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lundi 24 août 2020

Passion & pulsions

Le poker a mauvaise réputation depuis belle lurette. Et quand ce n'est pas le poker, c'est le black jack. Il faut dire que depuis près d'un siècle, les films de westerns ne sont pas avares de scènes de bagarres et autres duels résolus à coups de revolvers dans des saloons enfumés ou des tripots souterrains. Certains films plus récents perpétuent cette voie du soufre et du sang, les mafieux ayant remplacé les cow-boys. Le jeu est un terreau fertile pour faire éclore les passions les plus dévorantes et les pulsions les plus subites, nonobstant l'atmosphère si particulière qui va avec, et force est de reconnaitre que les jeux de cartes constituent un cadre propice au développement d'histoires qui sortent de l'ordinaire, même en ce 21e siècle que l'on pourrait croire aseptisé en comparaison avec d'autres époques plus folkloriques.

Tant que l'être humain aura du temps à consacrer aux jeux de cartes en général et au poker en particulier, il y aura toujours un quota de triche, de haine, de flambe, d'adrénaline. Quel que soit le lieu ou l'époque, les émotions qui affleurent restent les mêmes autour d'une partie de cartes dès lors qu'il y ait un enjeu financier. Et avec ce satané jeu, elles ne sont pas toutes parmi les plus nobles, les émotions en question, on l'aura compris.

A titre personnel, je suis d'un naturel poli et courtois, et maitrise vraiment bien mes nerfs. J'ai certes le lointain souvenir d'avoir eu quelques accès de colère dans ma tendre enfance à la suite de différends ludiques et/ou sportifs. Mais depuis lors, j'ai appris à canaliser mes émotions. En tant que joueur de poker, tout juste m'est-il arrivé à une poignée de reprises de frapper du poing sur la table derrière mon écran d'ordinateur à la suite d'un bad beat improbable... En sept ans de poker, c'est vraiment famélique, comme débordement.

Lorsqu'ils jouent en ligne, certains sont capables de balancer des souris, voire des écrans d'ordinateur, le tout accompagné le plus souvent d'un torrent d'insultes. Derrière leur écran d'ordinateur, les plus colériques des joueurs de poker vont parfois jusqu'à se casser un orteil ou une phalange sous l'effet de leurs pire pulsions autodestructrices en cognant dans un mur. En live, le problème de ce type de comportement, c'est que la plus petite étincelle de haine ou de rancoeur, la moindre insulte, la moindre manifestation d'ironie, peut vite irriter un adversaire aux pensées rendues hostiles par le contexte ou l'enjeu : pas besoin de triche ou de malchance pour que la pression monte et que la cocotte-minute explose à un moment donné, pour déboucher sur de la violence physique.

Le Club Barrière avenue des Champs-Elysées
Ce vendredi 21 août 2020 tard dans la nuit, un homme est mort dans un club de jeux de la capitale, au Club Barrière situé en plein milieu des Champs-Elysées, victime d'une brutale et subite agression dans les toilettes de l'établissement après que les deux joueurs se soient invectivés à diverses reprises autour d'une table de jeu (en l'occurrence il semblerait que ce soit autour d'une table de punto banco plutôt que de poker, mais la problématique demeure la même). Comment est-il possible d'en être arrivé là ? Deux hommes qui ne se connaissaient pas en début de soirée se retrouvent accoudés à une même table de jeu, désireux de vivre des sensations fortes en s'amusant aux tables un vendredi soir comme un autre. A partir de là, ces deux hommes s'embrouillent pour un détail (un geste, un regard, ou plus probablement une remarque humiliante...) Rien qui justifie un déferlement de haine, y compris en ajoutant de l'alcool à ce cocktail du soir. Et pourtant, un homme de 50 ans meurt, victime d'un coup de poing porté sur la carotide, victime des pulsions destructrices et haineuses du second. Pour ajouter une couche supplémentaire à l'horreur, l'agresseur de 30 ans aurait également proféré des propos racistes à l'égard de la victime au moment des faits. Ce n'était certes pas un enfant de choeur... mais de là à faire d'un délinquant un meurtrier sur un coup de sang, il y a une grosse différence. Une vie de perdue ; celle de l'homme décédé. Une vie de gâchée ; celle de son agresseur qui va croupir en prison de nombreuses années. Et tout ceci à cause d'une frustration qu'il aura été incapable de canaliser le temps d'une banale partie de cartes...

Si l'on n'y prend pas garde, la passion du jeu est propice aux débordements en tous genres, et peut vite s'avérer destructrice. Pour soi. Pour autrui. Pour son propre entourage. Alors n'oublions jamais qu'un jeu de cartes ne doit jamais donner lieu à de pareilles explosions de violence suite à des pulsions mal contrôlées relevant de la pathologie. De tels excès sont certes sporadiques, mais demeurent susceptibles de survenir à n'importe quel moment, y compris dans l'atmosphère feutrée d'un cercle de jeux situé avenue des Champs-Elysées ! Je n'y ai jamais mis les pieds. Mais le jour où ce sera le cas, j'aurai une pensée émue pour toutes ces souffrances inutiles occasionnées par le démon du jeu.

« Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09-74-75-13-13 (appel non surtaxé) »




samedi 8 août 2020

L'été en pente douce

C'est l'été, et la période juillet-aout est traditionnellement synonyme de diminution conséquente de mon volume de jeu, voire de coupure pendant quelques semaines. Cette année 2020 ne déroge évidemment pas à la règle. Pas ou peu de poker (si l'on excepte quelques parties amicales disputées dans la sphère familiale avec des vrais jetons). Et c'est très bien comme ça.

Bien sûr, dans un monde hyper-connecté, la tentation du nomadisme est de plus en plus présente ; tablette, smartphone, ordinateur portable, wi-fi, 4G et tout le tralala nous conduisent à désormais tout avoir à portée de clic. Mais je tiens à ne pas tomber dans le même piège que tous ces cadres d'entreprise qui continuent de répondre frénétiquement aux mails même pendant leur congés. On le sait, le poker constitue une activité usante mentalement sur le long terme. Alors inutile de gaspiller son temps à jouer derrière son écran d'ordinateur ou sa tablette tandis qu'il fait si beau dehors et que le soleil me nargue. Ma reprise sera progressive. Voire poussive. Il y a un temps pour chaque chose.

mercredi 24 juin 2020

La part de la Pachamama

J'éprouve pour la culture andine un profond respect depuis mon adolescence. La cordillère des Andes et tout ce qui gravite autour me fascine véritablement, et j'avais déjà pu m'y promener une première fois il y a quelques années de cela. Le souvenir en avait été mémorable. A la faveur d'un calendrier propice, j'ai pu m'offrir en début d'année une brève escapade en Amérique du Sud, ce qui m'a permis de me rappeler si besoin était à quel point ceux qui habitent dans ces montagnes majestueuses vivent baignés dans une atmosphère radicalement différente de celle du modèle occidental. Certes, ils ont embrassé la culture chrétienne, mais ils n'en demeure pas moins que leur vraie foi, celle qui sort du fond de leurs entrailles est ailleurs. Les peuples andins entretiennent en effet un rapport à la terre bien particulier, tout emprunt de spiritualité. Leur terre-mère, véritable divinité sur les hauts plateaux est appelée la Pachamama. Ce petit voyage fut pour moi comme un piqûre de rappel... je tâcherai d'en éprouver les bénéfices dans ma vie d'homme libre, y compris jusque sur mes tables de poker.

Héritage de la culture inca, la Pachamama demeure considérée aujourd'hui encore par bon nombre de boliviens, péruviens, chiliens et argentins comme la bienfaitrice des hommes, leur permettant de vivre grâce à tout ce qu'elle leur rapporte : l'eau des rivières, la nourriture abondante de la terre ainsi que les animaux. Ceci explique pourquoi les hommes doivent prendre soin de la Pachamama, en la respectant profondément et en consentant quelques rituels et sacrifices afin de pouvoir continuer à bénéficier durablement de ses faveurs. En somme, les peuples andins sont des écologistes de la première heure, avec un zeste de superstition en plus. Ces rituels andins, s'ils ont pas mal varié avec le temps et selon les peuplades locales, n'en gardent pas moins un tronc commun selon lequel tout n'est qu'un vaste cycle et que de temps à autre les peuplades humaines doivent consentir à quelques sacrifices à la Pachamama, en guise d'acceptation ou de respect, afin de s'attirer ses faveurs sur le plus long terme (une bonne récolte, une protection spéciale, des pluies abondantes pour contrer une sécheresse, un bonheur familial, etc, etc.). Toutefois, si la Pachamama exige son dû, elle n'en demeure pas moins généreuse.

Allez hop ! Au trou, toutes ces bonnes choses...
Sans avoir assisté personnellement aux grandes cérémonies (notamment à la grande fête annuelle qui se tient début août), j'ai pourtant vu de mes yeux vus certains de ses sacrifices infinitésimaux consentis au quotidien par ceux qui vénèrent la Pachamama, tel ce chilien faisant couler par terre la première rasade d'une bouteille de vin à peine débouchée, ou bien encore ces boliviens jetant des feuilles de coca dans un trou afin de s'en attirer les bonnes grâces de leur terre-nourricière. Leur credo est assez simple : respecte la terre maintenant et elle te le rendra au centuple demain. Consens stoïquement à quelques menus sacrifices aujourd'hui et tu en seras largement récompensé prochainement.

Eh bien, plus j'y réfléchis et plus je me dis que la spiritualité andine focalisée sur la Pachamama s'avère parfaitement adaptée à la mentalité d'un joueur gagnant au poker. Car il faut selon moi savoir chérir ses bad beats aujourd'hui pour mieux embrasser ses victoires de demain. Je ne compte plus les histoires entendues ici ou là de coups incroyables perdus par les uns et les autres (que ce soit sur les forums de discussion, les chats en ligne ou bien encore dans les couloirs de casinos...). C'est souvent la même rengaine de joueurs contrariés, frustrés, agacés ou même carrément en colère contre les coups de malchance qu'ils subissent invariablement. L'insulte envers autrui n'est jamais loin. Une mentalité matérialiste au possible, emprunte d'égoïsme et dénuée de toute objectivité. Comme s'il était réaliste de ne jamais avoir son quota de malchance ! La froideur implacable des mathématiques devrait pourtant ramener rapidement tous ces gens à la raison : dans les faits, il n'en est pourtant rien... Le bal des pleureuses à la vérité jamais ne cesse. Il s'agit là d'un mal occidental, j'en ai bien peur. Toutes ces jérémiades incessantes sont difficilement supportables à écouter dès lors qu'elles ne soient pas racontées avec un zeste de détachement.  Sans oublier qu'un tel comportement de grognard ou de geignard dégrade inévitablement la qualité de jeu de celui qui l'adopte !

Soyons réalistes : un véritable joueur de poker gagnant - disposant d'une supériorité technique sur ses adversaires - est invariablement condamné à devoir supporter à longueur de temps sa part de poisse.   Il ne sert à rien de pester, bien au contraire. C'est en quelque sorte une offrande à laquelle on se doit de consentir pour continuer à avancer. Un sacrifice à surmonter avec le plus de dignité possible. Le petit monde du poker constitue en quelque sorte une Pachamama à part entière pour le Joueur avec un J majuscule, puisqu'il s'agit bel et bien d'un microcosme dont certains parviennent à tirer parti non sans peine (à la condition expresse de savoir courber l'échine et de s'adonner à un dur labeur). C'est ce qui explique en partie à mes yeux l'importance des rituels de préparation avant et pendant les sessions de poker. Que ce soit dans le choix de ses tables, dans le temps utile consacré aux pauses, dans toutes ces petites choses qui favorisent la quiétude dans le processus décisionnel à table. En choisissant de faire usage de rituels et en adoptant des habitudes de jeu, on en vient parfois à frôler la superstition, mais à la vérité du rituel maitrisé naît l'acceptation de la (dure) réalité et la sérénité face aux situations rencontrées, ce qui permettra d'oublier au plus vite les coups du sort et de prendre in fine les meilleures décisions possibles.

C'est une évidence, je suis tout sauf matérialiste et je respecte moi aussi profondément la Pachamama dans ma vie de tous les jours, bien que ce soit d'une façon qui m'est toute particulière. S'agissant plus spécifiquement du poker, j'ai intégré depuis bien longtemps que mon bad beat d'aujourd'hui préfigure ma victoire de demain. Mes rituels et sacrifices sont désormais bien définis et parfaitement en place, bien intégrés à ma philosophie de jeu. Ô Pachamama, je consens à t'offrir ton dû ! Accepte-le et fais-en ce qu'il te plait. Repais les adversaires que tu jugeras digne. Mais surtout n'oublie pas que je suis ton serviteur dévoué. N'oublie pas non plus de faire prospérer ma récolte pour la saison à venir. Merci à toi. J'aurais probablement dû naître bolivien ou péruvien.
 



lundi 1 juin 2020

Moins de bip bip, plus de musique !

A la faveur d'un regain d'intérêt pour les streams poker ces dernières semaines, je me suis soudainement rendu compte en regardant un streameur jouer un soir tard de l'aspect pénible - voire nuisible - provoqué par certains bruitages caractéristiques sur les plateformes de poker en ligne (notamment lorsque c'est à notre tour de jouer, mais pas seulement). A cette occasion, j'ai eu comme un flash : je me suis demandé à quel point ces bruitages, tous différents selon la plateforme où l'on joue ne constituent pas un élément davantage nuisible que profitable. J'avais déjà cette impression empirique depuis un certain temps dans un coin de ma tête. Et si c'était vrai, après tout ? Et si ces bruitages polluaient la concentration ?

Certes, il est parfois particulièrement utile de savoir que le temps presse et que notre main va être automatiquement couchée si on ne réagit pas immédiatement. A ce titre, le petit "bip bip" de rappel avec lequel tous les joueurs assidus des sessions poker jouées sont familiarisés n'est pas superflu. Toutefois, un joueur réellement investi, vigilant et assidu à sa table doit pouvoir se passer de tous ces bruitages. Partant de l'hypothèse que ma concentration n'est pas optimale aux tables lorsque je laisse ces divers bruitages s'exprimer, j'ai donc provisoirement pris la décision de supprimer l'ensemble des éléments sonores à mes tables, et d'accroitre en retour la part de musique dans mes sessions. J'avais déjà eu l'occasion de m'exprimer par le passé sur les vertus supposées de la musique en vue d'atteindre un degré de concentration élevé, mais jusqu'ici, ladite concentration était toujours quelque peu parasitée par les bruitages de mes tables de poker. Pour le moment, je trouve que le fait de rendre ses lettres de noblesse à la mélodie plutôt qu'au bruit s'avère agréable... même si ce n'est qu'une impression empirique et que par ailleurs le risque de coucher accidentellement des mains sans la piqûre musicale de rappel s'en retrouve décuplé. Mais je verrai bien sur le moyen-long terme si cet ajustement sonore récent au profil de la musique contribuera ou pas à l'accroissement de mes performances.

En attendant d'avoir assez de recul pour trancher, et pour paraphraser quelque peu Karen Cheryl dans son tube de légende "Oh ! chéri chéri..." qui juste avant de fredonner le refrain de la chanson termine son couplet par la célèbre phrase "Moins de paroles, plus de musique", je vais désormais m'atteler à entamer mes sessions en chantonnant pour ma part "Moins de bip bip, plus de musique". Et puis, comme chacun sait, juin constitue le mois de la fête de la musique, que diable ! alors tant pis si je chante faux. Et tant pis si le Coronavirus vient gâcher la fête de la musique en cette année 2020 si particulière. Décision est prise de monter un peu le son à mes tables de poker... et le tour sera joué lorsque ce sera à mon tour de jouer ! CQFD.

mercredi 20 mai 2020

Valoriser les pauses (2/2) : les coupures prolongées

Il marche sur des bambous et ça lui va bien...
Comme je l'avais indiqué en début d'année, 2020 a démarré pour moi pianissimo. Je joue peu, ces temps derniers. Ayant pris quelques semaines de vacances à l'autre bout du monde début février, à aucun moment il n'est m'est venu à l'esprit de jouer au poker sur mon smartphone. Quand on est loin, vraiment loin, immergé dans une autre civilisation, il y a une infinité de choses intéressantes à faire, au delà de l'imaginable, et investir une partie de son temps libre pour se consacrer au poker résulte inévitablement d'un arbitrage à faire. La coupure était telle que je n'ai même pas fait l'effort de lancer les applications poker sur smartphone afin de vérifier si le poker était légalement accessible dans les quelques pays que j'ai traversés. La coupure fut donc totale. Mais je ne l'ai pas subie : il s'agit d'une étape passive de mon parcours poker, l'occasion idéale de me régénérer. Il faut dire que, contrairement à l'écrasante majorité des disciplines dites de compétition (sportives ou extra-sportives), une coupure prolongée au poker n'engendre pas  automatiquement une baisse de niveau. L'inverse a même des fortes chances de survenir !

Le poker est affaire de technique. Le poker est affaire de chance. Mais le poker est également affaire de mental. Or, ce mental est quotidiennement mis à mal par les bad beats que l'on doit encaisser à longueur de temps et par la variance qui va avec la pratique de cette discipline. Ainsi, je suis convaincu que pour jouer de façon efficace, il convient de toujours conserver un zeste de fraîcheur. Dans cette optique, je considère qu'une coupure prolongée de quelques semaines ne saurait me faire de mal, bien au contraire. Le confinement dans lequel a été plongé le pays en mars-avril a engendré un boom de la fréquentation des tables de poker en ligne tandis que de mon côté mon activité poker demeurait quasi-nulle... En prolongeant ma coupure au delà de mes vacances de février, on peut donc considérer que j'ai probablement loupé quelques belles opportunité de briller contre la cohorte de débutants arrivés aux tables. Tout du moins sur le court terme. Mais in fine, je ressens désormais les effets positifs de ma longue phase de coupure et nul doute qu'à plus long terme cet intermède me sera bénéfique. Car en ayant pris un zeste de recul, je trouve que j'ai retrouvé au passage de la fraîcheur et de la joie aux tables : j'ai l'impression de jouer un peu mieux qu'avant. Et qu'importent les bulles subies, les contrariétés des coups cruciaux perdus et les sorties de piste injustes. Ma trêve hivernale prolongée a eu pour vertu de venir opportunément renforcer une qualité quelque peu atrophiée par l'usure du temps : la patience. Et cette même patience constitue le pilier indispensable sur lequel bâtir sa solidité mentale au poker.

J'ai coutume de penser qu'il y a un temps pour chaque chose. Je sentais confusément ces temps derniers que le moment était venu pour moi de me consacrer à autre chose qu'au poker, en attendant que la fatigue liée à l'usure mentale soit évacuée, tout en douceur. C'est désormais le cas. Je me sens bien... et cet état d'esprit me parait durable. Voyons ce qu'il adviendra. Je pense que je suis prêt à revivre de passionnantes aventures cartes en main. D'abord en ligne. Et puis un jour prochain en live, lorsque je me requalifierai pour des événements une fois le monde revenu à la normale. Je suis serein. Et c'est une excellente nouvelle.

vendredi 15 mai 2020

Valoriser les pauses (1/2) : les intermèdes

Une pause. Ce moment de vide pendant lequel on ne joue pas. A une table de cash game, il est possible de s'absenter dès qu'on le souhaite, il suffit de terminer le coup en cours et de quitter la table (provisoirement ou définitivement). En tournoi, l'affaire est autrement plus compliquée : lorsque l'on joue en ligne, il faut attendre la fin de l'heure en cours pour que le tournoi soit interrompu cinq minutes durant et pouvoir ainsi délaisser son siège sans se faire grignoter ses blindes; en live, le principe est bien évidemment le même, à ceci près que les pauses ne surviennent qu'après deux, trois heures de jeu minimum.

Je suis convaincu depuis pas mal de temps que les pauses ont un impact largement sous-estimé sur le degré de performance des joueurs en tournoi. Car un tournoi, c'est long. Ces derniers temps, j'ai décidé de modifier quelque peu mes habitudes lors de ces pauses en apparence si anodines. Pour remplir ce moment à bon escient, il n'y a pas que la classique escapade WC, qu'un surf express sur le web, ou qu'un petit détour par la cuisine (boire/manger). J'ai déjà ici loué les vertus insoupçonnées de la douche en mode express : ça peut paraître cocasse, mais c'est top. Il existe deux autres armes efficaces pour recharger les batteries : prendre une pause dite mentale à base de repos, et une pause physique qui peut sembler a priori contre nature, mais qui est désormais celle à laquelle je m'adonne de plus en plus .

Une session à base de tournois, ça dure parfois longtemps (ce qui est bon signe). Mais ça épuise mentalement. Lorsque la nuit est avancée et que l'on est dans le money time lorsque survient la pause, pour faire retomber la pression, je décide parfois de m'allonger quelques instants et de fermer les yeux. Le seul écueil dans lequel il faut éviter de tomber, c'est de s'assoupir - réellement - au cours de l'intermède. Mais on part du principe que cela n'arrivera pas. Cinq minutes, ça a l'air peu. Mais ça peut largement suffire pour se requinquer l'esprit : pour l'avoir testé avec succès à de nombreuses minutes, je sais chérir ces cinq minutes de pause les yeux fermés. Ce bref moment d'évasion et de relâchement s'avère même encore plus profitable lorsque je suis en table finale. Et le nec plus ultra consiste à le faire lorsqu'il n'y a plus qu'un seul adversaire à vaincre. Dans un cas comme dans l'autre, les paliers sont alors importants, et pouvoir colmater les fissures mentales qui se sont installées lors des minutes écoulées tout en faisant abstraction des enjeux financiers (et de la pression qui va avec) peut s'avérer crucial afin de revenir aux tables rasséréné.

Mais l'inverse est également possible tout en restant bénéfique : privilégier une pause à connotation sportive possède là-encore des vertus insoupçonnées. Rien de tel que cinq minutes de brefs efforts sportifs pour régénérer l'esprit et entretenir le corps par la même occasion. En cette période de confinement, tout exercice physique est bon à prendre afin de compenser la baisse du niveau d'activité physique, et bien que jouant assez peu en cette année 2020 par rapport aux années précédentes, je me suis laissé convaincre par les bienfaits des pauses sportives. Quelques pompes, abdominaux, exercices à base de sautillements, ou toute autre activité mobilisant le corps (taper dans un ballon, jouet du bilboquet, etc.) procurent aussitôt une sensation de relâchement, de gaieté et de bien-être à même d'évacuer le stress et la pression le plus naturellement du monde. Et dieu sait que du stress qui s'emmagasine pendant une session de tournois de poker, il peut y en avoir beaucoup, surtout si un même joueur nous a martyrisé ou si l'on a subi des bad beats au cours de l'heure écoulée. Sans compter que cela décrispe les muscles au passage. Je suis définitivement persuadé qu'un tel intermède sportif n'a au final que des vertus. Bref, un chouillat de sport à la pause, c'est magique pour revenir aux tables avec un esprit sain dans un corps sain !

Une petite pause poker, ce n'est donc pas un simple moment vide de quelques minutes sans valeur ajoutée. Pour le joueur affûté, c'est bien plus que cela : une occasion en or de reposer l'esprit et/ou de sublimer le corps. Dans un cas comme dans l'autre, ce ne sera jamais superflu d'occuper de la sorte sa pause : s'en priver systématiquement, c'est rater une opportunité de prendre un petit avantage sur ses adversaires. C'est aussi en maîtrisant d'infimes détails que l'on parvient à tutoyer les meilleurs. Alors valorisons donc nos pauses en rechargeant nos batteries mentales : les pompes en pantoufles et un zeste de méditation-évasion, c'est gratuit et ça peut rapporter gros.

lundi 27 avril 2020

Hygiène et santé (3/3) : Las Vegas est un désert !

Las Vegas. La capitale mondiale du poker. La ville de tous les fantasmes. L'évocation de ce seul nom suffit le plus souvent à faire miroiter les yeux de tout joueur qui se respecte. Que ce soit un joueur de cartes, de roulette ou de dés. Oui mais voilà, Las Vegas est un colosse aux pieds d'argile, une ville majestueuse érigée dans un environnement hostile dont la seule vocation est de distraire le plus grand nombre en leur faisant oublier le temps qui passe et leur argent qui s'évapore dans un climat d'extrême sécheresse. Or, en ces temps de Coronavirus, se distraire constitue le cadet des soucis des américains, dont le pays est désormais le plus touché par l'épidémie... et les casinos de la ville vidés de leurs touristes pour raison de confinement ont dû licencier à tout va. Idem pour les hôtels. Idem pour à peu près toute l'économie de la ville-mirage : des centaines de milliers de travailleurs au chômage pour une durée indéterminée.

Las Vegas Bd déserté en plein jour.
Las Vegas. Un désert. En passe de devenir une ville-fantôme en ce printemps 2020. Car les fantasmes d'hier ont désormais bel et bien pris des allures de cauchemars. Tout ça à cause d'un petit grain de sable nommé Coronavirus, venu gripper la mécanique bien huilée de cette oasis ludique, de cette perle de luxure. Alors Las Vegas n'est plus désormais qu'une forêt de béton sans âme, plantée sur un plateau désertique et assoiffé. Des rues désertes dans une ville désertée, tel est le paysage offert par la ville en ce printemps 2020. Avec le confinement imposé et le climat de peur généralisé, c'est toute l'économie locale qui s'est écroulée d'un simple claquement de doigts. Tandis que le gouverneur semble décidé à maintenir un confinement strict le temps qu'il faudra pour juguler l'épidémie de Coronavirus, le maire de la ville trépigne déjà pour que la ville rouvre. Car il sait que la ville joue gros et que chaque seconde perdue constitue un désastre économique dont il sera difficile de se relever. A Vegas encore plus qu'ailleurs la ville dépérit en restant à l'arrêt, privée de ses touristes. Et les néons de la nuit brillent bien, bien moins le soir !

Pour les passionnés de poker, c'est bien évidemment aussi la douche froide : les WSOP - les fameux World Series of Poker - qui devaient se tenir comme tous les ans entre mai et juillet ont été reportés à l'automne. Et même à l'automne il est loin d'être acquis que l'édition 2020 du festival puisse de tenir. La mécanique de qualifications en ligne pour ces WSOP qui démarre habituellement vers mars a été mise en sommeil... Les plateformes en ligne regorgent bien de clients en ces temps de confinement généralisé, mais ne proposent pour le moment pas de satellites qualificatifs pour l'événement, en attente d'y voir un peu plus clair sur les dates. Mais qu'il s'agisse d'un simple report ou d'une annulation à terme, tout ceci ne sera au final qu'un moindre mal à l'échelle de la ville. Car le problème du poker ne constitue qu'une simple goutte d'eau dans la traversée du désert que Las Vegas vient d'entamer.

A ce stade, tous les casinos-hôtels jouent leur survie. Car il y aura des dégâts incommensurables sur le plan économique, bien au-delà des dégâts sanitaires. Les établissements ayant les reins solides parviendront probablement à échapper à l'hécatombe qui s'annonce et qui promet une flopée de faillites commerciales comme la ville n'en a probablement jamais connues jusqu'ici. Mais je suis particulièrement pessimiste, à titre personnel. On entend déjà certes de-ci de-là des rumeurs de réouvertures prochaines de casinos avec masques obligatoires pour tous et espacement des distances entre clients aux tables et autres machines à sous, mais à la vérité tout ceci me parait bien illusoire. Une réouverture dans de telles conditions ne fera bien évidemment pas rêver grand-monde ! Or, Las Vegas ne vibre, ne vit, ne survit que par le rêve et l'émerveillement qu'elle suscite. Dès lors que l'on bascule dans le cauchemar comme c'est le cas actuellement, c'est le réveil brutal qui sera probablement privilégié par le plus grand nombre. L'aéronautique est à l'arrêt pour de nombreux mois et quand bien même le trafic aérien serait rétabli à 100%, les gens ont peur; une peur qui risque de perdurer. Il y a fort à parier que les touristes et badauds ne reviendront pas à Vegas de sitôt (l'hypothèse d'un vaccin-miracle mis sur pied en un temps record n'étant pas la plus probable). Alors la ville est promise à des heures sombres : aujourd'hui ville déserte. Et demain très probablement aussi.

vendredi 17 avril 2020

Hygiène et santé - (2/3) : l'économie du poker bouleversée !

L'arrivée du Coronavirus a chamboulé depuis quelques semaines toute l'économie de la planète poker. Comme partout ailleurs. Concrètement, le confinement qui a été décrété un peu partout sur la planète engendre deux effets principaux très distincts, selon un système de vases communicants : la mise en coma artificiel du poker live, d'une part, et l'irrésistible fièvre dont profite le poker en ligne, d'autre part.

Autour d'une table de poker live, le Coronavirus peut circuler dans des conditions quasiment idéales. Alors que les premières turbulences se faisaient sentir et peu avant que les établissements ne se mettent à annuler tous les événements et festivals poker, certains joueurs célèbres - tel le champion canadien Daniel Negreanu - avaient même tiré la sonnette d'alarme en amont (dès la première quinzaine de mars aux USA) pour que le jeu en live s'arrête immédiatement, tellement les risques de contamination et de propagation apparaissaient comme élevés. On se contentera ici d'évoquer succinctement les vecteurs de contamination les plus évidents, avant de se pencher un peu plus en détail sur l'aspect purement économique.

Les vecteurs de contamination en live sont donc multiples, les joueurs et membres du staff des établissements accueillant des joueurs de poker étant amenés à demeurer statiques plusieurs heures consécutives dans un même espace clos avec des distances de séparation minuscules : 
- la contamination peut survenir via l'incessante circulation des jetons (comme évoqué dans l'article précédent)
- la contamination peut également survenir via la distribution des cartes par le croupier, puisque les joueurs reçoivent deux nouvelles cartes à chaque main, sachant qu'elles ont été manipulées par d'autres joueurs dans les minutes qui précèdent
- un tapis de jeu constitue un parfait nid à microbes, ce n'est un secret pour personne que les miasmes y pullulent ; qu'il soit plastifié, en tissu ou en velours, il y aurait de quoi se hérisser le poil si on se mettait à le scruter au microscope
- la contamination peut également se faire du fait de la promiscuité qui règne aux tables, sachant que le plus souvent une table de poker live accueille entre 7 et 11 personnes et qu'il faut souvent faire attention pour ne pas heurter le coude ou la jambe du voisin
- de façon plus insidieuse mais tout aussi redoutable, la contamination se fera aussi potentiellement via la climatisation, sachant que l'immense majorité des casinos fonctionne en vase clos et que la circulation de l'air dans les espaces de jeu passe par la climatisation plutôt que par l'air naturel en provenance des fenêtres

Le masque de la peur
D'un point de vue économique, les cercles de jeux et les casinos sont donc fermés depuis un mois un peu partout sur la planète, au même titre que les établissements de divertissement apparentés accueillant du public tels que musées, théâtres, salles de spectacle et salles de cinéma. Il y a fort à parier que ces secteurs seront parmi les derniers à bénéficier de la reprise économique une fois le retour à la normale acté par les pouvoirs publics. Car ce n'est pas qu'une question de dates officielles de réouvertures... il faudra aussi encaisser les effets dévastateurs générés par la peur. Le traumatisme est important dans la tête des gens et la méfiance du public perdurera dans de tels lieux tant qu'il n'y aura pas eu éradication totale de la maladie. Certains ne mettront plus les pieds dans ce type d'établissements pendant longtemps. Voire très longtemps. Même avec un masque sur le visage. L'équation est simple. Pas de vaccin, pas de confiance. Pas de confiance, pas de business.

Si j'étais croupier ou employé d'un cercle de jeux, je serais inquiet non seulement à court terme, mais aussi et surtout à moyen terme. D'ailleurs, à propos de croupiers, on signalera que sur le plan micro-écronomique diverses cagnottes de solidarité en ligne de type Leetchi ont même été mises en place dans les jours qui ont suivi la fermeture des établissements et l'instauration du confinement... un élan solidaire insolite et dérisoire de la part des joueurs professionnels et autres réguliers du circuit, du même acabit qu'un garçon sur la plage qui tente de consolider son château de sable dont les fondations sont happés par l'arrivée de la marée qui monte.

Qu'il s'agisse de joueurs réguliers privés de leurs tables de jeux favorites au casino ou dans leur cercle de jeu habituel, de joueurs amateurs devant annuler leurs séance hebdomadaire en club, ou bien de groupes d'amis ne pouvant plus héberger leurs parties habituelles au domicile de l'un deux, il y a des dizaines de milliers - voire des centaines de milliers - de joueurs privés de leur hobby. Faute de caviar, ces gens se sont massivement rabattus sur les oeufs de lompe : le trafic du poker en ligne a tout simplement explosé en l'espace d'un peu plus d'un mois. D'autant qu'il faut encore y ajouter d'autres catégories de joueurs occasionnels, qui ont eux aussi récemment pointé le bout de leur nez sur les tables de poker en ligne : les habituels parieurs sportifs et les oisifs. Les plateformes de poker sur internet étant aussi des plateformes de paris sportifs, l'arrêt brutal des compétitions sportives sur lesquelles parier a certainement conduit quantité de parieurs à devoir reporter leur besoin d'adrénaline vers le poker, à l'image d'un junkie au crack contraint de se rabattre sur la cocaïne suite au brusque démantelement de sa filière habituelle par la police. Pour parachever le tableau, on ajoutera enfin les oisifs confinés, ceux qui ne sont pas habitués à être inactifs et qui cherchent à passer le temps en se divertissant au moins un peu. En additionnant tout ce beau monde, on a tôt fait de comprendre que l'afflux de joueurs aux tables de poker online est actuellement massif et généralisé. C'est bien simple, depuis mes débuts en 2013, je n'ai pas souvenir d'avoir vu autant d'affluence sur les plateformes hexagonales de poker en ligne. Pour autant, et c'est là le paradoxe, les opérateurs de poker en ligne ne se frottent pas totalement les mains : la perte au niveau des paris sportifs est pour eux abyssale et le sursaut lié au poker ne compensera qu'en partie le manque à gagner sur les paris.

On le voit, le monde du poker se retrouve donc complètement chamboulé à cause d'un simple microbe. Comme partout ailleurs. Mais à ceci près qu'il semble acquis que pour le poker ça risque d'être un chamboulement impactant y compris à moyen terme, avec une reprise plus tardive et plus timide du poker en live, tandis que le poker en ligne bénéficie provisoirement d'un coup de fouet inespéré. On est décidément pas au bout de nos peines.






mardi 31 mars 2020

Hygiène et santé - (1/3) : j'ai les jetons

L'actualité du moment, c'est le Coronavirus. Cela n'aura échappé à personne que le sujet de la santé est devenu la préoccupation mondiale n°1 pour un temps indéfini. C'est donc l'occasion pour moi d'initier une nouvelle série de petits articles liées à la santé et à l'hygiène dans le petit monde du poker, avec comme fil conducteur mes premières expériences en live et mes yeux naïfs de l'époque. Je suis convaincu que l'exercice immodéré du poker est nuisible à la santé : j'ai déjà touché quelques mots sur les effets négatifs induits par l'adrénaline et le sommeil, aussi je vais ici complètement changer de registre en me focalisant essentiellement sur l'hygiène.

Lorsque j'ai effectué mes tous premiers pas en live il y a sept ans, à l'occasion du PSG poker live ou bien encore du Wipt Winamax, j'avais été interloqué par un élément certes anodin mais pourtant omniprésent dans l'environnement du jeu de poker live, à savoir les jetons ! Je n'ai jamais eu trop l'occasion de m'étaler sur le sujet jusqu'ici, mais il est certain que ces petites rondelles de céramique avec lesquelles je n'étais pas familiarisé ont parasité une (infime) partie de mes pensées... Pour deux raisons principales : la sonore et l'hygiénique.

Le bruit, tout d'abord. Devoir subir les chip tricks simultanés de dizaines et de dizaines - voire de centaines - de joueurs confinés dans une même salle remuant inlassablement leurs jetons, véritables tambourins miniatures de fortune s'entrechoquant encore et encore, génère une expérience auditive à part entière dès lors que l'on doive la supporter tout du long de la nuit (ou de la journée). Une véritable immersion ludique par les oreilles ! Capable d'émerveiller, d'hypnotiser ou d'effrayer le néophyte. On dit souvent que le poker de tournoi constitue un marathon au vu du nombre d'heures qu'il faut rester assis à table si l'on veut triompher de l'adversité. Avec les heures qui s'égrènent, avoir à composer avec un tel bruit de fond est constitutif d'une pollution visuelle et sonore influant - certes de manière infime - sur la capacité du joueur appliqué et concentré à prendre la bonne décision à sa table. Plus le cerveau à d'informations à traiter, plus il fatigue vite... car dans le fond, les jetons sont faits pour être comptés et non pour être entendus. Cette préoccupation auditive jouant à la marge sur la fatigue est toutefois anecdotique, surtout si on la compare aux ravages potentiels de celle lié à l'hygiène.

Car ce qui m'aura fait quelque peu grincer des dents s'agissant des jetons lors de mes premiers pas en live, c'est lorsque j'ai réalisé que certains joueurs ont une hygiène déplorable, qu'ils partagent indirectement avec croupiers et joueurs au travers de la circulation des jetons, en diffusant nos amis les microbes par pilasses avec une redoutable efficacité, à la faveur des coups perdus et/ou gagnés. Je me souviens m'en être fait la remarque à l'occasion de l'une de mes toutes premières pauses en tournoi : sous mes yeux ébahis, j'ai pu voir des joueurs se rendre aux WC et aller uriner sans passer par la case lavabo une fois leur miction achevée. Il faut dire que les pauses sont parfois de courte durée, et que la file d'attente pour aller aux toilettes hommes peut s'avérer longue et anxiogène, les écrans affichant le temps restant avant reprise effective du tournoi. Certains ne veulent pas louper la moindre miette d'action à table et sont prêts à sacrifier sur leur quote-part d'hygiène collective. Si l'on ajoute à cela ceux qui ont tendance à grignoter à table, à se tripoter le nez ou bien à se gratter le creux de l'oreille afin de s'assurer de la présence de leur quota de cérumen (à moins qu'ils ne souhaitent écouter le bruit des jetons dans des conditions optimales), on comprendra assez rapidement que l'on puisse avoir les jetons avec des rondelles qui circulent de main en main. Dans de rares cas, lorsque lesdits jetons sont fatigués d'avoir essuyé plusieurs campagnes de jeu successives, il est même possible d'avoir le privilège d'observer le phénomène sans le moindre microscope, une fine couche de crasse faisant son apparition sur la tranche des jetons ainsi bénis par la flore microbienne !

Las Vegas (co)vidée de ses touristes !
Malgré les quelques lignes que je viens de rédiger, je ne fais absolument pas une fixette sur les microbes. Force est toutefois de constater que le poker constitue une activité humaine extrêmement vulnérable aux gastro-entérites, aux grippes et autres épidémies. Si en temps normal, les joueurs de poker ne font pas trop attention à ce détail-là afin de ne pas compromettre leur plaisir aux tables, il y a fort à parier que ce soit désormais quelque chose d'obsessionnel chez beaucoup de monde. De quoi foutre les jetons aux professionnels du secteur !



samedi 8 février 2020

Le sinistre

A l'occasion du dépoussiérage opéré dans ma cave ces derniers jours, j'ai pu constater avec effroi qu'une part substantielle de ma quincaillerie poker avait souffert cet hiver, la faute à un rangement peu judicieux de cet attirail, juste en dessous d'un soupirail pourvoyeur tout à la fois d'humidité, de vent froid, mais aussi de poussières... et même de mégots de cigarettes !

C'est ainsi que l'ensemble de mes précieuses mallettes de poker (incluant mes deux mallettes collector Winamax aux couleurs des Girondins de Bordeaux et des Canaris du FC Nantes) ont été sérieusement endommagées, la peinture ayant cristallisé en de multiples endroits de telle sorte que les mallettes semblent désormais comme vérolées.  Pourtant, deux d'entre elles étaient encore bien protégées avec l'emballage d'origine... Les dommages  extérieurs sont bel et bien irréparables, puisque la peinture commençant à s'écaille autour des points cristallins lorsque je les nettoie ! Idem pour mon beau sac de sport Bwin (que j'avais glané lors du tournage du mythique XpokerTour organisé par les équipes de Bwin du temps où ils étaient encore actifs) qui trônait avec désinvolture tout en haut d'une étagère attenante. La petite housse protectrice en plastique n'aura malheureusement pas suffisamment joué son rôle, là encore.

L'ampleur du désastre...
Quel désastre ! Quel sentiment de gâchis ! Je me sens complètement désemparé. Le sinistre de mon rayon quincaillerie n'aurait jamais dû survenir de la sorte, d'autant que l'hiver n'a pas été des plus rudes. La perte sentimentale est vraiment énorme. Des jetons de poker sans leur mallette métallique, c'est un peu comme un escargot sans sa coquille. Je pourrais me lamenter, me reprocher mon manque de vigilance ou bien encore maudire ma déveine du moment particulièrement marquée, y compris jusque dans un aspect aussi anecdotique tel que celui-ci. Mais ainsi va la vie : tout objet finit par s'user ! Parfois bien plus vite qu'on ne le souhaiterait. 
 
La morale de l'histoire étant que lorsqu'on stocke un objet dans une cave, il faut aussi admettre dans un coin de sa tête qu'il existe un risque pour qu'on ne le revoit plus jamais. C'est comme ça. Next !


mercredi 22 janvier 2020

Dépoussiérage

Ces jours-ci, il ne se passe pas grand chose s'agissant de mes activités poker. Un peu de cash game pour me distraire une heure, et ma soif de jeu est aussitôt étanchée. Autant dire que c'est le calme plat et que je n'ai aucun idée du moment clef où la tendance s'inversera ! J'ai d'autres idées plans en perspective, mais cela ne doit pas me faire oublier que j'ai une conquête du poker à mener sur le long, voire le très long terme.

On dépoussière le trophée
Toutefois, je suis allé à la cave faire un peu de ménage, et à cette occasion, j'ai ressorti mon précieux trophée, le seul que j'aie gagné à ce jour en poker de tournoi : celui glané au Stade de France il y a trois ans et demi déjà. J'ai décidé de le sortir de son écrin et de le remettre bien en évidence, sur le bureau, afin qu'il soit-là, juste sous mes yeux lors de mes sessions poker nocturnes, histoire qu'il puisse me servir de totem et ainsi catalyser mes ondes positives lorsque je disputerai les coups clefs en fin de tournoi, les coups qu'il faut absolument gagner dans le money time pour pouvoir capitaliser les sous et la confiance qui va avec un deep run. Espérons à présent que ledit totem me permette de faire redémarrer la machine dans les prochaines semaines...

samedi 4 janvier 2020

2020 en mode touriste ?

2019 est terminé, et le moins que l'on puisse dire c'est que l'année aura été chiche en succès aux tables de poker, que ce soit en ligne ou en live. Certes, en clôturant l'année je constate un chiche bénéfice, mais pas de quoi pavoiser, et encore moins sortir le champagne. Mes bénéfices sont faméliques. Mon temps de jeu ces derniers mois est marginal, à tel point que j'en viens à me demander si le virus du poker n'est pas en train de progressivement me quitter. Car je ne ressens plus le besoin de jouer. L'envie, elle, demeure bien présente, mais elle est mise en concurrence avec d'autres activités nocturnes divertissantes et/ou reposantes : films et séries TV, matches de football, lecture, jeu vidéo ou bien encore tout simplement une nuit de sommeil complète (puisqu'il faut bien avouer que certaines sessions de poker le soir ont pour incidence lorsque cela se passe bien de se terminer tard dans la nuit). Car j'en viens à la constatation que le temps libre n'est pas extensible à l'infini ! Le temps passé à jouer au poker, c'est un temps que je ne consacre pas à une autre activité aussi intéressante et/ou divertissante.

J'en viens donc à me poser la question suivante : et si je la jouais en mode touriste en cette année 2020 ? J'hésite sur la marche à suivre... non pas que j'aie envie de délaisser ce jeu, mais il est temps pour moi de l'aborder dépourvu de toute forme de pression au niveau du volume effectif de jeu. Ainsi, pour commencer, un petit break de quelques semaines en cette fin d'hiver ne sera pas de refus, afin de mieux rebondir ensuite au printemps... ou pas. La suite, on verra.

lundi 23 décembre 2019

Un challenge Razz qui traîne en longueur...

Lorsqu'en mai de cette année j'ai initié mon challenge en Razz - cette variante du Stud poker où il faut obtenir la main la plus basse possible à l'aide de 5 de ses 7 cartes privatives, je n'imaginais pas qu'il me faille autant de temps pour le mener à bien... car il commence à trainer dangereusement en longueur, ce défi personnel que je m'étais fixé.

Le Razz, une variante peu connue du grand public
A vrai dire, mon volume de jeu aux tables de poker en ligne a été maigrichon ces temps derniers et le Razz a été provisoirement relégué en arrière-plan. De ce fait, il n'est toujours pas terminé alors qu'un semestre entier s'est écoulé. Mais je ne suis pas homme à jeter l'éponge en cours de route sans raison valable, aussi je le terminerai, ce challenge. Dieu merci, je n'en ai pas encore razz-le-bol ! J'affectionne toutes les variantes poker, et celle-ci figure en bonne place dans mon panthéon des disciplines poker que j'estime le plus. Le hic, c'est que l'offre et la demande en la matière font que la variante demeure encore très peu pratiquée dans l'hexagone.

Pour le moment, mon ROI (Retour sur Investissement) est certes positif, mais dans des proportions bien moindres que ce que je m'étais fixé comme objectif de départ. Ceci étant, il me reste encore pas mal de tournois à disputer avant d'avoir complété mon échantillon et d'enfin disposer de statistiques parlantes. D'ici la fin de l'hiver, le challenge Razz sera donc mené à bien... et à partir du printemps, je m'en trouverai un autre. Les variantes dites "exotiques" ont ceci de bon qu'elles permettent de sortir de la routine du poker, et avec le temps qui passe, elles constituent un excellent vaccin contre la monotonie du Texas Hold'em. Rendez-vous ici dans quelques semaines pour la fin et la synthèse du challenge Razz, donc !

vendredi 20 décembre 2019

Maudits tickets, tickets maudits

Graines de champion ?
Accumuler des tickets de tournoi, tels un hamster en cage qui dissimule frénétiquement ses graines sous son duvet en prévision de la disette hivernale, telle est l'activité à laquelle je m'adonne inconsciemment depuis mes débuts au poker, sachant que l'utilisation desdits tickets survient le plus souvent extrêmement tardivement, lorsque leur date de péremption approche dangereusement. Pourtant, idéalement, le déstockage devrait se faire au fil de l'eau, mais il y a toujours une raison qui m'incite à reporter à "demain" l'utilisation des tickets ainsi amassés.

Cette fin d'année - très calme s'agissant de mes activités poker - constitue pour moi la bonne occasion d'écouler méthodiquement mon stock de tickets et autres bonus encore disponibles sur mes divers comptes poker. Mais cette activité a indubitablement un petit effet pervers, puisque je ressens dans des moments pareils une petite pression, s'agissant de tickets dont la valeur nominale oscille tout de même entre 5 et 100 euros.

La perte d'un gros ticket sur un bad beat ou un coin flip perdu peut alors impacter négativement mon mental du moment, ce qui en principe ne devrait pourtant jamais être le cas dès lors que l'on cherche à jouer le plus efficacement possible au poker. Dans des moments pareils, je les maudis plus souvent que de raisons, ces fichus tickets ! Si longs à amasser au gré des tournois communautaires et autres promotions spéciales, et pourtant si faciles à dilapider en un clic, sur un simple coup du sort. Mon retour sur investissement s'agissant des tickets n'est pas toujours positif, mais ainsi va la vie : l'échantillonnage de tournois joués avec tickets est parfois trop restreint pour que la variance amortisse le choc. Et il faut alors passer à autre chose, non sans parfois maugréer intérieurement le temps d'évacuer la frustration de la non-conversion en cash du ticket perdu.

Qu'ils soient bénis ou qu'ils soient maudits, mes tickets sont en train d'être joués sur les tables ces jours-ci. Ca me permettra d'amorcer l'année 2020 plus sereinement, sans avoir à me soucier d'hypothétiques dates d'expiration comme cela peut parfois être le cas. Une année qui se termine constitue souvent le bon moment pour prendre des bonnes résolutions, mais encore faut-il que les résolutions en question puissent résister à l'érosion du quotidien. Comme à chaque fois, je me répète que je vais arrêter de les thésauriser bêtement, ces maudits tickets ; l'année prochaine si tout va bien... ou alors la suivante. Mais les malédictions sont difficiles à lever et les mauvaises habitudes ont la dent dure, et il faut un charme puissant pour les dissiper. Alors on répète la formule magique, on mouline un peu les bras et on agite la baguette flambant neuve. Abracadabra !

 

dimanche 1 décembre 2019

Rêveries automnales (2/2) : Vegas sans les cartes !

En l'espace de 72 heures à peine, dans la froideur et l'humidité automnale des nuits franciliennes, j'ai rêvé deux fois d'affilée de Las Vegas. Si dans mon premier songe, déjà narré ici-même tout récemment, je me qualifiais par internet deux fois d'affilée pour m'y rendre afin d'aller y disputer deux épreuves des championnats du monde de poker, dans le second songe, je foulais bel et bien le tarmac brûlant du Nevada dès le début de mon rêve, mais me retrouvais empêtré dans un bien déplaisant imbroglio hôtelier, le rêve prenant par bien des aspects une forme cauchemardesque. Un rêve déplaisant, donc. Sans cartes en main. Mais soumis aux aléas d'un voyage mouvementé.

En effet, dans cette seconde rêverie automnale, je débarquais à l'aéroport de Las Vegas un peu les mains dans les poches, sans avoir pris le soin de vérifier le standing de mon hôtel, tant et si bien qu'une fois parvenu devant l'entrée de cet établissement inconnu, les choses se passaient mal. Tout d'abord le réceptionniste ne parvenait pas à retrouver la localisation de ma chambre et me demandait de patienter dans le hall le temps qu'il se renseigne sur le mystère de cette chambre disparue : il me donnait bien une clef de chambre, en me demandant d'essayer de trouver ladite chambre par moi-même... mais pas moyen de la localiser dans le labyrinthe du gigantesque hôtel-casino. Du coup, après avoir déambulé en vain pendant des heures dans les différents halls et couloirs, je retournais à la réception demander de l'aide et l'on m'indiquait alors un cagibi réservé aux siestes du personnel de l'hôtel, faute de mieux.

Par la suite, une fois installé et reposé, je me rendais compte que l'heure limite pour m'enregistrer au tournoi de poker auquel je venais participer était dépassé. Plus de late reg possible ! La rage au ventre, je me vengeais alors sur les diverses machines à sous et autres jeux vidéo d'arcade à disposition dans l'établissement, afin de passer le temps en attendant mon vol retour pour Paris, prévu pour le surlendemain.

Rêver de Vegas... toute une histoire !
Certes, mes rêve ne se réalisent absolument jamais (pratique lorsque je fais un cauchemar crédible, puisque je sais par avance que je n'ai en principe rien à craindre...). Mais tout de même !! Mon inconscient veut probablement me dire quelque chose par ce biais onirique... Reste à savoir quoi. Je demeure dubitatif quant aux interprétations possibles. Mais c'est aussi le charme des rêves. Le plus souvent, le mystère et le brouillard demeurent impénétrables. On ne trouve pas toujours la clef des songes (ni la chambre). Quoi qu'il en soit, en attendant, ma vie continue. Avec ou sans rêves. Avec ou sans Vegas. Avec ou sans cartes.

samedi 23 novembre 2019

Rêveries automnales (1/2) : Revoir Vegas, encore et encore.

En cette période automnale où il ne se passe pas grand chose au niveau de mon activité poker, force est de constater que mon cerveau demeure toutefois en ébullition s'agissant de ce jeu de cartes. Pour la simple et bonne raison que j'ai fait récemment des rêves se rapportant à mon passe-temps favori.

Dans mon premier songe, encore très prégnant au réveil, je me qualifiais en ligne pour un tournoi annexe des championnats du monde se déroulant à Vegas. J'exultais alors à l'idée de retourner aux Etats-Unis y croiser le fer avec la fine fleur mondiale du jeu. Et dans le feu de l'action, j'enchaînais le lendemain sur une seconde qualification pour un autre des tournois du championnat du monde, au prix d'un bad beat final infligé à mon ultime adversaire. Je me retrouvais alors avec deux packages obtenus coup sur coup en l'espace de 24h, de telle sorte qu'autour de moi les gens commençaient à trouver suspecte cette chance insolente obtenue en si peu de temps.

Superbe rêve s'il en est ! Probablement un signe de mon inconscient m'indiquant que mon parcours poker est loin d'être fini et qu'il me reste de belles aventures à vivre s'agissant de ce jeu. Et puis Vegas est un aimant puissant qui attire et fascine tous ceux qui ont une fibre ludique digne de ce nom.

L'hôtel Mirage à Las Vegas.
Le hic de cette belle histoire, c'est qu'avec le temps, j'ai pu m'apercevoir qu'une constante demeure : mes rêves ne se réalisent absolument jamais lorsqu'il s'agit de les convertir dans la réalité ! Mes envies parfois. Souvent, même. Mais mes rêves jamais... y compris lorsqu'ils sont parfaitement crédibles. Aussi, tout ceci ne restera qu'un doux songe. Un mirage pour mon inconscient. Mais ça ne veut pas dire que je ne retournerai pas à Vegas un jour prochain. Je vais attendre que les planètes s'alignent, sait-on jamais...

samedi 16 novembre 2019

Vincennes 2019 : toujours la même rengaine.

Au début, tout va bien...
Cela fait maintenant quatre fois que je participe au Hip'Poker Tour se disputant dans l'enceinte de l'hippodrome de Vincennes le temps d'un week-end. Cela fait quatre fois que je n'arrive pas à atteindre le jour 2 de l'édition. Tout commence à chaque fois en fin de matinée, dans la grisaille de novembre. Et tout se termine toujours trop vite dans l'après-midi, dans l'anonymat et l'indifférence du peloton. Cette année, quelques timides rayons de soleil ont réussi à poindre au début du tournoi, réchauffant quelque peu l'ambiance frisquette du grand hall de l'hippodrome envahi pour l'occasion par les tables de poker. D'année en année, l'événement organisé par le PMU suscite un engouement croissant. Presque 500 joueurs pour cette édition-ci. Avec un croupier pour chaque table. Ca commence à en faire, du monde. Et en deux jours, tout doit disparaitre... un seul gagnant au final. Alors les blindes augmentent vite... et rester serein avec son stack nécessite de le faire grandir en permanence pour ne pas se laisser déborder par la structure.


















Marée basse.

Pour ce qui est de ma performance brute au cours de cette édition 2019, j'ai ferraillé plus longtemps que les fois précédentes, certes. Mon élimination aux alentours de la 140e place pour 485 participants m'a permis de rester en lice bien au delà de la moyenne. Sauf qu'au poker de tournoi, on ne joue pas pour être au dessus de la moyenne. On doit jouer pour la gagne, en principe, lorsqu'on est un joueur ambitieux. Ou bien pour atteindre la table finale, à défaut. Dans le pire des cas, atteindre les places payées constitue une consolante... mais pour ce faire encore faut-il faire partie des 12% de survivants qui ne repartiront pas les mains vides. Vu que je visais la gagne, j'ai pris quelques risques calculés... et j'ai perdu LA rencontre (50/50) qu'il ne faut pas perdre dans ces moments-là : AK vs JJ preflop pour un énorme pot de plus de 40 blindes.

Bien sûr, en fin de journée, il y eut le traditionnel cocktail dinatoire situé sous la belle verrière du 3e étage et réservé aux qualifiés PMU Poker. L'endroit est idéalement choisi pour profiter des joies des courses hippiques disputées en nocturne et insuffler le virus du turf aux amateurs de cartes. A la vérité, avec un verre à la main droite et un petit four dans la main gauche, on ne peut que passer un bon moment dans de telles conditions, pour peu que l'on ait quelques connaissances à qui parler de tout et de rien (mais surtout de rien, c'est à dire de poker). Mais tout ceci ne me suffit pas. Ne me suffit plus. Cela fait longtemps maintenant que je rentre bredouille des tournois live que je dispute. Et ça commence à devenir pesant. Ceci étant, on tâchera de revenir l'an prochain pour y faire parler la poudre. Car je n'abandonne jamais. Et l'événement demeure sympa. Alors rendez-vous en 2020.

mercredi 6 novembre 2019

Qualification pour le Hip'Poker Tour de Vincennes - édition 2019

Cette année encore, je suis parvenu à me qualifier sur le site du PMU pour l'étape parisienne de l'édition 2019 du Hip'Poker Tour qui se déroulera ce week-end (vendredi 8 et samedi 9 novembre) à l'hippodrome de Vincennes. Inutile de rappeler que les éditions précédentes disputées dans la grisaille automnales ne m'ont guère souri et qu'il me sera facile de faire mieux que par le passé. L'étape nordiste disputée à Marc-En-Baroeul il y a quelques mois de cela ne m'avait guère réussi non plus. C'est bien simple : que ce soit en tournoi de gala ou avec sonnantes et trébuchantes, mes derniers faits d'armes commencent à dater, désormais. Ma bouche de canasson éructe de l'écume tandis que le fugace parfum de la victoire n'est plus qu'un souvenir lointain... alors je me rends à cette édition du Hip'Poker Tour avec un maximum de décontraction.

On saluera juste au passage le dynamisme des équipes du PMU qui d'année en année élargissent le quota de qualifiés internet conviés gratuitement à l'événement : il faut dire que depuis la disparition (provisoire ?) du Winamax Poker Tour, les étapes du Hip'Poker Tour constituent une très belle occasion de jouer en live avec des passionnées de toute la France sans pression financière aucune. Avec de belles tables, de beaux jetons et de vrais croupiers. Nul doute que je croiserai à cette occasion une ou deux têtes qui me sont familières.  Espérons qu'il fera moins froid que l'an dernier dans le hall de l'hippodrome... Ayant été échaudé (!) lors de la précédente édition, je viendrai correctement équipé cette année !

2019 approche de sa fin, et j'aborde ainsi  l'événement sans aucune attente particulière, les occasions de tâter du jeton en live s'étant faites rares dernièrement. Aussi, au vu de ces circonstances particulières, plutôt que de jouer solide et défensif comme d'accoutumée, je vais essayer de déployer un jeu un brin plus audacieux et sauvage, histoire de varier les plaisirs. Et advienne que pourra.




mardi 29 octobre 2019

Mon WPO 2019 (3/3) : Bienvenue à Kattegat

Suite à ma piteuse élimination du WPO survenue le vendredi soir lors du Day 1, j'avais décidé de consacrer ma journée du samedi à de la randonnée. Objectif : le parc national des montagnes de Wicklow, à portée de fusil de Dublin, et encore plus idéalement situé par rapport à mon point de chute, tout ça grâce à la magie de AirBnB.

verdure matinale
Me voici de beau matin escaladant une première colline verdoyante au possible, avec un paysage calme et enchanteur, digne de Bilbo le Hobbit. Ayant emprunté un chemin d'accès secondaire, je croise très peu de monde lors de mes deux premières heures de randonnée... il faut dire que la saison touristique est passée et que la météo capricieuse promettait de nombreuses averses. La première partie de la matinée s'est excellemment passée, j'ai même pu esquisser les joies de la vie sauvage en me nourrissant de mûres et baies à mesure que je m'avançais dans ce parc au relief certes accidenté, mais très peu abrupt.

Le temps se gâte
Là où le bât a commencé à blesser, c'est lorsque je me suis rendu compte à quel point certains irlandais avaient la fâcheuse tendance à laisser quelques détritus de-ci de-là le long de la route. Moi qui rêvais de solitude et de nature sauvage afin de me ressourcer mentalement et de changer d'univers après la fureur des jetons de poker de la veille, j'ai eu tôt fait de maugréer contre les incivilités perpétrées par tous ces inconscients (randonneurs mal élevées ou bien encore particuliers prenant le décor ambiant pour une décharge sauvage). En revanche, grâce à mon merveilleux imperméable gris les premières averses survenues en fin de matinée n'ont pas trop sapé mon enthousiasme. Du moins au début.

La rencontre de deux brigades de citoyens volontaires pour procéder au nettoyage du secteur (vêtus de gilets jaunes et équipés de pinces pour ramasser les ordures) va toutefois complètement chambouler ma journée. Alors que la pluie s'intensifie, je les salue une première fois, puis me prends même au jeu en ramassant quelques canettes et autres déchets de même acabit, sachant qu'ils sont véhiculés et qu'ils avancent de quelques centaines de mètres entre chaque collecte. Tant et si bien que je les recroise une seconde, puis une troisième fois... et que le dialogue se crée entre nous. L'heure du déjeuner approchant, ils me proposent de les accompagner dans un refuge où une collation gratuite les attend. Je me retrouve ainsi convié à un déjeuner en compagnie de vaillants irlandais, une douzaine d'anonymes fourmis décidées à combattre les incivilités de leurs concitoyens ainsi que des touristes peu consciencieux. L'aventure humaine est belle, et l'on discute de tout et de rien, en toute humilité, tandis que la pluie au dehors redouble d'intensité. A la fin du repas, l'un d'eux me propose spontanément de commuer ma randonnée laborieuse sous la pluie en un petit tour du parc bien à l'abri de son véhicule... Je ne mets pas longtemps à accepter l'invitation.

C'est donc en voiture que j'effectue la seconde partie de mon excursion dans ce merveilleux parc. Mon hôte-milicien nettoyeur effectue même un susbtentiel détour pour me montrer deux ou trois parties pittoresques dudit parc avant de rebrousser chemin vers Dublin. Il m'abreuve même d'anecdotes du cru. Quel luxe.

Bienvenue à Kattegat (sans les effets spéciaux)
Voici un lac extrêmement célèbre pour qui connaît la série-culte "Vikings". Il sert de lieu de tournage à cette série historique diffusée sur Canal+ depuis quelques années, dont je n'ai pas loupé un seul épisode. Lorsque mon hôte m'en parle, je reconnais aussitôt l'endroit... C'est bien de Kattegat qu'il s'agit, le petit port (lieu fictif scandinave) d'où partent les premières invasions des drakkars vikings sous le commandement de Ragnar Lodbrock. A la vérité, il s'agit non pas d'un bras de mer, mais bien d'un modeste lac, le Lac Guiness (qui vient tout juste d'être cédé pour plusieurs millions de dollars avec les terres environnantes à un nouveau propriétaire par les héritiers de la famille Guiness, brasseurs de bière patentés). Le paysage est magnifique. Les images de la série TV me reviennent en mémoire par grappes et reconnaissant parfaitement l'endroit, je me sens viking l'espace des quelques minutes pendant lesquelles je contemple l'endroit.

Le retour sur Dublin en fin d'après-midi n'est alors plus qu'une formalité : mon conducteur maintien une cadence assez lente pour que je puisse profiter des reliquats de paysage et notre discussion à bâtons rompus se poursuit dans la sérénité, le respect et la curiosité réciproques. Les plus belles rencontres sont celles qu'on anticipe le moins. En ce samedi dans les montagnes de Wicklow, je me suis senti chanceux. Car la chance, la vraie, ce n'est pas que des abattages de cartes. C'est aussi le fait de pouvoir vivre des aventures en dehors des sentiers battus. 

En venant en Irlande, je voulais voir des flops, mais j'ai vu des montagnes. Je voulais voir des rivers mais j'ai vu un lac. Pour mon plus grand bonheur.

Merci Club Poker !

dimanche 13 octobre 2019

Mon WPO 2019 (2/3) : Un tournoi sans réel relief

J'étais venu à Dublin pour le poker, alors parlons-en, du poker, et de ce WPO Dublin. Tout d'abord, le lieu : le CityWest est un hôtel haut de gamme situé à une dizaine de kilomètres de Dublin, et à mon arrivée sur les lieux, le vendredi, quelques minutes avant midi pour y disputer le day 1B du tournoi phare, il y a de quoi être impressionné par le cadre : l'établissement est adossé à un parcours de golf et l'on voit directement l'un des greens depuis l'arrière-cour de la salle de convention gigantesque accueillant le tournoi de poker. Tandis que je procédais aux inscriptions administratives, Winamax organisait un mini-spectacle de présentation de son escouade de joueurs sponsorisés, maillots de basket sur les épaules, histoire de faire un peu le show.

Au début, on y croit toujours...
En investissant les lieux alors que 95% des joueurs sont déjà assis, je me rends compte combien la salle de tournoi est immense. Pour un peu, on se croirait presque au Rio de Las Vegas. Des tables à perte de vue. Et des francophones omniprésents, tant et si bien que les anglophones et irlandais se retrouvent noyés dans la masse. Un droit d'entrée de 500 euros et des dizaines de milliers d'euros promis aux joueurs atteignant la table finale le dimanche. Le tournoi se déroulant en format 6-max, avec un nombre maximal de joueurs par table limité à six joueurs, il y avait par conséquent cinq adversaires à ma table, dont deux que j'ai rapidement identifiés comme étant redoutables, mais aussi un joueur quelque peu fantasque, une serrure et une serpillère. Le quota de joueurs français qualifiés pour l'événement étant démentiel, je me retrouve avec une table où nous sommes tous francophones ; il y a bien un joueur qui parle le français avec un accent étrange me laissant à penser qu'il était peut-être irlandais, il veillera toutefois à s'exprimer dans un français aussi impeccable que possible tout du long.

Aussi étonnant que cela puisse paraitre, on demeure les six mêmes joueurs pendant de nombreuses heures, sans le moindre éliminé. Les choses ne vont commencer à se décanter qu'en toute fin d'après midi. Conséquence : le tapis moyen des joueurs de la table va considérablement diminuer en termes de nombre de blindes moyennes possédées par chacun. 

Le bar au moment de mon élimination
Inexorablement, l'un des joueurs aguerris grignote petit à petit les tapis adverses (au point d'en bouter deux hors du tournoi peu avant la pause diner). Du travail d'orfèvre de sa part, en tant que spectateur je ne peux que reconnaitre la qualité de sa prestation et le nombre impressionnant de ses mini-bluffs qui se ponctuent favorablement. Ma stratégie globale à la table consiste à joueur plutôt solide, tandis que face à lui je décide de joueur le contre, tant et si bien qu'il me laisse à peu près tranquille, et finit par concentrer ses efforts sur les autres joueurs présents. Tout ceci ne m'arrange guère, car mon tapis n'évolue pas, je ronronne pendant des heures autour du stack de départ, guettant une opportunité de prendre mon envol...mais aucun coup décisif ne me permet de décoller.

C'est peu après la pause dîner que je vais rendre les armes, alors qu'il me restait à peine plus de vingt blindes, sur le premier coup décisif de mon tournoi, un coup que je qualifierai d'inévitable. Au flop, je suis poussé à tapis avec tirage couleur max + tirage quinte ventrale vs deux paires floppées par un joueur irlandais ayant défendu sa blind dans un pot à trois joueurs. Difficile de se désengager alors que j'ai fait un continuation-bet au flop et qu'il y a déjà treize ou quatorze blindes posées sur la table... Alors la turn et la river ne m'ayant ni offert un carreau ni un 3, j'ai été contraint de dire "bye bye le WPO". Eliminé par le seul joueur irlandais croisé de toute la journée arrivé à la table quelques dizaines de minutes plus tôt. C'est tristounet, comme fin, mais c'est comme ça. Un vendredi de poker sans relief et puis s'en va.