Translate

mardi 31 décembre 2024

Bilan 2024

Avec la fin de l'année 2024 qui se termine, je peux dire sans hésiter qu'il aura probablement s'agit d'une de mes pires années sur un plan personnel. J'ai souffert et j'ai tremblé. Est-ce fini ? Je ne sais pas. En attendant, je suis toujours là, et je continue mon chemin malgré le caillou dans la chaussure.

S'agissant du poker je me dirigeais tout droit vers une nouvelle année morose, avec un volume de jeu réduit et de longues semaines demeurées sans jouer, lorsque subitement la lumière est revenue fin novembre. J'ai repris du poil de la bête juste à temps pour finir l'année sur une note d'espoir. 

Non seulement mon jeu est toujours affûté, mais de surcroit, j'ai également bénéficié d'un brin de réussite : l'écart chronique entre mon EV théorique et mon EV réel aux tables a sensiblement diminué. Tout n'est pas résorbé, mais je ne vais pas bouder mon plaisir. Dame Chance a décidé de venir me faire un petit coucou temporaire fort bienvenu et c'est tant mieux. Lorsque l'on remporte à l'abattage les coups critiques, la vie aux tables de poker devient subitement plus plaisante !

Je boucle un décembre stratosphérique qui me permet de terminer l'année 2024 dans le vert, au point que je me suis décidé à faire effectuer un virement sur mon compte bancaire en vue de la préparation d'un futur voyage. Reste maintenant à déterminer la destination, mais ça, ce sera pour plus tard.

samedi 28 décembre 2024

La lecture du sablier

J'ai envie de m'étaler quelque peu aujourd'hui sur un élément dont on parle relativement peu au poker mais qui fait parfois la différence : l'exploitation du temps qui passe entre les prises de décision à table.

Hier soir, j'ai gagné un petit tournoi de Omaha en grande partie grâce à ma lecture du sablier. Si le montant remporté est anecdotique, à peine quelques dizaines d'euros d'engrangés, c'est surtout la manière dont cette victoire est survenue qui interpelle puisque j'ai en quelque sorte écouté le temps qui s'écoulait en table finale. On n'est plus du tout ici en présence de probabilités, ni de chance ou de malchance : c'est en domptant le sablier et le silence que parfois on parvient à prendre l'ascendant sur certains types d'adversaires.

Quel que soit le montant investi, il y a de nombreux joueurs dont les pensées peuvent être en grande partie décryptées grâce au temps qui s'écoule au moment où leur revient la parole. C'est particulièrement vrai en Pot Limit Omaha, où les calculs de cotes mathématiques et de seuils sont plus complexes à appréhender qu'en Texas Holdem et nécessitent en moyenne davantage de réflexion avant d'agir. Afin de limiter les éventuelles lectures du sablier adverse, de nombreux joueurs professionnels de live ou de hautes limites online veillent à scrupuleusement respecter le même écoulement de temps lors de leur prise de décision. C'est quelque chose que j'essaye également d'adopter lorsque les enjeux grimpent dans les petits tournois auxquels je participe. Inutile de préciser que chez mes habituels adversaires de petites et parfois moyennes limites, personne ou presque ne se donne cette peine : à part tanker à la bulle ou à l'orée de chaque palier des places payées personne ou presque ne fait vraiment attention au sablier.

En règle générale, lorsqu'un joueur laisse défiler le sablier bien plus longtemps que d'accoutumée avant de placer une (grosse) mise, c'est qu'il a vraiment du lourd en main. Calibrer sa mise judicieusement prend en effet du temps. Beaucoup constatent cette tendance intuitivement au quotidien. Mais trop peu sont ceux qui décident d'exploiter ce détail d'ordre temporel à leur avantage. Je ne m'en prive pas, quand bien même je ne l'utilise que contre certains profils de joueurs.

A titre personnel, j'ai parfois tendance à laisser filer le temps bien davantage qu'il ne le faudrait lorsque je m'apprête à placer un gros bluff, ou alors lorsque je n'ai rien touché mais que je fais semblant d'hésiter avant de finalement check, car on gardera à l'esprit que pendant que le sablier s'égrène chez soi, c'est souvent le doute qui s'installe chez l'autre.

Chez les adversaires dont j'ai profilé un style de jeu de type large-passif (environ 30% des joueurs de Omaha ont ce profil), le sablier qui défile un peu trop longtemps par rapport à leur habitude - surtout à la turn et à la river - agit sur moi comme une forme d'avertissement, y compris lorsque l'adversaire finit simplement par checker ; cela aura souvent tendance à refroidir mes velléités de continuer à faire grossir le pot autant que prévu. Inversement, chez ces mêmes adversaires, le fait de ne pas avoir touché post flop se traduit souvent par des checks bien trop rapides, assez pour débusquer une faiblesse adverse m'incitant à miser davantage qu'en temps normal.

 Il s'est trouvé que mes trois derniers adversaires en table finale hier soir étaient tous des joueurs de type large passif avec de gros tapis, tandis que le mien était bien maigrichon en comparaison. Mais ma lecture du sablier à fait la différence à de multiples reprises. J'ai ainsi pu successivement exploiter leurs temps de silence afin d'affiner ma lecture de leurs mains. Grand bien m'en a pris, sachant qu'au final cela m'aura permis de gratter des tas de blindes tout en évitant par ailleurs tous les écueils et les revirements de situation sanglants à mon détriment. J'ai jeté d'excellentes mains qui étaient selon toute vraisemblance battues par de bien meilleures. Et je suis par ailleurs parvenu à placer avec succès des bluffs et semi-bluffs dans des coups ordinairement peu propices à ce type d'entourloupes.

Au final, quelle satisfaction d'avoir éliminé un à un mes trois derniers opposants en grande partie grâce à la simple maitrise du temps qui s'écoule. Ca fait aussi partie de la magie du poker : parvenir à obtenir beaucoup avec parfois trois fois rien. Le temps est l'allié du joueur sage qui a appris à l'écouter passer avec nonchalance. Qu'on se le dise !



mercredi 18 décembre 2024

Le rush improbable de décembre en Omaha

Depuis que décembre est là, il se passe quelque chose de positif. Un vent frais semble s'être mis à souffler sur mes cartes sans que je ne puisse expliquer le pourquoi du comment. Certes, je démarre mes sessions un peu plus tôt que d'ordinaire, mais je n'ai pas l'impression d'avoir changé quoi que ce soit à ma manière de jouer. Pourtant, il y a du changement, et il est positif.

Je dispute la grande majorité de mes tournois au format Omaha. Et j'ai désormais l'impression que tout est devenu plus fluide dans mon jeu. Non seulement j'ai l'impression de ne pas commettre d'erreurs aux tables en maintenant un degré de concentration élevé tout au long de mes sessions, mais Dame Chance semble également être au rendez-vous, puisque j'enchaîne les sessions avec un EV - réel comme théorique - systématiquement au dessus de 10BB/100, et parfois bien au-dessus. Les puristes apprécieront.

La conséquence de ce haut rendement en termes de blindes moissonnées face à mes adversaires se traduit immédiatement en termes d'impact financier, puisque mes sessions de tournois se terminent systématiquement dans le vert depuis un peu plus de deux semaines. Ceci explique également pourquoi j'ai décidé d'augmenter significativement mon volume de jeu ainsi que mes mises moyennes par tournoi, afin de pouvoir surfer sur la vague le plus possible tant que je sens que je joue mon A-game en Omaha, bien que le Texas Hold'em ne soit pas totalement délaissé pour autant.

Cet improbable rush que je vis actuellement me permettra non seulement de finir l'année dans le vert, mais également de démarrer l'année 2025 avec de nouvelles ambitions, débarrassé de la majeure partie de mes mes doutes et de mes peurs, à la seule condition que mes tracasseries personnelles de 2024 aient la bonne idée de disparaitre pour de bon. J'y crois. La confiance est là. Je me sens fort aux tables. Pourvu que ça dure.

mardi 3 décembre 2024

Impasse sur le Pokerthon 2024

Ce samedi 30 novembre avait lieu le 14e opus du traditionnel Pokerthon organisé au théâtre de La Garenne-Colombes, événement pour lequel je m'étais inscrit cette année avec enthousiasme, afin d'organiser la sortie progressive de ma léthargie poker dans laquelle je végète depuis plus d'un an maintenant.

Las ! J'ai décidé de faire l'impasse sur l'événement à la dernière minute, lorsque j'ai constaté que ma gorge me grattait terriblement et que je commençais la journée en toussant fort. Mon expérience de la semaine passée à Montparnasse dans le cadre du Wipt-Paris a amplement suffi à me dérouiller, nul besoin impérieux de rejouer une semaine à peine après cette reprise du "live" dans des conditions où la souffrance l'aurait emporté à tous les coups sur le plaisir.  Si l'on ajoute à cela le fait que ma ligne de train pour m'y rendre était fortement perturbée toute la journée, j'ai donc choisi de rester sagement au lit plutôt que d'aller disséminer mes microbes un peu partout en faisant circuler des jetons de poker. A l'instant où je rédige ces lignes, quatre jours après cet événement loupé, ma santé demeure vacillante, puisque je tousse encore à tout va.

Pas de sphinx courroucé veillant jalousement sur sa pile de jetons cette fois-ci contre 300 adversaires, puisqu'on me murmure dans l'oreillette que cette édition 2024 aura fait un carton en termes de participants. Mais il y aura prochainement pour moi d'autres occasions de briller. Et je reviendrai participer au Pokerthon en 2025. C'est une (quasi) certitude.