les écarts en matière de récompense sont parfois abyssaux entre le premier et le second. Les accessits et les places d'honneur, je les laisse donc volontiers aux autres.

Fredyl prêt à zlataner la Paris Poker Ligue 2014-2015
Cette saison, je vais donc viser la place de numéro un, en essayant de jouer mon meilleur poker et en priant très fort pour que Dame Chance soit là pour m'épauler lorsque le besoin s'en fera sentir. Car pour que mon histoire soit vraiment belle, il faudrait que je parvienne à me qualifier directement pour Las Vegas via un tournoi ou un championnat de poker. Puiser dans mon compte bancaire et organiser le voyage avec mes gains obtenus en cash serait également envisageable, mais nettement moins rigolo. Cette Paris Poker Ligue constitue donc une opportunité à ne pas négliger ! A présent que mes ambitions sont affichées, il me reste plus qu'à aller zlataner mes adversaires le lundi soir...


mardi 12 août 2014

Bilan juillet 2014

L'an passé, à l'arrivée de la saison estivale, je pensais naïvement que les tables de poker seraient assaillies par des hordes de vacanciers torses nus et gauches dans leur approche du poker en ligne. Las ! Je ne peux que constater avec tristesse cette année encore que la fréquentation des sites de poker en ligne est globalement en baisse pendant la période estivale par rapport aux autres périodes de l'année. Pour le petit monde du poker, cela constitue un indice inquiétant de raréfaction des ressources halieutiques... Autrement dit, le vivier de joueurs occasionnels récréatifs est plutôt faible.

Sachant cela, juillet 2014 aura été me concernant un mois essentiellement consacré au repos et à la détente. Je me suis contenté de disputer une quantité famélique de tournois, absolument non significatifs. Ce qui fait que mon bilan mensuel affichant un bénéfice de 3 euros est tout à fait anecdotique.

Dans de telles conditions, une longue coupure avec les cartes, cela ne peut pas me faire de mal. Bien au contraire, il y a un temps pour chaque chose. M'octroyer une petite cure de soleil derrière une crème écran total aujourd'hui contribuera à éviter d'avoir à cramer mentalement et à subir les affres d'un tilt derrière mon écran d'ordinateur demain. 

Alors bronzé ou cramé ? Réponse à la fin de la nouvelle saison... En attendant, le vrai bilan du mois de juillet 2014, c'est que mes batteries sont rechargés !


jeudi 31 juillet 2014

Mon père, ce rival...

Les racines font partie intégrante de l'arbre. Cela fait des semaines que je traîne pour publier cet article se rapportant à ma relation paternelle. Sans doute parce que mettre des mots précis sur des sensations diffuses, mélange de fierté et d'amertume, enfouies en moi depuis toujours mais jamais exprimées de façon concrète, ce n'est pas chose facile. Que je le veuille ou non, mon père a eu une influence prépondérante sur mon approche du jeu en général, surtout sur le plan compétitif.

du béret au chapeau...
En rédigeant ces lignes, je constate d'ailleurs à quel point ma famille a une fibre ludique particulièrement développée. Il faut dire que mon grand-père pêcheur passait son temps à jouer aux cartes dès qu'il en avait l'occasion. Et lorsque l'occasion n'était pas là, il se débrouillait pour la créer ! Il jouait principalement à une variante de la belote très prisée du village à 40 cartes, se jouant par équipes de deux. J'ai souvenir de le voir jouer avec son béret noir si caractéristique. Et à défaut de leur transmettre l'usage du béret, il a su transmettre la fibre ludique à ses enfants. Et notamment à mon père. Qui me l'a ensuite également léguée. Les chiens ne font pas des chats. Et j'ajouterai que les hommes ne font pas des singes.

Mon père. Au sein de notre famille, voire au sein du village tout entier, il a la flatteuse réputation d'avoir été un garçon particulièrement doué : à l'enterrement de mon grand-père, il y a de cela une vingtaine d'années, son institutrice qui assistait aux funérailles a affirmé devant tous ceux présents qu'il avait été l'élève le plus brillant qu'elle ait connu en 40 ans d'enseignement. Difficile de remettre en cause pareil témoignage.

Enfant, j'aimais à le regarder jouer aux cartes lors de nos vacances estivales, dans le sous-sol enfumé du café du village. Doté d'une intelligence intuitive mise au service du jeu, il faut dire qu'il forçait le respect de ses adversaires. D'ailleurs, il a toujours été un adversaire redoutable, quel que soit le jeu pratiqué (jeux de cartes, jeux de société, jeux de l'esprit), remportant la mise face à autrui bien plus souvent qu'à son tour. 

Mais le fait qu'il soit redoutable ne veut pas dire qu'il était supérieur à moi, bien au contraire. Car je ne suis pas "autrui". Depuis mon plus jeune âge, je me suis frotté à mon père dans pas mal de jeux, et j'ai invariablement pris l'ascendant. Et invariablement, il y avait toujours un moment où il me criait dessus. Car là où lui se contentait de surfer sur sa maîtrise intuitive du jeu, moi je l'étudiais inlassablement et parvenais ainsi au final à un degré de maîtrise supérieur. Tout ceci m'a d'ailleurs appris deux choses :
- l'énervement constitue un aveu d'impuissance et c'est à n'en pas douter le premier pas sur le chemin de la défaite. Il m'a fallu de nombreuses années pour le comprendre, mais désormais je sais stopper tout début d'énervement car je sais qu'il nuit immanquablement à l'efficacité. La maîtrise des nerfs et la régularité constituent un socle sur lequel bâtir des performances solides et durables.
- l'intelligence intuitive, le talent brut, c'est probablement suffisant pour être le champion de son village. En revanche, pour pouvoir devenir le champion du monde, c'est une toute autre affaire : le talent doit être couplé avec la pratique inlassable. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles mon modèle sportif a toujours été Michael Jordan : extraordinairement doué intrinsèquement, mais aussi le plus assidu à l'entraînement, inlassablement obnubilé par la victoire. Le gagneur absolu.

à la fin c'est Fredyl qui gagne...
A cinq ans, je battais mon père aux dames. Inexorablement. Et pourtant, il y mettait toute sa puissance de réflexion. Alors lorsque mes victoires ont viré à l'hégémonie, on a arrêté de jouer aux dames. A huit ans, je le battais au jeu mythique du Puissance4. Et pourtant, il réfléchissait longuement avant de glisser ses pions dans la fente. Alors on a arrêté de jouer au Puissance4. Et ainsi de suite dans pas mal de disciplines ludiques. Mais s'il est bien un domaine ludique où il n'a jamais consenti à lâcher un pouce de terrain sur le terrain de l'orgueil, c'est bien aux jeux de cartes... car la part de hasard masque en grande partie les écarts de compétence entre joueurs, qu'ils soient réels ou supposés. Il en va ainsi au poker, la variance aux cartes étant telle qu'un bon joueur peut se retrouver durablement en situation d'échec et vice-versa.

Dans de telles conditions, il m'est devenu assez pénible d'entendre mon père à longueur d'année s'auto-congratuler sur ses capacités cognitives prétendument supérieures aux miennes dans le domaine du jeu, alors même que nos parties acharnées et disputées à la loyale s'achèvent plus souvent en ma faveur qu'en la sienne. Il a toujours eu l'élégance de mettre ses victoires obtenues contre moi sur le compte de son talent inné et d'imputer ses échecs sur le compte de la variance.

Et lorsque nous jouons en équipe et que je l'ai en tant que partenaire, c'est encore plus crispant : il a toujours le chic pour me hurler dessus à un moment ou à un autre, me reprochant des pseudo erreurs tactiques pas toujours fondées (nos raisonnements stratégiques étant différents), me rabaissant inlassablement quant à mon niveau de jeu soi-disant pitoyable, alors que lui-même commet des erreurs parfois majeures, le plus souvent passées sous silence ou bien alors imputables selon lui au fait que je l'aie préalablement énervé les fois où je me permets de les lui signaler. Notre rivalité vis-à-vis du jeu relève en permanence de l'affrontement brutal. Il me hurle dessus. Refusant de céder du terrain, surtout de façon aussi injuste, je me défends bec et ongles. C'est nerveusement pénible pour nous deux et relativement désagréable pour les autres joueurs présents. Il existe entre nous lorsque nous jouons une rivalité palpable, parfois électrique.

Pourtant, cela n'a pas toujours été aussi tendu entre lui et moi. En puisant dans mes souvenirs d'enfance, j'ai parfaitement en mémoire le fait qu'il me caressait fréquemment la tête en me demandant non sans ironie : « Qui est-ce qui t'a fait cette petite tête ? » Preuve évidente qu'il était fier d'avoir un fils aussi vif et futé à un moment donné, même si bien entendu à l'époque cette subtilité m'échappait complètement.

étranges racines...
Mais la frontière entre fierté et orgueil est parfois très ténue, car la lumière mal filtrée devient vite aveuglante. Et pour une raison qui m'échappe, la frontière a été franchie allègrement dans ma relation paternelle. Trop orgueilleux pour accepter le fait que son fils soit plus malin que lui, mon père a vu en moi un rival encombrant plutôt qu'un digne successeur. Par crainte que je lui fasse trop d'ombre, il continuera vraisemblablement à me répéter que je suis nul aux cartes jusqu'à ce que mort s'en suive, quand bien même je deviendrais un jour champion du monde de poker cela n'y changerait absolument rien. Ce déficit patent de reconnaissance a probablement fait en sorte que je développe un « instinct malsain de compétition » (dixit ma sœur cadette). Handicap dans certains cas, énergie motrice dans d'autres, je puise dans ce goût exacerbé pour la compétition pour m'affirmer dans ma vie de joueur. Paradoxalement, je pense qu'il peut s'agir pour moi d'une corde supplémentaire à mon arc au poker. Car le poker est aussi un jeu de courage et d'ambition.

racines invisibles mais tête bien faite...
Avec un père trop orgueilleux pour me reconnaître un quelconque talent et une mère castratrice digne de celle de Poil de Carotte, s'épanouir pleinement dans ma vie d'homme représentait une gageure. Pourtant, j'ai la nette impression de continuer à progresser et d'être sur le bon chemin. Celui de l'épanouissement. Celui de la richesse de l'âme. Quant à celui de la richesse pécuniaire, bien malin celui qui pourra prédire si le Dieu du Poker m'ouvrira de telles portes un jour. Quoi qu'il en soit, je ne suis guère pressé, à la vérité. Et d'ailleurs au bout du compte, je crois bien que cela n'a aucune espèce d'importance, le succès au poker étant décorrélé du bien-être. Je suis conscient de mes lacunes comme de mes qualités. Et je sais que je suis meilleur que mon père. En tant que joueur, mais aussi en tant qu'homme. Quoi qu'il en dise.


En toute objectivité, il est dans l'ordre des choses que les nouvelles générations soient supérieures aux anciennes, profitant logiquement de l'expérience accumulée par les générations précédentes pour apprendre plus rapidement et ainsi pouvoir explorer de nouveaux cycles de réflexion. Si tel n'était pas le cas, nous serions probablement demeuré des primates. Conscient de cela, je ne commettrai pas la même erreur que mes parents ont pu commettre avec moi en me considérant à tort (ou à raison) comme un être inférieur. J'ai pour ambition que mon fils soit plus futé que moi, qu'on se le dise ! Aussi, je compte en faire un élève, peut-être bien un disciple, voire un successeur dont je serai totalement fier un jour. Mais jamais un rival.

mercredi 9 juillet 2014

Bilan juin 2014

Autant commencer par la petite mauvaise nouvelle du mois : mon bilan online de juin n'est pas bon du tout. Il se traduit par une perte de 160 Euros. Plutôt que de blâmer une quelconque malchance, je préfère mettre cette déconvenue sur le compte de la fatigue physique et morale induite par un grand nombre de déplacements effectués au cours du mois écoulé (et notamment ce voyage aller-retour à destination du casino Barrière de Toulouse). Une perte qui n'est pas bien méchante, au final : j'avais des tickets de 10-20-50 Euros à écouler (la date de péremption approchant en cette période estivale) et leur tentative de conversion en cash s'est avérée plutôt infructueuse. Autre excuse : mon logiciel Xeester donne des signes inquiétants de dysfonctionnement et en raison de son instabilité chronique depuis quelques semaines, la lecture des statistiques de mes adversaires est devenue un peu plus aléatoire. Par ailleurs, comme après chaque moment fort en adrénaline vécu dans ma modeste carrière de joueur de poker jusqu'ici, je constate que j'ai eu moins faim de victoire au retour de mon escapade toulousaine, et mon jeu online derrière mon écran d'ordinateur m'a paru moins solide que d'ordinaire pendant quelques jours. Ceci n'est toutefois qu'une observation empirique qui demande à être confirmée dans la durée.

Il faut dire que mon week-end du 6 au 8 juin vécu au casino Barrière de Toulouse a été riche en adrénaline et qu'après cela, le retour aux tournois à 0, à 1 ou à 2 Euros en ligne a un goût assez fade, presque amer... Mais il demeure hors de question de vouloir brûler les étapes en risquant mon capital accumulé avec patience et méthode. Quoi qu'il en soit, mon bénéfice du mois de juin en live se monte à 2.835 Euros. Cela compense mes deux injustes déconvenues au Cercle Clichy Montmartre de Paris et au Casino Barrière de Bordeaux du mois de mars.

Au final, mon bilan mensuel est donc largement positif (2.670 Euros), la perte online devenant toute relative en comparaison avec le gain en live.

Mon billet pour le match
Mais juin 2014 est également à marquer d'une pierre blanche, dans la mesure où je suis donc parti 5 jours au Brésil voir le match de l'équipe de France de football à Rio de Janeiro, afin de pouvoir assister au match France-Equateur dans des conditions pour le moins luxueuses. Et que je suis même passé en mondovision puisqu'on me voit dans les tribunes à la 94ème minute du match. Le récit du voyage en lui-même mériterait d'ailleurs un article à part entière, avec quelques photos à l'appui.

La période estivale s'ouvre à présent : l'été est arrivé depuis quelques jours déjà, et il est temps pour moi de songer de recharger mes batteries solaires à base de vitamine D. La saison écoulée aura été suffisamment riche en événements pour que je fasse une petite coupure avec le poker avec la satisfaction du devoir accompli.

lundi 23 juin 2014

Départ pour le Brésil

Airbus Air-Tahiti-Nui
Eh bien nous y sommes. Ce lundi 23 juin 2014, j'ai un avion matinal de la compagnie Air-Tahiti-Nui à destination de Rio de Janeiro. Et dès ce mercredi 25 juin, je serai convié à assister au match de Coupe du Monde de football France vs Equateur. Il y aura d'autres gagnants PMU, ceux qui ont conquis leur sésame pour le Brésil via les paris sportifs ou hippiques. Je suis le seul à avoir gagné ce voyage via la filière poker. Un cameraman nous accompagnera et suivra nos péripéties pendant ce court séjour de 5 jours : un petit web-documentaire sera mis en ligne sur le site internet et les pages Facebook du PMU.

La météo prévoyant un soleil ininterrompu (agrémenté de quelques rares nuages épars) pour les 5 jours à venir, j'ai décidé de voyager léger : un simple sac à dos bien rempli fera l'affaire. Et bien sûr j'emporte avec moi mon chapeau péruvien spécial poker sans lequel Fredyl ne serait pas Fredyl.

Mon mini-guide Cartoville
Quand bien même le PMU fasse pas mal de baby-sitting en prenant par la main ses heureux gagnants une bonne partie du séjour, j'ai tout de même acheté pour l'occasion un mini-guide de Rio de Janeiro, édité par Gallimard. Je ne connaissais pas bien cette collection Cartoville, conçue à base de petites cartes dépliables quartier par quartier, mais elle est redoutablement bien conçue. On va directement à l'essentiel : le mini-guide est petit et léger... rien n'y est superflu. Et impossible de se perdre grâce aux cartes. Exactement ce qu'il me fallait. Le tout pour 8.90 Euros seulement. Une excellente affaire.

Me voici fin prêt pour le départ. Allez la France ! Cette équipe de France de football a démarré sa coupe du monde en fanfare avec deux premiers matches réussis : pourvu que ça dure. A présent, place au voyage...



dimanche 15 juin 2014

Les billets de 500 Euros

La France est l'un des pays de la zone Euro où les billets de 500 Euros ont quelques difficultés à circuler. Celui qui se sert d'un billet de 500 Euros pour payer ses achats prend le risque d'attirer des regards suspicieux (dans le meilleurs des cas) ou bien alors carrément de se voir refuser ledit billet, au motif que celui-ci peut être faux ou lié à une quelconque activité illégale. En d'autres termes, le billet de 500 Euros sent le souffre.

Source de joie et de problèmes aussi !
Pourtant, au sein de certaines communautés étrangères, notamment asiatiques, ces billets sont très prisés car faciles à transporter lorsque l'on essaye de rentrer au pays en toute discrétion avec des devises dans les poches. Ils passent bien les frontières, ces beaux billets violets, surtout si la liasse est neuve. Rien de tel pour faire voyager des capitaux sans laisser la moindre trace. J'ai lu dans un très long article et très très bien documenté  consacré au blanchiment d'argent que des billets de 500 Euros pouvaient être échangés contre 510 à 520 Euros en petites coupures auprès de certains commerçants chinois. Mais dans les casinos, ces billets de 500 Euros circulent en toute décontraction et manifestement cela ne perturbe ni les joueurs aisés qui s'en délestent avec enthousiasme ni les petits veinards qui parviennent à les alpaguer.

C'est ainsi que suite à mon petit périple au Casino Barrière de Toulouse le week-end dernier, je me retrouve avec quelques uns de ces précieux billets violets. Trop peu pour que je songe à entamer une carrière d'agent de change privé en faveur des triades chinoises du coin. Mais je n'ai pas envie non plus d'aller faire un dépôt à la banque. Il y a sûrement des tas d'emplois plus simples et plus sains pour ces beaux papillons mauves...

Bosch Maxx'x Pro Silence
C'est pourquoi je me suis décidé hier à me rendre au centre commercial Leclerc le plus proche faire mon premier achat balla* avec mes gains au poker. Depuis le temps que j'amasse brindille par brindille, il était quand même temps que je fasse une pause dans mon accumulation primitive de capital et que j'achète enfin quelque chose. Dans les émissions de radio (ou télé) spécialisées dans le poker, lorsqu'il y a un invité prestigieux qui passe sur le grill des interviews, une question revient avec récurrence : "quel a été votre premier achat balla ?". Eh bien, si un jour j'ai la chance d'être invité à une émission de radio poker, je saurai désormais quoi répondre : un aspirateur Bosch Maxx'x Pro Silence 2100 Watts. Made in Germany s'il vous plaît. Suite à cet achat, l'automate du centre commercial Leclerc ne s'est pas fait prier pour avaler mon billet de 500 Euros et me régurgiter en retour tout plein de billets de 20 Euros en guise de monnaie. Et d'un !

*Balla : terme communément employé dans le milieu du poker pour désigner une attitude ostensiblement dépensière et désinvolte.


lundi 9 juin 2014

Soleil radieux au Barrière Poker Tour de Toulouse

Casino Barrière de Toulouse - 6 au 8 juin 2014
Météo estivale à Toulouse pour ce week-end de pentecôte. Je ne suis pas fanatique du live, mais ma qualification en poche à la suite des satellites disputés online sur Euro Poker, et la douceur de vivre de la ville rose en cette fin de printemps m'ont vite convaincu de privilégier le Barrière Poker Tour ensoleillé de Toulouse plutôt que le pluvieux de Deauville. D'autant que j'avais la possibilité de recroiser à Toulouse la charmante Marie, une amie rencontrée il y a quelques années en Argentine que je n'avais pas revue depuis lors. Si on ajoute encore à cela des conditions d'hébergement très bon marché, Toulouse s'avérait vraiment un choix judicieux. La barre des 400 inscriptions franchie de justesse, 53 places payées étaient promises aux joueurs les plus talentueux et/ou chanceux capables de survivre à une compétition acharnée étalée sur 3 jours. Le niveau général étant assez disparate, le tout était de tomber sur les bonnes tables et les bonnes cartes autant que possible.

pourquoi je ne double pas alors que j'ai mieux que toi ??
Après une première journée de vendredi sans histoire que je termine dans le coeur du peloton, la journée de samedi me permet de m'extirper de la masse à la faveur d'une table relativement facile. Terminer cette seconde journée en 7ème du classement provisoire me permet d'envisager la journée de dimanche avec sérénité en me disant que je vais pouvoir mettre la pression aux autres joueurs de ma table à l'approche des places payées. Malheureusement, en ce début de dimanche après midi, ma table n'est pas du tout favorable car il y a 4 joueurs qui disposent d'un stack de jetons presque aussi gros que le mien et il m'est impossible de jouer proprement l'effet bulle dans de telles conditions, d'autant que ladite bulle éclate rapidement sans même qu'il y ait besoin de réellement jouer le main par main. Et les joueurs rassurés d'être dans les gains prennent alors des risques élevés... les moins chanceux sortent du tournoi rapidement, comme d'accoutumée, et vont chercher leurs sous à la caisse. Pour ma part, ne voulant pas dilapider mon capital sur un coup de dés, ma montée en jetons est plus laborieuse. Et lorsque les quelques occasions de doubler mon tapis se présentent enfin, le Dieu du poker ne se résoud pas à faire pencher la balance de mon côté. 

vas-y mon gars, chipe moi mes jetons...
A l'approche de la table finale, je me heurte au fatidique plafond de verre des 10 blindes qui ne me permet plus dès lors que de prendre des décisions binaires : tapis ou passe. Toute autre forme de move m'est désormais mathématiquement exclue. C'est la structure du tournoi qui veut ça : faire tomber 400 têtes en 3 jours, ça implique forcément certains procès-éclair qui condamnent des innocents déblindés, et cela indépendamment du fait que leurs papiers soient en règle ou pas. Ma condamnation est donc sans appel.

Un tout petit peu plus de profondeur de jetons m'aurait probablement permis de défendre crânement ma chance dans la dernière ligne droite et c'est dommage de ne pas avoir pu rallier la ligne d'arrivée faute de quelques gouttes de carburant dans le dernier tour de piste. La pré-table finale de 10 a alors déjà commencé et les joueurs concentrés sur leurs cartes ne me jettent même pas un regard lorsque je quitte la salle quelques minutes plus tard, et les quelques billets violets vite glissés dans mon chapeau magique ne suffisent pas à effacer mon amertume d'être passé tout près d'une performance.  D'autant que de ce que j'ai pu en voir, le niveau des derniers survivants ne me semblait pas exceptionnel, loin de là. Plutôt que de sortir dans de telles conditions, une sortie de piste sur une erreur de pilotage ou à la suite d'un accrochage m'eut paru moins cruelle. A propos de piste, une fois éliminé du tournoi, je suis d'ailleurs rentré chez moi en m'essayant pour la première fois au covoiturage : une chouette expérience pour un prix très modéré au final.

Le passage du poker online au poker en live est quelque peu déconcertant, bien qu'ébouriffant. Un peu comme un joueur de jeux vidéo très à l'aise avec sa console de salon qui passe dans un vrai baquet, sur une vraie piste. Il a beau connaître les trajectoires du circuit par coeur, il n'est pas certain que l'adaptation se fasse rapidement.

11ème, c'est une très honorable performance. 3 415 Euros dans l'escarcelle, ce n'est pas rien. Mais comme le dirait si bien Davidi Kitai, le génie belge, il faut toujours viser la win et rien que la win. Son bracelet WSOP conquis brillamment ce week-end à Las Vegas est là pour nous le rappeler : seule la victoire est belle.

Je prévoyais déjà un mois de juin très maussade en termes de résultats poker, et voici qu'il en est tout autrement suite à cette petite performance obtenue à Toulouse. Même s'il est vrai que je suis déçu d'avoir aperçu le drapeau à damiers de ce Barrière Poker Tour de Toulouse et d'avoir laissé la possibilité de disputer la victoire me fuir suite à une simple panne d'essence, je suis néanmoins heureux de me rendre compte que mon moteur tourne plutôt rondement et que je parviens à manier le volant avec dextérité, en dépit d'un style de conduite assez peu conventionnel. Il y aura sans nul doute pour moi d'autres occasions de briller, quand bien même je ne sois pas certain d'être fait pour le live. Après tout, les tickets que je gagne pour de tels événements, je ne vais tout de même pas les saborder...

Quoi qu'il en soit, le fait de m'être rendu à Toulouse sans aucune pression particulière m'a manifestement bien réussi. Lors de mes deux précédentes expériences en live en mars à Paris et Bordeaux, j'étais resté assez réservé et austère, refroidi par un climat assez ennuyeux, voire parfois malsain. Et cela m'avait finalement quelque peu démoralisé de devoir me réfugier derrière mes cartes et mon chapeau. J'ai aussi pu pour la première fois en poker de compétition jouer les trublions et brouiller mon image dans tous les sens afin de déstabiliser mes adversaires avec mes jeux de mots et mes attitudes très particulières et je dois dire que cela m'a plutôt bien réussi. Cela m'a également évité de m'ennuyer. Certaines personnes apprécient : ça les distrait. Et moi, ça m'amuse. Mais je me suis aussi fait confirmer que cela avait parfois pour effet collatéral de saouler certaines personnes. Peu importe : je pense à l'avenir conserver ce style unique qui fait de moi un OVNI du poker. Distraire les bons vivants et saouler les cons, c'est tout bénéfice pour moi. Dans les deux cas, je prends un avantage sur eux dès lors que derrière mon apparente bonhommie, moi, je sache garder toute ma concentration et ma lucidité. Ca n'a l'air de rien, mais c'est quelque chose d'énorme.

dimanche 1 juin 2014

Bilan mai 2014

Mai 2014 : un mois insipide à oublier très vite. Voici donc un mois de 31 jours qui s'achève sans que rien de notable dans mon parcours de joueur de poker ne me soit arrivé. Mon logiciel Xeester affiche une courbe plate inédite. Tout ceci se traduit implacablement au niveau comptable, puisque je boucle le mois sur une perte de 124 Euros. Cette inhabituelle érosion de mon capital s'explique de façon simple : au cours du mois écoulé, j'ai non seulement joué beaucoup moins de micro-tournois que par le passé, mais j'ai surtout loupé la conversion effective de l'ensemble des tickets (250 Euros et 100 Euros) que j'ai tenté de transformer en packages. Que ce soit pour Las Vegas, pour Marrakech ou bien encore une prochaine étape Lilloise du Barrière Poker Tour, tout s'est conclu par des éliminations prématurées en milieu de tournoi.

Est-ce pour autant que je joue moins bien ? Difficile à dire. C'est toutefois possible, car avec la prise de confiance induite par mes succès obtenus ça et là en début d'année, mon style de jeu a quelque peu évolué ces dernières semaines, puisque je joue beaucoup plus de mains de départ qu'auparavant. En effet, je maîtrise sur le bout des doigts l'impact des positions de chacun et tiens à présent pleinement compte des dynamiques de la table, ce qui me permet de m'appuyer un peu moins sur la force intrinsèque des mains que je joue et d'être ainsi actif sur davantage de phases de jeu. Rien d'alarmant en soi, puisque tous les grands joueurs procèdent de la sorte. J'étais "serré agressif". Je deviens "caméléon agressif" : cela occasionne plus de sorties de route prématurée en cours de tournoi, mais cela me confère également plus de chances d'aller au bout dans certains cas de figure. Du moins, en théorie. Car il va de soi que ce léger changement de style accroit de façon importante le phénomène de variance et que les résultats obtenus sont plus erratiques (mais potentiellement plus spectaculaires). L'heure des bilans viendra dans quelques mois, pas avant. Les cartes peuvent attendre (même si on est jamais à l'abri d'une bonne surprise d'ici la trêve estivale). Car l'été et la Coupe du Monde de football arrivent à grands pas.


vendredi 30 mai 2014

Winamax Sismix 2014 : illustration du creusement des inégalités en tournois live

Davidi Kitai vient de remporter la première édition du tournoi Winamax Sismix de Marrakech ce dimanche 25 mai 2014. Pour rappel, ce charismatique leader de l'équipe Winamax avait eu la chance de m'éliminer lors du tournoi live Qualificatif de la Grande Halle de La Villette en octobre dernier dans des conditions rocambolesques, à l'approche des places payées et de la bulle.
Le vainqueur (Source : Club Poker)
En dépit du fait que le Sismix de Marrakech constitue un tournoi d'importance secondaire, cette victoire permet au joueur belge Davidi Kitai d'intégrer le Top 10 mondial au classement GPI (Global Poker Index) actuel. On pourrait se dire de prime abord qu'il est somme toute logique qu'une star mondiale du poker remporte un tournoi de modeste envergure réunissant 473 joueurs (670 inscriptions en comptant les ré-entrées) et n'accordant au vainqueur final que 56 000 Euros. Le tournoi était de niveau intermédiaire, et le meilleur a gagné.

Toutefois, là où le bât blesse, c'est que pour y parvenir, le joueur belge a effectué pas moins de 4 ré-entrées dans le tournoi. Autrement dit, là où le joueur de poker lambda n'a disposé que d'une seule cartouche, Davidi Kitai ainsi que tous les autres joueurs professionnels de l'équipe Winamax ont eu droit, comme souvent, à multiplier les tentatives lors de ce tournoi de telle sorte que leur chance d'aller au bout de l'épreuve s'en retrouve accrue de façon exponentielle : en effet, ces joueurs peuvent se permettre des prises de risques inconsidérées dès le départ, de telle sorte que cela fausse les stratégies de jeu et l'égalité des chances. Le but n'est pas tant en effet de rester en vie que de se constituer un tas conséquent de jetons. Car une fois que le tournoi avance et que le nombre de joueurs encore en lice se réduit, le fait de disposer de davantage de jetons que ses adversaires permet de leur mettre une pression supplémentaire et constitue un avantage non négligeable. Indépendamment de l'aspect purement financier, avec cette victoire de l'un de leur poulain, le gain en image pour la plateforme Winamax est substantiel. Mais est-ce également profitable pour le poker en général ? Pas sûr...
Davidi Kitai et l'équipe Winamax ont le sourire - (Source : Club Poker)
Les tournois permettant des ré-entrées en cas d'élimination se multiplient sur le circuit depuis quelques années. De nombreux gros événements se sont laissés séduire par ce format permettant au joueur de revenir dans le tournoi une ou plusieurs fois pendant un certain laps de temps après avoir subi une élimination précoce en cours de tournoi. Mais lorsque les ré-entrées sont illimitées, on assiste parfois à des phénomènes aberrants tel que celui-ci, ou tel un Daniel Negreanu (joueur canadien numéro 1 mondial en 2013) qui fait tapis en tout début de tournoi sans voir ses cartes des dizaines et des dizaines de fois de suite dans le but assumé de se constituer une montagne de jetons afin d'accroître ses chances de gagner le tournoi grâce à un départ en trombe, quitte à devoir s'acquitter de quelques dizaines de ré-entrées.

Lorsque je m'étais rendu au Barrière Poker Tour de Bordeaux en mars dernier, en participant au day 1B, j'avais eu la désagréable surprise de constater qu'il y avait à ma table quelques requins éliminés au day 1A qui retentaient leur chance lors du day 1B. Seuls les joueurs aguerris pratiquent les ré-entrées. En conséquence, on est en droit d'en déduire que le niveau général est plus élevé en day 1B qu'en day 1A. Voilà l'une des multiples raisons pour lesquelles je ne suis pas tombé sur le charme du poker live de compétition : j'avais la désagréable impression d'avoir des inégalités quasi-flagrantes sous les yeux. Pourtant, à la base, le poker Texas Hold'em se joue avec deux cartes pour tout le monde...

Je n'ai rien aucune rancoeur envers Davidi Kitai. Au contraire, je le trouve sympathique. Pourtant, je considère sa victoire dans le Sismix 2014 comme peu morale car obtenue dans des conditions très inégalitaires : cinq cartouches tirées au lieu d'une seule, cela augmente considérablement les chances de toucher la cible en plein coeur. En conclusion, je pense que ce système de ré-entrées nuit non seulement aux participants modestes en accroissant drastiquement les inégalités au profit des joueurs faisant partie du gratin, mais il nuit également au poker au général, puisqu'à terme cela contribue à décourager ces mêmes joueurs modestes de persévérer dans l'effort sur le long terme. Le poker est une activité économique pyramidale : ceux qui brillent au sommet vivent grâce à tous les anonymes qui végètent dans les échelons inférieurs. Ils végètent, mais ils espèrent malgré tout... et consolident ainsi la structure en acceptant de supporter le poids de ceux placés au dessus d'eux. Or, les tournois permettant les ré-entrées démoralisent petit à petit les joueurs lambda capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez. Effriter le moral de ceux qui sont en bas de la pyramide en réduisant drastiquement leur chance de parvenir au sommet un jour, c'est prendre le risque de les voir déguerpir un jour de la structure et de faire s'écrouler la pyramide, faute de bases solides et stables. Le poker n'en sortira certainement pas grandi à terme.


jeudi 22 mai 2014

mer d'huile

Mon esquif vogue sur une mer d'huile, en ce moment. A vrai dire, il flotte bien davantage qu'il ne vogue. Rien de croustillant à me mettre sous la dent depuis le début du mois de mai. Aucune performance digne de ce nom. Aucune désillusion non plus. C'est le calme plat. A croire que depuis ma mémorable victoire du voyage pour le Brésil sur le site poker du PMU, mon quota de vents favorables est épuisé. Traverser ainsi l'Atlantique en coup de vent, ça vous fatigue un homme, mine de rien.

Dans ces conditions, nul besoin de s'acharner en ramant comme un bagnard pour une poignée d'euros. Bien que n'étant pas fataliste, j'ai décidé de provisoirement réduire la voilure en termes de tournois joués, depuis un mois environ, en ayant moins de tables ouvertes en simultané le soir, le temps de retrouver des vents plus favorables. Le temps de retrouver mes sensations et ma faim de victoires à leur zénith, également.

une mer d'huile... vaut mieux qu'une mer d'houille
Moins d'écume, c'est aussi moins de plume(s). Mais tôt ou tard, le vent se remettra à souffler. Vers des récifs Tranchant(s) comme des casinos ou vers le large et des horizons inexplorés de la pêche à la (en) ligne. Vers des falaises et des fadaises. Ou vers des plages de sable fin. En attendant ce changement de cap prochain, je perçois toujours le chant lointain des sirènes, fredonnant avec lascivité leur mélopée.

Et vogue la galère. 

Journal de bord du capitaine Fredyl, 22 mai de l'an de grâce 2014.

mercredi 14 mai 2014

Des astres peu propices...

Ce mardi 13 mai 2014 à 21h00 avait lieu sur Euro Poker la maxi-finale pour avoir le droit de se rendre à Las Vegas y disputer une épreuve (secondaire) des WSOP, les fameux World Series of Poker. Au total, 5 places à pourvoir. Comme à mon habitude, j'avais déjà en poche le précieux sésame pour y participer - un ticket à 250 Euros - et il ne me restait plus qu'à le convertir en terminant l'épreuve dans le top 5 de cette finale. Facile à dire. Mais difficile à faire.

C'est la seconde fois que j'avais une réelle opportunité de me qualifier pour une mythique épreuve des WSOP. La première fois, au Parc des Princes, le 25 mars dernier, il s'en était fallu d'un cheveu que je ne remporte le package proposé par le PMU lors du PSG Poker Live. Voir les portes du succès se refermer sur son nez à la dernière minute est toujours frustrant, mais j'ai la chance d'avoir une qualité rare par rapport au joueur lambda : je parviens à évacuer les frustrations (petites comme grandes) au fil de l'eau, en ne ressassant jamais un échec quel qu'il soit, dussé-je le subir à un moment critique ou à la suite d'une injustice flagrante.

Aussi, c'est en toute sérénité que j'abordais l'événement ce soir, en dépit du fait que Las Vegas symbolise une sorte de fil conducteur de ma motivation. 77 partants sur la ligne de départ, pour 5 lauréats. Le format de 6 joueurs maximum par table (au lieu de 9 ou 10 comme c'est souvent la norme) convient particulièrement bien à mon style de jeu. Mon quota de sommeil était atteint, puisque j'avais pris la peine de dormir suffisamment la veille et l'avant-veille afin d'afficher une forme optimale, ayant par ailleurs ponctué le tout par un jogging bienfaisant dans la matinée. J'avais tout ce qu'il faut à portée de main en termes de boisson et de petits gâteaux, afin de m'apporter la caféine et les sucres nécessaires au maintien de mon cerveau en ébullition pendant toute la durée de l'épreuve... jusqu'au bout de la nuit si nécessaire. Une douce musique jazz en fond sonore rythmait l'ambiance. Rompant par ailleurs avec mes habitudes, j'avais décidé de ne jouer sur aucune autre table de poker en parallèle, afin de maintenir un niveau de concentration optimal tout du long. Enfin, pour passer le temps, une petite toupie en plastique était posée sur le bureau, prête à l'emploi. J'avais même revêtu le T-shirt avec lequel j'avais remporté le tournoi PMU pour le Brésil il y a une quinzaine de jours. En un mot : tous les clignotants étaient au vert au moment du démarrage de l'épreuve sur les coups de 21h00. Tant sur le plan moral que physique.

J'ai joué sublimement, figurant dans le peloton de tête pendant les deux premières heures de l'épreuve. Je me sentais fort, ayant pris un ascendant psychologique sur ceux qui étaient à ma table et dont le style étant pourtant ultra-agressif. Oui mais voilà, sans un peu de chance, impossible d'aller jusqu'au bout de l'épreuve : une rencontre standard de perdue avec paire de dames vs as-roi et me voici relégué dans les dernières positions. Et quinze petites minutes après, une nouvelle rencontre standard de même acabit perdue, avec une paire de 4 qui ne tient pas face à un joueur optimiste qui décide de payer mon tapis avec pourtant deux cartes marginales (valet-dix). Pouf. Me voilà éjecté à la 40ème place du tournoi. Pourtant, dans les deux cas de figure, j'avais 50% de chances de remporter le coup. Si l'on excepte un bluff abandonné en cours de route, je n'ai joué que deux coups-clefs ayant été jusqu'à l'abattage final. Je les ai tous deux perdus. Il faut croire que le Dieu du poker avait décidé de m'ignorer ce soir. Ci-après ma courbe de progression en jetons au fur et à mesure de la soirée, telle que retracée par Xeester.

Ce tournoi a attiré quelques uns des joueurs parmi les plus expérimentés du poker en ligne, et il est évident que sans un peu de chance, il m'était quasi-impossible d'aller jusqu'au bout de la compétition. Pourtant, j'ai sorti mon meilleur poker, ce mardi. Et je me suis découvert un nouvel instrument favorable à ma concentration : la toupie. Cela n'aura pas suffi. Aucun regret à avoir. Pour un peu, j'en tirerais même une certaine satisfaction d'avoir joué un poker aussi affûté. Des astres peu propices ont eu raison de mes ambitions du soir. Le Nevada, ce sera donc peut-être pour l'année prochaine. Conformément au tableau de marche qui indique 2015.

vendredi 9 mai 2014

Saison 2013-2014 : bilan du mariage Poker & Football

Le profil du joueur de poker lambda est manifestement calqué sur celui de l'amateur de sport, au vu des promotions proposées par les diverses plateformes de poker, qui font souvent la part belle aux événements sportifs, en sus du sponsoring classique visant à mettre le logo de la plateforme sur le maillot des équipes et dans les tribunes des stades. Tout ceci coûte cher aux opérateurs, mais recruter et fidéliser des joueurs représente un enjeu majeur et les opérateurs considèrent (à tort ou à raison) que les amateurs de football constituent un important vivier de joueurs de poker. Pour ma part, en bon casanova du poker que je suis, j'avais décidé en début de saison de participer indistinctement à ces diverses promotions, et de butiner à tout va. D'abord fidèle à la couleur de l'argent, puis ensuite à la couleur du maillot.

butiner c'est gagner
Voici donc une saison de football 2013-2014 qui s'achève sans surprise avec la victoire finale du Paris-Saint-Germain, et je peux dès à présent faire le bilan de mes dotations poker de la saison relatives au football. Bien que n'ayant pas remporté la PSG Poker Ligue organisée par le PMU, ni même l'OM Poker League organisée par Bwin, je termine dans le haut du classement de ces deux compétitions, et ma récolte personnelle en termes de dotations aura été au final bien supérieure à mes espérances initiales (je n'ai d'ailleurs pas pu profiter de l'ensemble des lots remportés en raison de contraintes logistiques parfois trop pesantes). Plus que du simple miel : il s'agit-là d'une authentique gelée royale. Véritable trésor de vie de la ruche, la gelée royale est la nourriture exclusive de la reine des abeilles, qui lui garantit sa longévité exceptionnelle par rapport aux abeilles ouvrières.

La ruche a produit beaucoup de nectar et voici donc la liste exhaustive des gains ayant trait au football dont j'ai pu profiter pleinement au cours de la saison écoulée :
   - Un abonnement d'un an au mensuel So Foot
   - Deux places VIP pour OM vs Monaco au Stade Vélodrome (soirée cocktail et petits fours en prime)
   - Un ballon de football Bwin, avec déjeuner et cocktail dinatoire au Stade Vélodrome
   - Un maillot de l'équipe de Marseille
   - Un maillot de l'équipe de St-Etienne
   - Un poster géant de l'équipe de St-Etienne
   - Un maillot de l'équipe du PSG floqué du numéro 2 de Thiago Silva et dédicacé par le joueur (avec cocktail dinatoire au Parc des Princes)
   - Deux places pour PSG vs Rennes au Parc des Princes
   - Un voyage pour deux personnes au Brésil, tous frais payés, afin d'aller assister au match de Coupe du Monde France-Equateur à Rio de Janeiro, au stade du Maracana

Quant aux gains dont je n'ai pu profiter (une journée d'immersion et d'entraînement à la Commanderie avec les joueurs de l'OM, deux places VIP pour OM vs Lyon au Stade Vélodrome, deux places pour Toulouse vs OM au Stadium de Toulouse, deux places VIP pour OM vs Guingamp au Stade Vélodrome, trois places VIP avec loge privative pour St-Etienne vs PSG à Geoffroy Guichard), ils ont vite été oubliés sans que j'aie à sécher la moindre larme de regret !

Je tiens à adresser mes remerciements les plus chaleureux à mes généreux contributeurs qui ont alimenté gratuitement ma passion pour le football tout au long de la saison, et sans lesquels il ne m'aurait pas été possible d'ouvrir un stand "sportswear" et un stand "billeterie & agence de voyages", diversifiant ainsi de la plus belle des manières mon rayon "quincaillerie-poker". Merci donc au PMU, à Winamax, à Bwin et à Pokerstars pour tous ces lots. Et rendez-vous à la rentrée pour la reprise du championnat. Car la reine des abeilles a une espérance de vie de plusieurs années... et elle n'est pas rassasiée. Il lui faut davantage de gelée royale !!

jeudi 1 mai 2014

Bilan Avril 2014

Voici un mois d'avril qui s'achève en fanfare. Et pourtant, ce n'était pas gagné, au vu des quinze premiers jours du mois, tout bonnement calamiteux ! Oui mais voilà, j'ai connu un retour en grâce en tous points prodigieux, puisque coup sur coup, j'ai décroché une qualification sur Euro Poker pour une prochaine étape du Barrière Poker Tour (celle de Toulouse du 8 au 10 juin), ainsi que ce fabuleux voyage pour deux personnes mis en jeu par le PMU pour aller au Brésil assister à la Coupe du Monde de football. Indépendamment de ce voyage, mon gain mensuel pour le mois d'avril 2014 s'élève à 489 Euros.

Ce qui porte donc le montant cumulé des mes bénéfices à 6 860 Euros. Il va prochainement falloir que je me penche sur un problème de fond : que faire de cet argent que je laisse pour le moment végéter sur mes différents comptes de jeu ? Pour le moment, ces sommes ne sont pas productives d'intérêts... Il va me falloir remédier à ce petit problème et placer sur un compte rémunéré une part substantielle de ces sous. Ce sera une de mes missions pour le second semestre.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Preuve en est, mon voyage au Brésil, gagné en investissant au départ la modique somme de zéro euro. Au rayon quincaillerie, outre mon voyage au Brésil, j'ai également réussi à glaner le prolongement gratuit de ma licence Xeester pour un an supplémentaire, un mug à l'effigie de Winamax, et à obtenir deux places pour le match de football entre PSG et Rennes (qui se déroulera mercredi 7 mai). Il n'y a pas à dire, mais le poker gagnant sans délier le cordon de la bourse, c'est tout de même assez jouissif !

Par ailleurs, en ayant amassé un maximum de points au cours du mois écoulé, je possède désormais une avance substantielle sur la concurrence au classement général 2014 Club Poker. J'en tire une relative fierté, car cela tend à accréditer l'hypothèse que je suis un passionné plutôt doué. Jusqu'à quel point ? Seul le Dieu du Poker le sait... mais j'aime à croire qu'il me réserve encore de belles surprises et que le meilleur reste à venir.