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vendredi 30 mai 2025

Une progression toute en lenteur...

Depuis le début de l’année, ma courbe de gains trace sa route, lentement. Elle monte, sans à-coups, sans éclats, sans panache. Mon taux de retour sur investissement (ROI) depuis janvier demeure étonnamment stable, autour des 25%. C’est bien, même si faute de jouer quotidiennement, les gains sont au final bien chiches. Ca demeure malgré tout très bien sur le papier. Mais étrangement, je ressens une forme de fatigue sourde, comme si cette progression n’était pas tout à fait vécue comme un plaisir. Car ce qui commence peut-être à me manquer un peu, en ce moment, ce ne sont pas les gains mais l'intensité allant avec !

Ces dernières semaines, je joue. De façon appliquée, presque scolaire : mes décisions sont prises avec soin. Mes choix sont solides, les prises de risques minimes et calculées, ce qui fait que les erreurs sont au final très rares. Je termine ainsi mes sessions sans trembler. C’est propre, mais sans relief ni panache. Le genre de routine pas déplaisante en soi, mais que l'on aspire à quitter à un moment ou à un autre. Le quotidien à base de tournois de Omaha à faible et moyen coût paraît presque fade en dépit du fait que le Omaha génère davantage d'émotions que le Texas Hold'em.

Je ne fais pas de tournois marquants. Je ne vis pas de bulles particulièrement douloureuses. Pas de gros tournoi joué, cela se traduit par la raréfaction des possibilités d'obtenir des performances décisives. Juste une longue marche tranquille, ponctuée de quelques petits gains épars standards. Certes, tout fonctionne : preuve en est, mon logiciel de suivi Xeester m'affiche des courbes ascendantes, tant en termes de gains réels que de performances théoriques ! Tout fonctionne donc plutôt bien… mais sans le feu, sans la grinta, sans le panache du flambeur, sans qu'au final je sois amené à réellement vibrer, donc. Aucune sueur froide sous les aisselles.

J'en viens donc à me poser la question : le poker sans pics émotionnels réguliers a-t-il encore une saveur, une odeur qui stimule mes sens ?

Lorsque le quotidien devient maîtrisé, dépourvu de risque, qu'on évite les embardées mentales, qu’on accepte les coups du sort sans frémir car sans enjeu d'importance, que me reste-t-il à me mettre sous la dent ? Il me reste le jeu en lui-même. Nu. Mathématique. Dénudé de tout le drame habituel dans lequel la communauté de joueurs adore se draper. Le poker devient actuellement pour moi un pur exercice d’exécution. C'est provisoire, mais cela m'amène à réfléchir sur mon rapport au jeu : il y a là un vrai travail mental à l'oeuvre.

Il faut apprendre à aimer la lente montée, celle qui ne se célèbre pas, mais qui construit la solidité du joueur sûr de sa force. Apprendre à jouer sans en attendre d’extase immédiate. Apprendre à progresser sans fanfare. Je suis convaincu que c’est dans une période telle que celle-là que je peux encore évoluer sur le plan mental : cela ne se traduit pas par des résultats immédiats, mais fait partie d'un processus de maturation mentale. Certes, le corps réclame des sensations et de l'adrénaline ; certes l’égo grogne dans son coin ; certes j'ai l'impression que chaque semaine ressemble à la précédente, sans éclat ni relief. Mais à la vérité je poursuis mon chemin. Des milliers de joueurs très talentueux et/ou professionnels ont déjà explosé en vol et quitté les tables de poker. Moi, Fredyl, je suis toujours là. Imperturbable. Conscient de mes forces. Toujours passionné, quand bien même la passion ait désormais été en grande partie apprivoisée.

Je crois que ce moment m’apprend quelque chose de fondamental : le poker enseigne aussi l’attente. L’attente lucide, active. Celle qui sait que les grosses performances reviendront sans que l'on soit obligé de forcer son destin. Celle qui continue de travailler, même sans se fixer de dates butoirs. Celle qui accepte de jouer 200, 500 ou 1 000 tournois d’affilée sans adrénaline, si c’est le prix à payer pour être prêt le jour J. L'attente.

Je me complais dans le calme du moment. Je suis satisfait de déceler dans ma routine une forme de luxe plutôt qu'un début de lassitude. J’essaie de garder à l'esprit que si je ressens parfois ce qui pourrait s'apparenter à un début d'ennui, c’est parce que j’ai atteint une stabilité émotionnelle que beaucoup de joueurs pourraient m'envier. Derrière mon taux de retour sur investissement stable, il y a du sérieux, du contrôle, et une forme de constance mentale que très peu de joueurs possèdent.

Alors je poursuis ma route, en disputant des tournois sans grands enjeux. Sans héroïsme, sans drame, sans fureur. Du moins, pour le moment. Peut-être qu’un jour pas si lointain, je relirai ces lignes depuis le sommet d’une performance XXL, en me rappelant que c’est aussi ici, dans ce creux de 2025, que tout s’est construit.

vendredi 2 mai 2025

Les mains jumelles : chronique d'un naufrage en stéréo

Il y a quelques jours de cela, j'ai décidé de faire une session poker du soir ultra light, seulement quatre tournois à faible coût, afin de me permettre de pouvoir regarder du coin de l'oeil un match de football en parallèle. C'est en général une pratique à bannir que de se laisser distraire pendant une session, mais de temps en temps je m'autorise une petite dérogation telle que celle-ci à mon protocole de rigueur.

Très vite, je suis éliminé d'un premier tournoi, et il ne me reste plus que trois tables actives. Mes tables sont donc de taille plus grande que d'accoutumée. A un moment, il s'est passé quelque chose d'assez insolite, tant d'un point de vue statistique que visuel, à savoir que j'ai vécu deux mains jumelles à trois joueurs exactement au même instant, sur deux tables de deux plateformes différentes : Winamax et ParionsSport.

Je décide de faire tapis préflop avec As-Dame alors que je dispose dans un premier cas de 20 blindes et dans le second cas de 13 blindes... et je suis payé par exactement les mêmes mains chez mes deux adversaires à chacune des deux tables, puisque de leur côté ils possèdent respectivement Dame-Roi et une paire de 7. Je ne m'attends bien évidemment pas à gagner les deux coups, puisque je sais que je n'ai à chaque fois qu'un tiers de chances de remporter le pot. Mais le fait est que l'abattage se produit en simultané sur les deux tables et que je me retrouve éliminé à la river dans un cas comme dans l'autre : cocasse ! En moins de cinq secondes, l'ascenseur émotionnel aura été intense pour mes deux yeux.

Statistiquement parlant, se retrouver avec deux mains jumelles lors d'une session arrive de temps à autre lorsque cela nous oppose à un seul adversaire, mais là, avec deux adversaires distincts à chaque fois et à la seconde près, les probabilités étaient infinitésimales. Au poker, tout peut arriver. Et tout finit par arriver, d'ailleurs : il suffit pour cela de jouer non-stop pendant des milliards d'années. Sinon, à l'échelle d'une vie, il n'y a que des anomalies statistiques plus ou moins marquées.

Alors que reste-t-il, une fois les jetons partis et les écrans noirs de silence ? Une sensation étrange. D’avoir été le héros tragique d’une farce cosmique. D’avoir assisté à un bug dans la matrice, ou peut-être à une leçon d’humilité sur la nature profondément chaotique du jeu. Car au final, on ne retient pas que les bad beats. On retient surtout leur mise en scène. Et là, franchement, le metteur en scène s’est surpassé. Merci au Dieu du Poker de m'avoir fait vivre pareil moment ! Ca me fera un beau souvenir... et cette double élimination en stéréo m'aura permis regarder la fin de mon match dans de meilleures conditions, en Dolby Surround... et surtout sans risque accru de strabisme !

 

lundi 14 avril 2025

Triple bulle, mais pas triple buse !

De par la valse incessante de jetons lorsqu'on s'adonne à une session de poker en ligne, il y a des soirs où ce jeu semble vouloir inventer une chorégraphie étrange, totalement improbable. Je ne parle pas ici d'une session de rêve, pas non plus d'un enfer de coups perdus, mais bel et bien d'un moment suspendu entre tension, hasard et coïncidences. Ce soir, j’ai vécu l’un de ces petits moments cocasses qui confèrent au poker tout son sel.

Trois tournois de Pot Limit Omaha (variante que je pratique avec assiduité). Disputés sur trois plateformes différentes, à savoir Winamax, Bwin et PokerStars. Et pendant près d'une demi-heure, je me suis dit que je vivais là un moment de poésie (et de sueurs froides) puisque j'ai vécu les trois bulles de ces trois tournois exactement au même moment de la soirée, alors même qu'il s'agissait de mes trois dernières tables encore actives, entre 22h40 et 23h15.

Dans les trois, je me suis retrouvé dans le ventre mou du peloton. Loin des chip leaders, mais pas non plus en train de dépérir. J'ai vécu ces trois bulles dans une situation presque douillette, engoncé dans ce bon vieux ventre mou, ce territoire instable où chaque coup peut certes vous propulser vers le top mais également vous éjecter dans l’anonymat en cas de mauvaise rencontre face à un joueur plus grassouillet que soi.

J'ai déjà révélé ici que j'avais une tendance à être plus offensif que de raison au moment des bulles de mes tournois, mais ce soir, j'étais dans une stratégie très raisonnable. J'ai donc surtout fait figure de figurant plutôt que de protagoniste principal. Mes trois bulles du soir ont vraiment mis beaucoup de temps à éclater, c'en était presque irréel de voir tous ces joueurs agonisants à tapis avec Dame Chance qui semblait prendre plaisir à les sauver à chaque fois, en dépit de tout bon sens, en semblant faire un pied de nez aux probabilités.

Dans des conditions pareilles, un joueur avisé est bien inspiré de garder un oeil sur la situation de chacune des tables où ses adversaires s'affrontent, et le jeu bascule dans une autre dimension, puisqu'on en vient de facto à devenir supporter des adversaires richement dotés en jetons, au détriment des joueurs en queue de peloton, qui frôlent l'élimination à chaque coup tellement leurs blindes restantes sont faméliques. Il faut aussi de son côté savoir composer avec le chrono qui égrène les secondes : plus on joue soi-même tard à sa table et moins on risque l'accident. Tous les joueurs un tant soit peu aguerris le savent : a la bulle, les coups ont souvent tendance à se jouer avec une lenteur parfois exaspérante. Quoi qu'il en soit, c'est également dans cette phase-là que l'on peut hypothéquer ses chances de succès final si on se laisse rogner ses blindes en ayant peur de l'accident tragique qui nous fait sortir à l'orée des places payées. La peur de perdre est ici omniprésente, et dicte parfois aux joueurs cet excès de prudence qui fait que d'autres sauront en profiter : certains joueurs en position confortable et bien inspirés savent profiter d'un tel moment pour se constituer un matelas supplémentaire qui leur permettra d'aborder la dernière ligne droite dans les meilleures conditions qui soient.

En Omaha, franchir une bulle constitue un moment plus délicat, plus subtil qu'en Texas Hold'em : avec tant de tirages, la tentation d’y aller “parce que ça peut passer” est grande. Mais au moment de la bulle, il faut sélectionner ses batailles à livrer avec un extrême discernement. Ce soir, tout est passé tranquillement pour moi. De façon étonnamment synchronisée. Mais ce que je retiens surtout de cette session, c’est cette étrange harmonie temporelle que je viens de vivre : trois bulles simultanées, de même durée, qui se sont comme enchevêtrées devant mon écran d'ordinateur, se prolongeant pendant de très, très, longues minutes. Un timing absurde, que j'aurai pourtant vécu somme toute sereinement, en observateur amusé.

On pète les bulles en Pot Limit Omaha comme on peut !

Au final, peu après l'éclatement de ces trois bulles et mon entrée dans les places payées, je me suis fait éjecter dans les trois cas somme toute assez rapidement, avant même de pouvoir prétendre à ne serait-ce qu'une seule victoire finale. Mais j'aurai au moins eu le privilège de vivre cette situation cocasse comme si j'avais joué un bout de ma session littéralement au ralenti. De quoi rendre ma session du soir moins fade : je saurai donc m'en contenter pour cette fois-ci.

lundi 31 mars 2025

Savoir résister à la tentation du bazardage.

A plusieurs reprises ces derniers temps je me suis retrouvé derrière mon écran d'ordinateur quelque peu dépité, englué dans des soirées poker particulièrement éprouvantes, de celles où l'on peut croire que l'on fonce tout droit vers le zéro pointé (que l'on appelle affectueusement dans le jargon poker "la cagoule"), avec une élimination précoce de la plupart des tournois dès 22h. Des moments désagréables où l'on se retrouve avec pour seule pitance un ou deux tournois de faible importance... et un espoir de rentabiliser la soirée déjà évanoui, ou presque.

Vivre une soirée galère au cours de laquelle rien ne semble aller, c'est somme toute quelque chose d'assez familier pour un joueur régulier. Même si fort heureusement ce n'est pas le cas de figure le plus courant, cela advient malgré tout de temps en temps pourvu que l'on joue souvent. L'épisode est particulièrement désagréable à vivre, à tel point que la tentation de bazarder son ou ses derniers tournois du soir peut alors poindre, à mesure que la frustration et le désespoir grandissent. L'excuse que l'on peut alors se trouver consiste à vouloir passer en mode ça passe ou ça casse, en jouant anormalement agressif dans l'espoir de se retrouver avec un gros tas de jetons dans le ou les tournoi(s) restants, pour que cela en vaille la peine de prolonger sa soirée plutôt que d'agoniser à petit feu en ayant au final la désagréable impression d'avoir prolongé inutilement son calvaire.

C'est pourtant un mauvais calcul que de vouloir jouer le tout pour le tout dans de pareils moments (et ça ressemble à une forme de tilt). J'essaye de résister le plus possible à pareille tentation, sachant que des retournements de situation fructueux à même de sauver une soirée sont plus probables en demeurant concentré et d'humeur égale plutôt qu'en voulant forcer le passage. La variance étant inhérente au poker, il faut savoir composer avec toutes les situations que le Dieu du Poker nous propose. Et prendre son mal en patience lorsque l'on boit la tasse dès le premier plongeon.

Le poker est un jeu d'opportunités. Et bazarder son dernier tournoi du soir constitue une perte d'opportunité inexcusable ! Même lorsque la session est particulièrement rude, il suffit parfois d'un podium ou d'une victoire pour inverser le cours des choses alors même que la soirée semblait promise à une authentique noyade.

Pourtant, ce n'est pas parce qu'on a perdu plusieurs coups clefs à la suite et que les éliminations s'enchainent précocement que toute la soirée va être placée sous le signe de la malchance pour autant. Il faut ainsi continuer à y croire tant que l'on est engagé dans au moins un tournoi, fût-il à faible enjeu. A défaut de finir la soirée gagnant, pouvoir sauver les meubles ne serait-ce que partiellement à l'aide d'un dernier tournoi où l'on se sera défendu becs et ongles peut constituer une performance en soi, sachant que nombreux sont les joueurs qui n'y parviendront pas dans une telle situation. C'est en effet en continuant à jouer son A-game en toutes circonstances, y compris dans les moments d'adversité et de malchance chronique, que l'on parvient à être un joueur gagnant sur le long terme. La discipline est une qualité qu'un vrai bon joueur doit pouvoir posséder. Pas question de saccager sa dernière cartouche du soir, sachant qu'elle peut encore faire mouche.

Ne pas oublier non plus que bon nombre de joueurs moyens ou médiocres vont augmenter leurs erreurs au fur et à mesure que la soirée va avancer, à la faveur d'un coup de fatigue, d'un coup de pression les mettant en tilt ou bien d'une envie d'en finir prématurément par manque de patience, de discipline ou d'endurance. Rester soi-même concentré en toutes circonstances permet de demeurer à l'affût d'un coup de mou adverse.

Lors de mes soirées poker particulièrement arides, mon instinct de compétition - celui que je cultive en moi depuis ma tendre enfance et qui ne m'a jamais abandonné depuis - me dicte de toujours continuer à m'accrocher, quel que soit le type de situation que je rencontre. Même si cela ne conduit à rien de concret le plus souvent, on parvient malgré tout de temps à autre à sauver les meubles en restant concentré et appliqué avec une seule table encore ouverte. Et parfois même l'improbable retournement de situation survient avec une session s'achevant par des gains nets alors que l'on aura été dans le rouge toute la soirée durant !

En conclusion, sachant que c'est en continuant à maximiser son espérance de gain en toutes circonstances que l'on parvient à remplir ses objectifs de rentabilité effective sur le long terme, il convient donc de s'accrocher en toutes circonstances. Le poker est aussi un jeu de gestion de sa propre frustration. Il ne faut donc jamais bazarder une session, même lorsqu'elle est particulièrement mal engagée. Car tant qu’il y a un jeton, il y a un espoir.

mardi 25 mars 2025

A pas menus

Cela fait maintenant deux mois que je joue au poker à pas menus, à raison d'un ou deux soirs par semaine environ. Indifférent à la variance. Indifférent à toute forme de pression. Indifférent aux différentes promotions et autres championnats qui ont jadis fait le sel de mes sessions. Mais attention, cette indifférence du moment ne constitue pas une mauvaise chose, pour peu que l'on veuille bien y regarder à deux fois !

Une chose est certaine : on est actuellement loin de l'apathie, bien au contraire. Mon indifférence du moment me permet de me ressourcer mentalement. J'ai actuellement moins d'adrénaline dans mes veines, et c'est pour ainsi dire tant mieux. Afin d'éviter toute usure ou fatigue mentale, il faut parfois savoir ralentir la cadence, a fortiori lorsqu'on a identifié que l'on ne se sent temporairement pas capable de maintenir le rythme soutenu auquel on s'astreint en temps normal. J'en profite pour dormir un peu plus et ça me fait du bien, c'est certain !

Rouler pied au plancher en permanence esquinte pneus et moteur, et les risques de sortie de piste sont démultipliés pour qui ne sait pas ralentir. Savoir doser son tempo et son volume de jeu judicieusement constitue une qualité dont on parle assez peu dans le milieu du sport et de la compétition en général, mais qui peut s'avérer en définitive déterminante lorsqu'il s'agit d'optimiser ses performances en surfant sur la vague lors des périodes fastes mais également en sachant prendre en considération les petits coups de mou passagers qui ne manquent pas de survenir à un moment ou à un autre.

En ce moment, que mes sessions soient gagnantes, perdantes, neutres, chanceuses ou malchanceuses, rien ne vient troubler ma quiétude. Mes résultats sont ce qu'ils sont, je ne ressens nul besoin de consacrer le moindre influx nerveux supplémentaire à une lecture subjective de la situation. Le poker est aussi affaire de hasard, de flux et de reflux, alors je laisse couler. Rien ne m'atteint. Je suis sur ma trajectoire et je continue donc à avancer à pas menus, tranquille et serein, en attendant de pouvoir reprendre prochainement une cadence plus soutenue une fois ragaillardi.

mardi 25 février 2025

Quand Juliette Armanet se décide à "Sauver Ma Vie"

J'aime jouer le soir au poker avec un peu de musique en guise de fond sonore. J'ai d'ailleurs déjà rédigé par le passé un ou deux articles à ce propos, il y a quelques années, du temps où je m'épanchais davantage sur ce blog.

La musique, donc. Pour maintenir de la régularité dans ma concentration. Au fur et à mesure que la soirée avance, la musique n'est pas la même. Il est très fréquent que je démarre une soirée poker en compagnie d'un peu de Jazz. Occassionnellement, il m'arrive de démarrer avec de la musique classique, de la country américaine ou bien encore un peu de variété française. Mais vers la fin de la soirée, un rituel musical d'un autre type se met parfois en place. Depuis maintenant près de deux ans, lorsque les choses se corsent pour moi alors que le money time arrive et que je me retrouve en table finale d'un tournoi très chichement pourvu en jetons au bord de l'élimination, je me résous à abattre mon joker final, celui que je garde au chaud jusqu'au moment le plus critique : Juliette Armanet ! Je mets alors en boucle sa chanson "Sauver ma vie".

Cette chanson devient alors pour moi un authentique mantra de minuit, me rapprochant d'un état de transe pokeristique durable. Non seulement mon degré de concentration se retrouve aussitôt à son zénith, mais bien que n'étant pas à proprement parler superstitieux, j'y vois malgré tout une ode à Dame Chance ; je la supplie de m'accorder des tirages favorables me permettant de rester vivant dans le tournoi encore un peu. Suffisamment pour que je puisse gratter un premier palier. Voire deux ou trois, tant qu'à faire. Et pourquoi pas jusqu'à la victoire finale, qui sait ? L'essentiel pour moi dans ces moments-là est de parvenir à survivre. Sauver ma vie. Encore et encore.

Toutes les fois où Juliette répète "sauver ma vie" dans la chanson, je sens que je suis sur la corde raide mais je n'ai pas peur. J'ai la sensation de danser tel un derviche tourneur au bord d'un précipice. Je vibre à l'unisson avec elle. Avec le rythme de sa chanson. Avec ses paroles. Avec son visage. Avec sa voix. Avec mes cartes. Alors je m'accroche. Jusqu'au coup suivant. Et encore jusqu'au suivant. Encore. Encore et encore. Je sais que je vais prendre les bonnes décisions. Mon tournoi ne fait plus qu'un avec la chanson, qui continue de vibrer inlassablement en moi tant que je résiste à l'élimination qui me guette et qui peut survenir à tout moment. Parfois, c'est vrai, je suis presque aussitôt éliminé et mon rituel n'aura alors duré qu'une petite minute. Mais si je suis en veine et que je survis longtemps, ledit rituel armanétien peut s'étaler sur une bonne heure, voire au-delà. La symbiose peut alors pleinement opérer.

Outre son rythme entraînant, certains passages de la chanson m'apparaissent sinon prophétiques du moins troublants de similitude avec les divers sentiments que je m'apprête à vivre puisque toutes les situations de jeu que je peux être amené à rencontrer au cours des prochaines minutes y sont répertoriées, quand bien même la chanson n'ait dans l'absolu rien à voir avec le poker.

"Tonnerre sur ma terre, j'ai le coup de minuit" : Le commencement. C'est fréquemment vers minuit que le money time survient à mes tables de poker et que je lance la chanson.

"Lâcher ton cœur, j'ai peur, mais je dois sauver ma vie" : ne t'enflamme pas Fredyl, tu peux coucher ta main ici, tu auras d'autres occasions de faire tapis. Laisse un autre faire le kamikaze à ta place. Commence par gratter un palier. Patience.
 
"Tonnerre, tout s'éclaire comme un coup de génie" : Boom. Je remporte un coup crucial et double mon tapis pour sortir de la zone rouge ! Je peux enfin commencer à envisager la victoire finale.
 "Je ne sais pas comment faire, mais je dois sauver ma vie" : Je traverse un désert de cartes et suis en train de périr à petits feux. Mais ce n'est pas fini, je vais bien finir par trouver une ouverture à un moment ou à un autre.
 "L'un de nous deux était de trop" : C'est le moment de dire bye bye ; soit à un adversaire qu'on vient d'éliminer... soit à soi-même !
 "Le soleil n'ira pas plus haut, c'est ainsi" : Fin du tournoi pour moi, je suis éliminé !
 
"Tonnerre, ma prière tout d'un coup m'éblouit" : Soit Dame Chance me file un coup de main et je remporte un coup alors que les probabilités n'étaient pas en ma faveur, soit ma traversée du désert s'achève et je débute une phase de rush qui me propulse vers le haut du classement.
 "Tu as joué, je perds, je ne veux plus d'ennemis" : C'était mon dernier tournoi du soir, je déconnecte.
 
"Tonnerre, pour te plaire j'avais tout réuni" : J'ai bien joué mon coup mais j'ai perdu et je suis éjecté du tournoi par pure malchance.
 "Mais mon soleil ira plus haut, c'est écrit" : Je gagnerai la prochaine fois, je le sais !
 
Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : lorsque Juliette Armanet se décide à "Sauver ma vie", elle me pénètre l'esprit jusqu'aux tréfonds de mon âme. Juliette, si un jour tu lis ces lignes, sache que tu m'habites pour la vie. Tu es ma muse poker. Et je t'en suis à jamais reconnaissant.
 
 

 
 

lundi 6 janvier 2025

Mépriser, oui, un peu. Détester, non, jamais.

A mes tables de poker en ligne habituelles, je croise souvent les mêmes têtes, c'est un fait. Bien davantage que le joueur de poker standard. S'agissant du Texas Hold'em, je continue à baigner dans les tournois communautaires, un petit milieu constitué de moins de cinq cent joueurs que l'on croise et recroise à longueur d'année. Et en ce qui concerne le Omaha ou le Omaha Hi-Lo c'est là aussi un petit microcosme fait majoritairement de joueurs réguliers. Dans ces conditions, on a vite fait de se trouver une tête de turc au moindre accroc, ce qui aura comme conséquence d'influer négativement sur notre niveau de jeu.

Idéalement, les sentiments n'ont pas leur place au poker : il ne faut avoir ni trop de considération, ni crainte excessive, ni aucune haine envers ses adversaires. Les seules fantaisies que l'on peut se permettre sans dégrader son jeu se résumeront à un peu de respect et un zeste de mépris. Mais pas plus, car au-delà de ses cartes et de ses jetons le poker est un jeu de stratégie, mais aussi de patience et d'équilibre émotionnel. L’intensité des parties, l'égo et les enjeux financiers ont tôt fait de donner naissance à une des émotions parmi les plus dangereuses : la haine envers un adversaire. Cette attitude, bien qu'en partie compréhensible dans un contexte compétitif, s'avère contre-productive à plusieurs égards. On peut haïr la défaite. Mais surtout pas l'adversaire !

Je te déteste !!!

La détestation d'autrui est une émotion intense et envahissante. À une table de poker, elle peut naître d’une provocation, d’une défaite humiliante ou d’une série de coups de malchance face à un même adversaire. Pourtant, céder à cette émotion équivaut invariablement à perdre son équilibre mental. Le poker requiert une lucidité à toute épreuve : lire les intentions de l'autre, déduire les probabilités et masquer ses propres émotions autant que faire se peut. Se mettre à détester son adversaire brouille immédiatement ce processus. Le jugement est alors altéré, ce qui incite à des prises de décision impulsives, voire irrationnelles, nous éloignant de notre objectif premier : la victoire finale.

Sombrer dans la détestation d'un adversaire transformera un jeu stratégique en une vendetta personnelle qui risque de nous laisser sur le carreau de façon prématurée. En voulant coûte que coûte rabattre le caquet de celui que l'on s'est mis à détester, on finira par commettre des erreurs cruciales : miser trop, jouer des mains faibles ou ignorer d'autres joueurs à la table qui représentent pourtant des cibles nettement plus exploitables. La détestation peut même nous rendre prévisible, puisque nos actions seront alors presque uniquement tournées contre l'adversaire ciblé. Dans les cas d'accumulation excessive de cette même détestation, le tilt intégral contre toute la tablée n'est pas à exclure. Si les autres s'en rendent compte, ils pourront exploiter notre vulnérabilité nouvelle. Dans un jeu où la maîtrise de soi est clé, laisser nos émotions prendre le dessus constitue un échec indépendamment du résultat de la vendetta que l'on aura menée. Même l'élimination du joueur ciblé ne garantit pas un retour immédiat à l'équilibre émotionnel, puisqu'une espèce d'euphorie toute aussi préjudiciable est susceptible de prendre le relai une fois la phase de détestation rendue caduque par le trépas de l'adversaire initialement ciblé.

Au-delà de l'aspect émotionnel, il y a aussi une dimension éthique et spirituelle à ne pas se laisser déborder par le ressentiment envers autrui. Le poker constitue un espace où respect et rivalité coexistent dans un périmètre délimité, à savoir la table de jeu. Laisser la détestation d'autrui, voir la haine s'installer ternira notre karma d'une manière ou d'une autre. Et je ne parle même pas ici de la perte de réputation que cela peut induire en live.

Lorsque je sens un début de détestation envers un adversaire, j'ai pris pour coutume de prendre une profonde respiration, fermer deux petites secondes les yeux, et évacuer une telle émotion négative. De toutes les manières le bluff, les coups de chance et même les provocations  à base de trash talk de la part de l'adversaire font partie du jeu. Il est là pour gagner, lui aussi et il se sert des armes dont il dispose. J'ai d'ailleurs une gommette de couleur réservée aux joueurs que j'ai estampillés fragiles des nerfs et lorsque le moment est propice, je me permets parfois de leur glisser une petite pique sur le chat ou leur montrer un bluff en sachant que cela risque de les faire sortir de leurs gonds. Je ne haïs pas, je charrie juste un peu parfois. En revanche, me faire détester - voire insulter - par l'adversaire ne me dérange pas puisque cela lui fera commettre davantage d'erreurs.

Le poker est un miroir : en y jouant, on peut bien souvent y voir le reflet de nos forces et nos faiblesses émotionnelles. Apprendre à dompter la haine, c'est aussi apprendre à maîtriser ses émotions dans d'autres sphères de la vie. Rester lucide, serein et autant que faire se peut respectueux à une table de poker permet non seulement d'améliorer nos performances, mais également de grandir en tant qu’individu, en gagnant en maturité. Mes récents problèmes personnels m'auront probablement permis de mieux intégrer cet aspect dans ma pratique du poker au quotidien. Je ne déteste jamais vraiment mes adversaires. Je m'autorise juste à les mépriser un peu parfois. Et c'est peut-être déjà trop.

En conclusion, l'excès de sentiments à une table de poker assombrit inutilement notre parcours de joueur et ralentit notre développement personnel. En cultivant la sérénité et le respect, on devient non seulement un meilleur joueur, mais aussi une meilleure version de soi-même. Le plaisir d'une victoire construite sera toujours supérieur à celui de la destruction d'un adversaire, qu'on se le dise.


mardi 31 décembre 2024

Bilan 2024

Avec la fin de l'année 2024 qui se termine, je peux dire sans hésiter que cela aura probablement une de mes pires années sur le plan personnel. J'ai souffert et j'ai tremblé. Est-ce fini ? Je ne sais pas. En attendant, je suis toujours là, et je continue mon chemin malgré le caillou dans la chaussure.

S'agissant du poker je me dirigeais tout droit vers une nouvelle année morose, avec un volume de jeu réduit et de longues semaines demeurées sans jouer, lorsque subitement la lumière est revenue fin novembre. J'ai repris du poil de la bête juste à temps pour finir l'année sur une note d'espoir. 

Non seulement mon jeu est toujours affûté, mais de surcroît, j'ai également bénéficié d'un brin de réussite : l'écart chronique entre mon EV théorique et mon EV réel aux tables a sensiblement diminué. Tout n'est pas résorbé, mais je ne vais pas bouder mon plaisir. Dame Chance a décidé de venir me faire un petit coucou temporaire fort bienvenu et c'est tant mieux. Lorsque l'on remporte à l'abattage les coups critiques, la vie aux tables de poker devient subitement plus plaisante !

Je boucle un décembre stratosphérique qui me permet de terminer l'année 2024 dans le vert, au point que je me suis décidé à faire effectuer un virement sur mon compte bancaire en vue de la préparation d'un futur voyage. Reste maintenant à déterminer la destination, mais ça, ce sera pour plus tard.

samedi 28 décembre 2024

La lecture du sablier

J'ai envie de m'étaler quelque peu aujourd'hui sur un élément dont on parle relativement peu au poker mais qui fait parfois la différence : l'exploitation du temps qui passe entre les prises de décision à table.

Hier soir, j'ai gagné un petit tournoi de Omaha en grande partie grâce à ma lecture du sablier. Si le montant remporté est anecdotique, à peine quelques dizaines d'euros d'engrangés, c'est surtout la manière dont cette victoire est survenue qui interpelle puisque j'ai en quelque sorte écouté le temps qui s'écoulait en table finale. On n'est plus du tout ici en présence de probabilités, ni de chance ou de malchance : c'est en domptant le sablier et le silence que parfois on parvient à prendre l'ascendant sur certains types d'adversaires.

Quel que soit le montant investi, il y a de nombreux joueurs dont les pensées peuvent être en grande partie décryptées grâce au temps qui s'écoule au moment où leur revient la parole. C'est particulièrement vrai en Pot Limit Omaha, où les calculs de cotes mathématiques et de seuils sont plus complexes à appréhender qu'en Texas Hold'em et nécessitent en moyenne davantage de réflexion avant d'agir. Afin de limiter les éventuelles lectures du sablier adverse, de nombreux joueurs professionnels de live ou de hautes limites online veillent à scrupuleusement respecter le même écoulement de temps lors de leur prise de décision. C'est quelque chose que j'essaye également d'adopter lorsque les enjeux grimpent dans les petits tournois auxquels je participe. Inutile de préciser que chez mes habituels adversaires de petites et parfois moyennes limites, personne ou presque ne se donne cette peine : à part tanker à la bulle ou à l'orée de chaque palier des places payées personne ou presque ne fait vraiment attention au sablier.

En règle générale, lorsqu'un joueur laisse défiler le sablier bien plus longtemps que d'accoutumée avant de placer une (grosse) mise, c'est qu'il a vraiment du lourd en main. Calibrer sa mise judicieusement prend en effet du temps. Beaucoup constatent cette tendance intuitivement au quotidien. Mais trop peu sont ceux qui décident d'exploiter ce détail d'ordre temporel à leur avantage. Je ne m'en prive pas, quand bien même je ne l'utilise que contre certains profils de joueurs.

A titre personnel, j'ai parfois tendance à laisser filer le temps bien davantage qu'il ne le faudrait lorsque je m'apprête à placer un gros bluff, ou alors lorsque je n'ai rien touché mais que je fais semblant d'hésiter avant de finalement check, car on gardera à l'esprit que pendant que le sablier s'égrène chez soi, c'est souvent le doute qui s'installe chez l'autre.

Chez les adversaires dont j'ai profilé un style de jeu de type large-passif (environ 30% des joueurs de Omaha ont ce profil), le sablier qui défile un peu trop longtemps par rapport à leur habitude - surtout à la turn et à la river - agit sur moi comme une forme d'avertissement, y compris lorsque l'adversaire finit simplement par checker ; cela aura souvent tendance à refroidir mes velléités de continuer à faire grossir le pot autant que prévu. Inversement, chez ces mêmes adversaires, le fait de ne pas avoir touché post flop se traduit souvent par des checks bien trop rapides, assez pour débusquer une faiblesse adverse m'incitant à miser davantage qu'en temps normal.

 Il s'est trouvé que mes trois derniers adversaires en table finale hier soir étaient tous des joueurs de type large passif avec de gros tapis, tandis que le mien était bien maigrichon en comparaison. Mais ma lecture du sablier à fait la différence à de multiples reprises. J'ai ainsi pu successivement exploiter leurs temps de silence afin d'affiner ma lecture de leurs mains. Grand bien m'en a pris, sachant qu'au final cela m'aura permis de gratter des tas de blindes tout en évitant par ailleurs tous les écueils et les revirements de situation sanglants à mon détriment. J'ai jeté d'excellentes mains qui étaient selon toute vraisemblance battues par de bien meilleures. Et je suis par ailleurs parvenu à placer avec succès des bluffs et semi-bluffs dans des coups ordinairement peu propices à ce type d'entourloupes.

Au final, quelle satisfaction d'avoir éliminé un à un mes trois derniers opposants en grande partie grâce à la simple maîtrise du temps qui s'écoule. Ca fait aussi partie de la magie du poker : parvenir à obtenir beaucoup avec parfois trois fois rien. Le temps est l'allié du joueur sage qui a appris à l'écouter passer avec nonchalance. Qu'on se le dise !



mercredi 18 décembre 2024

Le rush improbable de décembre en Omaha

Depuis que décembre est là, il se passe quelque chose de positif. Un vent frais semble s'être mis à souffler sur mes cartes sans que je ne puisse expliquer le pourquoi du comment. Certes, je démarre mes sessions un peu plus tôt que d'ordinaire, mais je n'ai pas l'impression d'avoir changé quoi que ce soit à ma manière de jouer. Pourtant, il y a du changement, et il est positif.

Je dispute la grande majorité de mes tournois au format Omaha. Et j'ai désormais l'impression que tout est devenu plus fluide dans mon jeu. Non seulement j'ai l'impression de ne pas commettre d'erreurs aux tables en maintenant un degré de concentration élevé tout au long de mes sessions, mais Dame Chance semble également être au rendez-vous, puisque j'enchaîne les sessions avec un EV - réel comme théorique - systématiquement au-dessus de 10BB/100, et parfois bien au-dessus. Les puristes apprécieront.

La conséquence de ce haut rendement en termes de blindes moissonnées face à mes adversaires se traduit immédiatement en termes d'impact financier, puisque mes sessions de tournois se terminent systématiquement dans le vert depuis un peu plus de deux semaines. Ceci explique également pourquoi j'ai décidé d'augmenter significativement mon volume de jeu ainsi que mes mises moyennes par tournoi, afin de pouvoir surfer sur la vague le plus possible tant que je sens que je joue mon A-game en Omaha, bien que le Texas Hold'em ne soit pas totalement délaissé pour autant.

Cet improbable rush que je vis actuellement me permettra non seulement de finir l'année dans le vert, mais également de démarrer l'année 2025 avec de nouvelles ambitions, débarrassé de la majeure partie de mes mes doutes et de mes peurs, à la seule condition que mes tracasseries personnelles de 2024 aient la bonne idée de disparaître pour de bon. J'y crois. La confiance est là. Je me sens fort aux tables. Pourvu que ça dure.

mardi 3 décembre 2024

Impasse sur le Pokerthon 2024

Ce samedi 30 novembre avait lieu le 14e opus du traditionnel Pokerthon organisé au théâtre de La Garenne-Colombes, événement pour lequel je m'étais inscrit cette année avec enthousiasme, afin d'organiser la sortie progressive de ma léthargie poker dans laquelle je végète depuis plus d'un an maintenant.

Las ! J'ai décidé de faire l'impasse sur l'événement à la dernière minute, lorsque j'ai constaté que ma gorge me grattait terriblement et que je commençais la journée en toussant fort. Mon expérience de la semaine passée à Montparnasse dans le cadre du Wipt-Paris a amplement suffi à me dérouiller, nul besoin impérieux de rejouer une semaine à peine après cette reprise du "live" dans des conditions où la souffrance l'aurait emporté à tous les coups sur le plaisir.  Si l'on ajoute à cela le fait que ma ligne de train pour m'y rendre était fortement perturbée toute la journée, j'ai donc choisi de rester sagement au lit plutôt que d'aller disséminer mes microbes un peu partout en faisant circuler des jetons de poker. A l'instant où je rédige ces lignes, quatre jours après cet événement loupé, ma santé demeure vacillante, puisque je tousse encore à tout va.

Pas de sphinx courroucé veillant jalousement sur sa pile de jetons cette fois-ci contre 300 adversaires, puisqu'on me murmure dans l'oreillette que cette édition 2024 aura fait un carton en termes de participants. Mais il y aura prochainement pour moi d'autres occasions de briller. Et je reviendrai participer au Pokerthon en 2025. C'est une (quasi) certitude.

vendredi 29 novembre 2024

Wipt Paris Montparnasse 2024 : un petit tour et puis s'en va !

Après une longue période d'abstinence, j'avais enfin ce week-end l'occasion de retâter du jeton pour de vrai, à l'occasion du Wipt Paris pour lequel je m'étais qualifié sur le site de Winamax en remportant le tournoi spécial organisé à cette occasion en début de mois par le Club Poker.

Le réveil matinal brutal en ce samedi 23 novembre m'a fait oublier de prendre avec moi mon sphinx protège-cartes. Je portais toutefois sur moi mon nouveau sweet-shirt à son effigie, de quoi demeurer confiant malgré tout : j'avais même hâte de l'étrenner afin de tester ses potentiels pouvoirs.

Une fois arrivé sur place dans les entrailles de Montparnasse, une longue file d'attente serpentait dès la sortie du métro en s'étendant le long des marches sur plusieurs dizaines de mètres jusqu'à la place centrale située à l'air libre. Des dizaines et des dizaines de visages inconnus emmitouflés pour cause de grand froid, et malgré tout, le hasard a fait que juste derrière moi dans la file d'attente j'ai reconnu la voix de Laurent, le boss du Club Poker (connu sous le pseudonyme de Webmaster), qui discutait avec une de ses connaissances. Quelle ne fut pas ma joie de pouvoir échanger quelques amabilités avec lui : mon Wipt Paris n'avait pas encore commencé que j'étais déjà ravi d'être venu !

Une fois les formalités relatives à la procédure d'inscription accomplies, un scan visuel des lieux à 360° me permit assez rapidement de me rendre compte qu'on était désormais loin du faste de jadis, où l'étape parisienne à la Grande Halle de la Villette accueillait 2.500 à 3.000 joueurs dans un cadre enchanteur pour les yeux. Dans les entrailles souterraines de Montparnasse, les premiers mots me venant à l'esprit étaient plutôt "exigüité" et "minimalisme" tellement le rendu visuel sur place était tristounet eu égard à un éclairage inégal selon les recoins de la salle (sans parler des câbles pendouillant au-dessus de nos têtes). Même la boutique officielle Winamax ressemblait davantage à une veillée funèbre qu'à une opération marketing digne de ce nom visant à valoriser la marque. Par rapport à la grande époque, on sent que la voilure a été considérablement réduite. Toutefois, l'important n'était pas là : les gens étaient venus pour jouer et les 95 tables prévues pour 10 joueurs étaient bien là. 800 joueurs étaient attendus. Mais au final, le taux de désistement fut tellement faible que nous fûmes plus d'un millier de participants, à tel point que les derniers arrivants furent contraints d'attendre les premières éliminations avant de pouvoir s'assoir.

11h00 pétantes, c'est le début du tournoi. Le belge Davidi Kitai et le rappeur Kool Shen sont les deux VRP officiels de Winamax pour cette étape ; je ne les aperçois même pas, mais la salle applaudit tandis que je médite sur le côté glauque des lieux en pestant contre les relents de tabac omniprésents. La température ambiante doit être de 15 à 16 degrés. Je ressens cruellement le manque de mon sphinx pour veiller sur mes cartes et mes jetons et maudis intérieurement ma négligence du matin. A ma première table, 100% masculine, une ambiance pas désagréable mais rien de bien folichon. La table casse peu avant la pause déjeuner, et rien à signaler puisque je dispose à peu de choses près de mon stack de départ.
 
A ma seconde table, l'ambiance y est bonne. La seule représentante féminine est éliminée les as en main à l'instant où je m'assois et après avoir débusqué un gigantesque bluff de mon voisin de droite, je sociabilise aussitôt contre toute attente avec ce drôle d'énergumène peu rancunier : un combattant balafré cher à François Fillon, un vrai, dont la cicatrice géante sur plus de la moitié du visage révèle un passé à coup sûr tumultueux. Bingo : celui-ci me confie avoir participé en son temps à des parties clandestines de poker où des dizaines de milliers d'euros s'échangeaient en une seule soirée. Je devine aisément le reste au vu du profil du personnage, bien que je soupçonne que le coup de couteau eût été reçu en d'autres circonstances. Mais peu importe, il semble désormais s'être assagi et est heureux de sympathiser avec un profil tel que le mien. La réciproque est étonnamment vraie. Mon stack grimpe tranquillement, celui de mon nouvel ami le zébré aussi, à tel point que lorsque la table casse peu avant 16h je suis triste de devoir délaisser mon improbable expérimentation sociale.

Les choses vont vite déraper pour moi une fois installé à ma troisième table. Je perds consécutivement deux gros coups - joués pourtant sans regret au vu des probabilités assez favorables - et me voilà aussitôt relégué dans la zone rouge. Un 50/50 perdu avec mes huit dernières blindes et l'aventure s'achève aussitôt pour moi. En cinq minutes je suis ainsi passé du ventre mou du peloton à la chute dans le ravin. Je termine donc aux alentours de la 600e place pour 1 038 inscrits. Telle est la dure loi du poker, surtout dans un tournoi au format turbo tel que celui-ci.

Le timing de mon élimination est particulièrement mauvais puisque le tournoi de rattrapage affiche complet et qu'il ne me reste plus grand-chose d'utile à faire. Aucun visage connu à l'horizon, il est donc judicieux pour moi de vider les lieux, d'autant que l'odeur empeste le tabac tellement les fumeurs sont agglutinés juste devant la sortie de l'autre côté des deux portes béantes de l'entrée.

Expérience mitigée que ce Wipt Paris-Montparnasse, donc. On fera probablement mieux la prochaine fois.




vendredi 22 novembre 2024

En route vers le wipt Paris-Montparnasse !

Demain matin, j'ai rendez-vous du côté de Montparnasse afin d'y disputer l'étape parisienne du Winamax Poker Tour, le célèbre Wipt organisé avec brio par les équipes de Winamax comme chaque année ou presque. Peu assidu aux tables ces derniers mois, je suis tout de même parvenu à décrocher ma qualification en ligne en remportant le tournoi spécial organisé par le Club Poker il y a quinze jours de cela, et avec le froid mordant du moment, j'ai prévu de bien me couvrir.

L'occasion est belle d'étrenner mon nouveau sweet-shirt personnalisé tout droit sorti de l'usine, que j'ai commandé il y a quelques semaines à peine et qui affiche de manière ostentatoire mon bel avatar du phénix farouche. Il me tient bien chaud. Mon avis est forcément biaisé, mais je trouve l'illustration belle et le rendu sur le sweet me paraît absolument superbe. Ce dernier sera donc assorti avec ma figurine qui constitue mon traditionnel protège-cartes et j'espère que le combo sweet + figurine permettra d'impressionner et/ou d'effrayer mes adversaires.

800 joueurs sont attendus du côté de Montparnasse, mais Winamax ne décernera que 16 sésames permettant de jouer la grande finale qui se disputera une fois n'est pas coutume à Aix-en-Provence au printemps prochain. Certains viennent de loin et sont motivés comme jamais. Il va me falloir un maximum de chance et de talent pour y parvenir, mais à coeur vaillant rien n'est impossible. Et puis après tout, je suis le Fredyl ; nobody me fait peur !!! 

Puisse à présent mon phénix me protéger des attaques adverses et m'accompagner dans ma tentative de conquête de ce week-end. Pour l'occasion, je ressors également mon vieux macaron rouge du Club Poker, que j'entends exhiber fièrement. Place maintenant aux cartes, aux jetons, et au plaisir !

mercredi 20 novembre 2024

Reprise dans la douleur

Après une longue pause peu propice au jeu, j'ai finalement progressivement repris mes sessions poker du soir courant septembre, en renouvelant au passage ma licence Xeester qui avait expiré au début du printemps.

Le plaisir est-il toujours là ? La réponse est a priori oui. Mon jeu demeure-t-il compétitif ? Probablement. En revanche, la réussite, elle, continue à me fuir. Soyons honnêtes : je me mange actuellement de sacrées mandales et vu que mon volume de jeu n'est pas suffisant pour lisser la variance, les mandales en question, elles font mal. Une ou deux bulles par-ci par-là, deux ou trois bad beats vraiment malheureux en table finale, et ça suffit à m'impacter au point de freiner mon envie de reprendre mon ancien rythme de croisière.

Nous sommes en novembre et en jetant un rapide coup d'oeil à mon bilan financier provisoire, le constat est implacable : je suis pour le moment en pertes depuis le début de l'année ! Alors, certes je suis demeuré plusieurs mois sans réellement jouer, certes les pertes en question sont contenues vu mon très faible volume de jeu  ; il n'en demeure pas moins que le moral du moment demeure chancelant, faute de résultats. Il me faudrait assurément signer une performance notable pour mettre fin à ce qu'il convient d'appeler une période de disette.

Tout n'est cependant pas complètement noir. S'agissant des tournois live de fin d'année, s'il est vrai que j'ai loupé (de peu) la qualification pour le Hip'Poker Tour de Vincennes organisé par le PMU il y a un mois de cela, je suis en revanche parvenu à me qualifier pour l'étape parisienne du Wipt de Winamax qui se disputera ce week-end du côté de Montparnasse (au lieu de la traditionnelle Grande Halle de La Villette), et je me suis par ailleurs inscrit au Pokerthon de la Garenne-Colombes qui aura lieu dans une semaine. Deux petits tournois live à disputer à une semaine d'intervalle, donc : de quoi me redonner un peu d'allant en cette période difficile. On va donc tâter dès cette semaine du jeton, du vrai. C'est déjà ça.

dimanche 30 juin 2024

La tuile en plein dans la figure !

Bon, eh bien voilà. Le poker, c'est sympa, mais pour jouer, encore faut-il être apte à le faire. Physiquement et moralement. Et depuis quelques semaines, des problèmes personnels sont venus toquer à ma porte, au point que je n'ai plus envie de passer mes soirées à jouer et que mon volume de jeu est devenu famélique, pour ne pas dire inexistant.

Alors pendant un laps de temps indéterminé, ma priorité sera forcément ailleurs qu'autour des tables de poker. Une tuile vient de me tomber sur la tête, et l'urgence du moment consiste à soigner la plaie, retrouver mes esprits et ensuite réparer la toiture défaillante. Au diable le jeu et toutes les petites choses superficielles et futiles qui vont avec !

On ne mesure pas à quel point la chance et la malchance au jeu sont dérisoires en comparaison avec les hasards que l'on peut connaitre dans la vraie vie. Mes difficultés du moment constituent une douloureuse piqûre de rappel : se plaindre de la malchance au poker est d'une incroyable futilité tellement cela importe peu en vérité. Le déplaisir dans le plaisir demeure une forme de plaisir malgré tout. Je tâcherai de m'en souvenir le moment opportun.

Pouvoir manger à sa faim, vivre en bonne santé, avec un toit étanche sur la tête qui ne s'effondre pas, entouré d'une famille aimante, avec des voisins pacifiques, tout ceci n'est jamais définitivement acquis. La stabilité ne dure pas éternellement et ma bulle de confort est maintenant percée : je retournerai jouer aux tables une fois la brèche colmatée et le cocon de douceur retrouvé. Difficile de prédire la durée de cette phase tumultueuse que je suis amené à traverser, mais une chose est certaine : le poker attendra car l'important est ailleurs !


jeudi 29 février 2024

Le petit centime dopé à la testostérone

J'ai pour habitude de jouer chacun de mes tournois avec le plus de sérieux possible, quel que soit le coût d'entrée dudit tournoi. Certes, le calibrage des mises n'est pas le même sachant que la manière de jouer des adversaires n'est pas la même. Mais j'essaye toujours de jouer pour gagner. Toujours. Chez Fredyl, on ne brade pas la marchandise.

Assez régulièrement, lorsqu'il reste de la place sur mon écran d'ordinateur de 27 pouces capable d'afficher douze tables en simultané sans chevauchement, je complète mes sessions poker du soir par un ou deux tournois à faible coût, voire même par un freeroll. Ces tournois-là, je les relègue tout en bas sur le côté droit de mon écran. Mon organisation est plutôt simple : plus un tournoi est important, plus il aura tendance à se retrouver sur la rangée du haut, le plus important de tous étant situé invariablement en haut à gauche, car de la sorte je sais instinctivement où focaliser le plus mon attention lorsque je joue. Il n'en demeure pas moins que je ne néglige jamais les tournois à faible dotation sachant qu'au poker, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise.

Depuis le début de l'année, le PMU a inclus dans sa grille quotidienne des tournois dont le coût d'entrée symbolique se monte à 1 centime, plafonnés à 50 participants seulement, avec une dotation symbolique d'une poignée d'euros sous la forme de petits tickets à valoir sur des tournois un peu plus gros dont le coût d'entrée est de un euros et demi. L'affaire n'est pas nouvelle, en son temps Bwin proposait déjà ce type de tournoi que l'on appelait le centroll, y compris du temps lointain où il opérait encore sur la plateforme Ongame bien avant sa migration sur la plateforme partagée du réseau PartyGaming. Il n'y a pas si longtemps, j'avais déjà raconté ici comment j'avais pu passer de 1 centime à près de 100 euros via ce stratagème sur Bwin. Dans le jargon des initiés on appelle cela faire une montante.

Ces petits tournois dérisoires à 1 centime l'entrée proposés par le PMU durent moins d'une heure à disputer et en jouant sérieusement, les chances de remporter un ticket d'une valeur de 1,5 euros sont supérieures à 10%. C'est ainsi que ma nouvelle histoire commence.

A la suite du gain d'un de ces petits tickets à 1,5 euros à valoir sur un tournoi satellite, je me suis qualifié pour un plus gros tournoi satellite à 10 euros l'entrée. A ce stade toujours pas d'argent en vue, on passe d'un mini satellite à un petit satellite. Et c'est loin d'être terminé, puisque le satellite à 10 euros l'entrée aboutit au final à un ticket pour le plus gros tournoi régulier de la grille du PMU, le Super250 hebdomadaire qui se dispute le dimanche soir dont les places juteuses sont régulièrement trustées par les plus gros joueurs réguliers de la plateforme. Le joueur lambda, pour y participer, il doit cracher 250 euros au bassinet. Ce n'est pas rien et beaucoup passent par les satellites pour y parvenir.

C'est seulement une fois qualifié pour ce super250 que mon petit centime initial avait une chance de se convertir en sonnantes et trébuchantes. Un peu comme la petite histoire du club amateur jouant la finale de la coupe de France de football, ce phénomène n'arrive pas souvent. Et comme chacun sait, une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne. Même si dans mon parcours en tant que joueur de poker en ligne il m'arrive occasionnellement de disputer des tournois d'une telle importance, pouvoir vibrer pour de grosses sommes en partant d'une poussière d'euro, à savoir un centime, est aussi rare qu'insolite ! Il me fallait donc une performance à la hauteur de l'événement pour que l'histoire soit des plus belles à raconter.

L'histoire aurait été vraiment captivante de bout en bout si j'avais été loin dans ce beau tournoi à 250 euros l'entrée, mais malheureusement, ce n'est pas ce qu'il s'est passé. Je suis longtemps resté dans le creux du peloton, mais vers 23h il m'aura suffi de perdre presque coup sur coup un regrettable 50/50 puis un très problématique 70/30 pour me retrouver dans la zone rouge et être ainsi sorti du tournoi comme un pauvre soldat inconnu sur le champ de bataille. Résultat des courses : je suis rentré bredouille une fois mon écran d'ordinateur éteint. Ceci étant, ma déception a vite laissé la place à une forme de fatalité. Ce n'était pas mon heure. L'espace d'une soirée, j'aurai pu vibrer à moindre coût sur un tournoi majeur tel un passager clandestin débarquant en première classe en costume rapiécé et savourant sa première gorgée de champagne sourire aux lèvres, avant d'être stoppé vigoureusement par le service de sécurité et aussitôt raccompagné vers la sortie. 

Indépendamment du résultat final, avoir la chance de pouvoir connaitre ces moments si particuliers de temps à autre me fait vraiment du bien, ne serait-ce que parce que cela me permet de me rendre compte que techniquement je peux tenir tête aux cadors de la discipline et que par ailleurs ma lecture des dynamiques de jeu demeure toujours aussi bonne quels que soient les montants en jeu.

Pouvoir vibrer de temps à autre, ça fait tout de même bien plaisir, quand bien même on ne finisse pas la soirée dans des draps de satin. Tout ceci n'est possible que parce que je ne néglige jamais le moindre petit tournoi, aussi je me félicite intérieurement pour mon obstination et ma rigueur dans ma façon d'appréhender mes tournois de poker. Mon petit centime dopé à la testostérone m'aura donc fait du bien, surtout en cette période creuse où je n'ai pas grand-chose à me mettre sous la dent. Au poker, on ne sait jamais comment les histoires peuvent se terminer... Parfois, elles ont le droit d'être belles ; encore faut-il qu'elles le soient du début jusqu'à la toute fin !

dimanche 31 décembre 2023

Bilan 2023

2023 s'est achevé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, et le moins que l'on puisse dire c'est que mon bilan poker pour l'année écoulée est famélique. 

Aucune qualification pour une épreuve en live. Pas même pour un petit tournoi de gala. Sans doute le signe que je suis moins à l'affût des opportunités que je ne l'étais par le passé. Et puis il faut aussi reconnaitre que l'offre en la matière s'est quelque peu réduite au fur et à mesure que les années passent. Elles sont loin désormais les années fécondent où je me qualifiais d'une manière ou d'un autre pour quatre à cinq tournois live par an.

Quant à mes prestations en ligne, elles sont contrastées en fonction des plateformes poker sur lesquelles je joue. Des gains ont été enregistrés sur PokerStars ainsi que sur PMU. Mon nouvel ordinateur depuis un an me permet de jouer sur PokerStars sans que cela mouline ou plante régulièrement que c'était le cas par le passé. Pour ce qui est des autres plateformes (Bwin, ParionsSport et Unibet) mon volume de jeu est faiblard et mes gains sont marginaux? Là où cela ne va pas du tout, c'est du côté de Winamax, puisque j'y ai enregistré des pertes nettes. Invariablement, tous les tournois Winamax à enjeu élevé auxquels je participe se refusent à moi. Pourtant, en termes de confort et d'habitudes de jeu, Winamax est ma plateforme de poker préférée. Et je précise que je joue rigoureusement de la même manière quelle que soit la plateforme.

Pour le reste, pas grand chose de plus à ajouter si ce n'est que mon volume de jeu se porte majoritairement sur le Omaha Pot Limit, devant le Texas Holdem, tandis que le PLO8 constitue ma troisième variante la plus pratiquée (et celle qui me procure toujours au final le plus de plaisir).



mardi 21 novembre 2023

Lutter contre une insolente malchance temporaire : faire le dos rond et attendre que ça passe

Peu de choses croustillantes à raconter ces temps derniers s'agissant de mon activité poker, si ce n'est que je suis forcé de constater que 2023 constitue jusqu'ici mon année la plus déséquilibrée en termes de ratio chance/malchance.

Je ne suis pas homme à me plaindre, d'autant que je fais partie des gens qui pensent que chance et malchance finissent toujours par se compenser sur le long terme. Sauf qu'à long terme, nous serons tous morts... et s'agissant du présent, mon logiciel de suivi statistique Xeester affiche un constat cinglant : je souffre cette année d'un déficit de l'ordre de près de 3 pts d'EV par rapport aux données théoriques (EV théorique +8 à mettre en perspective avec un EV réel de +5 seulement !). Certes, je n'ai joué que 150.000 mains jusqu'ici, rendant une telle anomalie statistique possible. Mais quand même, cela donne au total près de 3.000 blindes théoriques sacrifiées sur l'autel de la malchance. Une sacrée déveine tout de même, qui vient amplifier le passif cumulé des années précédentes et qui me prive tout de même potentiellement de milliers d'euros de gains.

Pourtant, malgré tout, je conserve le sourire et un semblant de moral me préservant de la dégradation de mon jeu. Tout simplement parce que cela fait partie du jeu. Aimer le combat au point de se plonger à corps perdu dans la bataille rangée, c'est accepter de se prendre des balles perdues qui ne nous étaient pas destinée. Au final, seuls ceux qui survivent ont raison. Alors face à ces quelques éraflures, plaies et bosses du moment, je serre les dents et je continue à aller de l'avant. Ca ira mieux demain. Ou en 2024. Ou après ma mort. Mais ça ira forcément mieux à un moment donné, sachant que la malchance n'est pas éternelle, d'une part, et qu'il suffit d'un seul gros succès pour nettoyer au Kärcher d'un jet puissant des rivières de déjections accumulées depuis des mois et des mois.

J'attends de pied ferme des lendemains qui chantent.

mercredi 4 octobre 2023

Automne 2023 : Impasse sur l'hippodrome

La période automnale est traditionnellement dévolue aux tournois live dits de gala, c'est la période où se disputent l'étape parisienne du Hip'Poker Tour, ainsi que le Winamax Poker Tour de La Grande Halle de la Villette ou bien encore le Pokerthon de La Garenne-Colombes. Avec le recul, je reconnais volontiers éprouver une tendresse toute particulière pour ces événements-là, puisque je considère ces tournois comme des instants privilégiés, propices au tissage de lien social sain, où l'on peut jouer un poker de compétition sans pour autant devoir subir le côté négatif induit la pression financière.

Cette année 2023 ne sera toutefois pas pour moi l'occasion de tâter du jeton, puisque Winamax a repoussé au printemps l'organisation de son étape parisienne du Wipt La Villette, tandis que le Hip'Poker Tour édition 2023 organisé par le PMU se tiendra à l'hippodrome de Vincennes à une date où je suis malheureusement indisponible. Je me suis résolu à ne pas disputer les qualifications en ligne comme je le fais à chaque automne ou presque. Ca me chagrine un tantinet, mais ce sont là les aléas du calendrier, et il faut savoir composer avec.

Tant pis pour les petits fours de l'hippodrome qui seront engloutis par d'autres estomacs que les miens. Tant pis pour les jetons de tournoi qui seront manipulés par d'autres mains que les miennes. Il était visiblement écrit que l'année 2023 constituerait une année de disette pour moi, que ce soit en ligne ou en live. Pas de quoi faire grise mine pour autant. Une vie, c'est long. On fera mieux en 2024... ce ne sera guère difficile.